‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 113 sur 196 · I. — LE GOUVERNEMENT CONSULAIRE · texte numérisé non relu

I. — LE GOUVERNEMENT CONSULAIRE

État de la France après le 18 brumaire.

'état matériel de la Fiance au lendemain du 18 brumaire était lamentable. « Les routes, à l'abandon depuis 1792, sont ravinées par des ornières si profondes que, pour les éviter, les v-oituriers font de longs

BIBLIOGRAPHIE

Mémoires et souvenirs : Parmi les nombreux ailleurs de mémoires relatifs au Consulat et à l'Empire, nous citerons de préférence, outre ceux qui seront mentionnés à la fin de chaque chapitre : la duchesse d'Abrantès, le Dr Antommarchi, M"0 d'Avrillon, Parante, le général Bertrand, Beugnot, Bolrrienm: mémoires en partie rédigés d'après les notes de Bourrienne, par Villemaresl), le canonnier Brigard, le maréchal de Castellane, Caulaincourt, Chateaubriand (Mémoires d'outre-tombe , Clermont-Tonnerre, le capitaine Coigni r Cahiers), Constant (valet de

chambre de l'empereur , le général Dellard, Davout, le général 1) OT,

le général Pantin des Odoards, le général de Fëzensac, Pli i ry de Chabodlon, Fouché (Précis de la vie publique du duc d'Olrante; Londres, InH',. réimpr. en 1819 à Paris sous le titre Mémoires de lu vie publique de M. Fauché, duc d'Otrante. Cet ouvrage semble être vraiment de Fouché, tandis que les Mémoires publiés sous son nom en 1824 ont été rédigés par Alph. de Beauchamps sur les notes de Fouché et de l'agent de police Pascal Jullian), le nt Fricasse, Gourgaud, Gouvion-Saint-Cyr, Joseph Grabowski trad. du polonais, lim: . le vice-amiral baron Grivel, le chevalier de Grueber Sous les aigles autrichiennes ; Souvenirs du chevalier de Grueber, officier de cavalerie autrichienne, 1800-1820, trad. fr. 1909 , Hyde de Neuville, le général Lahure, LasCases (Mémorial de Sainte-Hélène , Lebri n, le général Lecourbe, le général Lejeune, Macdonald, Marbot, Marchand (valet de

circuits dans les terres labourées, et les chaises de poste glissent et s'enlisent dans des fondrières boueuses, d'où on ne les tire qu'en y attelant des bœufs. A chaque pas, dans la campagne, c'est un hameau désert, une maison sans toit, une ferme incendiée, une

chambre de l'empereur), Marco Saint-Hii.aire, Marmont, Masséna (Mémoires rédigés par le général Koch). le baron de Meneval, Metternich Miot de Mélito Montholon, le comte Louis de Narbonne, J. de Nurvins (Mémorial, I7S9-I810), le général Pajol, Parquin, Pasquier, le commandant Persat, le grenadier Pus (Journal île marche), le Dr Poumiès de la Siboutie, Rambuteau, Rapp, Mlne de Rémusat, le capitaine Robineau, le duc de Rûvigo, Ségur, Soult, Stendhal (Journal), Suchet, Talleyrand, le général Thiébault, Wellington, Napoléon (Correspondance officielle, 1858-1869, 32 vol.); Lettres inédites, publ. par Léon Lecestre (1897); C'a m me n taires de Napoléon Ier (1867 : Bulletins, proclamations, etc.; Mémoires pour .servir à l'histoire de France sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène par les généraux qui ont partagé -sa captivité, cl publiés sur les manuscrits corrigés de la main de Napoléon.

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église, un château ('croules (1) ». A la faveur de l'anarchie il s'est formé un peu partout, dans le Midi surtout, des compagnies de brigands qui rançonnent les voyageurs et atlaquent les diligences. Dans l'Ouest, les chauffe ur s continuent leurs méfaits. Le gouvernement est obligé de faire accompagner par une escorte officielle les personnes ou les choses qu'il veut voir parvenir à destination.

L'assassinat du courrier de Lyon et le pillage de la malle-poste, près de Lieusaint ('27 avril 1790), sont demeurés célèbres, parce que ce crime a donné lieu à un procès retentissant et à la condamnation de Lèsurques; mais les attaques à main armée, les violences sur les personnes et sur les biens sont constantes et le plus souvent impunies. Une association de chauffeurs, siégeant dans les carrières abandonnées de la forêt d'Orgères, répandra la terreur dans les campagnes jusqu'au jour où cent dix de ces sauvages seront traduits devant le jury d'Eure-et-Loir. Ce développement du brigandage, qui prend fréquemment le masque de la chouannerie, ne laisse aucune place à la vie économique, et le commerce de la France, comme son

industrie, est tombé aussi bas que possible. L'esprit public est comme désorienté et, quant aux partis, si aucun ne domine, aucun ne veut encore désarmer. On crie : Vive la paix! Vive Bonaparte! mais on est incertain du présent et inquiet de l'avenir.

A ce pays matériellement ruiné, fatigué de politique, assoiffé de paix à l'intérieur comme à l'extérieur, le Premier Consul annonce qu'il veut rendre la sécurité et l'ordre par une politique de réconciliation et d'apaisement.

L'opposition monarchiste était toujours en armes dans l'Ouest et dans le Midi. Le 27 décembre 1799, Bonaparte eut, au Luxembourg, une entrevue avec les délégués des cliefs royalistes de l'Ouest, d'Andigné et Hyde de Neuville, que lui amena Talleyrand. Les délégués voulaient, s'assurer des dispositions excellentes, croyaient-ils, du général à l'égard des Bourbons. Mais il critiqua en termes méprisants l'inertie des princes pendant les guerres de Vendée et donna à d'Andigné l'impression qu'il travaillait pour son propre compte.

Dans le Midi, une vaste conspiration était ourdie, par le général Willot, en faveur de Louis XVIII. Celui-ci, persuadé par son entou-

Bonaparte, médaillon de David d Angers.

(1827-1828, 4 vol.). — Pkyre (Roger), Napoléon 7er et son temps (1888). — Rapetti, Quelques mots sur les origines de Bonaparte (1858). — Schuermans (Albert), Itinéraire général de Napoléon 7er(1908). — Seeley, Courte histoire 'le Napoléon J"\ trad. de l'angl. (1887). — Stendhal, Vie de Napoléon (1876 . — Stenger (Gilberl . /." Société française sous le Consulat (1903-1908, 6 vol.). — Taine, Les Origines de la France contemporaine, 3" parla-. Le Régime mod&rne. — Thiers, Histoire du Consulat el de l'Empire (1845-1862, 20 vol.).

Histoire extérieure et militaire : A. G., Stratégie napoléonienne; Mu ,i,,ies de guerre de Napoléon (1898). — Bonnal des Ganges, Le Génie de Napoléon (1896, 2 vol.). — Bourgeois E. , Manuel historique de politique étrangère, t. II. Les Révolutions, 1789 1S30 (1898). — Camon, Lu liataille napoléonienne ±" éd., 1809); — La Guerre napoléonienne : I, Précis des campagnes (2 vol. : II. Les Systèmes d'opérations (1907); III, Les liatailles (1903rl910 . — Chevalier (E.), Histoire de la manne française sous la première République, le Consulat et l'Empire (1886, 2 vol.). — Colin (capitaine J.), L'Education militaire île Napoléon (1900). — Coquelle (P.), Sapoléon et l'Angleterre, 1803-1813 (1904). — Davois (G.), Bibliographie napoléonienne française 1911, 2 vol.). — Driai ci E. . Sapoléon en Italie, 1800-1812 I906 : — La Politique orientale de Sapoléon I904 . — H"i SSAye Henry), Napoléon homme de guerre (1904 ■ — Jomini, Vie politique el de Napoléon Bruxelles, 1841, 2 vol. el atlas). - Masson Frédéric), Cavaliers de Napoléon 1894). - Massom Frédéric el. de Myrbach, Iven hier* de guérie, souvenirs el récils de soldais, 1792 1809 1895 . — Mori VI de Jonnès \. - Ivenlures de guerre du temps de la République et du Consulat r éd., 1893 . — Morvan J. , Le Soldat impérial [904, 2 vol.). — Rouss ' Les Maîtres de la guerre 1899 . — Thoi mas général .

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Voir en outre les ouvrages indiqués à la fin de chaque chapitre. (1) G. Lenotre, Tournebut, Préface.

rage que sans le concours d'un général populaire il lui serait impossible de recouvrer la couronne, s'était successivement adressé' à Hoche, à Pichegru, à Moreau, et finalement à Bonaparte lui-même. La correspondance qui s'échangea, les négociations secrètes qui s'ouvrirent lui démontrèrent l'inanité de ses espérances.

Décidé à en finir avec la chouannerie, le Premier Consul adopta une politique très résolue et à la fois très tolérante pour l'exercice du culte catholique. Pie VI était mort à Valence, en Dauphiné, et ses restes n'avaient pas obtenu les honneurs funèbres : un arrête du 30 décembre répara cette inconvenance ; mais, en même temps, une loi autorisa le gouvernement à suspendre dans l'Ouest les garanties constitutionnelles, et les journaux monarchistes furent supprimés en masse. La plupart des chefs royalistes se résignèrent donc à faire la paix avec Bonaparte et vinrent même le voir à Paris. L'ancien lieutenant de Stofllet, Georges Cadoudal, se soumit également, écrasé à Grandchamp par le général Brune; mais, froissé de l'accueil hautain du Premier Consul, il fit le serinent de débarrasser la France de l'usurpateur, revint en Bretagne et se mit en relation avec les conjurés de Paris. Le 19 février 1800, le chef de la chouannerie normande, Frotté, fut fusillé à Verneuil, malgré le saufconduit qui lui garantissait la liberté et la vie. Maintenant Bonaparte, qui avait donné l'ordre d'exécution, pouvait s'installer aux Tuileries sans être soupçonné de faire le jeu du roi.

En même temps qu'il se montrait impitoyable pour l'opposition militante, il pratiquait la politique de détente par laquelle il espérait apaiser les partis. « Qu'il n'y ait plus, disait-il, de jacobins, ni de modérés, ni de royalistes, mais partout des Français. » Les déportés, parmi lesquels la plupart des proscrits de fructidor : Portalis, Siméon, Barbé-Marbois, Boissy d'Anglas, Carnot, furent autorisés à rentrer en France. La loi des otages du 24 messidor an VII fut rapportée par la loi du 22 brumaire an VIII (13 novembre 1799) et des adoucissemenls apportés au statut des émigrés. Les lois sur la liberté des cultes furent à nouveau promulguées el un nombre de plus en plus considérable d'églises se rouvrirent au culte. Tout en faisant des avances aux prêtres catholiques, Bonaparte cajolait ses collègues de l'Institut, visitait à Auleuil Mme Helvétius, ménageait les démocrates, recherchait même la collaboration des jacobins salés. « De ceux-là, disait-il, je fais ce que je veux. Il n'y a personne de meilleur à employer pour soutenir toutes les hardiesses d'un pouvoir nouveau. Quelquefois, il faut les arrêter; mais, avec un peu d'argent, c'est l'ait. Mais les jacobins sucrés, ah! ceux-là sont indécrottables! Avec leur métaphysique, ils perdraient vingt gouvernements. »

11 travaille, interroge les hommes et les observe, au cours des déjeuners qu'il donne à Paris ou des réceptions qu'il organise dans son domaine de la Malmaison, qu'il a acquis avant l'expédition d'Egypte. Il oppose sa vie relativement simple au faste tapageur des parvenus véreux.

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