‹ Histoire de FranceChapitre 7 sur 47 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

5o ? H1STOIBE DE FRANCE.

r Ptro d*BLi l1 ' avo ^ ^ 2U * q u i tter Bazin pour le suivre? « Ta moîvpôïî. ric ' qui a destie, répondit-elle, ta valeur et ta gentillesse « m'ont incitée à te venir chercher pour mari. « Je ne suis amoureuse que de ta vertu; et si je « savois qu'il y eut quelque plus grand homme « que toi , je n'épargnerois aucune peine pour « le posséder. » Childéric, surpris par ce discours et par sa propre passion , oublia les devoirs de l'amitié, ensemble les plaisirs reçus de Bazin , pour celui qu'il espéroit de sa femme. On tient qu'il en avoit encore une autre, car la loi païenne le permettoit , mais on ne dit pas qu'il en ait eu des enfans. Pour Bazine, elle lui donna Clovis, premier roi chrétien , et deux filles, Lan- • Qut^^Sfii ^ e ^ e * e * Aulbeflède*. On conte de cette princesse, o^^-dST qu'ayant prié son mari d> s'abstenir de sa compagnie la première nuit de ses noces, elle l'envoya par trois fois dans la cour de son palais, le priant de prendre garde , sans s'effrayer, aux

vi.ioo.wmw. visions qui se présenteroient devant lui; et que, par sa science occulte, elle lui fit voir la première fois des licornes , des lions et des léopards; la seconde, des ours et des loups; la troisième, des chiens et des chats : d'où elle conclut que ces divers animaux présageoient de même la diversité des mœurs de la race qui devait naître de leur mariage.

Autant que Childéric avoit été haï et méprisé

CHILDÉRIC, ROI IV. 5l

des siens^dans la première partie de son règne, u» w .uh«.

/•.ii < • / 1 i i rlinatlon HrCIn'U

autant en tut-il honore et estimé dans la seconde: dét\cA*t^e{»n

cbaugn aussi les

car ayant bien reconnu ce qui les a voit offensés, j^jj» de •°" il s'acquit leur bienveillance par des moyens contraires. Davantage, de peur que l'oisiveté ne portât lés François à quelques remuemens , il les employa en diverses guerres. Odoacre, roi des Saxons , s'étoit jeté dans les Gaules, et avoit pris Orléans : Childeric s'en alla au-devant, lui livra heureusement bataille, et reprit la ville. Cela fait, il le poursuivit en Anjou ; et après une seconde défaite, il tua le comte Paul, Romain, lieutenant de l'empire en ces contrées, entre les bras duquel son ennemi s'était sauvé. D'où il s'ensuivit qu'il ajouta cette province aux autres de son royaume : de façon que le roi Odoacre oa»*™, r»i fut contraint de demander la paix , à telles con • ^^^J™ 8 * ditions qu'il plut à Cbildéric , qui se servit par après fort utilement de son secours contre les Allemand», et conquit le pays qui est le long de la rivière du Rhin. Il fit beaucoup d'autres exploits mémorables , dont nous n'avons point de connoissance qui ne soit fort obscure. Il régna Vingt-quatre ou vingt-six ans , d'autres disent trente, et mourut vers l'an de salut quatre MoitdeCbi i. cents quatre-vingt-quatre. La France avoit envi- d * -B 484 ron ce temps-là l'éloquent Sidonius, et d'autres prélats remarquables en sainteté de vie. On vit

Si HISTOIRE DE FRANCE.

( prodige effroyable ! ) couler un ruisseau de sang dans la ville de Toulouse, occupée par les Goths ariens. Et de plus, ces infidèles tenant, un jour leur conseil de guerre , le fer des javelots qu'ils portoient à la main , selon leur coutume , fut wrqœidi- teint en un moment , aux uns de couleur rouge , aux autres, de couleur noire; la nature faisant ces prodigieux efforts pour leur reprocher les inhumanités sanglantes qu'ils exerçoient sur les fidèles défenseurs de la sainteTrinité. Leur cruauté s'étendoit partout où ils avoient du pouvoir, mais particulièrement en Espagne ; car les rois Visigoths , dont se disent descendus les rois ca- , tholiques, étant alors infectés de cette hérésie, la voulurent étendre dans les Gaules, aussi bien que leur domination; mais plusieurs évéques aimèrent mieux souffrir le martyre que cette secte pernicieuse. Le plus méchant de ces rois fut Evaric, qui remplissoit les prisons d'ecclésiastiques, et les tourmentoit cruellement; prince tellement impie, qu'il commanda qu'on fermât d'épines les portes des églises, afin que la rareté d'y entrer fît mettre en oubli la vraie religion. 11 y avoit eu jusqu'alors des empereurs en Occident, ou pour mieux dire de petits tyrans , qui gardoient si. peu de temps les orneraens impériaux, qu'ils sembloient les pre ndre plutôt pour jouer une pièce de théâtre que

CHILDEIUC, ROI IV. 53

pour régner : car Àvitus, maître de la cavalerie de Maximus , ce meurtrier de Valentinien , les ayant vêtus après la mort de son maître, les souilla par des vilenies qui le rendirent si odieux, que pour mettre sa vie à couvert, il se fit consacrer évêque. Majorian ensuite se saisit de l'empire , qu'il ne garda que quatre ans : son successeur Sévère le tint seulement trois : Antennes cinq ; et ce dernier fut réduit à une vie privée par Richemer son gendre , qui mourut un mois après. Son crédit avoit élevé Olybrius, qui le suivit à six mois de là. Glycerius , plutôt par sa vaine suffisance que par élection , occupa le trône : mais il l'abandonna avant la fin de l'année ; et prit les ordres sacrés , intimidé par Julius Nepos , qui le coiffa d'une mitre pour s'assurer le diadème. Il lui fut néanmoins bientôt arraché par Oreste , qu'il avoit créé maître de sa gendarmerie. Cet ingrat ayant fait déclarer empereur son fils Auguste , les amis de Nepos , irrités de cette injure , appelèrent Odoacre , roi des Érules , qui vainquit et tua Oreste , et contraignit son fils de se dépouiller de l'éclat impérial , pour se cacher tlans un petit coin de la Champagne; l'empire d'Occident, ou par hasard, ou par fatalité, ayant fin j par un Augustuîe, comme il avoit commencé par un Auguste. Odoacre fut paisible seigueur de l'Italie seize ans du-

rant, jusqu'à tant que Thierry, roides Ostrogoths, l'ayant attaqué et vaincu par plusieurs rencontres, traita de paix avec lui pour le surprendre et le perdre, comme- il fit; afin de cimenter par son sang une monarchie qu'il bâtit et fonda, au moins selon les maximes de la prudence humaine, mieux que tous les autres politiques n'ont jamais fait.

ET 1 er DU NOM CHRÉTIEN.

Clovis, élu par le consentement des peuples 48 5. et des armées, fut promené par les soldats, clov ^ ecl,MI **• élevé sur un pavois selon la cérémonie accoutumée. Les quatre premières années de son règne n'eurent rien de mémorable. Dans la cinquième il attaqua Siagrius , fils et successeur de ce Gillon , qui durant huit ans avoit tenu la place de Childéric. Les haines héréditaires de père en fils , et le voisinage de deux princes remuans, furent les motifs de cette guerre, encontre

, Siagriui.

Clovis y eut l'avantage tout entier, ayant rompu les forces de son ennemi, et pris toutes ses places, si bien qu'il le contraignit de s'enfuir en Aquitaine chez les Wisigoths , d'où il le redemanda , avec de si rudes menaces, que le Wisigoth Alaric , ne se trouvant pas en état de résister à un homme armé et victorieux , le lui

rendit. Lorsqu'il l'eut entre ses mains , il le fit mourir pour assouvir sa haine, et déraciner entièrement les Romains de ses terres. Les villes de Soissons et de Noyon furent pillées : on

J . * dat» victorieux.

épargna celle de Reims, bien qu'enveloppée dans ce différent , comme voisine. Toutefois les

rigoureuses défenses du roi ne purent arrêter l'insolence des soldats païens , ni empêcher que plusieurs églises de ce territoire ne fussent pillées. Remi, pour lors évêque de Reims , illustre par sa naissance, par sa dignité, par son éloquence, et, ce que j'estime , plus noble par ses vertus, députa des prêtres pour en faire ses plains wt« plaintes à Clovis, et lui redemander du moins

» ClovU par les r 7

m1 p , ut ^^Te R dte un vase sacré qui avoit été pris dans son église.

Le roi, d'assez exacte justice, de peur d'aliéner '" l'esprit des Gaulois , fort affectionnés à leur religion , commande au prêtre de le suivre jusqu'à Soissons; où s'étant fait apporter tout le butin pour le partager, comme c'étoit la coutume , il pria ses capitaines de lui accorder ce vase par dessus ce qui devoit lui revenir pour sa part. Qui le lui eût osé refuserPllse trouva néanmoins un soldat si téméraire, que s'étant mis à dire tout haut, qu'il lui appartenoit, comme pris aux dépens de son sang sur des ennemis de religion contraire, il ajouta l'insolence du fait à celle des paroles; et d'une halebarde qu'il tenoit, le cassa en même temps ; afin, dit-il au vo\,quc tu " n'en aies que ta part. Le roi retint sa colère pour l'heure , et ne voulut point qu'elle éclatât qu'à un an de là : car alors faisant la revue de ses soldats, il prit sujet de quereller celui-ci sur ce que ses armes n'étoient pas en bon ordre , et

lui jeta sa halebarde par terre; puis, comme il

le vit baissé pour la ramasser, il lui fendit la ****** •*<'-

tête d'une hache d'armes, telle qu'en ce temps-là

les rois la vouloient porter, lui reprochant,

qu'il avoit ainsi fendu le vase des chrétiens.

Il y eut ensuite quelques années de paix , établie par l'alliance que les Wisigoths, les ahimw ««r.

* O les Franrou ci

Ostrogoths et les François firent ensemble. le5WUi6idw -

Thierry, puissant roi des Ostrogoths en Italie,

n'ayant aucuns enfans mâles, envoya quérir en

Espagne Eutaric, de la famille royale des Bal-

thes, ainsi appelés comme qui diroit hardis

en langage gothique), auquel il donna sa fille

aînée Amalasiunte, avec espérance de lui laisser

après sa mort une libre possession de ses états.

Il maria la seconde au roi des Wisigoths , qu'on Mariage* a».

appeloit Alaric, et sa troisième à Sigismond,

fils du roi Gondebaud , Bourguignon ; après

avoir demandé lui-même en mariage Aubeflède ,

sœur de Clovis , qui lui avoit été promise. Notre

roi voulant aussi affermir son autorité 'par des

enfans légitimes ( car il avoit eu déjà d'une de

ses maîtresses un bâtard nommé Thierry), jeta

sa pensée sur Chrotiide ou Clotilde , nièce de Clovfa devient

amoureux de Clo-

Gondebaud, belle de visage, bien instruite, et mt ce qui lui plaisoit le plus , juste cause d'agrandir son domaine du côté de la Bourgogne. Le peuple de ce pays , venu de la Germanie , avoit pris

tic frère».

la religion chrétienne comme par inspiration Ari««u-e.i«> divine, et s'étoit précipité depuis dans Pariacueik. uisme. Ses rois, infectés du même poison, s'étoient diffamés encore par leurs cruautés énormes; car Gondioche ayant laissé à ses quatre fils , Gondebaud, Chilpéric, Godmar ou Gondemar, et Gondegesille ou Odosille, d'assez ampies partages , ne leur put laisser l'amitié fraternelle. Chilpéric et Godmar , ligués ensemble en. contre les deux autres, et fortiâés du secours des Allemands , leurs alliés et leurs anciens voisins, remportent une sanglante victoire sur leurs deux frères, près de la ville d'Autun, et s'emparent de tout le royaume. Les deux vaincus se mettent en fuite : on ne dit point ce que fit Odesille ; mais Gondebaud , le plus fourbe des hommes, se trouva bien pour cette fois de son artifice. Ayant quitté ses ornemens royaux, strata^oie de il se tint couvert dans de bonnes cachettes, et chez des amis secrets ; ce qui dura un assez long temps , jusqu'à ce qu'enfin ses frères ne le croyant plus au monde, licencièrent leurs troupes étrangères, et se mirent à partager la peau de l'ours qui n'étoit pas mort. Voilà cependant qu'à l'heure qu'ils s'imaginoient d'être bien avant dans le repos, Gondebaud ressuscite , attire les peuples après lui, comme après quelque miracle; et réveillant ses anciens amis, va tout

CLOVJS LE GRAND, ROI V. 5g

à coup mettre le siège devant la ville de Vienne , où Godmar et Chilpéric se réjouissoient. Les bourgeois reconnurent aussitôt, et reçurent très volontiers leur ancien seigneur, qui fit trancher la tête à Chilpéric, et brûler Godmar dans une tour, où il se défendoit en homme désespéré; inhumanités étranges, toutefois commises dans la chaleur de la colère , et à la pareille. Mais que peut-on dire de ce qu'il égorgea cn.«„te. «. leurs femmes, et leurs enfans mâles? Il ne crut pas que les filles pussent en avoir revanche : c'est pourquoi il pardonna aux deux de Chilpéric, Mucutîme ouCoronie, qui se rendit religieuse; et quant à Chrotilde, on la retint à la cour, où elle fut si bien éclairée, qu'on observoit jusqu'à ses soupirs et à ses moindres actions, tant s'en faut qu'on la laissât aborder d'aucun. L'amour et l'ambition de Clovis surent pourtant bien tromper ses gardes. Aurélian , porteur Ad** «««g*-

■ O ■ d" Aurélian en fa*

du secret de son maître, lorsque Gondebaud ^ u ^j2T Uet étoit en Italie , près de Thierry, s'en alla en Bourgogne, où, pour avoir moyen de parler à la princesse , il se déguisa en gueux , l'attendit à la porte d'une église qu'elle visitoit souvent , lui demanda l'aumône; et comme elle la lui donnoit, il lui pressa et baisa la main si affectueusement , qu'elle se douta tout aussitôt qu'il y avoit quelque secret caché là dessous.

Ayant donc trouvé moyen de s'entretenir avec? lui , elle écouta ses propositions , et reçut l'anneau nuptial qui lui fut donné de la part de Clovis à la charge qu'il se feroit chrétien. Le prince, assuré de l'affection de sa maîtresse, en- Ami.aM.de en. voya dès lors à Gondebaud une ambassade mabai,a - gnifique , pour se conjouir avec lui de ses bons succès, et lui demander sa nièce. Le Bourguit gnon s'en défend par le prétexte de la religion. Mais l'ambassadeur Aurélian promet de lever cet empêchement ; et ainsi Gondebaud est comme contraint de livrer les gages de sa perte. Les Gaulois se réjouirent de ce mariage, sur Tespérancè qu'ils eurent que leur roi se feroit chrétien, et que sa femme l'étant, sa merveilleuse beauté lui feroit une raison assez persuasive pour l'y porter. En effet, elle n'oublia rien pour le convertir : mais bien qu'il l'aimât , il ne voulut point l'écouter. Au contraire, il s'aigrit extrêmement contre elle quand il vit mourir à quelques jours de là son fils aîné, qu'on appelloit Ingorair; reprochant à la reine, que ses dieux le lui avoient ôté pour punition de ce qu'elle l'avoit consacré à son Christ. Mais il se mit bien plus en colère quand son second, nommé Clodomir, qu'on avoit baptisé à la manière des chrétiens , faillit aussi à perdre la vie. Ce qui fit qu'en cette affliction la reiue recou-

CLOV1S LE GRAND, ROI V. 6l

rut à Dieu , qui rendit la guérison à son enfant , et attira le roi son mari à notre religion de la façon qui s'ensuit.

Les Ribarols, descendus des anciens Sicam-

courir U» RlU-

briens , peuples alliés des François, et qui rele- roU voient d'eux en partie , lui demandèrent secours contre les Allemands, petit peuple de Germanie dont elle a entièrement pris son nom. Il mène pour cet effet les plus aguerris de son royaume , range ses troupes à l'avantage près de Tolbiac, et se promet la victoire: mais le dieu des batailles fait pencher le sort du côté des Allemands. Les François se mettent en désordre *•« «*i

* par Ira Alle-

et prennent la fuite. Les barbares , animés de mand ' voir le dos à ceux que naguère ils n'osoient regarder au visage , les chargent furieusement et blessent à la cuisse le vaillant Sigebert , parent de Clovis, qui commandoit la cavalerie; d'où la perte de ce prince se fût apparemment ensuivie, si son fils, nommé Sigebert comme lui, ne l'eût tiré de la presse. Clovis même, environné de toutes parts , se voit en danger de perdre la vie et l'honneur ensemble. Austrase , grand seigneur chrétien (quelques uns disent Aurélian), le sollicite alors de tenir la promesse qu'il avoit faite à Clotilde. Clovis fit donc ce que font les hommes réduits dans une extrémité

implora 1 assistance divine , et dejé»u*chmt.

6l HISTOIRE DE FR A. If CE.

voua de se faire chrétien , s'il pouvoit se retirer la vie sauve. Dieu l'entendit , et rechargeant la Ma )«• auc balance de son côté, mit les Allemands en fuite.

mancU en faîte.

Il en fut fait grand carnage : plusieurs de leurs rois, c'est-à-dire de leurs chefs, tombèrent parmi les morts; et leur liberté ensuite fut soumise à l^s rend tri* de rudes tributs et à de plus rigoureux magis-

Lotairei. i i

trats. La reine, avertie de ce bon succès, de crainte que de l'infidélité des païens Clovis ne passât inconsidérément dans celle des ariens, urrin* aota- lors épandue par toute la terre, dépèche au-de-

île lui envoie àea 11 *

tâlZSZ* *°° vant ^ e ^ Médard , évêque de Soissons, homme de bonnes mœurs et de saine doctrine, qui rencontra auprès du roi Vaast, évéque d'Arras, que l'intégrité de sa vie fit mettre après sa mort au nombre des saints. La reine partit en même , temps pour l'aller trouver, accompagnée de Remi, évêque de Reims. Certes, il étoit besoin que ces trois doctes et religieux prélats instruiu titre de sissent en la foi le premier roi très chrétien , à ,i«noé auroid«q U ( i» on ne sauro it disputer ce titre, vu que

lorsqu'il embrassa le christianisme il n y avoit dans l'Occident aucun prince vrai chrétien :

car Thierry en Italie, Alaric en Aquitaine, les héritiers 'de Gondioche en Bourgogne , et les Goths, rois en Espagne, étoient ariens, et par conséquent, n'étant pas valablement baptisés, ils ne pouvoient point du tout se dire chrétiens.

France.

Pour les autres princes du côte du nord, comme ceux de Germanie , ils étaient encore idolâtres.

Après que Clovis eut été bien catéchisé, il reçut le baptême à Reims le jour de Pâques , h S^JTH par le ministère de Remi. La représentation de 4 "* ce jour, éternellement solennel à la France, est dans une médaille, où Ion voit le roi à genoux et Méd»uk les mains jointes devant les sacrés fonds. D'un côté est un clerc tenant la crosse, qui représente le clergé assemblé en cette cérémonie; et de l'autre le saint évêque, levant les yeux au ciel , vers une lumière qui semble venir éclairer cette action importante par laquelle le roi se rend vraiment glorieux: devictis hostibus, etampliata religione , ayant vaincu ses ennemis et provignè la Religion. Cette action fut célébrée à Reims, Rhemis, avec tant d'appareil, que le ciel y voulut contribuer quelque chose : car nous avons la tradition de l'antiquité qui rapporte que, par la négligence des clercs, ne se trouvant point de crème, une colombe apporta la sainte ampoule, pleine de cette huile sacrée dont on^T^'point encore aujourd'hui les rois de France; et qu'un ange donna à un ermite contemplatif la fleur de lis en champ d'azur; à qui la voudra ht* 8r ur» dm bien regarder , symbole de la Trinité, pour lors ' combattu des ariens, et chez les Hébreux, signe de bénédiction : à raison de quoi les premiers

chrétiens voulant montrer que la croix étoit la cause de leur bonheur, avoient accoutumé de la faire fleurdelisée par les bouts. Clovis en fit ses armoiries, ayant effacé les diadèmes ou les crapauds qu'il portoit d'argent , plutôt pour devise que pour blason. Nos rois portèrent depuis des fleurs de lis sans nombre , jusqu'à Charles VI , qui n'en voulut avoir que trois. La meilleure partie des François suivit l'exemple de son prince , qui les exhorta publiquement à rio 1 ^^ e «^^ u ^ ter Idolâtrie. Sa sœur Aulbeflède, promise tiaient - à Thierry, roi d'Italie, et baptisée avec son frère, mourut quelques jours après; et Lantielde, son autre sœur, renonça aux impiétés de l'arianisme.

Cependant l'Ostrogoth , jaloux de l'agrandissement de Clovis, s'entremêle de ses affaires pour pénétrer dans ses desseins , et le prie d'abord de modérer un peu la rigueur dont il Thierry inter. traitoit les Allemands vaincus: ce qu'il faisoit

ct-<U pour In AI- 1

Umaadt ' pour se les obliger et pour acquérir le titre d'arbitre des princes. Clovis néanmoins, dans la première ardeur de cette sainte religion, qui étant tout humanité et douceur, venoit de lui faire donner, aux prières d'Euspice, prêtre de Verdun , le pardon de cette ville révoltée , remit dans leurs biens les seigneurs allemands, fugitifs devers Thierry , et relâcha les tributs

qu'il leur avoit imposés. Il ne le crut pas si aisément du différent qu'il eut contre Alaric, roi ^«TiS^Ïa d'Aquitaine , son voisin , mais arien , et qui donnoit retraite à ses ennemis. Les Gaulois, et particulièrement leurs évëques, lassés d'obéir à un infidèle, sollicitoient Clovis à cette guerre, entre autres Quintian, évêque de Rodez, qui, pour cette raison-là , fut banni de la ville par les Wisigoths, et déposé de sa prélature. D'un autre côté, les rapports, et plusieurs petits sujets d'aigreur de part et d'autre, avoient si fort pi- .qué les deux rois, qu'on disoit tout haut, et il étoit vrai, qu'ils s'en vouloient de personne à personne , et qu'ils finiroient leur querelle par un duel. Thierry, sur ce bruit répandu par toute l'Europe, écrivit à Clovis, pour l'en dissuader, qu'il se proraettoit de les mettre d'accord, et même qu'il se déclaroit ennemi de celui d'entre eux qui refuseroit des conditions équitables. Mais n'en ayant reçu qu'une réponse fort froide, il se plaint à tous les potentats de l'arrogance de Clovis, tâchant de leur mettre dans l'esprit qu'il faut tenir un conseil composé de rois pour vider ce différent, et que, s'il ne les en veut croire, ï"««y <«•

' * ' •»*de la guerre

ils le doivent tous tenir pour ennemi. Quelques 4 uns rapportent que les deux princes n'osèrent ou ne voulurent pas l'en dédire ; qu'ils s'entrevi- rU À ^^°; rent, conversèrent et mangèrent ensemble près tome i. 5

Alaric et Clorijyeu lent ««battre en duel.

d'Amboise, dans une île de la rivière de Loire; et qu'Alaric touchant sa barbe, serment usité chez les Goths, promit amitié à Clovis; que Thierry, pour réparation de quelques griefs, ordonna qu'un chevalier françois planteroit une lance droite devant le palais d'Alaric, à laquelle les Wisigoths jeteroient tant de pièces d'argent,

hJSZSto ^ ue ^ a P omte en ser °iï couverte, et que Paterne , wm^S?**' ambassadeur de Clovis , étant parti pour faire exécuter cette condition , fut indignement traité. Clovis ayant donc sujet de s'en offenser , se résolut d'en tirer raison, et mit sur pied une grosse armée. La foudre , forgée pour Alaric , fut pre- Goodeuudof. mièrement décochée sur Gondebaud : ce raé-

Jenie Clorit.

chant s'entremêla de leur accord si mal à propos, ou, comme disent quelques uns, il tint des discours si outrageux de Clovis , que des inimitiés d'autrui il en fit son malheur propre. Mais l'ambition , qui Tavoit agrandi , fournit le moyen de l'anéantir. Il vouloit, comme le lion , avoir toute la proie des deux frères morts, sans en faire part

son fi^re ode. à son cadet Odesille, et prétendoit même le décile te ligue arec «ni i •

pouuler de son premier héritage. Celui-ci envoie secrètement dire à Clovis que s'il le veut assister contre son frère, si bien qu'il lui puisse ôter la vie et ses états , il lui paiera tous les ans tel tribut qu'il lui plaira. Clovis lui promet de le faire, et marche aussitôt contre Gondebaud ,

ÇtOVIS LE GRAND, ROI V. 67

qui, ne se défiant point de la trahison de son frère, le prie de le secourir contre un roi leur commun ennemi. Odesille se range de son côté, jusqu'à ce que Clovis s'étant approché pour leur livrer bataille près de Dijon, il tourne casaque, et montre à son frère qu'il se déclaroit son principal ennemi. Gondebaud, ainsi abandonné, Se Gondcbtud »e sauve dans Avignon , ville forte, où le François le poursuit pour lui ôter la vie ; comme il eût fait à la fin , si Aredius , homme noble , vaillant Aredlm obtient

m paix de ClorU.

et sage, n'eut habilement moyenné envers lui la délivrance de son maître par une grande somme d'argent, et par des promesses encore plus grandes. Mais quelles assurances peut-on prendre d'un homme qui a si souvent et si cruellement violé les droits de la nature? A peine Clovis eut tourné le dos, que ce malheureux, égorgeant la garnison françoise , court assiéger Odesille dans Vienne. Lui cependant, bien as-^»p**

• Assiège «on frè-

suré d'être secouru, se fortifie le mieux qu'il wdM ' Vlenneî peut dans la ville; et comme il étoit difficile de la prendre autrement que par la famine, la plus redoutable de toutes les machines de guerre , de peur d'en être attaqué , il mit dehors toutes les bouches inutiles, entre autres le fontenier de la ville. Celui-ci , pour se venger , découvrit à Gondebaud que , par le moyen d'un aqueduc , il le Et le surprend

par nn aqueduc»

feroit entrer dans la place : son avis fut reçu et

Gondebaud égorge la garnison

réussit. La ville prise et pillée , Odesil le se sauve Garnie «t dans une église , où il est massacré avec un

brûle ,

«fcii*. éveque arien , digne supplice de ses trahisons , s'il eût été exécuté par un autre que par son frère. Clovis , touché de ce désastre , presse Gondebaud avec tant d'ardeur, que ce meurtrier ne trouvant plus de retraite parmi les siens,

c.iovi.«toan.e s'enfuit chez les Ostrogoths, où il mourut dans

en Bourgogne. g

G<mdeb.ud le mépris. Les Bourguignons supplièrent Clovis

meurt dajxi l'exil. -î » , î •

de n étendre pas sa vengeance jusque sur son fils Sigismond, auquel , pour ne s'attirera la fois trop d'ennemis sur les bras, il donna une partie doru p.*. du royaume de son père : en quoi il s'obligea don ne i b eaucoU p Thierry , roi des Ostrogoths, beaupère de ce jeune prince. Je sais bien que cette guerre et beaucoup d'autres actions de la première race sont diversement racontées et mises en divers temps : car il y en a qui tiennent que Clovis n'attaqua point Gondebaud par ressentiment d'injures, mais par ambition , et que dans la seconde guerre il s'étoit allié de Thierry, roi des Ostrogoths , auquel il n'avoit point encore témoigné son dessein contre le Wisigoth. Ils disent encore que leur alliance étant faite à condition qu'ils partageroientla Bourgogne, et que si l'un des deux ne s'y trouvoit au temps préfixe avec ses forces, il paieroit certaine somme.

Thierry ne voulant pas hasarder son armée, né-

cessaire pour sa conservation , y arriva trop tard, et fut quitte du danger en payant la taxe, au moyen de laquelle il eut part à la conquête.

De là Clovis mena, contre les Wisigoths ses troupes victorieuses , et en marchant fit mettre à mort un soldat qui avoit pris quelques bottes J^**"" 1

t un

voir

de foin à un paysan dans le territoire de Saint- Kï^i^J Martin , dont l'église, dit un de nos anciens, va m^d. Stin * de pair avec la basilique des apôtres de Rome. Il envoya faire ses offrandes sur son tombeau et lui demander secours. Le messager entrant dans pr^cMtou

° de victoire potir

l'église, ouït un des chantres qui entonnoit le 04 "" psaume Prœcinxisti,etc., Vous iri avez environné de votre force, Seigneur ; ce qui fut pris à bon augure. Continuant son chemin , il vit proche de Poitiers tomber sur son pavillon une agréable clarté, sortie de l'église de Saint-Hilaire, qui sembloit par là lui promettre un prompt secours contre les ariens , que ce grand prélat avoit si généreusement combattus durant sa vie. On ajoute, pour troisième faveur du ciel , que l'armée, pressée de passer, et ne pouvant trouver le gué de la rivière de Vienne, débordée, un cerf, sans être chassé, sortit de la forêt pro- un«erfmo n . chaîne , et lui montra l'endroit le plus guéable. riTU«lTvknne! Les deux armées se choquèrent à cinq lieues de Pr«.w« 1».

1 * taille pour L foi.

Poitiers, aux champs Vogladiens * , ou, selon . rwUBim quelques uns, près de Chauvigné. L'avantage

fut égal de part et d'autre pour les avant-gardes : mais quand on vint à la bataille, où Clovis avoit l'élite de sa gendarmerie, les Wisigoths ployèrent ; puis, se voyant plus vivement poursuivis, ils oublièrent leurs rangs pour s'abandonner à une honteuse fuite. Àlaric néanmoins payoit de sa personne, et, par sa voix et ses exemples, tâchoit de retenir les fuyards. Alors Clovis se souvenant des fières menaces qu'il avoit faites, l'appelle, le cherche; et l'ayant rencontré, le choque si Ai*™ tué p« rudement, qu'il lui fait vider les arçons. Deux

t <JoVM»

cavaliers wisigoths accourent au secours de leur prince , et, la lance baissée, choquent en même cwitma». temps des deux côtés le roi Clovis: la bonté de ses armes et la prompte assistance de Clodéric, jeune seigneur françois, le sauvèrent du péril. Alaric cependant s'efforçoit de se relever : mais Clovis , lui plongeant l'épée bien avant dans le corps, le dépouilla de la vie et des marques royales. Après cette victoire , tout fléchit sous le joug des François. Une grosse garnison s'apprètoit à tenir bon dans Angoulême, si les mu- ^«^raUL* railles trop vieilles, tombant comme par miracle, Wnt ne l'eusssent mise en fuite. Ce qui restoit de ces

défaites , joint à quelques nouvelles troupes , s'étant présenté une autre fois à deux lieues de

A i>tre cchec Hej

Bordeaux, il en fut fait un tel carnage, que le lieu s'appelle encore aujourd'hui le Champ arien.

Anastate cn-

ole à Clovis de»

ciat.

Le Bordelois , le Quercy , le Rouergue et l'Àgenois , se rendirent. L'Auvergne les suivit, ayant par un dernier effort essayé de maintenir la domination* des Wisigoths , et perdu au combat Apollinaire, parent de son évêque Sidonius.

Ensuite de ces choses, Ànastase, empereur d'Orient, qui avoit encore l'œil sur les riches provinces d'Occident, crut, comme il en avoit bien du sujet, que par le moyen de Clovis il pourroit ruiner les Goths, engeance fatale à l'empire, et recouvrer quelque pièce de leur débris. Sur cette pensée, il envoie par une ma- T gnifique ambassade porter à ce roi très chrétien Eu^'u^S le titre et la robe de consul , avec la dignité de patrice , marque d'amitié et d'alliance semblable aux ordres que nos princes s'entre-envoient aujourd'hui; ensemble une couronne d'or, semée de grosses perles. Les ambassadeurs le rencontrèrent à Tours, ou l'éloquence grecque n'oublia pas de louer ses beaux exploits, et de se conjouir avec lui de ce qu'il avoit de sa propre main abattu l'ennemi de la religion et de l'empire ; à quoi il ajouta qu'il étoit lui seul capable de ruiner les Goths , désolateurs des royaumes, et digne du consulat, autrefois exercé par les Scipions, par les Césars et par les Pompées. Le roi eut ces discours agréables, et traita d'alliance avec eux; puis mettant la couronne d'or sur sa

^cioruiepw. tête et la robe de pourpre sur ses épaules, il monta à cheval sur le parvis de l'église de Saint- Martin , où il fit largesse de sa propre main d'une grande quantité de pièces d'or, tout le peuple criant, Vive le roi, consul romain. Depuis ce jour là il fut toujours appelé Auguste; et pour consacrer à jamais ces marques d'honneur en un lieu exposé aux yeux de tout l'univers , il envoya la couronne d'or à Rome , sur le sépulcre de saint Pierre.

ÉubUtM»»* Peu de jo,urs après il partit de Tours et vint

* à Paris, où il établit le siège royal. Il n'y fut pas

long-temps en repos ; mais tourna bientôt ses pensées à se rendre absolu dans son royaume.

Il y avoit, comme je l'ai déjà remarqué, plusieurs ciorb «ter. roitelets en France, qui néanmoins étaient en

nime.'e» roitelet* *

<l ^^* r/Aj quelque façon vassaux du roi. Ayant résolu de celgZ'rreTJp^ les exterminer , il commença parRagnacaire ou

h seconde contre . m . " n • i i

/«co/A,e«/>«>. Rancaire , qui se vantait «avoir droit sur ia

vtnee, et corn-

mencentpurRan- couronne. Je crois qu'il étoit petit-fils de Clodion, également vain, et dissolu. Il possédoit l'Artois et le Cambresis , où il vivoit dans une telle infamie avec Farron son favori, ministre et complice de ses débauches, que le peuple et la noblesse l'avoient en horreur. Il ne fut donc pas difficile à Clovis de corrompre ses capitaines, auxquels il promit des armes toutes d'or en récompense. Ils ne manquèrent pas le jour

taire.

du combat de le livrer lié pieds et mains au roi, qui le tua lui et son fils à coups de hache de sa propre main, leur reprochant outrageusement qu'ils déshonoroient sa race de s'être laissé mettre à la chaîne* comme des coquins ; ingrat en leur endroit, de l'assistance qu'ils lui avoient prêtée au besoin contre les Soissonnois ; et plus juste envers les traîtres qui les lui avoient vendus, car il ne leur donna que des armes de laiton ^Trâkrwtro». doré; et comme ils se plaignoient de sa tromperie, il les renvoya bien rudement. Après cela il se saisit de Cararic et de son fils, prenant pour sujet qu'ils étoient demeurés neutres durant la guerre qu'il avoit eue contre Siagrius, et les fit raser pour leur ôter la qualité de princes. Alors arricet»»

r * r fils tondue.

le fils consolant son père sur cet affront, Ces Leb.b.idu6b

1 leur coûte U vie.

branches , lui dit-il , que Ion taille sur des arbres si verts et si pleins de sève , repousseront , s'il plait a Dieu , au dommage de celui qui les Jait couper. Mais les cellules du monastère où ils étoient enfermés ne furent pas sourdes, et rapportèrent ce discours à Clovis, qui fit couper les arbres par le pied. Sigebert aussi , prince de Cologne, qui l'a voit si généreusement servi dans toutes ses affaires, fut surpris après les autres par un étrange artifice. Le roi suborna un flatteur, pour dire ces mots à Clodéric son fils, Ton père gum* incu.

Clodërlc à tuer

Sigebert est appesanti de vieillesse 9 et d'une blés- jjj v* n S{ *<-

■f 4 HISTOIRE DE FRANCE.

sure à la cuisse qui le fait clocher ( il Ta voit reçue à la journée de Tolbiac, contre les Allemands); siivenoit à décéder , je suis assuré de bonne part, que le roi Clovis te rendroit amiablement le royaume. Sur cette croyance le fils, trompé de la convoitise de régner, fait assassiner son père, en donne avis au roi, et s'offre a lui envoyer telle part qu'il lui plairoit avoir de ses trésors. Comme il vit donc les députés du roi arrivés exprès pour recevoir cet or : Voilà , leur dit-il, en leur montrant un grand coffre , où mon père tenoit ce qu'il avoit de plus précieux. Mettez-y la main jusqu'au fond, lui répondirent les députés ; et alors comme ils le virent courbe, ciodérice.t...ils l'assommèrent à coups de hache. Clovis fit

saisine ptr les 1

gewdeuom. se mblablemen t assassiner Rignoméris , roitelet du Mans , et beaucoup d'autres princes ses parens, afin de s'emparer de leurs terres et de leurs trésors ; et pour savoir finement s'il ne restoit point encore quelqu'un dans sa race dont il se pût délivrer, il avoit accoutumé de dire , cum.* P iah.t Qu'il s* estimoit malheureux d'être demeuré parmi

fanement poii rat- v *

tr.per pa- j es étrangers, et sans aucun parent qui V assistât au besoin: aussi, à vrai dire, ce n'étoit pas sans raison, quoique ce ne fût pas sa pensée, qu'il se plaignoit de la sorte. Car Thierry, roi des Ostrogoths , jaloux de l'alliance qu'il avoit contractée avec les Grecs , et craignant qu'il ne

vînt enfin s'attaquer à lui, mit sur pied quatrevingt raille combattans, qu'il bailla au général ™*rr y <nt.

llef nvoie une ar-

•Ilba, comte des Gépides, pour aller rétablir ^ a °* Amalaric (autrement Amaulry, son neveu, fils d'Alaric , tué à la bataille près de Poitiers ) dans le royaume d'Aquitaine, tandis que luimême demeuroit en Italie pour contrecarrer les desseins de l'empereur grec , allié de Glovis. L'armée gothique entre dans la Provence, prend Antibe , assujettit le pays , et reconquête le Languedoc. Clovis veut arrêter le cours de ces bons succès : mais n'ayant plus son bonheur accoutumé, ni aucuns princes du sang, boucliers de l'état , il fut rudement battu , et con- ç^» traint de s'enfuir, laissant la campagne couverte de trente mille des siens. Cet échec lui ôta la Provence pour la mettre entre les mains des f*™*

l rrtourtie aui Of-

Ostrogoths : l'Aquitaine retourna aux Wisigoths ; wïl et la plus grande partie de la Bourgogne aux*° bu enfans de Gondebaud. Cette guerre est diversement narrée : mais il est toujours constant que Clovis y reçut de grandes pertes , depuis lesquelles il ne vécut pas long-temps; et n'osant plus rien entreprendre, il se retira à Paris, où il fit bâtir l'église des glorieux apôtres saint a^uMiui Pierre et saint Paul , qui est aujourd'hui Sainte- Gênent Geneviève-dii-Mont ; et outre celle-ci, la cathédrale de Strasbourg. Quelques auteurs veulent

qu'il ait fait un voyage en la Terre-Sainte, où les François commencèrent d'aller de son temps.

AwmUc un Ils disent encore qu'il assembla dans Orléans le premier concile de 1 église gallicane, ou furent faits plusieurs réglemens touchant les élections , et les confirmations des dignités ecclésiastiques.

Me„rtà p.rt. H mourut à Paris, l'an quarante-cinquième de

l'ân 3o <le son ^ *

& t,^"*" son *g e » ^e son re g ne ' e trentième y et de l'incarnation du Verbe cinq cent quatorzième, ayant régné quinze ans païen et quinze ans chrétien. Il fut enterré à Paris, dans l'église qu'il avoit fondée : Remi fit son épitaphe. Sous ce règne naquit Germain, qui depuis fut évéquede

&UHe ehs**. Paris , et sainte Brigide. En Italie , Benoît , père des moines occidentaux, avoit le vrai esprit de

iw. religion , et Boèce les douces consolations de sa philosophie contre le traitement tyrarinique qu'il recevoit de Thierry, roi des Ostrogoths.

s. M.utnt. Ajoutez à cela que le moine Maxence ouMaixent étoit abbé dans cette même contrée où est aujourd'hui la ville de Saint-Maixent ; et que pour appaiser l'ire de Dieu, dont les tremblemens de terre, les embrasemens , et autres prodiges

R«g.ti«». in^ étoient des signes visibles, Mamert , évèque de

titiHW par Ma-

^/ ,éq, " de Vienne, institua les rogations, que les autres églises ont depuis reçues.

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