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LA POLITIQUE EXTERIEURE DE LA FRANCE DE 1815 A

AU lendemain de 1815, la France étroitement surveillée par la Sainte Alliance (Angleterre, Prusse, Autriche, Russie), privée de toutes les conquêtes de la Révolution, et par conséquent de ses frontières naturelles, épuisée par vingt ans de luttes, paraissait réduite pour longtemps à ne plus tenir en Europe qu'un rang secondaire — et c'est là ce qu'escomptaient ses vainqueurs. Or elle se remit de ses défaites avec une promptitude s t u p é fiante. Trois ou quatre ans lui suffirent pour reprendre au milieu des grands Etats une place sinon prépondérante, du moins telle qu'elle lui assurât le moyen de jouer à nouveau sur la scène de l'Europe — et du monde — le rôle de premier plan auquel

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elle se mêla, suivant son antique tradition, directement ou indirectement, à tous les conflits, à toutes les « questions » qui dressaient les uns contre les autres les Etats petits ou grands : question d'Orient, unité italienne, unité allemande. Hors d'Europe elle se consacra essentiellement à refaire l'empire colonial qu'elle avait perdu au XVIIIe siècle.

Dans la question d'Orient, la France eut une politique assez variable mais qui, dans tous les cas, eut le mérite d'être constamment désintéressée.

Elle intervint d'abord en faveur des chrétiens qui se soulevaient contre la domination turque. Sa flotte prit une part décisive à la victoire de Navarin (1827), et le corps expéditionnaire du général Maison occupa la Morée pendant trois ans. Plus tard ce fut, au contraire, au secours

elle était accoutumée. KT - ,.„.

o k .v La Bataille de Navarin, o Le 20 octobre 1827, les flottes

iii française, anglaise et russe détruisirent dans la rade de

rent dans une double Navarin la flotte turco-égyptienne d'Ibrahim, fils du pacha d^ Ia A urquie menadirection : en Europe d'Egypte Méhémet-Ali. (Musée de Versailles.) cée par les Russes,

La Prise DE LA SlWALAH d'Abd-EL-Kader. Cl La Smalah était une ville de tentes, que peuplaient 30 000 personnes, que gardaient 6000 soldats, que suivaient d'innombrables troupeaux. Le 11 mai 1843, les chasseurs d'Afrique du duc d'Aumale se jetèrent à l improviste sur l'immense campement, prirent une partie de la famille d Abd-el-Kader, ses archives, son trésor, ramassèrent 15 000 prisonniers et 50 000 têtes de bétail. (Musée de Versailles.)

qu'il nous fallut aller. La guerre de Crimée (1 854-55) nous valut beaucoup de gloire, mais de profit point. Depuis lors nous ne cessâmes d'agir efficacement, par la diplomatie, en faveur des petits Etats balkaniques, et c'est en partie à notre intervention que la Grèce, la

Roumanie, la Serbie acquirent successivement l'autonomie, puis l'indépendance dans des limites territoriales de plus en plus vastes.

En Italie, le concours que nous prêtâmes à nos voisins en 1859 (victoires de Magenta et de Solférino) pour se débarrasser de

Prise de LA tour Malakoff. a Après onze mois de siège (oct. 1854-sept. 1855), le fameux bastion de Malakoff fut enlevé en vingt-cinq minutes par la division Mac-Mahon. Sébaslopol ne pouvait plus se défendre; les Russes l 'évacuèrent dans la nuit, après avoir fait sauter tous les bastions et incendié tous les navires dans la rade. Cette dernière journée coûtait aux Russes 13 000 hommes et 10000 aux alliés. (Muse'e de Versailles.)

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