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Le duc de Beaufort,
par
Italie. » Cette préoccupation est si forte chez Mazarin qu'il offrira en 1646 de céder aux Espagnols, « par mariage ou autrement », la Catalogne et le Roussillon en échange des Pays-Bas et de la Franche- Comté.
Une fois l'Espagne réduite à l'impuissance par la perte de ses positions avancées, la maison d'Autriche serait paralysée par l'intervention continuelle de la France dans les affaires d'Allemagne : c'est là la seconde idée directrice de la diplomatie de Mazarin. Tout d'abord il veut que le roi de France soit au nombre dos princes germaniques et puisse ainsi aspirer à la couronne impériale, dont le prestige lui donnerait une primauté incontestée : il créera donc en Allemagne même une puissance nouvelle, une ligue do pà-inces capable de contre-balancer l'action de l'Autriche. Celle conception devait devenir une des règles de la politique française : elle sera reprise par Napoléon l'1'.
Condé. Bataille de Rocroi (1643). — Richelieu avait laissé partout nos armes victorieuses, mais il fallait l'emporter définitivement, assurer la victoire sur tous les points où la France était rw contact avec l'Espagne et l'Autriche : aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et en Catalogne.
Encouragés par la mort de, Richelieu , les Espagnols vinrent attaquer la France par la Champagne et investir liocroi 1 19 mai 1643), qui couvrait notre frontière du côté des Ardennes, pour marcher de là sur Pai is.
Leur armée 26000 hommes avait à sa tète don Francisco de Mellos, gouverneur des Pays Bas, et le comte de Fuentès, g, aérai octogénaire et perclus. L'armée française 20000
I tes, dont 5000
liers était commandée par un généi al de t ingt-deux le dm- d'Enghien, que secon-
Le grand Condé, pu n inthoil.
HISTOIRE DL\ FRANCE
Cornett09, guidons et drapeaux ennemis pris à la bataille de Rocroi et portés à Notre-Dame.
daient le maréchal de L'Hôpital, Gassion et Sirot.
Louis de Bourbon, «lue d'Enghien, plus lard prince de Coude, cousin de Louis XIV, n'était alors connu que dans les salons de Paris. 11 allait se distinguer par une fougue irrésistible, une sûre rapidité de coup d'oeil, de remarquables qualités d'entraîneur d'hommes. Sa physionomie même, qui était disgracieuse, avait, dit Mme de Motteville, « quelque chose de grand, tirant à la ressemblance de l'aigle ». 11 débuta par un coup de maître. La cour avait défendu de livrer bataille, mais d'Enghien, négligeant les conseils prudents du vieux maréchal de l'Hôpital pour suivre ceux de l'intrépide Gassion, qui partagea avec son chef l'honneur de la victoire, déclara qu'il « se chargeait de l'événement ». La bataille, commencée le 18 mai à quatre heures du soir par une escarmouche, recommença le lendemain entre trois et quatre heures du matin. La gauche des Français est d'abord battue et le centre obligé à la retraite; mais d'Enghien, avec la droite, réussit à tourner l'ennemi et met en complète déroule l'infanterie wallonne et allemande. Sa gauche peut alors se reformer; le centre est ramené sur le terrain de l'action et se décide à prendre à dos l'infanterie espagnole qui, sous le commandement de Fuentès, formait une masse compacte de 20 000 hommes. Quatre charges successives et le feu de notre artillerie brisent enfin ce rempart vivant; Fuentès est jeté mort à bas de sa litière et l'armée espagnole bat en retraite dans un désordre complet. Les Français avaient eu 2000 tués et autant de blessés. Du côté des Espagnols, sept ou huit mille hommes restaient sur le champ de bataille; ils avaient 7 000 prisonniers etabandonnaient24 bouches à feu, 170 drapeaux, un butin considérable. On devine l'enthousiasme que provoqua à Paris la nouvelle de cette victoire, qui écartait toute crainte d'invasion. Opérations sur la Moselle et sur le Rhin. — Le même élan emporta Gondé jusqu'à Thionville, la meilleure place de la Moselle après Metz, et qu'il enleva le 8 août. En même temps, Brézé était vainqueur sur mer (5 septembre) et Guébriant à Rotweill (19 novembre), mais ce grand ca-