LE CLUB DES JACOBINS
ou sifHait. Des femmes venaient s'y installer. Elles travaillaient à des tricots. On les appelait des tricoteuses. Elles faisaient plus de bruit que les hommes.
Les Girondins ne voulaient pas que la Commune de Paris et des sociétés parisiennes fissent la loi à la Conven- 10 tion, qui représentait toute la France.
La journée du 2 juin. — La Commune de Paris organisa une insurrection contre les Girondins. Le 2 juin 1793, une foule armée de piques, de fusils et de canons entoura la Convention. Elle demanda que les Girondins fussent 15 chassés de l'Assemblée et mis en jugement. La Convention hésitait. Les insurgés menacèrent de la mitrailler. Elle céda.
Ce n'était donc plus la Convention qui gouvernait;
c'étaient la Commune et les révolutionnaires violents. 20
Le moment du plus grand péril. — La nouvelle que les Girondins avaient été maltraités par les Parisiens amena des troubles dans beaucoup de départements où l’on ne voulait pas que Paris se crût le maître de toute la France.
En même temps, l'insurrection de Vendée devenait de plus en plus redoutable. Et la France était menacée à l’est par les Prussiens et par les émigrés. Elle était envahie au nord par les Autrichiens, au sud par les Espagnols. Et les Anglais s'emparaient de Toulon.
Ce fut le moment du plus grand danger.
La Terreur. — Alors le Comité de salut public, où commandait Robespierre, voulut faire peur aux ennemis du dedans, c’est-à-dire aux royalistes. Et la Terreur commença.
Tous ceux qui étaient suspects de ne pas aimer la République furent emprisonnés. Le tribunal révolutionnaire les jugea. Tous les jours sortaient de la prison des charrettes pleines de condamnés que l’on menait à la guillotine.
Un médecin journaliste, Marat, demandait tous les jours dans son journal des condamnations nouvelles. Une jeune fille, Charlotte Corday, croyant faire finir la Terreur, tua Marat. Elle fut guillotinée, et la Terreur redoubla.
La reine Marie-Antoinette fut conduite au tribunal révolutionnaire. Elle parla fièrement à ses juges, et elle mourut, comme était mort son mari, avec un grand courage.
Bientôt moururent les Girondins. Ils chantèrent sur la charrette qui les menait à la guillotine. Au pied de l’échafaud, ils s’embrassèrent et crièrent: «Vive la République! »
Les victimes. — Plus de 2500 personnes furent exécutées à Paris pendant la Terreur.
Dans les départements, il y eut un nombre plus grand encore d'exécutions. À Lyon, des troupes de condamnés furent mitraillées. A Nantes, 5000 hommes, femmes, enfants même, furent noyés dans la Loire.
Parmi les hommes qui ordonnèrent ces exécutions ou qui les approuvèrent, beaucoup, effrayés et affolés par