‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 11 sur 196 · RICHELIEU ET MAZARIN · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET MAZARIN

pour la prose. Quoiqu'il ail souvent de l'emphase et abuse des lieux communs de morale et de politique, il montra aux écrivains de son temps ce que vaut une phrase logiquement construite, une période habilement cadencée, dans ses Lettres d'Italie, son l'nnrr, son s<>crate chrétien. La pensée, chez lui, ne remplit pas la forme, tandis que le philosophe Descartes, bien qu'il ait créé, suivant l'expression de Victor Gousin,« un langage naïf et mule, sévère et hardi, cherchant avant tout la clarté et trouvant par surcroît la grandeur », a la pensée sans avoir l'art. I.a forme et l'idée se rejoindront chez Pascal.

La poésie lyrique. -- Pans la poésie lyrique, l'inspiration agonise. Malherbe ne possède m la naïveté spirituelle de Marot, ni la grâce de Du Bellay et de Desportes, ni la hardiesse d'imagination et la sève lyrique de Ronsard; mais c'est un poète sobre et vigoureux, un esprit net, un discoureur éloquent. L'ordre, la clarté, la méthode, qualités chères à l'esprit français, voilà ce qu'il place au-dessus de tout : tel il se montre dans ses odes à Du l'écrier sur la mort de sa tille, à Louis XIII, à Marie de Médicis Pour sa bienvenue en France, à Henri IV pour célébrer la tin des guerres civiles. Comme réformateur de la langue et de la métrique, son influence fut très grande. Il se préoccupait à un tel point des moindres effets du style, de la ca-

Valentin Conrart, par I.a. Fkure

l'expression môme de la société recherchée et élégante de son temps,

et qui lut le rival de lial/.ac a l'hôtel de I la III l">U 1 1 kl I , Klo de

Uenserade, ri en 1691, protégé de Richelieu, puis de Mazarin,

poète favori des grandes dames el des courtisans, engoués alors des coneelli; Marc-Antoine Girard de Saint-Amant 1594-1661 , tour à tour éperdunient fantaisiste ou crûment réaliste, grand peintre de paysages el d'intérieurs, capable de verve, de couleur, de pittoresque dans ses poèmes A Ibion, Hume ridicule, Moyse sauvé; remarquable surtout comme le chef et l'anacréon des hanteurs de cabarets dans les pièces célèbres où il incarne le genre grotesque [les Goinfres, la Crcvaille, l'Ode au fromage, le Melon, la Prodigalité . plus artiste, moins vulgaire même en ses grossièretés que Paul Scarron, qui incarne le genre burlesque.

Fils d'un conseiller au parlement de Paris, Scarron (1610-1660) prit de bonne heure le petit collet, sans jamais entrer dans les ordres. Chanoine au Mans, il se rend célèbre dans la province par sou élégante frivolité et son dévergondage. Vers L638, il ressent les premières atteintes d'un mal affreux, qui finit par tordre et disloquer tous ses membres : il devient le « misérable » Scarron, raccourci de toutes les misères humaines. C'est ce cul-de-jatte qui met à la mode le burlesque, alors dans l'air [le Typlion; le Virgile travesti), écrit aussi pour le théâtre, se révèle comme romancier [le Roman co-

nan Cotai t'/icX '^-z£/ydc -'■

François de Malherbe, par Dumonsiieh.

J.-L. Guez de Balzac, grav. de J. Lubin.

Honoré de Bueil, marquis de Racan.

Vincent Voiture, par Nantkuil, d'après Ph. de Chami-aigne.

dence et de l'harmonie du vers, de la propriété de l'expression, qu'on le surnomma le tyran des mots et des syllabes, et que ses' disciples, en particulier François Maynard (1582-1646) et Honoré de Bueil, marquis de Racan 1589-1670), l'auteur des belles Startces sur la retraite et des Bergeries, tombèrent fréquemment dans une sécheresse souvent insipide en s'appliquanl à suivre à la lettre les règles trop sévères que le maître imposait à la poésie et en versifiant laborieusement des lieux communs.

Quelques irréguliers font revivre la Fantaisie du xvie siècle en l'alliant au goût des pointes, des concetti mis à la mode par les Italiens et les Espagnols, et échappent à la férule de Malherbe, mais

il- essuieront plus tard les sarcasmes de Boileau, qui les vi ra au

ridicule, quelquefois avec trop de cruauté. Ce sonl : Théophile de Viau 1590-1626 . huguenol de naissance et - libertin », que son obscène Parnasse satirique lit condamner à mort 1 el donl les mies Ode à la Solitude . épigrammes, impromptus, madrigaux, sonnets, élégies, tragédies Pyrame et Thisbê , sont d'un vrai poète; Vincent Voiture I598-1648Ï, lils d'un marchand de vin d'Amiens, qui est

i I.a peine lui commuée en relie ,1a bannissement, et Théophile, mi liberté, se cacha à Chantilly dans le pelil pavillon connu sou i nom de maison 'le Sylvie, parce que Théophile désigna sous ce nom la duchesse -a

bienfaitrice dans de reconnaissantes poésies. Il ne reste rien du pa i I i

se réfugia Théophile. La moderne - maison de Sylvie », de I h Lou XV, a été édifiée par Daumet -nu- la direction du dm d Vumale. On panneaux de Luc-Olivier Merson retraçant la réclusion de Théophile.

mique), et, malgré sa trivialité, comme un précurseur de Molière. En 1652, comme il songeait par lassitude à émigrer en Amérique, il épouse, à lasurprise générale, une jeune et jolie orpheline, Françoise d'Aubigné, la future Mmo de Maintenon, el la chambre déjà célèbre de l'infirme est bientôt le rendez-vous de la meilleure société.

Savinien de Cyrano de Bergerac (1619-1655), obligé de renoncer à la carrière des armes après avoir reçu une terrible blessure à la gorge, suivit les leçons de Gassendi el emprunta ses tendances aux libertins, ici philosophes hardis, là ^alantins de « ruelles ,>, là encore goinfres de cabarets; el de ce mélange de libertinage, de précieux et de burlesque sortit l'œuvre souvenl bizarre, mais intéressante, de cel enthousiaste. Dans sa comédie U Pédant joué, il introduil au théâtre le paysan; dans sa tragédie la Mort d'Agrippine, il prend la scène pour nt)r tribune, d'où Séjanus serl de porte parole aux < libertins >> de son temps. Son Autre monde, voyage imaginaire aux régions de la Lune, du Soleil el dans le royaume des < » i s i ■ . 1 1 1 \ , pose avec hardiesse de graves questions sociales cl si ientifiques. Cet homme, donl on a voulu faire un matamore ci même un fou, fui plutôt un enthousiaste aimé pour sa bravoure, sou

i Ses Lettres fi de la Berne, de la Carpe au Brochet

1 1 1 i te di miracl di oftl, le firent cal aloguei dan le G m

le nom de Callicrati . I in ■ ip| i Bi lie Mal ineu e i

traité par Malle ville inie, mis en regard du Job di I

détermina nue ci ion enli uranistes i

Histoike de France. — II

IIISTOIH!' I)F. FRANCE

Les poésies de Charles Coypeau d'Assouci [1605-1675) contiennent une parodie des Métamorphoses d'Ovide Ovide en belle humeui et du Ravissement de Proser/rine, de Claudien. Elles rappellent les plaisanteries de Scarron, mais non l'espril el le lalenl de I auteur du Roman comique.

L'épopée. — Les poèmes épiques abondent durant la première moitié du xvn" siècle, mais Saint Louis, «lu P. Leninyne; Àlaric,de Scudéry ; la Purelfe, de Chapelain; Clovis, de Desmarets; .1/

sauvé, de Saint-Amant, ne sont, à vrai dire, que des r ans versifiés,

d'une lecture fatigante. Cette épopée est misérable : malgré qu'elle

de Porl Royal, méprisés par Bossuet, ridiculisés par Molière, appréciés au contraire par Mm" de Sévigné, l.a Fontaine, Fléchier, Massillon, c'était la grandeur et l'héroïsme des sentiments; or, on vit les écrivains du génie le plus original exprimer dans un style plus vigoureux les sentiments des héros de La Calprenède. Il serait donc injuste de ne pas tenir compte de ces œuvres parce qu'elles sont invraisemblables et illisibles aujourd'hui, de contester leur action sur la littérature générale. D'ailleurs, le roman fut détourné de celte voie dangereuse par la veine comique, satirique et bourgeoise, veine tout à fait gauloise au fond, que tous les grands ouvrages aristocratiques n'avaient pas étouffée et qui finit par prendre le dess

Pierre Corneille, gravure de Guillaume Vallkt

Jean Rotrou, gravure de Dis s rochers.

Honoré d'Urfé, gravé d'après V a n I) tcx,

Paul Scarron (Estampe de la bibliothèque nationale).

s'inspire de sujets modernes et nationaux, elle n'a rien de national ni de moderne. Asservie à l'imitation inintelligente de Y Enéide et de la Jérusalem délivrée, écrasée sous la règle, remplaçant le sentiment de la nature par un faux goût décoratif, elle ne produit que des œuvres pédantesques, pompeuses et froides.

Le roman. — Le roman sentimental elle roman social sont bien antérieurs à VAstrée et à l'hôtel de Rambouillet. Dès le règne de Henri IV, une pléiade d'écrivains amateurs s'efforcent de secouer le joug de l'Espagne et de l'Italie et leur chaste idéalisme contraste souvent avec les mœurs du temps; mais l'honneur d'avoir contribué à former l'esprit mondain par le roman revient surlout à Honoré d'Urfé (1568-1625), l'auteur de VAstrée.

Pastoral, inspiré d'un profond sentiment de piété locale et familiale avec d'Urfé, exotique sans pittoresque avec Gomberville ( 1600-1674 , historique sans vérité avec La Calprenède 1614-1663 [Cassandre, Cléopdtre, Pharamond] et Mlle de Scudéry [Artamène ou le Grand Cyrus, Clélie] (1), le roman s'oriente de plus en plus vers la description morale et l'analyse des caractères sans renoncer aux aventures incroyables et aux sentiments hors nature. Il ne produit guère que des œuvres interminables et médiocres, espèces d'épopées en prose, d'uni' fausseté absolue, offrant le travestissement continuel des mœurs et des idées des temps anciens en celles du temps de la Fronde el des commencements du règne de Louis XIV. Il y a pourtanl dans VAstrée, qui a rendu célèbres les bords du Lignon, et dontun des héros. Céladon, a enrichi la langue d'un mot nouveau, d'agréables descriptions pastorales, des modèles de galanterie et de savoir-vivre qui onl donné le ton à la haute société tant que ne triompha pas la doctrine cornélienne de l'asservissement du cœur et des passions à la raison et à la volonté; et le Grand Cyrus fait passer sous nos yeux tous les beaux esprits, toutes les muses du temps : la digne Ciéonire M""' de Rambouillet , l'adorable Philonide Julie d'Angennes, fille de la marquise , le généreux Mégabate \l. de Montausier, époux de Julie d'Angennes , l'agréable Cléarque Voiture), le sage Théodamas Conrarl v au silence prudent »). Le peintre n'a pas oublié de se produire sous le nom de Sapho, qui lui resta dans le cénacle.

Ce qui plaisait surtout dans ces romans, blâmés par les solitaires

Dans Francion, de Charles Sorel (1507-1674', passent successivement sous nos yeux, avec leurs travers et leurs ridicules, les régents de collège, les magistrats, les plaideurs, les bourgeois, les laquais, les charlatans, et le Roman comique, de Scarron, bien supérieur à son Virgile travesti, écrit dans un style dru et savoureux, reste un chef-d'œuvre de vive gaieté et d'excellent réalisme. Théophile Gautier, dans son Capitaine Fracasse, s'en est évidemment souvenu.

Le Voyage à la lune de Cyrano de Bergerac, et, un peu plus tard, le Roman bourgeois de Furetière contribuèrent puissamment, avec le Francion et le Roman comique, à ramener les esprits des fausses exagérations à la simple réalité ou à la satire amusante.

Le théâtre. — La tragédie. Rotrou. Corneille. — Le théâtre parvient, dès la première moitié du xvi° siècle, à s'organiser. Il y a encore delà confusion et de l'inégalité avec Alexandre Hardy, qui continue de produire infatigablement et dont le meilleur ouvrage, Marianne, est de 1610; avec Théophile de Viau, dont la tragédie de Pyrame et Thisbé, mélange de bel esprit italien et de souvenirs antiques, eut un succès de vogue; avec Jean Mairet | 1604-1686 , l'auteur de Sophonisbe, qui emprunte aux Italiens et non aux anciens, comme il le dit, la règle des trois unités dont Chapelain, puis d'Aubignac l'aident à imposer l'observation. Le triomphe de la règle assure celui de la tragédie : la pastorale, puis la tragi-comédie s'éliminent.

Jean de Rotrou (1609-1650 a beaucoup écrit, mais deux de ses œuvres l'emportent sur toutes les autres: Saint-Genest et Venceslas. l.a première, mélange de scènes familières et de scènes pathétiques, peint à la lois le monde des comédiens et l'héroïsme des chrétiens: il contienl îles pages qui font penser à Polyeucte. Venceslas, c'est l'étude puissante d'une âme pleine de violence, dont la terme volonté se hausse jusqu'à la générosité. Rotrou met dans la folle intrigue tragi-comique de la fantaisie, du lyrisme : avec Corneille 1606-1684^ , la tragédie va enfin trouver sa forme.

Pierre Corneille, né à Rouen, mort à Paris 1606-1684), avait débuté' par des comédies [Milite, Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale , dont le caractère commun est la décence du ton, Y « honnêteté' ». des mœurs el du langage. H fut en lti.'î.'j présenté à Richelieu et devint l'un des cinq auteurs (1)

(1) Dans sa Clélie, Mlle de Scudéry imagine un pays allégorique, le pays de Tendre, où l'on ne s'occupe que d'amour, et dans la carie du Tendre toutes les localités portent des noms galants : Inclination, Petits-Soins, lac Indifférence, mer Inimitié, elc.

1 Les quatre autres « garçons-poètes » du cardinal étaient Rotrou, Collelet, Boisrobert et l'Estoile. Richelieu écrivit, en collaboration avec Desmarets de Sainl-Sorlin, une tragédie, M/rame. Il avait, outre sou entourage politique, un entourage intellectuel et mondain : la duchesse d'Aiguillon, sa nièce; Boisruburl et Guillaume Rautru de Serran.

LA MONARCHIE ABSOLUE

RICHELIEU ET MAZAKLN

Théophraste Renaudot, gravure de Michel I*.

que le cardinal chargeait d'écrire des pièces dont il avait l'ait le plan. Mais il reçut bientôt son congé, n'ayant pas « d'esprit, de suite », et il composa dès lors pour son propre compte. Sa tragédie de Mtdée 1635), où la gaucherie se mêle à la force, fut suivie de deux autres pièces d'inspiration espagnole Iti.'Sii : l'Illusion comique et le ('»/, dont il emprunta le sujet à Guillicm de Castro, mais en faisant un véritable drame de ce qui était, chez le modèle, une épopée dramatique, en adoucissant ce qu'il y avait d'âpre et de rude dans l'œuvre espagnole, en resserrant l'action et en la simplifiant, en mettant tout l'intérêt dans l'Ame des personnages.

si ce chef-d'œuvre valut à l'auteur les suffrages du public, la plupart des critiques et des poètes se tournèrent contre lui. et. découragé par la querelle du Ciil, Corneille ne revint au théâtre qu'après un silence de trois ans; il se soumit alors aux règles dont on lui avait reproché de s'affranchir. Il donna coup sur coup trois chefs-d'œuvre : Horace 1640), Cinna I64n), Pulyeucte | 1643), et les pièces qui suivirent [Rodugune, Hiraclius, etc.) n'ajoutèrent rien à sa gloire, bien qu'elles renferment des scènes vraiment dignes de lui.

Avec Corneille, la tragédie française se dépouille de l'excès de lyrisme ou de romanesque qui la gâtait; elle revêt le si vie oratoire que Malherbe semblait avoir forgé pour elle; elle se plaît aux actions extraordinaires et compliquées; elle exalte surtout la volonté humaine supérieure à la fatalité des passions. Corneille, el c'est par là qu'il est le contemporain de Descartes, enferme dans une action soigneusement graduée une étude serrée de l'âme humaine, posant l'intérêt dramatique dans le conflit et l'effort des caractères. Il place l'homme moral entre la passion et le devoir, l'homme social entre la liberté et la tyrannie, et c'est le devoir qui l'emporte. Son style vigoureux est tout d'une pièce, comme ses héros.

La farce. La comédie. — La comédie érudite et factice du xvic siècle fut, pendant les trente premières années du xvir, supplantée par la farce.

11 se débitait en plein vent, place Dauphine et sur le Pont-Neuf, des farces où l'incongruité du langage le disputait à la hardiesse des détails : C-ros-Guillaume, Gautier Garguille et Turlupin, garçons boulangers du faubourg Saint-Laurent, se distinguaient par leur verve intarissable, et Tabarin qui inspira à Molière les Fourberies <!<■ Scajiin , avait ses tréteaux sur l.i place Dauphine : velu d'une ample blouse verte et d'un large pantalon de même couleur,

le long duquel pendait u ;pée de bois, il

s'arrangeait toutes sortes de coiffures, depuis le casque romain jusqu'au bonnet d'âne, en transformant son chapeau de feutre.

Le Parlement finit par interdire la furet:

comme i in un ua le ; mais, ce qui lit tomber tout à fait le genre, ce fut l'avènement de la vraie i die. Cyrano de Bergerac donne le Pédant joué; Maire l, les Galanteries du duc d'Ossone; Scarron, /></»/ Japhet d'Arménie. A partir de 1630, la comédie reprend sa vogue. I.a comédie d'intrigue naîl avec la Sœur, de Rotrou; h Em de Scarron : l'Esprit follet, de d'Ouville; le Para ite, de 1 1 istan l'Ei mite; Milite el le Menteur, de Corneille, qui de plus inaugure la comédie de mœurs dans la Veuve, la Galerie du Palai ,la Plaa Ho el prélude, en même temps qu'Antoine Maréchal, Boisrobert la Belle Plaideuse), Gilberl de La Tessonnerie, aux Pricieus< et au Bourgeois gentilhomme. Ces auteurs en général, vont puise,

leurs sujets dan- le théâtre italien on le thé; ispagnol.

A la vérité, la comédie, qu'elle soil précieuse, lyrique, l ffonne,

caricaturale, se distingue mal de la tragi-comédie, de In pa

de la farce, bien que Corneille, dans Je Menteur, en définisse du us

le ton et y donne un modèle de dialogue comique. Jusqu'à Molière, elle est, en somme, caractérisée par une intrigue invraisemblable, des personnages conventionnels, un comique poussé jusqu'à la charge. C'est au théâtre de VRôlel de Bourgogne que furent représentées les premières tragédies de Corneille el que Molière ni jouer ses premières pièces; c'est là que firent courir toul Paris le célèbre comique Julien fie'deau, dit Jodclet, ei Poisson l'ancien, dit Bclleroche. L'hôtel du Petit-Bourbon, près du vieux Louvre, où Henri III avait installé' la troupe italienne des Gelosi, reçut en 1645 une troupe de chanteurs d'outre-monts appeb'e par Mazarin : ils y représentèrent les premiers opéras et ['Andromède de Corneille. De lti.i.'i à ItiîiH, une autre troupe italienne avail pris possession de ce théâtre lorsque Louis XIV l'obligea à partager la salle avec Molière, qui bientôt l'occupa seul jusqu'au jour où l'on commença à démolir l'hôtel du Petit-Bourbon pour élever la colonnade du Louvre.

La presse. — Théophraste Renaudot.

— C'est à Théophraste Benaudot que revient l'honneur d'avoir l'ait paraître, le 30 mai 1621, le premier numéro de la Gazette de France. Le roi et Richelieu encouragèrent celle tentative et envoyèrent à la Gazette des communiqués officieux.

Théophraste Renaudot (1586-1653), médecin à Loudun, sa ville natale, y connut le P. Joseph, qui le fit mander à la cour. Médecin du roi, il obtint l'autorisation de créer nue agence de placement (Bureau d'adresses) près du Palais, rue de la Calandre, à l'enseigne du Coq d'or : moyennant 3 sols, chacun pouvait faire inscrire sur un registre toute olfre d'emploi ou de vente de marchandises; l'inscription était gratuite pour les malheureux 161'J . Après avoir écrit .< à la main •> des nouvelles qu'il distribuait dans ses visiles, Renaudot les lit imprimer, et ri' fui la Gazelle périodique. Plus tard, en 1H37, il joignit à son Bureau un Mont-de-Piété, institution qu'il avait vue fonctionner en I^ie. Il fonda des consultations gratuites pour les malades pauvres, réunit dans son Bureau des conférences de médecins, imagina des visites à domicile, songea à faire élever un - Hôtel des consultations charitables »; mais il porta ombrage à la Faculté de médecine, qui le poursuivit parce qu'il exerçail à Paris sans avoir été reçu docteur de l'Université de |a capitale. Condamné en 1640, il se consai i a

désormais tout, entier à sa Gazette el urut

« gueux comme un peintre d, selon l'exprès sion île son confrère Gui Patin.

Jodelet, par Abraham LSosse

BIBLIOGRAPHIE

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