‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 115 sur 196 · MARENGO. LE TRAITE DE LUNEVILLE · texte numérisé non relu

MARENGO. LE TRAITE DE LUNEVILLE

l'alliance RUSSE. LA paix d'amiens

Le Premier Consul estimait que son autorité à l'intérieur ne serait incontestablement assurée que le jour où il aurait remporté sur l'Europe — ■ qui lui était nettement hostile — une victoire assez éclatante pour taire de la France l'arbitre de la paix du monde et décourager les illusions tenaces des royalistes. A ses yeux, finir la guerre et finir la Révolution étaient deux opérations de même ordre.

Ouvertures de paix à l'Angleterre et à l'Autriche. Continuation des hostilités. — Pour satisfaire au vœu général, il fit publiquement à l'Angleterre et à l'Autriche des propositions de paix décembre 1799).

Pitt y répondit par une lettre violente (4 janvier 1800) : son maintien au pouvoir était lié à la guerre même contre la France, et l'Angleterre, qui voulait d'ailleurs nous enlever .Malle et l'Egypte, posa comme condition préalable de l'ouverture des négociations le rétablissement de Louis XVIII. La réponse de l'Autriche fut plus modérée, mais aboutit également à la guerre : cette puissance, qui comptait garder l'Italie, déclara qu'elle modèlerait son attitude sur celle de l'Angleterre. La continuât ion des hostilités fut donc décidée : la diplomatie de Bonaparte l'avait rendue nationale.

Parsafiotle, l'Angleterre était maîtressede la Méditerranée. L'Autriche avait deux armées : l'une en Souabe avec le général de Kray, qui tenait la rive droite du Rhin; l'autre en Italie avec le feldmaréchalde Mêlas, qui occupait toute l'Italie, sauf la rivière de Gènes. A l'armée de Souabe, la France opposai tMoreau avec 100000 hommes; à l'armée d'Italie, Masséna avec 30000 hommes. Elle créa en outre un autre corps d'armée, capable de produire un effet décisif sur un point de ce théâtre immense d'opérations, qui s'étendait de la vallée du Main au littoral de la Méditerranée : cette armée de réserve serait commandée directement par Bonaparte.

L'armée autrichienne de Lombardie devait enlever Gènes, franchir le Var et s'emparer de Toulon ; de Kray attendrait sur le Bliin le résultat des opérations en Italie pour donner la main à Mêlas. Le plan de Bonaparte était tout différent: l'armée de Ligurie (Masséna), réduite à 30000 hommes depuis la bataille de la Trebbia, devait se maintenir entre Gènes et Nice. L'armée de Moreau (100000 hommes), avec des chefs comme Lecourbe, Richepanse, Gouvion-Saint-Cyr,

Masséna, par Fontaine

passerait le Bhin, prendrait de flanc le maréchal de Kray, le pousserait en Bavière et couperait ses communications avec l'Italie, sur laquelle Bonaparte, de son côté, fondrait inopinément avec l'armée de réserve.

Masséna à Gênes. — Arrivé le 10 février 1800 à Gênes, Masséna se ravitailla comme il put. Les Autrichiens prirent l'offensive dans les premiers jours d'avril et le général Ott réussit à bloquer la place. Masséna résumait lui-même, le 4, les difficultés qui l'attendaient :

« L'escadre anglaise embossée devant le port, 60000 Allemands campés sur l'Apennin, 10 000 paysans nous donnant l'assaut, la populace insurgée. »

Les dix mille défenseurs de Gênes devaient être vaincus par un ennemi contre lequel se brise l'héroïsme : la faim. N'ayant pu, malgré des combats acharnés, percer les lignes autrichiennes, Masséna dut enfin signer une convention d'évacuation (5 juin 1800) : les Français sortirent avec les honneurs militaires, emportant leurs armes et leurs bagages.

Pendant ce temps Mêlas, ayant franchi l'Apennin, avait rejeté Suchet dans les Alpes-Maritimes; il était entré à Nice le 11 mai et, le 20, il essayait de forcer la ligne du Var.

Premières opérations en Allemagne. — De son côté, Moreau commençait dans la première quinzaine de mai sa belle campagne d'Allemagne. Passant le Bhin à Kehl, il concentra ses forces vers Schaffhouse, battit de Kray à Engen, à Stockach, à Mœskirch, poussa devant lui les Autrichiens à Biberach et à Memmingen, força de Kray à s'enfermer dans le camp retranché d'Ulm, détacha de son armée 18000 hommes et marcha vers le Saint-Gotbard, pour seconder en Italie le plan secret de Bonaparte. Le général Moncey franchit les Alpes les II, 12 et 13 mai.

Passage du Grand-Saint-Bernard. — Le Premier Consul quitta Paris le 6 mai 1800. Il avait formé l'armée de réserve à Dijon, concentré les troupes autour de Genève et décidé le passage des Alpes

Bonaparte franchissant les Alpes, par Paul Dr; Laroche (Versailles;.

Le passage du Grand-Saint-Bernard, par Meynier (Versailles).

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sous le Directoire et le Consulat

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