POLITIQUE EXTERIEURE DE LA FRANCE DE 1815 A
Général Chanzy. a Le seul grand Maréchal Canrobert. 0 Soldat d'une Maréchal de Mac-Mahon. a Le
chef que nous ayons eu en 1870. Com- intrépidité légendaire, se couvrit de héros de Malakoff et de Magenta fut
mandait la seconde armée de la L oire, gloire à Gravelotte et Saint-Privat. malheureusement aussi le vaincu de
avec laquelle il fit des prodiges. (Musée de Versailles.) Frœschwiller et de Sedan. (Cl. Walery.)
l'Autriche et réaliser leur unité, eut au moins sa récompense : Nice et la Savoie, qu'un plébiciste triomphal nous rendit après quarantecinq années de séparation.
En Allemagne, par contre, nous payâmes fort cher l'oubli de la politique traditionnelle des François Ier, des Richelieu, des Louis XIV. Napoléon avait déjàgcommis la faute de réduire de quatre cents à quarante le nombre des Etats allemands. Napoléon III commit l'erreur plus grave encore de laisser écraser le Danemark en 1864, puis l'Autriche et les Etats allemands du Sud en 1866, par une Prusse dont l'ambition menaçait de .rompre l'équilibre de l'Europe entière. Nous le payâmes cher ! En 1 870 c'était sur nous que se jetaient les hordes dressées par de Moltke. Notre armée de ligne, mal commandée, subissait de durs revers qui aboutirent, malgré l'héroïsme de nos soldats, aux doubles désastres de Sedan puis de Metz. La longue résistance des troupes qu'improvisa le gouvernement de la Défense nationale nous
La reddition de Tananarive (1895). a Après une
dure campagne de six mois, la reine Ranavalo capitula sans conditions. (Cl. Tour du Monde.)
permit de sauver au moins l'honneur. Nous n'en perdîmes pas moins l'Alsace, la moitié de la Lorraine, et 5 milliards de francs! Bien plus, l'Empire allemand, reconstitué en faveur des Hohenzol- Iem, devint beaucoup plus redoutable que ne l'avait été la Prusse. Il le devint d'autant plus que la Triple Alliance lui donnait l'appui de l'Autriche et de l'Italie. De là pour nous la nécessité de refaire à grands frais une armée puissante et de chercher des appuis qui fassent contrepoids aux trois Etats de l'Europe centrale. Toute la politique extérieure de la France depuis 1 870, la conclusion de l'Alliance russe, puis l'Entente cordiale avec l'Angleterre découlèrent de la situation imposée à l'Europe par la victoire germanique.
Nous eûmes, heureusement, comme compensation à cette cruelle défaite, les succès que nous valut notre politique coloniale. En 1815, il ne nous restait que deux des petites Antilles, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, quelques comptoirs au Sénégal,
des droits sur Madagascar, la Réunion et cinq villes de l'Inde !
En 1 830 nous débarquions à Alger, et de 1830 à 1847 nous occupions l'Algérie entière (défaite d'Abd-el-Kader). En 1881 le traité du Bardo nous donnait le protectorat de la Tunisie. En 1912 ce fut le tour du Maroc. Ainsi créâmes-nous dans l'Afrique du Nord un splendide domaine qui prolonge vraiment la France et où nous trouvons des conditions de vie, de climat, qui conviennent parfaitement à nos nationaux.
A partir de 1855 l'Afrique tropicale française, du Sénégal au Congo, fut lentement conquise, pacifiée, mise en valeur. — A Madagascar les Hovas durent se soumettre après la dure expédition de 1895. Djibouti devint le débouché de l'Abyssinie.
En Asie, Napo-
Une séance a la Chambre des députés. 0 Dans an Etat
parlementaire, toute la vie de la nation se joue au cours de
ces séances où une facile éloquence l'emporte trop souvent
sur la raison. A la tribune, Jaurès (Cl. Dupont.)
léon III fit occuper d'abord la Cochinchine (1859-1867). Le Cambodge se mit sous notre protectorat. Jules Ferry nous donna le Tonkin et l'Annam (1883- 1885) auxquels le Laos s'ajouta peu après.
Enfin nos îles et nos archipels du Pacifique ( Nouvelle - Calédonie , îles Marquises, Tahiti, etc.) complètent magnifiquement « cette plus grande France » vaste de 6 millions de kilomètres carrés (onze fois la superficie de notre pays) et peuplée de plus de 50 millions d'habitants, d'où nous tirons déjà tant de denrées alimentaires et de matières premières pour Findustrie, tant de soldats valeureux, et qui pourrait, si nous savions en mettre en valeur toutes les multiples ressources, nous dispenser à peu près complètement de faire aux produits étrangers un appel qui nous coûte si cher !
L'escadre russe a Toulon. £t C'est au cours d'une
visite faite par l'amiral Avelan à Toulon (oct. 1893), que
l alliance franco-russe fut officiellement proclamée. (Musée
de Versailles.)
Le RÉSEAU DES FILS DE FER BARBELÉS. Û Photographie prise près de Saint-Hilaire le Grand en Champagne. Elle représente
la défense d'une ancienne position allemande et donne une idée des obstacles auxquels se heurtait de part et d'autre l'élan
des troupes lancées à l'assaut. Il fallut, pour venir à bout de ces réseaux inextricables, l'invention des chars de combat qui
broyaient tout sur leur passage. (Coll. Section phot. des Beaux-Arts.)