‹ Histoire de France illustrée (volume 2)Chapitre 28 sur 196 · PAYS BAS · texte numérisé non relu

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Campagnes aux Pays-Bas sous Louis XIV.

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Cologne, malgré l'héroïque défense de d'Alègre. Mais à ce moment Hollandais et Anglais se séparèrent. Boufïlers en profita pour alla- < I mi el battre les premiers à Eckeren (30 juin), stérile victoire qui coûta S 000 hommes aux ennemis sans les faire reculer. En 17li'i, la prise de lluy par Marlborough entama les lignes françaises.

3° Allemagne. -- Bataille de Friedlingen (1702) et première bataille de Hochstedt (1703). — En Allemagne, Catinat, nommé au commandement de l'armée d'Alsace, n'y avait pas trouvé l'effectif sur lequel il comptait. N'ayant que 21 000 hommes à opposer aux 50000 Allemands du prince Louis de Bade, il ne put empêcher ce dernier de venir assiéger Landau, boulevard de l'Alsace, et de s'en emparer 9 septembre après cent quarante jouis de blocus. L'héroïsme du gouverneur Mélac et les honneurs qui lui furent prodigués par l'ennemi n'étaient qu'une faible compensation de cette perte.

Au même instant, Louis XIV adoptait un nouveau plan de campagne que l'intérêt personnel avait suggéré à l'électeur de Bavière.

11 s'agissait d'aller secourir ce prince, avec le gros des forces françaises, dans ses propres États; l'Alsace resterait dégarnie, mais cette audacieuse diversion en éloignerait sans doute les forces des coalisés. Pour mener à bien cette entreprise, Louis XIV fit choix de Villars, qui, après avoir passé le Rhin par une manœuvre habile, força le prince de Bade à accepter la bataille de Friedlingen (14 octobre 1702); les fantassins enlevèrent à la baïonnette les positions ennemies et la cavalerie de Magnac culbuta les Impériaux dans une charge furieuse. Villars lui-même paya de sa personne en prévenant un retour offensif de l'ennemi; il prit trente-quatre drapeaux, et ses troupes enthousiasmées le nommèrent d'acclamation maréchal de fiance sur le champ de bataille. La lenteur et les hésitations de l'électeur de Bavière l'empêchèrent malheureusement de tirer de cette victoire tout le parti qu'il pouvait en espérer. Il repassa le Rhin et vint jouir de sa gloire à Versailles.

Louis XIV voyait toujours dans une diversion en Allemagne le moyen d'obtenir une paix aussi « glorieuse » pour lui qu' « avantageuse » pour son allié, l'électeur de Bavière. Villars, à peine arrivé à la Cour, dut en repartir dès le 13 janvier 1703. Pour s'ouvrir une porte sur l'Allemagne, il assiégea d'abord Kehl, qui capitula le

12 mars. Le S avril, sur un ordre reçu du roi, ses troupes commencèrent à passer le Rhin. Le 27, elles s'engagèrent dans les gorges de la Kintzig, dont une poignée d'hommes résolus aurait pu intercepter le passage, et le succès répondit à leur audace. Le 6 mai, elles se dirigèrent sur Willingen, où les attendait l'électeur de Bavière. Villars avait conçu le projet hardi de marcher directement sur Vienne et de terminer ainsi la guerre, mais l'électeur préféra conquérir d'abord le Tyrol et opérer sa jonction avec l'armée de Vendôme.

Tout d'abord ce plan parut devoir réussir. On s'empara facilement de Kufstein, première ville tyrolienne; on prit la ' api taie, Innsbruck juin , et l'on s'avança jusqu'à Trente (août); mais l'électeur fut brusquement ramené en arrière par une révolte générale des paysans. A son retour il trouva Villars, resté sur le Danube, dans une position critique, en butte aux attaques de deux adversaires, abandonné par l'armée française du Rhin, qui s'obstinait à faire le sièue de Brisach (août . En vain le roi ordonna-t-il à son général de se replier : emporté par son courage, Villars refusa et remporta à Hochstedt une brillante victoire sur l'armée autrichienne du comte d<- Styrum (20 septembre 1703).

Bataille de Spire (1703). — Peu après, le duc de Bourgogne reprenait Brisach; Tallard assiégeait Landau et battait à Spire le prince de Ile>se, accouru pour secourir la place : « Votre armée, écrivaitil au roi, a pris plus d'étendards qu'elle n'a perdu de soldats. » Par malheur, à ce moment même, il se produisit dans le commandement un changement de personnel qui équivalait à la perte d'une bataille. Villars, désespérant de s'entendre avec l'électeur, sollicita Bon rappel. Il fut remplacé- par l'incapable Marsin, créé tout exprès maréchal de France, et qui parut d'abord justifier cette faveur par la double prise d'Augsbourg et de Passau. D'autre part, l'empereur, menacé par les révoltés de Hongrie, parlait de se retirer à Graetz ou à Prague.

Au début de l'année 1704, la fortune semblait donc sourire à Louis XIV en Allemagne, principal théâtre des hostilités.

4° Espagne et guerre maritime. — Eu Espagne, Philippe V était heureusement secondé par sa femme, Marie-Louise de Savoie, qui, montrant une activité et une fermeté toutes viriles, sut le soutenu et même prendre en son absence les rênes du gouvernement. Au commencement de la guerre, il défendait en Italie ses Etats de Milan. Il tut rappelé en Espagne par un essai de débarquement qu'y tenta, prés de Cadix, l'armée anglo-hollandaise et que suffit à re-

pousser le courage de la jeune reine (octobre 1702). Ce succès l'ut, malheureusement terni par la perle des galions espagnols d'Amérique, qu escortait la Hotte française de Château-Renault et qui fut prise dans la bataille navale de Vigo en Galicie : la flotte anglohollandaise, commandée par le duc d'Ormond, l'emporta malgré les prodiges de valeur du capitaine français, dont les forces étaient par trop inférieures (22 octobre 1702 .

lue cruelle déception marqua l'année 1703 : le Portugal fit défection. La France et Philippe V si' flattaient d'avoir rattaché à leur cause le roi de ce pays, mais Pierre II se laissa gagner par un Espagnol disgracié, l'amirante de Castille, et signa avec les alliés un premier traité' lli mai 1703) lui garantissant un accroissement de territoire, avec les Anglais un second traité' (1) mettant le commerce portugais dans la dépendance du com rce anglais 27 décembre).

A la fin de celte première période rien n'était donc perdu, mais tout était compromis. Si les armées françaises avaient jusque-là balancé la fortune, la lutte allait devenir trop inégale pour elles. Le Portugal et la Savoie ayant trahi la France, c'étaient huit nations qu'allait avoir à combattre Louis XIV : le théâtre de la guerre devenait plus vaste à mesure que s'augmentait le nombre des ennemis, et la répression de la révolte des Camisards (voir p. 111) allait éloigner Villars des champs de bataille.

Succès en Portugal, en Catalogne et en Italie au début de 1704. — L'année 1704 débuta cependant par des succès. L'archiduc Charles, à qui l'empereur avait, en septembre 17(13, transmis solennellement les droits qu'il s'attribuait sur la monarchie espagnole, débarqua à Lisbonne le 9 mars 1704, escorté par la Hotte anglaise. Après avoir lancé un manifeste solennel aux Espagnols, il fut tout étonné d'avoir à se défendre au lieu d'avoir à attaquer. Berwick, accouru à sa remontre, entra victorieusement en Portugal (1er mai). En Catalogne, où il comptait sur l'esprit parti culariste des habitants, l'amiral anglais Rooke avait conduit un corps de débarquement devant Barcelone (mai 1704) : il axait dû se rembarquer devant l'indifférence des habitants.

En Italie, trois armées françaises empêchèrent le duc de Savoie de tirer tout le parti qu'il espérait de sa jonction avec les Autrichiens: dans le Piémont, l'incapable La Feuillade réussissait à prendre Suse, l'une des clefs des Alpes (juin); sur la Secchia, le grand prieur, frère du duc de Vendôme, parvenait à rejeter les Autrichiens jusque sur le Trentin (juin); enfin, Vendôme lui-même assiégeait et prenait Verceil, principale place du Piémont après Turin (20 juillet).

La campagne s'annonçait, donc bien, mais cette période de succès relatifs fut suivie d'une série de graves revers; Louis XIV va perdre

(J ) Ce traité a été appelé traité de Methuen, du nom du négociateur anglais.

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