I A PESTE DANS LA VILLE
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de Marseille en 1720
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La peste de Marseille (1720), gravure de Thomassin , d'après de Troy fils.
portable et quelquefois inintelligible. Il avait de l'esprit, assez de lettres, d'histoire et de lecture, beaucoup de monde, force envie de plaire et de s'insinuer, mais tout cela gâté par une fumée de fausseté qui sortait malgré lui de tous ses pores et jusque de sa gaieté, qui attristait par là (P. »
Si dépourvu qu'il ait été de sens moral, Dubois n'a pas corrompu à dessein son élève, et il n'est pas prouvé qu'il se soit vendu à l'Angleterre. Travailleur infatigable, intelligent et d'esprit délié, il avait une exacte conception des difficultés politiques, et l'un de ses plus récents historiens l'a rangé « sinon parmi les plus grands, du moins pa uni les plus habiles de nos ministres », assez adroit pour avoir su concilier « les trois intérêts dont un homme d'État dans sa situation eût la garde, quoique a des degrés différents : celui du Prime, celui du Royaume et celui de l'Europe » 2 .
La politique d'Alberoni.
Conspiration de Cellamare.
— La mort de Louis XIV fut
1 La llii-se des adversaires de Dubois a été reprise et résumée par E. Bourgeois Manuel de politique étrangère, I, p. 465-473).
2 \'<,ir Wiesener, Le liégenl , Vabbè Dubois et les Anglais (1891-
19D0, 3 vol.; el II. BAUDRIIXAflT,
Philippe V et la Cour de France, t. II el III.
Le cardinal Alberoni (Kstampe de la bibliothèque natiui
tour duquel va tourner la diplomatie des cabinets européens, Philippe V, incarnant en ceci le sentiment national, n'avait pas considéré comme définitivement perdus les Pays-Bas et l'Italie. Poulies théoriciens rigoureux du droit divin, l'homme désigné par Dieu lui-même ne peut pas plus se soustraire à la mission qui lui est confiée qu'on ne peut la lui dénier, et l'ordre de succession au trône est en dehors et au-dessus des conventions humaines : les renonciations stipulées au traité d'Utrecht étaient donc illicites, et Philippe V était dans son rôle en restant, au fond du cœur, hostile à des clauses qu'il tenait pour inopérantes; mais ces sentiments se
fortifiaient chez lui de l'ambition de régner en France et d'une haine personnelle pour le due d'Orléans. Ce fui lui qui, adoptant les desseins de son ministre Alberoni, chercha le premier à rompre avec la France, la menaçant d'une coalition dont l'Espagne eût été l'âme.
Fils d'un jardinier du Parmesan, Alberoni, entré dans 1rs ordres, lui d'abord protégé par le duc de Vendôme, qui le présenta à Louis XIV, puis devinl agent de Parme à Madrid. 11
eut l'idée de proposer comme femme au roi d'Espagne, quand celui ci lui, devenu veuf de Marie-Louise de Savoie, la fille de
-on mailie, l.lisabelli Farnèse :
Lu cardinal Dubois, la C binai-oll, conçue di
gravure de Rot. 1703, n'aboutit que onze ans
après, en 1714. La nouvelle reine renvoya la princesse des Ursins, qui avait pourtant favorisé son élévation, et devint toute-puissante sur l'esprit du roi, tout en se laissant dominer par Alberoni, résolu à se servir de son pouvoir pour satisfaire à la fois les prétentions du roi sur la couronne de France, les ambitions de la reine qui voulait pour ses fils des établissements dans l'Italie du Nord, enfin son propre désir de libérer son pays d'origine de la domination autrichienne; et c'est dans ce but qu'il avait songé à unir par les liens du mariage les Farnèse de Parme aux Bourbons d'Espagne.
Pendant qu'à l'intérieur il s'efforçait avec une activité fiévreuse de relever la monarchie, Alberoni imaginait à l'extérieur une combinaison qui aurait assuré l'hégémonie de l'Espagne. Contre l'empereur, qui gardait l'Italie, il lancerait les Turcs et le duc de Savoie, et il interviendrait directement. Contre l'Angleterre, intéressée au maintien des traités d'Utrecht, il se servirait du roi de Suède Charles XII et du tsar Pierre le Grand, réconciliés, pour rétablir les Stuarts. Contre le Régent, l'ambassadeur de Philippe V à Paris, Cellamare, tramerait une conspiration en s'appuyant sur les princes légitimés et la vieille noblesse; celle qui, fidèle au droit divin, ne pouvait admettre les prétentions orléanistes.
Le projet espagnol trouva en France une précieuse recrue dans la personne de la petite-fille du grand Condé, Anne- Louise -Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine (1676-1753), qui ambitionnait de faire de son mari un roi de France.
Elle avait constitué dans son magnifique domaine de Sceaux une petite Cour où fréquentaient Malézieu,
Sainte-Aulaire, le duc de Bourbon (frère de la duchesse), le cardinal de Polignac, Mme de Staal-Belaunay. Elle avait même institué une sorte d'ordre de chevalerie, l'ordre de la Mouche à miel, avec cette devise, tirée du Tasse, qu'on lui avait appliquée à elle-même lors des fêtes de son mariage, en la comparant à une abeille : Piccola si, ma fa pur gravi le ferite (Elle est petite, oui, mais elle fait de cruelles blessures). Sous le couvert de divertissements littéraires et mondains, elle recrutait des adhérents, leur donnait le mot d'ordre et se tenait prête pour le moment décisif. Dépitée de voir le Parlement casser le testament du grand roi, elle avait déclaré au Régent une guerre sans merci et elle n'hésita pas à entrer dans les vues de Cellamare (1718).
Rapprochement de la France et de l'Angleterre. La triple alliance (1717). — Les intrigues d'Alberoni rapprochèrent le Régent et le roi George Ier, menacés dans leur inlluence, l'un par les « légitimistes », l'autre par les jacobites. Dubois faisait certainement passer avant les intérêts nationaux les intérêts personnels du duc d'Orléans, et le rapprochement franco-anglais, fatal à notre marine, a été sévèrement jugé comme constituant l'abandon de la politique franco-espagnole de Louis XIV; mais il a aussi trouvé ses défenseurs, d'après lesquels l'alliance avec l'Espagne eût entraîné la France dans une guerre européenne provoquée par Alberoni, tandis que l'alliance avec l'Angleterre avait l'avantage de nous procurer la paix. La politique de Dubois avait d'ailleurs des partisans dans les deux pays, mais le gouvernement n'essaya même pas de la justifier. Il la négocia et la conclut en dehors des procédés ordinaires, on pourrait presque dire subrepticement: ce fut le commencement de la diplomatie officieuse opérant parallèlement à la diplomatie officielle ; avant le secret du Roi, il y eut le secret du Régent.
Personne ne croyait à la vitalité de Louis XV : dans cette éventualité, Philippe V intriguait pour évincer la maison d'Orléans du trône de France, et le Régent pour en écarter les Bourbons d'Espagne. Après une vaine tentative d'accord avec l'Espagne, le Régent céda donc aux conseils de Dubois, qui avait vécu en Angleterre dans les dernières années du règne de Louis XIV et s'était lié à Paris
avec Stanhope, ministre du roi George Ier. Celui-ci avait toujours hésité à se rapprocher de la France, à qui il reprochait de laisser le prétendant Jacques III résider à Avignon. Mais redoutant de voir la France s'allier avec la Russie, de plus en plus influente en Allemagne, il se montra plus accommodant. Dubois, venu secrètement à Hanovre sous le nom de Saint-Albin, réussit à voir lord
Stanhope et le roi lui-même, avec qui il signa une convention secrète (10 octobre 1716), que l'accession de la Hollande transforma en triple alliance de La Haye (4 janvier 1717).
Le prétendant Stuart devait être invité à quitter le Comtat et expulsé du territoire français; les fortifications de Mardyck, près de Dunkerque, seraient rasées, conformément au traité d'Utrecht; les contractants s'engageaient réciproquement à secourir par les armes celui d'entre eux qui serait attaqué et se portaient garants au profit de la maison d'Orléans de la séparation des couronnes de France et d'Espagne.
Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine (Musée de Versailles).
r La quadruple alliance (1718).
Échecs de l'Espagne et chute d'Alberoni (1719). — La guerre entre l'Espagne et l'Autriche éclata plus tôt qu'Alberoni ne s'y était attendu. L'empereur Charles VI ayant arrêté l'ambassadeur espagnol auprès du pape, une flotte rassemblée à Barcelone débarqua à Cagliari 12 000 hommes qui, en deux mois, conquirent la Sardaigne. L'empereur, incapable de se défendre, accepta les bases d'une transaction que lui proposait George Ier : la couronne d'Espagne serait garantie à Philippe V; son fils, don Carlos, né de son second mariage, aurait Parme et la Toscane lors de l'extinction des Farnèse et desMédicis; l'empereur recevrait la Sicile, en échange de la Sardaigne, c'est-à-dire une île fertile au lieu d'une île improductive. Telles furent les clauses de la convention que signèrent d'abord les trois alliés de La Haye et que l'accession de l'Autriche transforma en quadruple alliance (2 août 1718).
Ces conditions avaient un caractère transactionnel qui les rendait acceptables pour le roi d'Espagne, dont les ambitions en Italie recevaient une satisfaction partielle; mais Alberoni avait, dès le mois de juin, fait partir de Barcelone une flotte qui, le 1er juillet 1718, débarqua en Sicile une armée de 35000 hommes et chassa les garnisons espagnoles. Encouragé par ce succès, le ministre de Philippe V venait de rejeter le traité de la quadruple alliance, lorsque brusquement tout changea de face : la flotte anglaise de Byng, envoyée d'abord en observation sur les côtes de Sicile, détruisit la Hotte espagnole en face de Syracuse. Cellamare fut reconduit à la frontière, le duc du Maine enfermé à Doullens, sa femme à Dijon, d'autres conspirateurs à la Conciergerie, et le gouvernement français donna une grande publicité à ce complot, qui gagna un moment l'opinion à la politique de Dubois. Dans le même temps, les Turcs, battus par l'Autriche et les Vénitiens, traitaient à Passarowitz (juillet); le tsar se rapprochait de George Ior, et son ennemi Charles XII était tué sous les murs de Frederikshald (décembre) ; Victor-Amédée de Savoie donnait son adhésion à la quadruple alliance (novembre). Le 9 janvier 1719, la France, sortant de la neutralité, déclarait la guerre à l'Espagne.
Franchissant la Bidassoa, une division française de 40000 hommes, sous les ordres de Berwick, occupa le port du Passage, enleva Fontarabie, prit Saint-Sébastien, puis rentra en France parla Cerdagne, pendant que l'escadre anglaise faisait sur le littoral une croisière très dommageable à l'Espagne. D'autre part, une conspiration de la noblesse bretonne, qui refusa le payement de nouveaux impôts et accepta le concours armé et pécuniaire de l'Espagne, fut facilement réprimée (1719).
C'était la ruine des entreprises d'Alberoni. Trahi par les Parmesans de son entourage, qu'acheta Dubois, abandonné par la reine, sacrifié par le roi, il fut expulsé d'Espagne et dépouillé de
LA MONARCHIE ABSOLUE
ses titres (décembre 1719). Philippe V, après de longues tergiversations, finit par adhérer à la quadruple alliance (tnai 1720).
Pour récompenser Dubois des services rendus à l'Angleterre, George 1er avait demandé pour lui au Régent l'archevêché de Cambrai (février 1720). L'année suivante, Dubois, qui, en vue de gagner les sympathies du Saint-Siège, avait fait rigoureusement appliquer la bulle Unigenitus, obtint la barrette du nouveau pape Innocent XIII (1721). Il fut enfin nommé premier ministre le 22 août 1722 et maintenu dans ces fondions lors de la majorité du roi l(> février 1723).
Rapprochement de la France de l'Espagne et de l'Angleterre (1721). — Comme l'Espagne n'inquiétait plus le duc d'Orléans et que Philippe V tournait maintenant tous ses efforts vers l'Italie, Dubois n'hésita pas a opérer un revirement dans sa politique étrangère. Il signa d'abord avec l'Espagne, à .Madrid, un traité secret (27 mars 1721), que l'accession de l'Angleterre transforma en triple alliance (13 juin); les contractants s'en- . aient à se soutenir mutuellement dans le Congrès qui devait se réunir à Cambrai pour régler les questions non résolues par le traité de la quadruple alliance. Peu après, Dubois projeta trois mariages « espagnols » dans le but de réconcilier définitivement les deux branches de la maison de Bourbon : M"os de Montpensier et de Beaujolais, filles du Régent, épouseraient don Louis, prince des Asturies, et don Carlos, fils aîné d'Elisabeth Farnèse; Marie-Anne- Victoire, fille unique de Philippe V, serait fiancée au roi Louis XV (janvier 1722); celle-ci, âgée de moins de quatre ans, fut conduite à Versailles pour y être élevée jusqu'à son mariage. Sur ces entrefaites, Charles VI fonda la Compagnie d'Ostende (décembre 1722) pour rouvrir la Belgique au commerce : la Hollande et l'Angleterre demandèrent aussitôt à la fiance son concours armé contre l'empereur. L'intérêt de la France eût été de favoriser une concurrence redoutable pour le commerce uulais. Dubois préféra se poser en continuateur de la politique de Hichelieu contre la maison d'Autriche et poursuivre la réalisation du plan qui devait faire des filles du Régent une reine d'Espagne et une souveraine italienne. La guerre avec l'Autriche était imminente, quand Dubois mourut (10 août), suivi de près dans la tombe par le Régent (2 décembre 1723).
La France et la Russie. — Sous la Régence, une alliance nouvelle s'offrit à la France. Le tsar Pierre le Grand, qui méditait une agression contre la Suède et qui avait à se plaindre du roi d'Angleterre, désirait une entente avec la France. Après d'inutiles pourparlers avec notre ambassadeur à La Haye, Chàteauneuf, il estima qu'il s'entendrait mieux avec le Régent lui-même, et il vint à Paris, où il séjourna du 7 mai au 20 juin 1717.
La Suède, la Pologne, la Turquie avaient été, avec les puissances germaniques secondaires que la paix de Westphalie avait plasous notre garantie, nos alliées contre la maison d'Autriche. Pierre le Grand, qui voulait arracher les chrétiens du rit grec à la domination turque et se développer vers la mer Noire, vers la Baltique, vers l'Allemagne, avait besoin de briser le système traditionnel des alliances françaises, — la « barrière de l'Est », — et il nous proposa de remplacer la Suède dans notre amitié et iveurs financières.
Deux systèmes diplomatiques s'offraient donc, au xvme siècle, à nos hommes d'État : ou sacrifier nos anciens clients et s'attacher la Hussie, ou leur rester fidèle, enrayer leur décadence et s'opposer à l'entrée de la Russie dans la politique européenne. Or, nos ministres ne surent jamais franchement choisir entre les deux partis qui les sollicitaient. Le gouvernement de la Régence refusa d'abandonner la Suède, à laquelle nous liait un traité récent (3 avril 1715); mais les négocia-
Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé (Musrc de Budapest).
Lu marquise de Prie, gravure de ChetikaD le Jeune
tions, reprises dans la suite, aboutirent au traité d'Amsterdam (15 août 1717), convention d'amitié et de garantie, premier acte diplomatique régulièrement signé entre la France et les tsars.
Les mœurs sous la Régence. — La réalisation subite de fortunes invraisemblables, se combinant avec une sorte de reaction contre la tristesse des dernières années du règne précédent, favorisa le relâchement des mœurs et, à ce poinl de vue, la Régence est une période houleuse de l'histoire de France. « Avant ce temps, dit l'historien Duclos, les particuliers n'espéraient de fortune que du travail et de l'économie. Un bon bourgeois de Paris, avec cent mille livres de biens-fonds, passait pour être à son aise, et, sans renoncer absolument à augmenter sa fortune, en ('■lait satisfait. Aujourd'hui personne ne met de bornes à ses désirs. On a tant vu de gens devenir subitement riches ou pauvres, qu'on croit avoir tout à espérer ou à craindre, et souvent avec raison, par les révolutions fréquentes qu'on voit dans les finances de l'Etal. Si les gens morts il y a soixante ans revenaient, ils ne reconnaîtraient pas Paris à l'égard de la table, des habits, des meubles et des équipages. Tous les genres de luxe ne dépendaient pas autrefois uniquement de l'opulence. Il y en avait dont l'état des personnes décidait. Aujourd'hui, chacun apour son argent tout ce qu'il lui plaît : places, équipages, etc. Il est sûr que les carrosses sont doublés depuis trente ans. Les valets ne se sont pas moins multipliés. » Après la ruine du « système » de Law, l'idée de la richesse et du luxe facilement acquis resta comme ancrée dans les imaginations. Rarement les mœurs furent plus dissolues, et ceux qui avaient en mains les rênes du gouvernement furent les premiers à donner l'exemple du vice. Le Régent appelait roués ses compagnons de plaisir, qui étaient, en effet, par leur immoralité, dignes du supplice de laroue. Se montrer ivre en public, c'était faire sa cour au Palais- Royal et au Luxembourg, où la fille bien-aimée du Régent, la veuve du duc de Berry, qu'on appelait la princesse Juuf/lotte, se piquait d'imiter les orgies paternelles. Les soupers du Palais-Boyal, résidence du Régent, acquirent la plus honteuse célébrité. « On y buvait, dit Saint-Simon, on s'échauffait à dire des ordures à gorge déployée et des impiétés à qui mieux mieux; et quand on avait bien fait du bruit et qu'on était bien ivre, on allait se coucher pour recommencer le lendemain. » Là se réunissaient : Brancas, la Caillette unie; Canillac, la Caillette triste; le cardinal Dubois, Noailles, Noce, Fargis, la Fare, le poupart de la princesse de Conti, de Broglie, Simiane, Biron, Mme de Parabère, le Petit Corbeau noir; Mme de Sabran, surnommée l'Aloyau; Mmes d'Averne, de Sessac, de Verrue, du Deffand, de Flavacourt, la duchesse de Fallary, — la Ninon du xvuie siècle, — sans parler des célébrités de l'Opéra. La maréchale d'Estrées donnait volontiers àsouperau Régent et à .M ""'d'Averne dans sa maison de campagne de Bagatelle; elle fut pendant un temps, avec Mlle de Chantais, l'âme de cette société de dames qui avait entrepris de divertir le duc d'Orléans. Les années de la Régence sont tout à fait caractéristiques. Elles voient reparaître les tendances d'immoralité et de libertinage que l'austérité de Louis XIV vieilli et la dévotion de Mmc de Maintenon avaient un moment comprimées. Paris chansonne les roués, mais il les imite, et !'■ 'lue d'Orléans est incontestablement plus populaire que Louis XIV. Les Lettres persanes, publiées par Montesquieu en 1721, sont une peinture à peu près fidèle du milieu social de l'époque, en même temps qu'elles font ressortir nette lient l'audace desjugements que l'on tolère,
six ans a pe api es la tnorl du grand roi.
La Régence esi le véritable début du xvme siècle français; elle est le premiei symptôme du déséquilibre moral et social qui contribuera à déterminer la Révolu m