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LA VIE EN FRANCE. — XX. REGNE DE LOUIS XIII

Histoire de France. — II.

Plan cm: XX.

LA VIE EN FRANCE

Règne de Louis XIII.

Fig. 1. Le poni Marchand en 1616. — En 1608, Charles Marchand, capitaine des arquebusiers, construisit à ses frais le pont auquel il donna son nom et qu'on appelait aussi le poni aux Oiseaux, parce que chacune des maisons qui y fut élevée avait pour enseigne un oiseau peint. Ces maisons étaient toutes en mortier et en bois; le pont lui-même reposait sur des pi lotis; aussi n'y laissait-on passer ni charrettes ni coches.

Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1616, la débâcle des glaces s'étant produite, une grande paitie des glaçons s'accumulèrent en amont du pont et formèrent un barrage à l'écoulement des eaux; le niveau de la Seine, en moins d'une heure, monta de plusieurs mètres, et la poussée fut telle qu'elle provoqua la dislocation d'une partie des maisons, qui tombèrent dans le fleuve.

On voit au premier plan de notre reconstitution un fragment de maison emporté par le courant ; plus loin, les restes du pont Marchand et dans le fond le pont Notre-Dame.

A gauche, au second plan, la place de la Vallée-de-Misère et, au-dessus des maisons, vers la droite, les toits de la prison du Grand Chàtelet, de l'église Saint-Leufroy et de Saint-Jacques-la-Boucherie.

Le pont Marchand occupait l'emplacement du pont au Change actuel.

Fig. 2. — Séance du parlement où fut déclarée la majorité de Louis XIII. — Louis XIII répara la Grand'Chambre du palais de Justice, à laquelle on donnait aussi le nom de Chambre dorée. Le magnifique plafond que ce roi y fit placer a subsisté jusqu'au commencement du siècle dernier; il était en bois de chêne, entrelacé d'ogives, décoré d'une foule de culs-de-lampe historiés et revêtu d'éclatantes dorures. Un plafond de plâtre, incolore et dépourvu de tout ornement, imprime maintenant à cette salle un caractère de sévérité glaciale.

Le 2 octobre 1614, Louis XIII, qui venait d'entrer dans sa quatorzième année, fut déclaré majeur, et tint, suivant l'usage, un lit de justice au parlement, dans la Grand'Chambre, en présence de sa mère, des princes et de tous les grands du royaume.

Fig. 3. — Un repas de famille chez un bourgeois aisé. - Au commencement du XVII" siècle, le repas familial se prenait autour d'une table rectangulaire. Le chef de la maison s'asseyait au milieu, ayant sa femme près de lui, et non pas en face; les garçons étaient à la droite du père, les filles à la gauche de la mère. On disposait autant d'assiettes que de convives, et sur chaque assiette on mettait un petit pain, puis on recouvrait le tout de la serviette. Les verres ne restaient pas à demeure sur la table. Quand on avait soif, on demandait à boire et les serviteurs apportaient le nécessaire sur un plateau qu'ils remportaient dès que l'on avait bu.

Une série de plats étaient rangés devant les couverts, où chacun, selon ses goûts, pouvait puiser à discrétion durant le repas : c'étaient des viandes froides, langues de bœuf salées, jambons; des pâtés de venaison; des fruits : mûres, cerises, figues, prunes ; parfois des tourtes et des espèces de pâtés dits « coqueluches ». Pour annoncer que le repas était servi, le domestique disait : « La viande de monsieur est portée. » Avant qu'on se mît à table, il faisait passer un bassin de métal dans lequel les convives trempaient leurs doigts.

Après le Benedicite, le plus honorable invité de la compagnie mettait la main au plat : sur quoi chacun se servait.

On arrosait le repas de fréquentes libations de vin, mélangé d'eau de puits. Au dessert, on apportait des fruits de la saison, des fruits secs, des gâteaux et des confitures.

Après le repas, les serviteurs présentaient des cure- dents.

Fig. 4. — La galerie des Merciers, ai: palais de Justice. — La galerie des Merciers, dont l'entrée se trouvait au haut des grands degrés de la cour du Mai, était, au XVIL siècle, l'endroit par excellence où se vendaient les « babioles », c'est-à-dire les menues marchandises de la coquetterie ou de la galanterie, depuis les gants, les éventails et les pantoufles, qui longtemps ne furent à la mode que si elles venaient du palais, jusqu'aux bijoux, dont on y trouvait le plus fin assortiment.

L'étalage des merciers se composait d'éventails, de nœuds de rubans, de ces gants à /'occasion, à la nécessité, à la Phyllis, à la cadenet, à la frangipane, etc., qui, entrés seulement depuis Henri III dans l'usage courant de la belle société, faisaient alors fureur.

A la troisième boutique on aperçoit des rayons sur lesquels des livres sacrés voisinent avec des ouvrages profanes, des romans et des livres d'histoire.

Fig. S. -- Une chasse au faucon. — La fauconnerie, après avoir été en honneur pendant des siècles, atteignit son apogée pendant le règne de Louis XIII; elle n'eut jamais de plus fervents adeptes que le roi lui-même, qui, comme on sait, eut pour premier favori son maitre fauconnier, Albert de Luynes, dont il fit un premier ministre et un connétable. Même dans le jardin des Tuileries, lorsqu'il allait entendre la messe au couvent des Feuillants, Louis XIII s'amusait à faire prendre des fauvettes et des roitelets par des piesgrièches dressées à voler les petits oiseaux.

Un bel esprit du temps découvrit que les mots Louis treizième, roi de France el de Xavarre, donnaient exactement cet anagramme : Roi très rare, estimé Dieu de la fauconnerie.

Fig. 6. — Erection d'un mai, dans la cour du palais ue Justice, dite cour du Mai. — La cour du Mai doit son nom à l'usage, que les clercs de la basoche pratiquèrent jusqu'à la Révolution, d'y planter, au pied du perron principal, un grand arbre d'environ cinquante pieds de hauteur, décoré de fleurs et de panonceaux, et qu'on appelait le Mai, du mois pendant lequel la cérémonie avait lieu. C'est au son joyeux des instruments, aux acclamations des badauds et des clercs, qu'on élevait le nouvel arbre, décoré des couleurs et des armes de la basoche.

On voit au fond de notre tableau la galerie des Merciers élevée par les soins d'Enguerrand de Marigny, pendant le règne de Philippe le Bel. Le perron qui y donnait accès était de la même époque. Enguerrand ayant été condamné au gibet, son effigie fut « jettée du haut en bas des grands desgrez du palais ».

En 1358, au moment de l'assassinat des maréchaux, le dauphin — depuis Charles V — logeait au palais et occupait une partie du second étage, que nous voyons dans notre reconstitution, au-dessus de la galerie des Merciers. C'est là que, le 22 février, le prévôt Etienne Marcel, suivi des principaux conjurés, pénétra dans la chambre du dauphin, qu'il trouva entouré des officiers mis en accusation par les États. A peine quelques paroles avaient-elles été échangées que le maréchal de Champagne tombait frappé à mort au pied du lit du régent, qui eut sa robe couverte de sang. Le maréchal de Normandie, qui s'était réfugié « en une chambre de retrait de monseigneur le duc », y fut poursuivi et mis à mort également.

Les cadavres des maréchaux restèrent exposés une grande partie de la journée sur le haut du perron, appelé la Table de marbre.

LA MONARCHIE VRSOLUK. — RICHELIEU ET MAZ\I!IN

IV. — LA VIE INTELLECTUELLE ET SOCIALE AU TEMPS DE RTCHELIEU ET DE MAZARIN.

LA I. ITT Kit VIT li E

l.e xvne siècle littéraire commence avec Malherbe et atteint son apogée avec Racine et Bossue t, mais il comprend en réalité deux périodes, donl la dernière s'étend jusqu'au jour où commence le

uvernement personnel de Louis XIV, c'est-à-dire le règne de l'ordre et de lu discipline classiques.

Il n'offre d'abord qu'une confusion extrême : il commence dès 1600 avec Malherbe; mais, par Montchrétien el d'Aubigné, il continue le précédent jusqu'à 1620 et même 1630. A l'hôtel de Rambouillet se constitue une société polie qui prépare un publie et un joug aux écrivains. L'esprit mondain, se combinant avec l'influence italienne transmise du xvie siècle, et avec l'influence espagnole, produit le goût précieux, dont le goût héroïque et le goût burlesque ne sont que des formes dérivées et extrêmes; sons celte pression, la littérature s'éloigne du naturel, recherche le lin, le grand, le bouffon, les impressions rares. Cependant, en même temps que les [lassions politiques et religieuses s'amortissent, que l'amour de la paix, de l'ordre, de l'unité, impose la monarchie absolue, la littérature classique s'organise peu à peu sur le double principe de l'observation morale et de la régularité formelle. In grand c uni de

«libertinage » apparaît, et, en face, un mouvement de renaissance catholique. La philosophie cartésienne, par le goût du vrai, le respect de la logique et de la raison. L'intérêt donné aux choses de l'âme, aide à la formation de l'esprit classique. Enfin la langue épurée par Malherbe, nuancée et raffinée

par l'effort du monde précieux, achève de se régler et, autant qu'il est possible, de se fixer par le travail réfléchi de l'Académie Française, de Vaugelas el des grammairiens; elle accroît sa richesse intellectuelle en perdant de sa variété pittoresque et de son énergie colorée.

Telle est la caractéristique du « premier » xvne siècle, celui où dominent Corneille dans la littérature dramatique, Descartes dans la philosophie, Pascal dans le sentiment religieux.

Les mœurs courtoises et polies vont se dégager de ce qu'elles gardaient encore au xvi° siècle de rude, de grossier même, el c'esl

dans les sabuis que va se faire la littérature, en particulier dans l'hôtel de Rambouillel, centre et loyer de la vie intellectuelle au Lempsde Richelieu etde Mazarin.

La vie de société. L'hôtel de Rambouillet. Les ruelles.

-Situé rue Saint-Thomas-du- Louvre, l'hôtel de Rambouillet avait été bâti d'api es les indications mêmes de la marquise de ce nom. Jusqu'alors, à en croire Tallemanl des Beaux, » on ne savait que faire une salle à an ci té, une chambreàl'aul re, et un ■ si alierau milieu • La marquise

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escaliers dans un des angles du corps principal el eul ainsi une longue suite de puces donl la plus ci lèbre est la fameuse 'liane lue blé,,,.. Voir pi. XXI, li-'. 2.

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Julie d'Angennes, marquise de (Collection

C esl dans ce séjour plaisant que la marquise gouverna vrécieua et précieuses, cherchant à généraliser le bon ton elle bon goût, continuant la réforme de la langue, inaugurée par Malherbe, exerçant le patronage des lettres, créant cette urbanité dont le nom même n'existai I pas avant elle.

Catherine de Vivonne 11388-1665 avait été mariée, à l'âge de douze ans, à Charles d'Angennes, marquis de Rambouillel. Apres avoir paru quelque temps à la cour de Henri IV, elle se lassa vite de l'existence agitée qu'on y niellait et se relira (lie/. Son pèle,

qui avait, commencé à grouper autour de lui le cénacle qu'elle (levait rendre célèbre.

Autour de la marquise, de •■ l'incomparable Arlhénice » | anagramme de Catherine), se pressaient, Malherbe, Racan; Cospeau, l'éloquent prédicateur, et Richelieu, son élève; (ïombault, railleur d'Endi/mion; Chapelain; le cavalier Marini; Arnauld d'Andilly; le cardinal de La Valette; le marquis de Montausier; Antoine Godeàu, le « nain de Julie H ; Colletet • Conrart; le duc de La Trémoïlle ; le maréchal de Sou\ ré el sa fille, la marquise de Sablé; Voiture et Benserade, Vaugelas, Ménage, Gomberville, Guezde Balzac durant ses voyages à Paris, et, à côté de Julie d'Angennes, la fille de la maison 1), on remarquait Anne Geneviève de Bourbon, plus tard dm liesse de Longueville; M""' de Sévigné, Mme Aubry, M11"3 Saintot, M11" Angélique Paulet, fille du (('lèbre financier, surnommée la belle lionne, à cause de sa chevelure d'un (( blond hardi ». Corneille y Lisait Polyeurie, lîossuet y débutait comme prédicateur; on y jouait la comédie et même la tragédie, par exemple la Sophonisbe de Mairel.

L'hôlel de Rambouillet prit parti pour le Cid, couda é par l'Académie française, que venail de fonder Richelieu.

Le besoin de se distinguer engendre nécessairement la manière el l'affectation, et, à la longue, vinrent les discussions futiles, l'importance des petites choses, le sérieux des bagatelles : on se forma en camps ennemis à l'occasion de deux sonnets, el Voiture et Benserade tinrent le monde littéraire en suspens entre Job et Urmiie. Les pédants, les Trissotins, les Vadius se faufilèrent dans le cercle et l'infectèrenl d'une science fausse et guindée; on se pâma d'aisé aux élucubrations de quelques savants en us, on s'embrassa pour l'amour du nrec; on eut recours, pour éviter l'emploi des termes vulgaires, à des métaphores outrées el à des périphrases inintelligibles : le )niroir devinl le conseiller des Gnlces; on n'approcha plus les fauteuils, on voitura les commodités de lu couversa-

Montausier, par P. Micnard Spencer)-

La marquise de Sablé, Dumonsti i: k ( Louvre).

I Julie -Lucinia d'An-

gei - (1607- 1671 épousa

Charles île Sainle Maure, marquis puis duc de Monlausier, lieutcnanl général et gouverneur de la Sain Ion • el du l Vngoumois ,

homme d' rude bonne

nie, de i ai actère bourru, il bumeur morose, donl quel nues uns prétendent que Molii re l'a pi inl dans le Misanthrope. Il (Il compo . i par la pluparl des bi an x espi'ii - du emps, y i ompris i lorneille, la Guii lande de Julie, recueil de mad

donl seize sonl 'i' a i

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1641 . le ji "H Je a fôle.

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Madeleine de Scudéry npc do la Ltib ioth ■

HISTOIRE DH FRANCE

tion, L'esprit de conversation, poussé jusqu'à l'extrême subtilité, lii naître ce jargon affecté, parfois ridicule, dont Saumaise écrivil le Dictionnaire. Les précieuses ne tardèrent donc pus à tomber du piédestal qu'elles s'étaient dressé; Molière, l'ennemi-né de tous les travers, livra l'hôtel de Ram-

I illet en pâture à la risée publique dans les

Précieuses ridicules el dans /rs Femmes savantes. La Bruyère aussi leur chercha querelle.

Si la préciosité, à force de les affiner, gâta les délicatesses du sentiment el de l'esprit, il ne faut pas oublier que la marquise de Rambouillet rendit d'abord d'immenses services. « On ne saurait dire ce que la société et les lettres françaises doivenl à cette femme exquise et cultivée. La pédanterie et la grossièreté bannies des écrits et des salons, la femme enfin maîtresse de la place et du rôle qu'elle seule peut tenir, et de l'influence qu'elle doit exercer sur les mœurs et la société, voilà les bienfaits dont lui sont redevables les deux plus beaux siècles de notre civilisation. » (H. Longnon.)

L'hôtel de Rambouillet fil école et de nombreux salons, de nombreuses rue lies, s'ouvrirent à Paris.

Les ruelles des preneuses devinrent autant de petites Académies où se faisaient, les réputations, où se colportaient les nouvelles. Les plus célèbres furent, outre celle de la marquise de Rambouillet, celles de M"e de Sully, de MUcs de Longueville (pour laquelle Loret rédigea sa Gazette en vers), de Montpensier, de Scudéry, de Mmes Scarron, de Sablé, de Haulefort, de La Fayette, de La Suze, de Rohan-Chabbt, de La Galprenède, de Feuquières, de la célèbre Ninon de Lenclos, d'Angélique Paulet et de Marion Delorme. En particulier, les « samedis » de Magdeleine de Scudéry, l'auteur du Grand Cyrus et de Clélic, réunissaient un grand nombre d'habitués dans la maison de la rue de Beauce, près du Temple, et Mmo de Sablé, qui tenait, place Royale, un salon « précieux », était fort appréciée de ses contemporains pour sa politesse, son esprit et sa raison.

C'est à la cour que s'était jusqu'alors concentrée la vie mondaine; elle se répand maintenant chez les particuliers, et la bourgeoisie, qui est entrée déjà dans la société par les affaires et par les charges publiques, y pénètre par une porte nouvelle, la littérature.

Celte société polie et raffinée a pour principal divertissement la conversation, mais ce n'est pas le seul. Elle aime passionnément la promenade, et le monde élégant se donne rendez-vous au Cours-la- Heine, au célèbre jardin du Renard, près des Tuileries, où les dames s'offraient la collation, au Luxembourg, à la Galerie des Merciers (PL XX, fig. 4), ou encore à la campagne, à la chasse; elle organise des bals, des ballets, des sérénades, des collations à l'italienne et à l'espagnole. Ninon de Lenclos joue de la viole, Marion Delorme pince du luth et Angélique Paulet chante en s'accompagnant sur le théorbe.

A cette transformation des mœurs correspond une transformation matérielle de Paris. Sous Louis XIII, les jardins du Marais se peuplent d'hôtels; la Place royale devient le séjour de la haute magistrature, des riches financiers et des précieuses; l'île Saint-Louis se couvre de magnifiques demeures (hôtel Lambert, hôtel Lauzun); de même, les prairies du Petit et du Grand Pré aux Clercs. La circulation animée et brillante des carrosses est favorisée par l'élargissement des rues et des quais.

De Paris, la mode gagna la province et beaucoup de villes eurent leur mail ou leur cours avec promenades en voiture.

L'Académie française. — Vaugelas.

Ménage. — Quelques gens de lettres, à l'imitation de ce qui se faisait déjà du temps de Ronsard, avaient coutume de se réunir périodiquement chez l'un d'entre eux, Valentin Conrart, pour y converser sur les sujets littéraires; Richelieu, qui se piquait de littérature, conçut le projet

Réunion de grandes dames, par Abraham Bosse.

de donner une existence légale à celle compagnie, et, le 2 janvier 1035, l'Académie française reçut ses lettres patentes. Ses membres, au nombre de quarante, furent astreints « à tenir des conférences pour rendre le langage français non seulement élégant, mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences ». Le Parlement, jaloux de voir une autorité nouvelle se constituer dans l'État à coté de la sienne, refusa pendant deux ans d'enregistrer les lettres de fondation.

L'œuvre d'épuration de la langue entreprise par Malherbe, reprise par l'hôtel de Rambouillet au nom des convenances et par l'Académie au nom de l'unité, fut en ce qui concerne la grammaire et l'étymologie respectivement complétée par Claude de Vaugelas (1595-1650), l'auteur des Remarques sur la langue française, et Gilles Ménage (1613-1092) [le Vadius de Molière], qui ouvrit la route aux étymologistes. De ces efforts combinés allait sortir la langue ferme, précise et noble qu'écrivit l'école classique.

La prose. — Balzac. — Ce que Malherbe avait fait pour la versification française, Guez de Balzac (1594-1654) essaya de le faire

Estampe de la Bibliothpqi.e natiu La place Royale en 1612; carrousel donné en l'honneur du mariage de Louis XIII

LA MONARCHIE ABSOLUE

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