CINQUIÈME COALITION. CAMPAGNE DE
Cinquième coalition (1809). — Voyant Napoléon occupé au delà des Pyrénées, l'Angleterre avait en effet formé une cinquième coalition avec l'Autriche, l'Espagne et le Portugal. L'Autriche n'avait cessé de préparer sa revanche : l'archiduc Charles et Stadion avaient reconstitué son armée et son trésor de guerre; Talleyrand l'avait informée de la précarité de l'alliance franco-russe; l'Angleterre lui offrit '■> millions de subsides et promit d'opérer un débarquement en Belgique.
Les rapports de l'Europe et de l'Empire commencent à changer de caractère. Les souverains supportent le joug avec une impatience croissante; l'Espagne refuse de se soumettre; le Tyrol, à la voix de l'aubergiste André H a- fer, se révolte contre les Bavarois, nos alliés; l'Allemagne du Nord, accablée dïmp<Hs, est poussée à l'insurrection par le prime Ferdinand de Brunswick, dont le père avait été vaincu à Auerstaedt, et par le major Scliill. Enfin les rapports d'Alexandre Ier et de Napoléon commencent à se tendre.
Le caractère de la guerre se modifie également : les Autrichiens
Le maréchal Oudinot, duc de Reggio.
montrent une force cb' résistance inattendue; la bataille d'Essling, que Napoléon transforma en victoire dans ses Bulletins, fut en réalité une défaite que 1rs Autrichiens célèbrent encore maintenant sous le nom de bataille d'Aspern. Enfin, à Wagram, Napoléon subit des pertes énormes. Ce n'était qu'une « bataille gagnée et qui en promettait beaucoup d'autres à livrer. Napoléon avait connu à Eylau la victoire douteuse, il avait essuyé la défaite à Essling, il connut à Wagram la victoire inutile; l'Autriche n'en sortait ni épuisée, ni écrasée. » (Albert Sobel.)
Opérations autour de Ratisbonne. — Batailles de Thann ou Tengen (19 avril 1809), d'Abensberg (20 avril), de Landslwt (21 avril),
d'Eckmùhl (21-22 avril), de Ratisbonne (23 avril). — Le 9 avril, l'armée autrichienne de l'archiduc Charles franchit l'Inn et inonde la Bavière jusqu'au Danube, face aux colonnes encore mal concentrées de Davout et de Masséna.
L'empereur, qui a quitté Paris le soir du 12 avril, rejoint le 17 à Donauwerth le major général Bertbier, qui y est parvenu dès le 13. Il presse la concentration des trois corps de l'armée sur la rive gauche du Danube, autour des places de Ratisbonne sous Davout, d'Augsbourg sous Masséna et Oudinot, tandis qu'il reste à Donauwerth et que Lefebvre, à Ingolstadt, couvre le liane du côté de Munich. Les Autrichiens se massent autour de Landshut, sur l'Isar, à quelques lieues du Danube, bordé par les Français. Le 19, l'empereur porte Davout de Ratisbonne surNeustadt, que les Autrichiens menacent dans leur marche en avant du 18, et il prévoit qu'un choc va en résulter. Davout, en effet, livre le combat de Thann le 19 et celui d'Abensberg le 20, refoulant les Autrichiens sur le Danube, où ils occupent Ratisbonne. Le 21, les grenadiers d'Oudinot s'emparent de Landshut, menaçant ainsi la ligne de retraite de l'archiduc, qu'ils peuvent atteindre avant lui sur le Danube, vers Passau. Les 21 et 22, c'est une véritable bataille que le corps de Davout livre autour d'Eckmùhl, soutenant le retour offensif des Autrichiens, tandis que le corps ennemi du général Hiller est poursuivi sur l'Inn par la cavalerie Marulaz et les Bavarois de Wrède. Le 23 enfin, Ratisbonne est repris après une lutte acharnée, où Napoléon reçoit l'unique blessure de sa carrière. La guerre entre le Danube et l'Isar est terminée, et Napoléon va pouvoir marcher sur Vienne.
Marche sur Vienne. — Bataille d'Ebersberg (3 mai). Occupation de Vienne (13 mai). — Le 3 mai 1809, Masséna entre à Lintz, près de la petite ville d'Ebersberg, sur la Traun, défendue par 36000 Autrichiens et une artillerie formidable; les Français pénètrent dans la ville incendiée au milieu d'une grêle de balles : c'est une boucherie dont l'utilité a été contestée.
Napoléon se hâte de marcher sur Krems et Saint-Pôlten. Le 7 mai, l'armée française arrive à Mœlk, où l'empereur établit son quartier général; le 9, elle se dirige sur Vienne par Schœnbrunn, et <'lle y entre le 13.
Opérations en Italie et en Tyrol. — Napoléon avait confié la direction de l'armée d'Italie au prince Eugène, avec ordre de le rejoindre sous les murs de Vienne. Avant que le vice-roi eût concentré ses troupes, l'archiduc Jean put franchir l'Isonzo (10 avril i, en appelant les Italiens à l'indépendance ; le Tyrol, impatient de la domination bavaroise, répondit seul à cet appel. Les Français furent complètement défaits le 16 à Sacile; mais les victoires de l'empereur en Allemagne forcèrenl l'archiduc à se replier. Eugène, donl Macdonald axait, réorganisé l'armée, se mit résolument à la poursuite des Autrichiens ; le 8 mai, il les battit sur les bords de la Piave; il les atteignit de aouveau et les écrasa le l'i juin à Raab. L'armée d'Italie put alors faire sa jonction avec l'empereur; elle prit une part glorieuse à [ajournée de Wagram.
Dans le Tyrol, Lefebvre reprit l'avantage et fit son entrée à Innspruck le 13 mai.
HISTOIRE DE FRANCK
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Bataille d'Essling ou d'Aspern (21-22 mai 1809). — Napoléon était à Vienne, mais l'Autriche lui opposait encore l'année de Bohême, sous l'archiduc Charles, campée en face de la capitale, sur la rive gauche du Danube, et l'armée d'Italie, sous l'archiduc Jean, qui accourait au secours de la première. Napoléon, pour empêcher leur jonction, attaqua sans succès l'archiduc Charles, et l'échec d'Essling (21- 22 mai 1809), survenant moins d'un an après le désastre de Baylen, en tamale prestige de Napoléon, qui prit sa revanche à Wagram.
Bataille de Wagram (5-6 juillet 1809). Armistice de Znaïm (11 juillet). — Napoléon concentra ses forces dans l'île Lobau, avec le dessein de déboucher à nouveau dans la plaine de la rive gauche (Marchfeld) pour rejeter l'archiduc Charles sur la Bohême. Des belvédères de la capitale, les Viennois et l'empereur François II lui-même assistèrent à la défaite de leur armée sur les hauteurs de Wagram (5-6 juillet 1809).
Paix de Vienne (14 octobre 1809). —
L'archiduc Charles envoya un parlementaire pour demander une suspension d'armes. L'empereur, qui voulait soumettre le Tyrol, renonça à poursuivre le prince sur Prague et consentit l'armistice de Znaïm (12 juillet 1809), pendant lequel devaient s'ouvrir des négociations pour la paix. Celle-ci fut signée à Vienne le 14 octobre 1809.
Napoléon acquérait Goritz, Trieste, la Carniole avec ses enclaves sur le golfe de Trieste, le cercle de Willach en Carinthie, el toute la rive droite de la Save jusqu'à la Bosnie ; ces pays, joints à la Dalmatie, formèrent les provinces illyriennes, dont Marmont fut nommé gouverneur général. L'Autriche cédaitau grand-duché de Varsovie la Galicie occidentale et à la Bussie la Galicie orientale ; elle acceptait le blocus continental et la révolution espagnole ; par des articles secrets, elle
s'engageait à ne pas dépasser pour son armée l'effectif de 150 000 hommes jusqu'à la paix maritime et à verser 85 millions pour solde de ce que devaient les provinces autrichiennes; 30 millions seraient payés comptant le jour de l'évacuation de Vienne.
Ultérieurement, par le traité de Paris (28 février 1810), le roi de Bavière abandonna le Trentin à l'Italie, en échange du pays de Salzbourg et des districts de l'Inn.
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Plan de la bataille d'Essling (1809).
Napoléon prend 1 île Lobau pour base d'opérations. Le 17 mai, le général Pernetti construit un pont de bateaux entre Ebersdorf, a 2 lieues en aval de Vienne, et l'île Lobau ; le 20, un autre pont est jeté entre cette île et la rive gauche, et 30 ooo hommes, commandés par Masséna, occupent les villages d'Aspern (général Molitor) et d'Essling (général Boudet) ; la cavalerie (général Lasalle) s'établit au centre.
Pendant la nuit, le pont jeté de la rive droite est emporté par une crue subite du Danube; l'archiduc en profite pour lancer ses 90 ooo hommes sur la petite armée française. La lutte se concentre toute la journée autour d'Aspern et d'Essling, où Masséna et Lannes se maintinrent finalement, malgré des attaques répétées (21 mai).
La nuit suivante, les ponts sont rétablis et 30 000 hommes de renfort peuvent passer sur la rive gauche. Dès le point du jour(22 mai), Masséna reprend l'offensive. Refoulées loin d'Aspern, éloignées d'Essling par l'artillerie de Lannes, broyées au centre par les escadrons français, les troupes de l'archiduc sont sur le point de lâcher pied, quand on apprend que le grand pont est de nouveau rompu et que toute la réserve d'artillerie est restée sur la rive droite. Napoléon, craignant de manquer de munitions, suspend l'offensive et, de l'île Lobau, où il se tient avec sa garde, il donne l'ordre de se replier sur Essling. Comme Aspern la veille, ce village est le théâtre d'une lutte acharnée ; les Autrichiens, sabrés par la cavalerie française, ne peuvent s'en emparer, et, dans la nuit, toute l'armée impériale se retire dans l'île Lobau.
Pendant ces deux journées, 40000 hommes, dont 27 000 Autrichiens, ont été mis hors de combat. Le maréchal Lannes et le général Saint-Hilaire ont été mortellement frappés.
celui-ci continua d'appliquer son système d'annexions, de substituer aux États vassaux des pays d'administration directe.
Le roi Louis ayant voulu prendre au sérieux son rôle de souverain, la Hollande fut annexée pa,r un décret du 9 juillet 1809, et Amsterdam déclarée troisième ville de l'empire français. Elle fut
désormais administrée, très sagement d'ailleurs, par l'architrésorier Lebrun, duc de Plaisance, lieutenant général de l'empereur.
Pie VII avait refusé de faire observer le blocus continental. Lel7mail809, à Schœnbrunn, Napoléon décréta l'abolition du pouvoir temporel et la réunion des États romains à l'empire. Le pape répondit le 10 juin en faisant afficher un bref d'excommunication. Murât enjoignit au général Miollis d'enlever le cardinal Pacca et Pie VII lui-même si celuici résistait. Le 5 juillet, le colonel Badet pénétra de vive force dans le Quirinal ; le pape, sommé de retirer l'excommunication, s'y refusa et fut arrêté; le lendemain il fut dirigé sur Florence et de là sur Grenoble. Napoléon ordonna de le ramener en Italie et le fit conduire à Savone.
Le sénatus-consulte du 17 février 1810 confirma le décret de Schœnbrunn.
Borne fut proclamée seconde ville de l'empire; un prince du sang et un grand dignitaire devaient y tenir une Cour, et le prince impérial devait prendre le titre de « roi de Borne ».
En 1811 l'empire français parvient à son apogée (Voir p. 314). Au nord, il englobe le grand-duché d'Oldenbourg, les villes hanséatiques, la Hollande; l'empereur est le protecteur de la confédération du Bhin, et le grand-duc de Varsovie est un des confédérés, le roi de Saxe. Au sud, l'empire s'étend jusqu'au Garigliano : Napoléon est roi d'Italie et médiateur de la république helvétique, son beau-frère Murât règne à Naples, son frère Joseph se maintient encore en Espagne. Une
archiduchesse d'Autriche est venue s'asseoir sur le trône de France, et elle a donné un fils à l'empereur (Voir pp. 309-310). Mais cette puissance colossale est insensiblement minée par l'opposition incessante de l'Angleterre, par la fragilité de l'alliance russe, par les résistances des nations dont, tout entier à ses projets implacables contre la puissance britannique, Napoléon entend disposer en maître pour les faire coopérer à ses desseins.
Annexion de la Hollande et des États pontificaux. Apogée de la puissance napoléonienne. — La victoire de Wagram et la paix de Vienne ayant de nouveau donné l'avantage à Napoléon,
Affaires maritimes. Désastre de l'île d'Aix. Défense d'Anvers. — Pendant la guerre de la cinquième coalition, alors que les troupes françaises étaient occupées en Espagne et que Napoléon
LE CONSULAT ET L EMPIRE
Plan de ia bataille de Wagram (1809).
Au lieu défaire porter son effort sur Essling et Aspern, que les Autrichiens, en prévision d'une nouvelle attaque, ont fortement occupés, c'est un peu à l'est, dans la plaine même, que Napoléon fait déboucher son armée, dans la nuit du 4 au 5, pour la déployer le lendemain au pied des positions autrichiennes, qui s'étendent, en un vaste arc de cercle, depuis Neusiedl jusqu'à la rive même du Danube, en passant par Grosshofen, Aderklaa, Gerasdorf, Aspern. Le village de Wagram ne peut être enlevé dans la soirée du 5. Le lendemain, l'empereur prend ses dispositions pour l'effort décisif, laissant à sa gauche Masséna en face d'Essling et d'Aspern, et donnant à sa droite, commandée par Davout, l'ordre d'aborder au nord le plateau de Neusiedl ; au centre, la garde impériale, les corps Marmont et Oudinot, les divisions de cuirassiers restent en position d'attente. De son côté, l'archiduc Charles renforce ses ailes, sa droite avec Bellegarde, sa gauche avec Rosemberg, et c'est autour de Neusiedl que s'engage d'abord la lutte. Davout emporte bientôt le village et oblige l'archiduc Charles à renforcer de nouveau sa gauche, a l'opposé de la ligne de combat, Masséna, en forces inférieures (lui-même, blessé la veilie d'une chute de cheval, commande ses troupes en calèche découverte), lutte désespérément autour d'Aspern, sacrifiant la cavalerie de Lasalle, tué dans l'action, mnis obligeant les Autrichiens à dégarnir encore leur centre : c'est le moment que Napoléon choisit pour dénouer l'action, formant une énorme batterie de 100 pièces commandée par Lauriston, face au centre autrichien affaibli, et, sous la protection de son feu, lançant vers Aderklaa, dans un effort irrésistible, les divisions Broussier et Lamarque, dirigées par Macdonald, puis les divisions de lajeune garde. Sous la menace de se voir couper en deux, l'armée autrichienne recule de toutes parts, tandis que Davout essaye de la tourner au nord de Neusiedl et que Masséna reprend l'offensive au nord-ouest d'Aspern. A sept heures du soir, l'archiduc Charles est en pleine retraite sur les routes de la Moravie, laissant 22 000 hommes sur le terrain et 6000 prisonniers entre les mains des Français. Ceux-ci perdaient environ 20 000 hommes : les Autrichiens s'étaient énergiquement battus, et l'armée de Wagram n'était déjà plus celle d'Iéna.
devait faire face aux armées autrichiennes, l'Angleterre organisa deux expéditions maritimes. Le 11 avril 1809, l'amiral Gambier détruisit au moyen de brûlots l'estacade qui protégeait notre Hotte, à l'ancre dans la rade de l'île d'Aix sous le commandement de l'amiral Allemand : deux bâtiments furent brûlés et trois capturés.
I il peu plus tard, le 30 juillet, l'amiral Richard Strachan débarqua au nord de l'île de Walcheren 40000 hommes aux ordres de lord Chatham. Le général Monnet dut se rendre après quatorze jours de siège (16 août , et les Anglais se préparèrent à remonter l'Escaut pour ruiner Anvers, protégée par la flotte de l'amiral Missiessy et défendue par Bernadotte. Une épidémie de fièvre paludéenne s'étant déclarée à Flessingue, lord Chatham détruisit cette ville et ramena en Angleterre ses troupes réduites de moitié par la maladie.
Plus heureux aux colonies, de 1808 à 1810 les Anglais nous enlevèrent Marie-Galante, la D>'sirade, la Martinique, la Guadeloupe, Cayenne, Saint-Louis-du-Sénégal, l'île Bourbon, enfin l'île de France défendue par le général Decaen et par le capitaine de vaisseau Duperie, qui, avec trois bâtiments, gagna sur quatre frégates ennemies le combat du Grand-Port (29 août 1810).
Continuation de la guerre d'Espagne. — Napoléon était rentré en France le 17 janvier 1809, laissant ses instructions à Soult, qui arriva à Oporto le 29 mars, réduit à 20000 hommes.
Sebastiani triompha à Ciudad-Real (27 mats) et Victor gagna la bataille de Medellin 28 mars . Mais Wellesley,à la tête de 30000 Anglais, débarqua en Portugal, établi! son quartier général à Coïmbre et, de là, attaquant Oporto, força Soult à une retraite désastreuse.
II se dirigea avec les généraux espagnols vers Almaraz. Le roi Joseph et le maréchal Victor acceptèrent la bataille sanglante près de Tala-
vera de la Reina : les pertes furent égales de part et d'autre (7 000 hommes), mais les Français durent se retirer.
Cependant les Espagnols sont encore culbutés à Almonaçid, visà-vis de Tolède, et Joseph rentre à Madrid. Les Anglais et les Espagnols se replient sur la Guadiana. La bataille d'Ocana (19 novembre) et la prise de Girone après six mois de siège (11 décembre) terminèrent la campagne de 1809 à l'avantage des Français.
En 18 10, l'armée d'Espagne s'élève à 400 000 hommes. Suchet prend Lérida, Ney Ciudad-Rodrigo, et Masséna est opposé à W'ellesley, élevé à la dignité de pair avec le titre de lord Wellington de Tala-
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Victor (Lithographie de Deu'ech).
Suchet (Gravure de Jouanin).
vera. Le général anglais attend Masséna sur les hauteurs de Busaco : après un échec le 15 septembre, il le repousse le 27, à la suite d'une bataille meurtrière, vers Torrès-Vedras, clef des pignos ou séries d'ouvrages élevés par Wellington, du Tage à l'Océan, pour couvrir Lisbonne au nord et à l'est. Masséna tourne ces retranchements formidables et prend position sur le Tage. Immobilisé pendant six mois, il se décide, épuisé, à battre en retraite et à abandonner le Portugal. Il livre la malheureuse bataille de Fuentès de Onoro (11 mai 1811) et rentre à Salamanque, faisant mentir son surnom d'Enfant chéri de la Victoire.
Marmont, qui a remplacé Masséna, opère sa jonction avec Soult et oblige les Anglais à lever le siège de Badajoz (17 juin 1811). De son côlé, Suchet prend d'assaut Tarragone, après un siège mémorable (28 juin), soumet définitivement la Catalogne et l'administre avec cet esprit de décision et celte modération dans l'exécution qui sont les qualités caractéristiques du duc d'Albufera.
Wellington remportait des succès purement tactiques, sans jamais frapper de coups décisifs, prudent à l'excès, mais patient, gagnant peu à peu sur nos troupes qui s'épuisaient (1).
BIBLIOGRAPHIE
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