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LES FÊTES PUBLIQUES

Aux veux îles hommes de la Révolution, les fêtes publiques avaient une portée capitale pour l'éducation civique du peuple. Le peintre David, leur organisateur attitré, fut secondé par les poètes M.-J. Chénier et Lebrun, les musiciens Lesueur, Gossec, Cherubini, les statuaires Roland, Michallon el Cartellier. La première en date et la plus importante fut celle de la Fédération, célébrée le 14 juillet 1790, jour anniversaire de la prise de la Bastille.

Le 15 avril 1702, la fête de la Liberté fut célébrée en l'honneur des quarante Suisses du régiment de Château-Vieux, condamnés aux galères, (Voir p. 216.)

En 1793, la Convention décréta la célébration de la fête de la Fraternité, puis de celle de Y-Hospitalité, en l'honneur des réfugiés de la révolution de Brabant : on chanta un hymne dont cette strophe devint populaire :

Partagez donc avec vos frères

Le pain de la fraternité;

Dans le sein de l'égalité,

Attendez des jours plus prospères.

Amis, rassurez-vous : les rois n'auront qu'un temps. Paris sera toujours le tombeau des tyrans.

La même année, la Convention décida la célébration, au 14 juillet, de la fête de Y unité et de Y indivisibilité de la République, dite aussi fête de la Régénération. L'assassinat de Marat en fit remettre la célébration au 10 août, jour d'affranchissement, disait le décret de la Convention. « La régénération de la France, lit-on dans le procès-verbal île la cérémonie, est ainsi associée au lever de l'astre du jour (la fête commença à l'aube) qui fait tressaillir de joie la nature entière. » Sur les débris de la Bastille Tut élevée une fontaine ubérale que David avait modelée dans une sorte d'Isis colossale, assise entre deux lions. Un jet d'eau coulait de chacune de ses mamelles, que la déesse pressait de ses doigts. Le président de la Convention, Hérault de Séchelles, y remplit une coupe, la porta à ses lèvres et la passa aux quatre-vingt-six vieillards qui portaient les bannières des départements.

Après la fête de la Raison (Voir p. 255), la fête des Victoires (30 décembre 1793) fut une démonstration solennelle en l'honneur « de la bravoure des quatorze armées de la République naissante » : chaque armée était représentée par un char de blessés et d'invalides. La fête de Y Être suprême fut célébrée avec une grande pompe le 8 juin 1794. (Voir p. 256.)

Une loi complémentaire de la Constitution blissement de fêtes nationales destinées « à entretenir la fraternité entre les citoyens », à les « attacher à la patrie et aux lois », et en fixa le nombre à sept. Ces fêtes furent célébrées de l'an IV à l'an VIL L'architecte Chalgrin les dirigea avec le concours des poètes Lebrun, Chénier, Uouget de Lisle, Parny, les musiciens Gossec, Méhul, Cherubini. La mise en scène et les combinaisons destinées à frapper la foule tirent place à la note champêtre et sentimentale, à la glorification des inventions utiles. Mais les chars caractéristiques des cérémonies organisées par David reparurent à la fête de la Fondation <!>■ la Ré/iubUijne l'r vendémiaire an V) et à la fête de la Liberté (9-10 thermidor an VI , où défilèrent à Paris les trésors artistiques et scientifiques rapportés d'Italie.

La dernière fête vraiment conforme à l'esprit de la Révolution fut celle de la P : générale, célébrée sous le Consulat. en 1802. Les chars symboliques disparuieni et désormais les feux d'artifice carai lérisèrent les fêtes nationales du Consulat et du premier Empire, comme les chars à figurations symboliques avaient caractérisé les fêtes de la Révolution.

LES SCIENCES

Le mouvement scientifique français de 1789 à 1815 fera ultérieurement l'objet d'une étude d'ensemble. Les savants qui y ont attaché leur nom ont poursuivi leurs recherches et réalisé leurs découvertes aussi bien pendant la Révolution que sous l'Empire, et il ne serait pas sans inconvénient d'en scinderartificiellement l'exposé. Il suffira de rappeler ici que l'enseignement scientifique fut organisé par la Convention, que celle assemblée adopta le système métrique et que, dans l'intérêt de la défense nationale, des applications scientifiques furent réalisées :

télégraphie optique, aérostation militaire, nouveaux procédés de fabrication rapide de l'acier et de la poudre, création du Bureau des longitudes, etc. (1).

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