DENAIN
24 Juillet 17
Echelle 1 400.000
paroles, Villars partit en guerre contre Eugène qui campait, avec I3000U hommes el I J ' » canons, à soixante Lieues de Paris. Impuissant a l'attaquer en masse, il avail d'abord conçu le projel de l'user en détail. Mais il apprit bientôt que Landrecies, dernière barrière du royaume, était vivement pressée, el il reçu! de Versailles l'ordre de risquer une action décisive pour la sauver ; accouru à la frontière, il établit son quartier général à Cambrai. Le prince Eugène déploya d'abord son armée entre Bouchai n et Cateau-Cambrésis ; ses lignes formaient un double retranchement, qui reliait Denain el Marchiennes, el que les Impériaux appelaient insolemment le chemin de l'un-. Villars trompe le prince Eugène en simulant une attaque contre Landrecies. Par une heureuse inspiration, il se porte alors, avec le maréchal de Montesquieu, à lienain sur l'Escaut, par où l'ennemi se ravitaillait et où Eugène avait eu l'imprudence de ne laisser que 12 000 Hollandais. Ceux-ci sont abordés à la baïonnette, avec \\n entrain irrésistible, et, dans un bref
c bat qui ressemble à une boucherie, ils perdent kimiii hommes,
laissant 60 drapeaux aux mains de Villars. Eugène, accouru au bruit du canon, arrive trop tard pour réparer le désastre, qui oblige l'ennemi à évacuer la Flandre I 24 juillet 1712].
La nouvelle de ce beau sucres produisit en France une allégresse universelle et eut ailleurs les plus heureuses conséquences. Tandis qu'Eugène levait le siège de Landrecies 2 août , les Anglais signaient avec la France une suspension d'armes armistice de Fontainebleau, 21 aoûl el les Hollandais se montraient [dus accommodants. Douai était repris le 8 septembre, Le Quesnoy le 4 octobre, Bouchain le X. » Jamais, écrivait Villars, miracle ne fut mieux marqué, ni révolution plus subite; il y a trois mois que nous étions sans courage, sans troupes, sans munitions, sans artillerie et sans voitures, et ne pouvant qu'être spectateurs de ce que monsieur le prince Eugène voulait faire... Il est spectateur à Mons. On n'entend plus parler de son armée, la nôtre emporte tout ce qu'elle attaque. 11 y a tous les jours des exemples de la valeur romaine dans nos moindres soldats. »
Les rois de Prusse et de Portugal et bientôt les États généraux se détachèrent de la coalition. Les traités de paix entre l'Angleterre, les Provinces-Unies, le Portugal, la Prusse et la Savoie furent signés à Ulrecht le 11 avril 1713. Seuls l'empereur et l'empire restaient intraitables.
Guerre avec l'empereur. Succès de Villars. — Villars se chargea de les réduire. Envoyé en mai 1713 sur le Rhin contre le prince Eugène, il profita de sa supériorité pour enlever Landau après deux: mois de siège (19 août;, et, résolu à frapper l'Autriche dans ses Étals héréditaires, il tenta d'emporter Fribourg-en-Brisgau. Passant le Rhin à l'improviste, il s'empara du Hoss Kopf, qui domine la ville, empêcha Eugène de la secourir et la fit bientôt capituler (13 novembre) Ses entrevues directes avec son adversaire, à Rastadt, hâtèrent la conclusion des négociations.
Les hostilités entre la France et l'empereur furent closes par le traité de Rastadt (6 mars 1714), entre la France et l'empire par le traité de Bade 7 septembre), et le traité de la Barrière du 15 novembre 1715 fut signé à Anvers entre les Provinces-Unies et l'empereur.
Traités d'Utrecht, de Rastadt et de Bade. — Les traités d'Utrecht, de Rastadt et de Bade avaient été imposés à tous par la
Plan de la bataille de Denain (1712).
(1) Qui a eu l'idée d'attaquer au point faible de Denain les positions d'Eugène? Est-ce Villars? Saint-Simon, qui ne l'aimail pas, en attribue le mérite à son second, le maréchal de Montesquiou, et Voltaire à un conseiller au Parlement de Douai, nommé Lefebvre d'Orval. Ce dernier, par amour de son pays comme par goût, s'était dès le débul des hostilités mis à la disposition du secrétaire d'Étal de la guerre. Grâce à sa connaissance approfondir du pays, il organisa d'abord un service d'espionnage qui donna de précieux renseignements; au siège de Tournai 1709 . il paya de sa personne cl fut le bras droit du gouverneur de Surville. Il aspira ensuite au rôle de conseiller militaire secret, adressa force mémoires au minisire, et, quand le siège de Landrecies fut commencé, montra à Villars où il fallait agir. Celui-ci donna au projet qui lui était soumis un caractère personnel, en l'exécutant, non avec un détachement, comme on le lui conseillait, mais avec toutes ses forces réunies. 11 eut l'honneur de faire les démonstrations du 23 juillet sur la Sambre et la marche de nuil sur la rive gauche de la Selle, mais c'est Montesquiou qui le décida à attaquer les retranchements ennemis, qui dirigea le combat, ia partie lactique de l'opération el la phase décisive de la manœuvre de Denain, c'est-à-dire la poussée des bords de l'Escaut jusqu'aux lignes ennemies et l'enlèvement du camp retranché de Denain. (Lieulenant Maurice Sautai, La Manœuvre de Denain [lîevue d'histoire, rédigée par la Section historique de l'élat-major de l'armée, 1903]. — Voir, contra, Le Véritable Vainqueur de Denain el Un dernier mot sur Villars, par le marquis de Vogué [Correspondant, »5 juin 1903 et 10 mai 1904].)
LA MONARCHIE ABSOLUE
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