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L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE ET SES DAMES D'HONNEUR, PAR WINTERHALTER

LA VIE EN FRANCE. - XXX1I1

Le Second Empire.

Fie. 1. — Galerie des Fêtes du château de Compiègne. — Le Quadrille impérial. — Cette magnifique salle, décorée dans le style du premier Empire, n'a pas moins de 45 mètres de longueur sur 13 de largeur. La voûte est supportée par vingt colonnes corinthiennes, complètement dorées et décorées de sujets mythologiques peints par Girodet.

Nulle part la vie de la Cour n'eut plus d'éclat et d'intensité que dans les réceptions de Compiègne.

Pendant les trois semaines que duraient les Gompiègnes (du jour de la Toussaint à la veille de l'ouverture des Chambres), le château recevait cinq séries d'invités et chaque série y demeurait quatre jours, non compris le soir de l'arrivée et la matinée du départ. C'était un honneur particulièrement recherché que d'être invité pour le 15 novembre, jour de la fête de l'Impératrice. La première série était composée de personnages les plus considérables, ministres ou membres des grands corps de l'État; la seconde se composait d'invités moins austèi'es, mais le programme était identique pour toutes les séries. L'Impératrice s'occupait elle-même de la distribution des chambres et faisait disposer sur chaque porte un écriteau ainsi libellé : « Pour M. Un tel ou Mme Une telle. » Elle ne réussissait pas toujours à satisfaire tout le monde. On citait cette réponse du peintre Couture à la souveraine, qui lui demandait, le lendemain de son arrivée, comment il se trouvait logé : « Je me trouve d'autant mieux, Madame, que ma chambre me rappelle la mansarde où j'ai fait mes débuts artistiques. »

Les invités arrivaient à quatre heures. Les chambellans les conduisaient a leurs appartements, et, à sept heures un quart, tous se trouvaient réunis (les dames en toilette de bal, les hommes en habit et culotte courte ou pantalon collant) dans le grand salon, où les souverains ne tardaient pas à paraître. On se mettait à table à sept heures et demie. Après cliner, avant huit heures et demie, on se réunissait de nouveau dans les salons, où s'organisaient des charades, petits jeux et sauteries. Le lendemain il y avait chasse à tir, et, le soir, représentation de gala, comédie ou vaudeville. Le second jour, promenade en forêt et excursion au château de Pierrefonds. Le troisième jour, chasse a courre, et le quatrième, dans le parc, chasse au petit gibier, à laquelle les dames prenaient part. Le lendemain du quatrième jour, après déjeuner, les invités prenaient congé, et les voitures du château les reconduisaient à la gare.

Fig. 2. -- Grand escalier des Tuileries le soir d'un bal donné a la Cour, en 1860. --Le grand escalier du Pavillon central des Tuileries a été construit pendant le règne de Louis-Philippe par l'architecte du roi, Fontaine, à la place de l'escalier construit sous Louis XIV et qui, luimême, avait remplacé celui de Philibert Delorme.

Ce bel escalier a rampe droite était d'un majestueux effet; il conduisait directement à la tribune de la chapelle où se donnaient les bals et où se faisaient les grandes réceptions. Les jours de grand bal les invités défilaient entre deux rangées de cent-gardes, qui du haut en bas garnissaient les marches.

Fig. 3. — Le retour du dois de Boulogne par l'avenue des Champs-Elysées, vers cinq heures du soir. — L'avenue des Champs-Elysées conduit au bois de Boulogne, et tout Paris, dès les premiers jours du second Empire, allait au bois. On y voyait donc passer, chaque jour, devant de multiples rangées de spectateurs, une interminable file de voitures, depuis le brillant équipage impérial, escorté de centgardes, jusqu'à la calèche basse et confortable, où s'entassait toute une famille; depuis le léger tilbury, dont le maître semblait promener son domestique, jusqu'à la coquette Victoria, dont une main fine et aristocratique menait le fringant attelage; depuis le cab jusqu'au coupé discret et au simple fiacre. C'était un coup d'œil amusant, féerique, et peut-être unique au monde.

Fig. 4. -- Théâtre du château de Compiègne. « Revue » du marquis de Massa : les Commentaires île César '27 novembre 18l55j. - La sa//e de théâtre de Compiègne, construite par Napoléon III en 1868, est séparée du château par la rue d'Ulm, mais elle communique avec lui par un pont, à la hauteur du premier étage.

Les représentations théâtrales de Compiègne étaient des plus brillantes et l'aspect de la salle présentait un intérê: au moins égal a celui de la pièce qui se jouait sur la scène. « Épaules ou épaulettes », telle était, disait-on, l'étiquette, c'est-à-dire que les femmes n'étaient admises qu'en décolleté et les hommes en uniforme ou en costume officiel. Le parterre et l'amphithéâtre n'étaient occupés que par des officiers. Au fond et au centre une immense loge était réservée à l'Empereur et à l'Impératrice, à leur famille et aux hauts dignitaires. Aux dames étaient réservés les balcons du premier et du second étage, et les hommes en habit noir n'étaient tolérés qu'au second rang des loges supérieures. La revue du marquis de Massa, les Commentaires de César, avait été interprétée par les intimes de la Cour, dont les principaux étaient (en commençant par la gauche) :

Le général Mellinet Un Invalide.

La comtesse de Pourtalès .... La France.

De GallifTet Un Fantassin.

NI. Davilliers La Réclame.

La Princesse de Metternicli ... La Chanson.

Le Prince impérial Un Grenadier.

De Pourtalès Un Rifleman.

M"" de GallifTet L'Industrie.

Mm< de Bartholony L'Angleterre.

M. de Poilly L'Africaine.

M. Aguado Molusquo.

Fig. 5. — La Cour impériale a Fontainebleau. — L'Étang que /'o/i voit au premier plan est limité à gauche par le jardin Anglais et, à droite, par une magnifique allée de vieux arbres. Cette belle pièce d'eau, creusée par les ordres de François Ier et entourée de gazon, d'arbres, de saules pleureurs qui y baignent leurs longs rameaux, forme, avec les bâtiments du palais, que l'on aperçoit au fond, la plus charmante perspective. C'est là que l'Impératrice et sa Cour venaient se reposer.

L'Impératrice occupe la partie centrale du groupe; près d'elle est assise la princesse de Mettemich. L'Empereur a pris place dans une barque, avec le Prince impérial.

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