PREMIERS CAPÉTIENS
b. En second lieu, l'augmentation de leur autorité, qui va de pair avec la décadence des institutions féodales.
Hugues Capet ne pouvait rien sur ses vassaux : Saint Louis, Philippe le Bel parviennent à se faire obéir de tous, interdisent les guerres privées , enlèvent aux grands barons les droits régaliens, placent dans les provinces des fonctionnaires : prévôts et bai- Ies, sénéchaux et baillis qui représentent le roi, s'occupent, en son nom, de la justice, des travaux publics, de l'armée, et remplissent peu à peu toutes les fonctions jusqu'alors réservées aux seigneurs.
Près du roi, le Grand Conseil prend en mains l'administration générale, le Parlement règle les questions juridiques, la Chambre des Comptes se charge des affaires financières. Rien ne prouve mieux, du reste, la puissance acquise dès cette ^époque par nos rois que le triomphe remporté par
Nef de la cathédrale d'Amiens, a Type de pur style ogival ou « français ». Faisceau de minces colonnades s' élançant jusqu'à plus de 40 mètres de hauteur. (CI. Neurdein.)
Grande nef de Notre-Dame du Puy. û Type du style
roman auvergnat. Piliers trapus soutenant une voûte basse,
en plein cintre. (Cl. Hachette.)
Philippe le Bel, avec l'appui de tout son peuple réuni en Etats généraux, sur la papauté dont les prétentions temporelles avaient trouvé en Boniface VIII un défenseur dune rare intransigeance. Non seulement l'attentat d'Anagni (1203) mit fin, à jamais, aux grandes ambitions pontificales, mais le transfert momentané de la papauté à Avignon plaçait sous la surveillance immédiate des princes capétiens le chef suprême de l'Eglise, la plus haute personnalité morale de ce temps.
Aussi est-ce à bon droit que les légistes de Philippe le Bel, retrouvant dans la loi romaine la théorie de l'absolutisme, la résu-
Un DOMAINE seigneurial. 0Le château couronne la butte. Sur les pentes, paysans, serfs au travail. (Miniature.)
mèrent à l'usage de leur roi dans la formule fameuse : « Ce qùî plaît à faire au roi doit être tenu pour la loi. >>
Dans le même temps, à la barbarie du moyen âge succédait une ère nouvelle, une véritable renaissance intellectuelle et artistique, sociJe même, qui précéda la grande Renaissance gréco- romaine des XVe-xvie siècles, et dont la France fut la principale initiatrice.
C'est en terre de France, en effet, que naquirent l'église romane d'abord, puis la cathédrale ogivale.
C'est chez nous que l'ogive donna ses chefs-d'œuvre à Reims, Paris, Chartres, Amiens àvar.t
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d'essaimer en Angleterre, en Espagne, en Flandre» en Allemagne, en Italie et même, grâce aux Croisades, en Orient. Architectes, verriers, sculpteurs, tous ont leur part dans ces merveilleuses créations, vivants symboles d'un siècle de foi. Les édifices civils, d'abord fort négligés et de construction massive, deviennent, à partir du XIIIe siècle, harmonieux et beaux, et, dans notre France entière, les exemples abondent d'hôtels, de maisons communes, de collèges, de palais qui doivent à l'ogive leur grâce originale et leur élégante variété.
C'est encore en France que se fondent les premières Universités (Paris et Montpellier), que troubadours et trouvères créent, en langue vulgaire, une littérature d'une richesse, d'un coloris étonnants, qui s'élève pat fois à la dignité de chef-d'œuvre : chansons de gestes comme le Poème de Tristan, la Chanson de Roland, etc., sirventes, canzones, lais d'amour, poèmes allégoriques comme le Roman de la Rose ou satiriques comme le Roman de Renart, fabliaux, contes drolatiques, mystères, moralités, farces, soties, origine de notre théâtre dramatique. Déjà nos poètes font école
Christine de Pisan dans son cabinet de travail.
0 La première de nos « femmes de lettres » (xive siècle) écrivit bon nombre d'ouvrages en prose et en vers, histoire, morale, etc. (Bib). Nat.)
Paysans au TRAVAIL. 0 Le faucheur et le vigneron au
XIIIe siècle. (Médaillons sculptés du portail de la
cathédrale d'Amiens. — Cl. Giraudon.)
La VIE des ÉCOLIERS, û A gauche, des écoliers lapident une femme attachée à l'échelle de justice; à droite, ils prêtent serment entre les mains du recteur. (Portail sud de Notre- Dame de Paris.)
à l'étranger, et notre langue prend en Europe une prééminence qu'elle n'a plus jamais perdue. " Le langage français est plus délectable et plus commun à toutes gens», disait en 1265 le Florentin Brunetto Latini. Aussi en Allemagne, à côté des vieilles traditions germaniques, qui servent de base aux Niebelungen, ce sont des poèmes français que les Minnesingers traduisent ou imitent, et nos héros de la Table Ronde trouvent des aèdes en Angleterre, en Espagne, jusqu'aux pays Scandinaves.
Cette prestigieuse vitalité de la France, sa force d'expansion se manifestent encore, et non moins clairement, par les exploits de ses soldats. Dès 1 066 les Normands francisés du duc Guillaume conquéraient l'Angleterre.
D'autres Normands allaient fonder, dans l'Italie du Sud, le brillant royaume des Deux Siciles qui passa, au XIIIe siècle, entre les mains de Charles d'Anjou, frère de Saint Louis. Par delà les Pyrénées, des chevaliers francs guerroyaient contre les Sarrasins maîtres de l'Espagne, et c'est en faveur d'une dynastie française venue de Bourgogne que fut créé en 1 1 39 le premier royaume de Portugal Une autre dynastie française, des-
HOTEL DE VILLE DE SaINT-QuENTIN. 0 A partir du
XIIIe siècle, l'architecture civile du moyen âge complète
harmonieusement les chefs-d'œuvre de l'art religieux.
cendant d'un neveu de Saint Louis, régna en Hongrie à partir de 1308 pendant près d'un siècle, tandis que les Tchèques de Bohème élisaient, vers la. même époque, comme souverain un prince français de la maison de Luxembourg. Enfin, parmi les millions d'hommes qui prirent part aux Croi-
sades, entre 1 095 et 1270, les Français tinrent une place prépondérante à ce point que, pour les Orientaux, le mot Franc devint synonyme d'Européen. Ce sont des Français qui devinrent empereurs de Constantinople, rois de Jérusalem, de Chypre, de Thessalonique, princes d'Edesse, d'Antioche, de Morée, ducs de Thrace et d'Athènes, marquis de Thessalie, etc., etc. C'est depuis cette époque que notre langue devint familière aux Syriens comme aux Moraïtes, aux Grecs de Stamboul comme aux gens de Smyrne, de Beyrouth, d'Alexandrie. Nous occupâmes dès lors en pays musulmans une place que les « Capitulations » de François Ier rendirent plus forte, que l'expédition de Bonaparte confirma et que, malgré les efforts de nos adversaires, les jalou-
Notre-Dame-la-Grande, a Poitiers, a Style roman
caractérisé notamment par l'emploi de l'arc en plein cintre,
la faible hauteur de l 'édifice, le petit nombre des ouvertures,
les toits coniques des tours. (Cl. Hachette.)
LlSlEUX : VIEILLES MAISONS. 0 Joli type de maison bourgeoise au XVe siècle : rez-de-chaussée en retrait, charpente apparente, grand toit en auvent. (Cl. Neurdein.)
sies de nos alliés, nous n'avons pas encore tout à fait perdue.
LES PREMIERS VALOIS. 0 0 En 1 328, aux Capétiens directs succédèrent les Capétiens- Valois. Ils régnèrent jusqu'en 1589 et les meilleurs d'entre eux devaient compléter brillamment l'œuvre d'unité et d'hégémonie entreprise par leurs prédécesseurs. Ce ne fut point, toutefois, sans à-coup, et la France connut au XIVe et au XVe siècle quelques-unes des heures les plus graves, les plus tristes de son histoire.
Les deux crises auxquelles il s'en fallut de peu qu'elle ne succombât furent : la Guerre de Cent ans (1337-1453), puis la lutte contre Charles le Téméraire.
Sous les règnes de Philippe VI et de Jean
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le Bon, princes braves el brillants, mais d'intelligence médiocre, les Anglais, qui conservaient toujours en France la Guyenne et dont les rois prétendaient à la succession capétienne, reprirent les armes contre nous. Vainqueurs à Crécy (1346), Calais (1347), Poitiers (1356), ils nous obligèrent d'abord, par le traité de Brétigny (1360), à leur céder Poitou, Limousin et Périgord. Le sage Charles V rétablit un moment les choses avec l'aide de Duguesclin, et parvint, en dix ans, à reprendre aux Anglais à peu près toutes leurs possessions (1369-1380). Mais la folie du roi Charles VI, les luttes entre Armagnacs et Bourguignons, l'infâme trahison de la reine Isabeau (de Bavière) compromit à nouveau si gravement ces heureux résultats qu'en 1 420, après la défaite d'Azincourt (1415), le hon-
Le SIÈGE DUNE VILLE (XIIe SIÈCLE), a La cité vient d'être
prise d'assaut. Les Vainqueurs, protégés par une cotte de
mailles et de grands boucliers oblongs, incendient les maisons,
(Manuscrit d'Herrade de Landsberg.)
teux traité de Troyes livrait la France entière au roi anglais Henry V.
Alors parut Jeanne d'Arc. Raffermissant les courages par son prestigieux exemple, elle communique à tous la vaillance, l'ardeur, les généreux espoirs dont son grand cœur est plein. Orléans est délivré, les Anglais battus à Patay, Charles VII sacré à Reims (maijuillet 1429). Prise en mars 1430 à Compiègne par les Bourguignons, vendue aux Anglais, abandonnée par Charles VII, le long supplice que fut son odieux procès, et sa mort sur le bûcher (30 mai 1 43 1 ) ne firent que rendre plus exécrable aux Français la présence de l'ennemi. Un sentiment jusqu'alors, non pas inconnu, mais indistinct encore et insuffisamment généralisé, le patriotisme, grandit tout à coup dans les douleurs
Costumes militaires du xme siècle, a Même armement
que dans la vignette précédente. Les trois chevaliers portent
la cotte de mailles d'acier ou « haubert » qui les enveloppe
plus ou moins complètement. (Cathédrale de Reims.)
et les hontes de l'invasion ; et quand les victoires de Formigny en 1450 et de Castillon en 1 453 eurent débarrassé à jamais notre territoire de l'occupation anglaise, la France n'y gagna pas seulement la Guyenne, anglaise depuis trois siècles, elle y gagna surtout
Cathédrale de Reims. 0 La photographie montre ce merveilleux chef-d'œuvre de l architecture ogivale tel qu'il était avant les bombardements et les incendies de\la Grande Guerre. (Cl. Neurdein.)
d'avoir pris conscience d'elle-même. A partir de ce jour elle forma vraiment une nation.
Malheur eusement les derniers Capétiens et les Valois, en attribuant à leurs fils cadets des provinces comme apanages, avaient laissé se reconstituer une féodalité nouvelle : maisons d'Anjou, de Bourbon, d'Orléans, de Bourgogne surtout, la plus puissante et la plus dangereuse. L'ambition de Charles le Téméraire, soutenu par
TÊTE PRÉSUMÉE DE Saint Louis, û Saint Louis était, dit Joinville, « beau à face d'ange ». // est difficile d'appliquer de telles épithètes à cette effigie ! (Chapelle de Saint-Germain-en-Laye.)
Armure de Philippe le Bel. a La cotte de mailles ne
couvre plus que le buste. Sur la gorge elle se double du « gor-
gerin ». Jambes et bras sont protégés par une armure de
plaques d'acier. (Musée do Chartres.)
les dernières maisons féodales, amena sous Louis XI (1461 -1483) une crise qui pouvait être fatale à la monarchie et à l'unité française. Le génie de Louis XI en triompha heureusement et, s'il ne put réunir à la couronne tous les Etats du Téméraire (la Fran-
Les murs DE CoNSTANTINOPLE. a Construits par Constantin et Théodose, ils subsistent encore aujourd'hui.
che-Comté, l'Artois, la Flandre et les Pays- Bas passèrent à la maison d'Autriche), il prit au moins la Bourgogne et la Picardie (1477).
Peu après il héritait de l'Anjou, du Maine et de la Provence. Son fils Charles VIII, en épousant Anne, héritière de Bretagne, unit à la couronne le dernier grand fief indépendant. Louis XII y joignit l'Orléanais. Le duché de Bourbon fut confisqué par François I e r après la trahison du connétable. Ainsi fut enfin, au début du XVIe siècle, réalisée la première et légitime ambition de nos rois : l'unité territoriale du royaume de France.
Par l'acquisition de la Provence et du Dauphiné (ce dernier acheté en 1349 par Philippe de Valois), le royaume débordait même au delà de ses limites premières. Il prenait pied en Lotharingie: Il atteignait les Alpes. Le second rêve des Capétiens, atteindre les frontières naturelles de la Gaule ancienne, entrait ainsi dans l'ère des réalités.
LES DERNIERS VALOIS (1498- 1 589). Si 0 En même temps s'achevaient l'établissement et l'organisation de la monarchie absolue qui triomphe déjà pleinement sous Louis XII (1498-1515), François Ier (1515-1547), Henri II (1547-1559) et se symbolise dans la formule fameuse de François Ier : «Car tel est notre bon plaisir ». Les nobles ont cessé de jouer dans l'Etat un rôle politique. Attirés à la cour par la vie brillante que l'on y mène et l'attrait des faveurs royales, ils deviennent des « gentilshommes », des courtisans et se disputent les offices domestiques. Le clergé est entièrement
LA FRANCE SE FORME SOUS LES CAPÉTIENS
La BATAILLE DE CrÉCy(1346). 0 Cette intéressante miniature nous donne de précieux détails sur l'armement et la manière
de combattre des fantassins et des cavaliers avCdébut de la guerre de Cent ans. A gauche,des chevaliers français se battent avec
eurs propres soldats, les arbalétriers génois. A droite, les archers anglais tirent à toute Volée sur les Français en retraite. Au
fond, le roi Philippe cherche asile dans un château. Noter la façon compliquée dont on bandait l 'arbalète. (Bibl . Nat.)
placé entre les mains du roi par le Concordat de 1516. Les villes, dont beaucoup setaient de bonne heure affranchies du joug seigneurial, gardent encore un semblant d'organisation communale, mais dépendent directement des fonctionnaires royaux. D'ailleurs la haute bourgeoisie, enrichie par le commerce et l'industrie auxquels les Croisades d'abord, puis les grandes découvertes maritimes ont donné un merveilleux essor, tend à devenir le plus fidèle soutien des rois, grâce à la vénalité des charges et offices, et à la création de la noblesse de robe. Quant au peuple des campagnes qui compose l'immense majorité de la nation, il s'est, à l'époque des Croisades, affranchi du servage. Le nombre des petits propriétaires s'est accru. Certes la période de la guerre de Cent ans fut pour lui, comme pour tous les Français, une époque de
dures épreuves. Mais avec la paix l'aisance est revenue et, pendant le siècle qui s'écoula entre l'expulsion des Anglais et le début des guerres de religion (1453-1560), nos paysans connurent une réelle prospérité.
Personne n'a donc plus, en temps normal, le désir ou la possibilité de s'opposer à la volonté du prince. Partout des fonctionnaires (prévôts, baillis, sénéchaux, subdélégués, commissaires départis, intendants) sont les interprètes dé cette volonté. La justice royale, qui s'exerce par les parlements et les présidiaux, a réduit à peu de chose les justices seigneuriales ou ecclésiastiques. Les impôts permanents (taille, aide, gabelle) créés par Charles V et Charles VII, auxquels s'ajoutent les revenus extraordinaires (emprunts, ventes d'ofnces,eto), fournissent aux rois les ressources^ de plus en
Jeanne d'Arc sur le bûcher, a L'inique sentence qui condamna à la plus affreuse des morts cette pure jeune fille de dix-neuf ans, notre grande sainte nationale, s'exécuta le 30 mai 1431 sur la place du marché, à Rouen. (Bibl. Nat.)
plus considérables dont leur politique a besoin. Une forte armée, dont une portion chaque année accrue est permanente (Compagnies
d'ordonnances organisées par Charles VII, régiments d'infanterie créés par Henri II), leur permet de ne rien craindre à l'intérieur et de tout tenter à l'extérieur.
Le premier usage que Charles VIII, Louis XII et François Ier firent de leurs forces neuves fut un essai d'établissement en Italie. Ils tenaient de leurs ancêtres des droits sur le royaume de Naples et le duché de Milan. D'où ces brillantes chevauchées et ces retentissantes victoires : Fornoue, Agnadel, Ravenne, Marignan où toute la noblesse du
La mort dbDu Guesclin. û Le héros breton se meurt sous
les murs de la forteresse de Châteauneuf-de-Randon au
moment même oùles assiégés, à bout de ressources, lui apportent
les clefs de la place. (Bibl. Nat. — Cl. Berthaud.)
Portrait de Charles VII. a Par Jean Foucquet. Charles
« le Très Victorieux » ou « le Bien Servi » sut organiser une
solide armée permanente qui, après la mort de Jeanne d'Arc,
acheva la délivrance du sol français.
royaume courait comme à une partie de plaisir. Mais à partir de 1 520, un ennemi se dressa devant nous, autrement formidable que les princes italiens et leurs bandes de condottieri : Charles-Quint, empereur d'Allemagne, roi d'Espagne? archiduc d'Autriche, maître des Pays-Bas, de l'Artois, de la Franche- Comté, et des trésor» que recelaient les mines américaines ; Charles-Quint, dont l'ambition prodigieuse n'était point satisfaite de tant de couronnes, mais rêvait encore d'abord d'arracher à la France la Bourgogne, la Picardie, la Provence, le Dauphiné, puis de réaliser l'unité de
LA FRANCE SE FORME SOUS LES CAPETIENS
Louis XI. 0 Portrait d'un
homme laid, mais Volontaire
et d'une vive intelligence,
(Bibl. Nat., Médailles.)
1* Allemagne, alors divisée en plusieurs centaines d'Etats indépendants.
Ainsi la France risquait à la fois de voir démembrer son territoire si péniblement constitué, et d'assister à la formation d'une Allemagne unifiée qui eût été pour elle — et pour l'Europe entière — le plus redoutable des dangers. Ce fut le grand mérite de nos rois François Ier et Henri II de comprendre le péril et d engager toutes leurs forces militaires, d'user de toute leur diplomatie pour y parer. La lutte longue et âpre dura de 1526 à 1559. Nous fûmes d'abord battus à Pavie. La Provence, la Champagne se virent à maintes reprises envahies par les Impériaux. Mais des succès à Cérisoles (1544), à Metz (1553) compensèrent ces revers. Des alliances — nouvelles assurément et qui parurent au début un peu scandaleuses — avec les Turcs, puis avec les princes protestants allemands, complétèrent l'oeuvre de nos armées. Charles-Quint épuisé dut abdiquer en 1 553 sans avoir réalisé un seul de ses rêves, et se résigner au partage de ses trop vastes Etats entre son frère Ferdinand et son fils Philippe II Quand la paix fut signée à Cateau-Cambrésis en 1559, nous renoncions
ÉSffiS*
GUERRE de CENT-ANS