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LES CLUBS

Toute l'activité des citoyens se trouvant absorbée par les choses de la politique, c'est dans la rue, sur les places publiques, dans les lieux de' réunion, dans les assemblées, que se concentra la vie nationale. Les clubs, dont les membres se réunissaient sans mission officielle pour délibérer sur les questions à l'ordre du jour, groupèrent les révolutionnaires de Paris et des départements dans un même effort. Sans parler de ce rassemblement permanent du Palais-Royal, de

ce club en plein air qui avait son bureau au café de Foy et qui eut une influence si décisive sur les journées de juillet et d'octobre 1789, la première en date des sociétés politiques fut le « club breton ». D'abord simple réunion parlementaire, tenue hors séances à Versailles, le club breton, lorsque

1 Par application de ce principe, le contrai doit faire connaître exactement les in aileclés àl hypothèque elle montant delà créance hypothécaire.

(2) Sur l'organisation des tribunaux, voir p. 222.

Un jacobin

(1) C'est au cours de la discussion (pie, répondant à ceux qui objectaient que la suppression des castes provoquerait des troubles, DuPonlde Nemours s'écria : « Si toutefois cette scission devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifie)' les colonies qu'un principe. » Robespierre s'exprima à peu près dans les mêmes termes, et le mot célèbre : Périssent les colonies plutôt qu'un principe, fut composé des deux mouvements oratoires de Du Pont de Nemours et de Robespierre.

LA REVOLUTION

la Constituante eut été transférée à Paris, se rassembla dans le couvent des dominicains de la rue Saint-IIonoré; tandis que les royalistes baptisaient ses membres du nom de « jacobins », qui leur resta, il s'intitula c< Société des Amis de la Constitution ».

Les jacobins furent d'abord monarchistes constitutionnels, mais, à l'occasion de la pétition du Champ-de-Mars, réclamant la déchéance

La salle du club des Jacobins, gravure de M acqueliiîr.

du roi, il se produisit une scission qui aboutit à la fondation par les modérés du club des Feuillants. Fortement organisé, dès le milieu de l'année 1791 le club des Jacobins s'était affilié quatre cent six sociétés provinciales, sans parler des très nombreux clubs admis à la correspondance, à Paris, en France et à l'étranger. Robespierre, Saint-Just, Couthon, Billaud-Varenne donnèrent aux jacobins une puissance sans limites. Le Comité de salut public n'eut pas, durant la Terreur, d'auxiliaire plus efficace.

Le club des Feuillants, dont les orateurs furent bien vite réduits au silence par leurs redoutables rivaux, n'eut jamais une grande influence. Il en fut autrement du club des Cordeliers, fondé dès le début de la Révolution dans l'ancien couvent des cordeliers, rue de l'Ecole-de-Médecine, là où s'étaient réunis les États généraux de 1357. Il s'appelait en réalité Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen: c'était le club populaire par excellence, ouvert à tous, délibérant les portes ouvertes, et dont les principaux orateurs fuient Danton, Marat, Camille Desmoulins, Fréron, Hébert, Chaumette, Fabre d'Églantine, Legendre, Anacharsis Cloots. On trouve les cordeliers à l'avant-garde de tous les mouvements populaires jusqu'à la chute des hébertistes.

Beaucoup de femmes du peuple assistaient comme spectatrices ou comme actrices aux manifestations de la rue, ou fréquentaient les réunions politiques, les audiences du tribunal révolutionnaire et les exécutions terroristes. Les royalistes qualifiaient de « furies de la guillotine » les tricoteuses qui suivaient régulièrement les séances des clubs et les troublaient souvent par leurs acclamations.

Au-dessus de la foule des « citoyennes » émergent quelques personnalités curieuses. La Hollandaise Etta Palms, née Alders, fondatrice du Club féminin des citoyennes patriotes ou Société des Amis de lu rouit', demanda à l'Assemblée législative l'admission des femmes à tous les emplois civils et militaires, et donna l'impulsion au mouvement qui se manifesta, par la création de nombreuses sociétés politiques et de légions d'amazones.

Olympe de Gouges — de son vrai nom Olympe Gouze — aussi aristocratique d'instinct que plébéienne d'origine (elle '''tait fille d'un boucher de Montauban , avait abandonné un mari vulgaire, mais honorable, pour venir a Paris vivre de la vie de Ninon de Lenclos, qu'elle avait adoptée comme modèle. Ayantvite perdu ses attraits, die s'improvisa femme de lettres et groupa autour d'elle un cénacle d'écrivains comme La Harpe, Dulaure, Bernardin de Saint- Pierre, .Mercier, Mercier surtout. Royaliste

Portrait de Théroig attribué à Vestier (

en 1789, girondine après la fuite du roi, elle attaqua publiquement Robespierre et Marat, fut arrêtée le 20 juillet 179.3 et, détenue à l'Abbaye, se désigna elle-même pour la guillotine, en écrivant : « Robespierre m'a toujours paru un ambitieux sans génie et sans âme. Je l'ai toujours vu prêt à sacrifier la nation entière pour parvenir à la dictature. » Une des premières, elle avait mis à l'ordre du jour la question des revendications féministes, qu'elle avait codifiées dans sa fameuse Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne, et qui se résume dans l'article 10 : « La femme a le droit de monter à l'échafaud : elle doit également avoir celui de monter à la tribune. »

Théroigne de Méricourt, née en 1762 àMarcourt, à 50 kilomètres de Liège (on l'appela la Belle Liégeoise), fut tour à tour vachère, couturière, dame de compagnie, domestique, et se fixa à Paris après une vie d'aventures. Son luxe, sa beauté attirèrent autour d'elle des admirateurs passionnés, parmi lesquels Potion, Sieyès, Romme, et elle fonda chez elle le club des Amis de la loi (1790). Presque célèbre, mais détestée de la presse, qui la chargea des actions les plus viles et des mœurs les plus crapuleuses, elle retourna en 1791 dans son pays natal, où elle fut arrêtée par les Autrichiens pour crime de haute trahison. Lorsqu'elle revint à Paris, elle projeta sans succès d'organiser un bataillon d'amazones. Accusée, à tort d'ailleurs, d'avoir pris une part directe aux journées sanglantes de la Révolution, la « Bourrique des Jacobins », comme la nommaient les royalistes, fut publiquement fustigée par la foule robespierriste, sous prétexte qu'elle était brissotine. LTn jugement, rendu sur la demande de son frère, mit fin à sa carrière agitée : interdite et enfermée comme folle dans une maison de santé, en juin 1794, elle fut transférée à la Salpèlrière, où elle mourut en 1817, à l'âge de cinquante-cinq ans.

Rose ou plutôt Claire Lacombe, née à Pamiers et actrice en province, demanda à la Convention, étant « Française, artiste et sans place », à s'enrôler dans l'armée. Le 10 août, elle prit part à l'assaut des Tuileries et reçut des fédérés une couronne civique. Membre du club antigirondin des Républicaines révolutionnaires, elle prêcha le socialisme et la politique des enrayés. Les « républicaines révolutionnaires », habillées en hommes, essayèrent vainement de gagner à leurs idées les « citoyennes des marchés de la section du Contrat social », qui accueillirent en lui donnant le fouet la présidente Rose Lacombe.

LA LITTÉRATURE

Deux faits caractérisent la littérature pendant la Révolution : le développement de l'éloquence politique et la puissance de la presse.

L'éloquence politique. — La discussion des idées nouvelles devait nécessairement faire surgir des orateurs et des publicistes dans toutes les classes de la société.

Mirabeau, Robespierre et Danton sont, avec les chefs du parti girondin, les plus célèbres orateurs de l'époque révolutionnaire. L'éloquence de Mirabeau, politique habile, logicien serré et puissant, était emportée et hautaine, mordante et ironique, enflammée et troublante. Il laissait tomber sa parole avec un mépris superbe, savait trouver à propos l'image frappante ou le mot décisif. Et alors même que l'opposition le couvrait d'invectives, cet homme extraordinaire restait impassible, encore qu'il parût débordé par sa fougue naturelle, qui s'opposait à l'éloquence mesurée de Barnave, son adversaire aux États généraux et à la Constituante. A côté d'eux brillaient encore, dans la première Assemblée : Cazalès, le défenseur de la monarchie; l'abbé Maury, les deux frères Lamelli.

A l'Assemblée législative débute avec éclat le groupe des girondins : Buzot, Guadet, Gensonné, Isnard ; leur chef est Vergniaud, improvisateur merveilleux, à la parole imagée, et qui savait mettre de la poésie dans les discussions les plus ardues.

En face des girondins, à la Convention, se dressent Robespierre, rhéteur laborieux et froid, qui polit et aiguise ses phrases, se complaît dans les abstractions idéologiques, les sophismes verbeux, et, faisant avec lui le plus complet contraste, Danton, le Mirabeau populaire, à l'inspiration soudaine, aux mots familiers et puissants qui enlèvent les foules, l'homme que le torrent révolutionnaire a comme façonné à son image, et dont la voix éclatante, les gestes impétueux dominent les

ne de Méricourt, Musée Carnavalet).

Je su;s le v. riublc père Ducheii:e,ïcarre. LES CÔMPUMENS ET LES VISITES

du Jour de l'An

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