‹ Histoire de FranceChapitre 89 sur 229 · II. Louvois · texte numérisé non relu

II. Louvois

Louvois. — Louvois fut le ministre de la guerre de Louis XIV. Il fit de grandes réformes dans l’armée.

Les officiers étaient braves, mais beaucoup ne se donnaient pas la peine de s’instruire. Louvois fonda des écoles où ils s’instruisirent.

Dans ce temps-là, les colonels achetaient leur grade avec de l’argent, et ils se croyaient les maîtres de leur régiment. Ils faisaient porter aux soldats la livrée de leurs domestiques.

Les capitaines aussi achetaient leur grade et se croyaient les maîtres de leur compagnie.

Louvois fit donner aux différents corps de troupes un uniforme qui fut choisi par le roi. On vit bien alors que tous les soldats étaient les soldats du roi et de la France.

Louvois et Nogaret.— Il y avait des officiers qui n’aimaient pas à rester au régiment en temps de paix parce qu'ils s'y ennuyaient.

Louvois les obligea à bien faire leur métier.

Un jour, il reprocha à WA un capitaine, du nom de LUXS - Dr à Nogaret, de ne pas s’ocss | RON” 7 cuper de sa compagnie.

WI Il lui dit: «Monsieur, votre compagnie est en fort mauvais état. —

LOUVOIS ET,NOGARET Monsieur, répondit le capitaine, je ne le savais pas. — Il faut le savoir, Monsieur, répliqua Louvois. L'avez-vous vue? — Non, Monsieur, répondit Nogaret. — Il faudrait l'avoir vue, Monsieur, dit alors Louvois d’un ton sévère. — Monsieur, j'y donnerai ordre, répondit Nogaret. » Mais Louvois ne se contente pas de la promesse: «Il faudrait l’avoir donné, Monsieur, car il faut bien faire son métier quand on est officier. »

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Louvois voulut que le soldat fût payé régulièrement et bien nourri. Il créa des hôpitaux militaires. Il fit bâtir pour les soldats estropiés à la guerre, et qui étaient exposés à finir leur vie dans la misère, l’hôtel des Invalides à Paris.

Les grandes armées. — Ce que Louvois fit de plus extraordinaire, ce fut de créer et d’entretenir de grandes armées. La France eut plus de deux cent mille hommes sous les armes, ce qui était beaucoup en ce temps-là. Aucun pays en Europe n'avait, à beaucoup près, autant de soldats.

Louvois fut aidé par un grand ingénieur nommé Vauban. Vauban n'avait pas son pareil pour assiéger une ville ennemie, ni pour fortifier les villes françaises.

Louvois mauvais conseiller. — Mais Louvois fut un mauvais conseiller de Louis XIV. Il le poussa à faire la guerre constamment, parce que, pendant la guerre, le roi avait besoin de ses services. Louvois devenait alors un ministre plus important que Colbert, dont il était jaloux.

Plusieurs fois, Louvois envoya aux généraux français qui commandaient en Hollande ou en Allemagne l’ordre de ravager les pays ennemis en brûlant les villages et les villes. Ces cruautés firent détester la France.

RÉSUMÉ

I. Louis XIV était orgueilleux et dépensier; maïs il aimait son métier de roi.

Il eut un grand ministre, Colbert, qui voulut faire de la France le plus riche pays du monde.

Colbert s’occupa beaucoup de l'agriculture et encore plus de l'industrie et du commerce. Il habitua les Français au commerce dans les pays lointains. La France eut une marine puissante et de belles colonies.

Colbert aimait beaucoup à travailler. Il eut du chagrin parce que le roi dépensait trop d'argent et faisait de grosses dettes.

II. Louvois fut le ministre de la querre de Louis XIV. Il obligea les officiers à bien obéir au roi et à bien faire leur métier. Il organisa de grandes armées, mais il poussa trop le roi à faire la guerre.

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