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BOISERIE

LA MONARCHIE ABSOLUE

public et sont jouées par des artistes exquis : Larnette, Gainai, Trial, Miches, Caillot, Mmcs Favart, Larnette, Trial, Dugazon.

Puis Gluck (1714-1777), arrivé d'Allemagne, transforme peu à peu l'opéra en un drame plein de puissance et d'émotion (Iphigénie en Aulide, Orphée, Alceste, Iphigénie en Tauride, Armide). Piccinni 1728-1800) vient à son tour : on oppose l'un à l'autre, et une nouvelle guerre de pamphlets, la querelle des gluckistes el des piccinnistes,

Jean Rameau, par Chardin (Dijon).

par

Grétry, Mme Vigée-Le Brun (Versailles).

met aux prises les partisans des deux maîtres. Sacrliini, Salieri donnent leurs ouvrages à l'Opéra, tandis que l'Opéra-Comique continue ses succès avec Philidor et Grétry, auxquels se joignent Dézèdes, Martini, Nicolas Dalayrac.

(irande est la vogue du Concert spirituel, où les grands virtuoses français ou étrangers, chanteurs ou instrumentistes, tiennent à honneur de se faire entendre. Couperin, Dagnin se distinguent dans la musique d'église, mais c'est aussi le temps des chansons, bruneltes, airs tendres, airs à boire. La musique, cultivée dans toutes les classes de la société, se propage surtout grâce au clavecin, qui a remplacé lépinelte. Viotti, qui se fixe à Paris, peut être considéré comme le chef de la grande école française de violon.

BIBLIOGRAPHIE

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LES SCIENCES

Sciences mathématiques. — Abraham de Moivre, un Français établi à Londres, contribua à édifier la trigonométrie des imaginaires et, dans sa Doctrine des hasards (I71G), ouvrit une voie nouvelle au calcul des probabilités. Alexis Clairaut (1713-1765) publia, à seize ans, ses Recherches sur tes courbes à double courbure (1731), et Deparcjeux (1703-1768), en 1746, son Essai sur les probabilités de la vie humaine, dont les tables de mortalité servirent longtemps de hase aux calculs des compagnies d'assurances. Comme Clairaut, d'Alembert Voir p. 177 fut un mathématicien précoce : à vingt-deux ans, il composait un mémoire sur le calcul intégral; à vingt-quatre, il entrait à l'Académie des sciences et, à vingt-cinq, il publiait son Traité de dynamique (1743), où il donna une méthode permettant de l'amener les lois du mouvement à des problèmes d'équilibre.

Gluck, d'après Saint-Aubin.

L'algébriste Etienne Bezout (1730-1782), auteur d'un Cours de mathématiques (1770), enseigna, dans sa Théorie générale des équations (1779), la méthode d'élimination dite des coefficients indéterminés et le calcul des déterminants, à peine esquissé par Vandermonde. Lagrange, Laplace, Monge, Lazare Carnot appartiennent surtout à la période suivante, où nous les retrouverons.

Jacques de Vaucanson (1700-1782) était encore presque enfant

lorsqu'il construisit une horloge qui marquait assez exactement les heures. A Lyon, il imagina une machine hydraulique pour donner de l'eau à la ville.

Venu à Paris, il présenta à l'Académie des sciences (1738) son Joueur de flûte, bientôt suivi du ■limeur de tambourin et de galoubet, du Joueur d'échecs et du Canard, barbotant, avalant et triturant le grain. Il fit pour la représentation de Cléapdtre, de Marmontel, un aspic sifflant se précipitant sur le sein de la reine d'Egypte. Nommé' inspecteur des manufactures de soie, il perfectionna les machines employées par celte industrie.

Le Conservatoire des arts et métiers possède quelques pièces de sa collection de machines et d'automates.

Alin de déterminer la figure exacte de la Terre, l'Académie des sciences désigna (1735) deux commissaires pour effectuer la mesure du degré terrestre. Une première mission, dirigée par Maupertuis (1698-1759), se" rendit en Laponie; une seconde, sous les ordres de Bouguer (1678-1758) et de La Condamine (1701-1774), se transporta au Pérou. Grâce aux données recueillies, on put évaluer l'aplatissement du globe et admettre l'exactitude des théories de Huyghens et de Newton, supposant la Terre primitivement fluide.

Une fois découverte la loi de l'attraction universelle, les astronomes voulurent expliquer mathématiquement les mouvements des astres. Clairaut et d'Alembert, avec le secours de l'analyse, s'y attachèrent avec succès; en particulier, ils déterminèrent l'orbite apparente du Soleil en tenant compte des perturbations produites par la Lune et les principales planètes : Euler, Lagrange et Laplace reprirent plus tard ce problème.

De son côté, l'abbé Lacaille (1713-1762), délégué par l'Académie des sciences de Paris, observait au Cap plus de 10000 étoiles, de 1750 à 1754. Peu après Lalande (1732-1807) publiait son grand Traité d'astronomie (1764-1792) et étudiait Mercure, dont la théorie l'occupa durant quarante ans. Pingre (1711-1796), dans sa Cométographie (1783-1784), exposa l'histoire de toules les comètes connues et les méthodes usitées pour calculer leurs orbites.

Le passage de Vénus sur le Soleil, si important pour la détermination de la distance de la Terre au Soleil, fut noté avec grand soin en 1761 et en 1769. Chappe d'Auleroche (1722-1769) partit pour Tobolsk et exécuta une série d'observations assez exactes (1761). Il mourut en Californie de la lièvre jaune (1769 .

Jean-Charles Borda (1733-I799), officier du génie, s'élait déjà fait connaître par des travaux sur le mouvement des projectiles Imsqu'il entra en 1767 au service actif de la marine. Aux anciennes méthodes de détermination des longitudes, il subslilua celle des relèvements astronomiques. Pour faciliter les observations terrestres, il imagina, après un « cercle à réflexion », des cercles répétiteurs construits d'après les mêmes principes. Il fut dans la suite chargé, avec Méchain et Delambre, des travaux préparatoires à l'établissement du système métrique.

Sciences physiques. — Électricité. — Le Parisien Du fa y (1698- 1739), généralisant les découvertes de ses prédécesseurs, trouva que tous les corps s'élerti'isent par frottement, à l'exception des métaux, des corps mous et des fluides. Il constata qu'on pouvait tirer des étincelles du corps humain. Ses expériences le conduisirent à formuler deux lois importantes : 1° Les corps électrisés attirent ceux qui ne le sont pas, et quand ils leur ont communiqué' leur électricité, ils les repoussent; 2° Il y a deux électricités opposées : l'électricité vitrée et l'électricité résineuse.

Le Français Sigaud de La Fond I7'iO-|S|ii remplaça par un pla-

HISTOIRE DE FRANGE

Réaumur, gravure de Simonneau.

teau les globes de verre de la machine électrique construite en 1756 par l'abbé Nollet (1700-1770) qui expérimenta le premier, à Paris, la bouteille de Leyde et dont les essais de transmission à distance sont l'origine de la télégraphie électrique.

Réaumur (1083-1757) avait observé la commotion de la torpille électrique (1714), qu'il croyait due à une vive contraction des muscles

de ce poisson : John Walsh, à la suite d'expériences exécutées à La Rochelle (1772), démontra la nature électrique de ces secousses.

Benjamin Franklin avait imaginé un dispositif pour vérifier l'identité de la foudre et de l'électricité (1), mais il n'exécuta pas l'expérience, qui fut faite pour la première fois par Dalibard à Marly-la-Ville. Dalibard (1703-1799) assujettit suides piquets, avec des cordes de soie, une tige de fer haute de 40 pieds et, dans l'aprèsmidi du 10 mai 1752, on put tirer de cette tige les premières étincelles. Huit jours plus tard, Delor fit la même expérience dans sa maison de Paris, en présence du roi. Puis, en avril 1753, Franklin eut l'idée d'aller chercher le fluide électrique dans les airs au moyen du cerf-volant : il conclut qu'on pouvait détourner les effets de la foudre en élevant des paratonnerres au-dessus des édifices.

De 1784 à 1789, Coulomb (1736-1806) formula les lois mathématiques de l'électricité et du magnétisme. Grâce à sa balance de torsion, il put montrer que les forces électriques ou magnétiques sont en raison inverse du carré des distances. Il trouva les lois des attractions, des répulsions, de la distribution électrique sur les conducteurs et les isolants.

Réaumur, à la suite de l'Allemand Fahrenheit, prit comme points fixes de la graduation du thermomètre le point de congélation de l'eau et son ébullition, et partagea l'intervalle en 80 divisions.

Application de la machine à vapeur à la locomotion. — Tandis que l'Écossais James Walt perfectionnait la machine à vapeur, deux Français songeaient à l'appliquer à la locomotion. Le Lorrain Joseph Cugnot (1725-1804) réalisa en 1769 un « fardier à vapeur » : la vaporisation de l'eau ne s'opérant pas assez rapidement dans les chaudières, la voiture ne pouvait marcher que douze à quinze minutes seulement, et il fallait alors la laisser reposer à peu près le même temps afin que la pression redevînt suffisante.

La gloire de résoudre le problème de la navigation à vapeur était réservée au Franc-Comtois Jouffroy d'Abbans (1751- 1832). Il fit construire à Beaune un bateau muni de roues à palettes actionnées par une machine de Watt, et l'embarcation navigua sur le Doubs en juin et juillet 1770. L'expérience répétée à Lyon, sur la Saône, devant 10000 spectateurs, le 15 juillet 1783, avec un vapeur de 1 500 tonneaux, réussit pleinement. C'est donc le nom du marquis de Jouffroy et non celui de l'Américain Fulton qu'il faut associer à l'invention de la navigation à vapeur.

Aérostation. — En 1783, Joseph (1748- 1810) et Etienne (1745-1799) de Montgolfier inventèrent les aérostats. La « montgolfière •> se composait d'un globe de toile sous lequel on allumait un feu de paille; l'appareil montait alors dans l'at-

mosphère. Le premier lancement eut lieu le 5 juin 1783 à Annonay, au milieu d'un enthousiasme délirant. Puis le physicien Charles remplaça l'air chaud par le gaz hydrogène et ferma le globe par une soupape. En présence de Louis XVI, un ballon contenant dans un panier un canard, un coq et un mouton put alors s'élever seul dans les airs. Puis, le 21 novembre, Pilâtre de Rozier (1756-1785) et le marquis d'Arlandes (1742-1809), sous la direction de Montgolfier, s'.élevèrent dans un ballon de 70 pieds de haut et de 46 de diamètre. Le 1er décembre suivant, Charles (1742- 1822) et de Robert, partis des Tuileries, vinrent atterrir près Beaumont-sur- Oise. Deux ans plus tard, Jean -Pi erre Blanchard (1753-1809) et l'Américain Jeffries tentèrent de traverser la Manche en ballon. Partis de Douvres le 7 janvier 1785 à une heure précise, ils atterrissaient à quatre heures moins quelques minutes dans la forêt de Guignes.

A quelques mois de là, Romain et Pilâtre de Rozier, moins heureux, inauguraient le martyrologe de l'aéronautique en voulant effectuer le même voyage.

Génie civil. — Le recrutement des ingénieurs, laissé au choix des autorités locales, fut régulièrement assuré par Trudaine (1703- 1769) qui, secondé par Perronet, fonda à Paris X École des ponts et chaussées (1747).

Trésaguet (1716-1796), collaborateur de Turgot en Limousin, posa les vrais principes de la construction et de l'entretien des chaussées empierrées. L'art des ponts fit de remarquables progrès sous rinlluence de Jacques Gabriel, de Louis de Régemorte, de Perronet. De Chézy (1718-1798) étudia l'adduction à Paris des eaux de l'Yvette et imagina des appareils de nivellement. Lamblardie (1747-1797) commença la fortune du port du Havre en construisant d'importantes écluses, des quais et des ponts mobiles. Au moyen de semis et de plantations de pins ingénieusement disposés et convenablement protégés, Brémontier (1738-1809) fixa les landes mouvantes de la Gascogne.

Phot. Giraudun.

Les frères Montgolfier, par H ou don.

La chimie. — Les savants du xvne siècle, Descartes, Pascal, Fermât, avaient posé les lois mathématiques de la pesanteur et du mouvement des corps : les chimisles du xviue eurent la gloire d'en découvrir les éléments constilutifs et les combinaisons.

Etienne-François Geoffroy (1672-1731) formula la loi des affinités et détermina les poids proportionnels des corps qui entrent en combinaison chimique.

Darcet (1725-1801) inventa l'alliage bien connu (composé de huit parties de bismuth, cinq de plomb et trois d'étain) qui possède la curieuse propriété de fondre dans l'eau bouillante. Il porta son attention sur l'industrie de la soude (1), la fabrication des savons et les moyens d'extraire des os les substances nutritives qu'ils recèlent. Nommé directeur de la manufacture de Sèvres, il trouva une pâte plus homogène qui permit la cuisson de grands vases d'une seule pièce et obtint, en améliorant les fours, des émaux aux nuances délicatement graduées. Enfin, devançant Lavoisier, il montra que le diamant se réduit en fu-

(1) Nollet et Jalabert avaient déjà constaté l'écoulement de l'électricité par les pointes.

Expérience aérostatique

par les frères

(Estampe de la Bibli

faite à Lyon, en 1784, Montgolfier othèque nationale).

(1) Un peu plus lard, Nicolas Leblanc trouva un moyen de préparer artificiellement la soude avec du sel marin.

LA MONARCHIE ABSOLUE

mée sous l'action de la chaleur; mais seul le législateur de la chimie moderne devait tirer des conséquences de cette expérience.

Antoine Baume (1728-180'i) exécuta d'utiles travaux sur la cristallisation des sels, l'acide borique, la teinture, la fabrication du sel ammoniac, mais resta attaché à la théorie du phlogistique, doctrine par laquelle l'Allemand Stahl expliquait les réactions.

les rares connaissances micrographiques de son temps par la publication de ses Descriptions et usages de plusieurs nouveaux microscopes (1718). Il perfectionna d'abord l'instrument de recherches et put décrire vingt-trois espèces nouvelles d'infusoires. Près de deux siècles avant Pasteur, il combattit pour la doctrine panfermiste : il admettait la dissémination dans l'air de germes n'attendant que des

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