‹ Histoire de France illustréeChapitre 101 sur 182 · VIL — L'ART · texte numérisé non relu

VIL — L'ART

La production esthétique de ia fin du moyen âge fut aussi active que diverse. Si Philippe de Valois et Jean le Bon se plaisaient surtout aux tournois et aux fêtes somptueuses, Charles V, qui aimait «les beaux maçonnages, lil faire en maintes places notables édifices beaulx et nobles, tant d'églises comme de chasteaux et austres bas-

Architecture militaire. — .Nous renvoyons, en ce qui concerne l'architecture militaire, au paragraphe que nous lui avons consacré plus haut (voir p. 279).

Architecture civile. — L'art du moyen âge avait élé tout d'abord essentiellement religieux : sous les Valois naît et se développe rapidement une architecture purement civile.

Dès le commencement du règne de Charles V, le château du

Façade de la cathédrale de Rouen.

Abside de l'église du Mont-Saint-Michel.

timents à Paris et ailleurs ». (Christine de Pisan.) Ses frères (spécialement le duc de Berry) et son lil s, le due d'Orléans, multiplièrent également les constructions somptueuses. René d'Anjou, le bon mi René, est resté célèbre parmi les princes éclairés, el à Angers, à Aix, il eut une véritable cour de savants et d'artistes. Les dues de Bourgogne, les papes d'Avignon furenl aussi les protecteurs des architectes, des sculpteurs el des peintres. Maisles grands ne sont pas seuls, sous les Valois à s'intéresser directemenl aux manifestations de l'art, et la bourgeoisie partage avec la noblesse le goût des belles choses. Enfin, non contents de fonder dans leur propre pays des ateliers et des écoles, les Fiançais vont porter en Italie et jusqu'en Bohème le renom du génie national.

L'Architecture. — Architecture religieuse. — C'est au xvc siècle que s'épanouit, avec un luxe et une prodigalité d'ornements qui justifient son nom, le style ogival flamboyant voir p. 191), dont les spécimens les plus remarquables sont la façade de la cathédrale et l'église Saint-Maclou, à Rouen; Notre-Dame de l'Épine, près..de Châlons-sur-Marne ; le portail de Saint-Germain l'Auxerrois; h-s cathédrales de Metz, d'Albi, de Rodez et de Toulouse; la flèche de la cathédrale de Strasbourg; le chœur et l'abside de l'église du Mont-Saint-Michel; la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier; la façade occidentale de I église <l Uençon.

Lès portails méridionaux des églises de Beauvais et de Senlis sont parmi les plus caractéristiques de l'ogival rayonnant. Ils sont dus a .Mai lin Chambiges, •• maître maçon tailleur de pierres » (mort en 1532 . qui a édifié aussi le transept et les façades latérales de Sens et de Beauvais, les façades latérales de Senlis, la façade principale lu drale de 'l royes.

Louvre changea d'aspect, comme on le constatera en se reportant aux planches VU, ligure 3, et X, ligure 9. Il devint un véritable palais avec des appartements et dépendances, des jardins, des volières, des basses-cours et même une ménagerie. Deux ailes furent reconstruites dans la cour, l'une vers le nord et l'autre vers l'est. Les deux autres ailes, sud et ouest, furenl, ainsi que les tours, exhaussées de deux étages, garnies de parapets Crénelés et de hourds en pierre. C'est à Raymond du Temple que ces travaux furent confiés. L'œuvre principale de cet architecte fut certainement la « Grande Vis », c'est-à-dire le grand escalier, qu'il éleva en 1365 dans l'angle sud-est de la cour du Louvre. La grande vis donnait accès, au premier étage, à une vaste pièce, sorte de chambre de parade toute garnie de nattes qu'avait « assises » le millier Jean Lançon, et toute lambrissée de figures peintes, en 1366, par Jean d'Orléans. La chambre de parade de la reine se trouvait dans l'aile opposée, qu'on appelait « le grand pavillon ». « L'estude » ou cabinet du roi se trouvait dans l'aile du nord, non loin de la chambre (b1 /inrement du roi, et près de la librairie qui occupait la tour d'angle nord-est: là prit naissance celte illustre bibliothèque qui, grossie de règne en règne, est enfin parvenue au degré de richesse où nous la voyons aujourd'hui (voir pi. XI, fig. '>, el pi. XIII, lie. 8).

L'hôtel Saint-Pol lui, de toutes pièces, une création de Charles V. Cette résidence royale, qui occupait tout l'espace compris depuis la rue Saint-Pol jusqu'aux Célestins et depuis la rue Saint-Antoine jusqu'à la Seine, ne formait pas un ensemble architectural homogène ; il se composait d'un grand nombre de petits hôtels disposés sans ordre dans une même enceinte et dont chacun portait un nom particulier. Le grand corps de logis et la principale entrée s'ouvraient du côté de la Seine, sur le quai des Célestins. On trouvait

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dans les sculptures de l'École de la Loire, entre lesquelles on observe une incontestable parenté.

L'Ecole de la Loire est en pleine activité entre 1480 et 1512. Elle a son centre en Touraine et elle rayonne à Paris (tombeau de Roberte Legendre , à Orléans (Vierge d'Olivet), à Nantes (tombeau de François II, duc de Bretagne, et retable des Carmes), à Gaillon (Saint-Georges), à Écouen (Vierge), à La Rochelle (sépulcre destiné à l'église Saint-Sauveur). Elle a pour chef un Breton, Michel Colombe, qui, après sa formation technique dans les ateliers bourguignons, est venu se fixer à Tours et, dans << le jardin de la France », continuer la tradition française : il accepte bien, pour faire une concession au goût du jour, la collaboration des ornemanistes et des marbriers d'outre-mont, mais cette collaboration reste distincte et l'apport italien ne fait que se juxtaposer à l'œuvre maîtresse. C'est seulement après l'expédition de Charles VIII que l'italianisme détournera le goût français de ses voies traditionnelles.

Par son réalisme sincère, mesuré, gracieux et sain, par ses qualités d'équilibre, de bon sens et de goût, par la simplicité harmonieuse de l'expression, Michel Colombe est réellement Français et appartient encore au moyen âge. On désigne quelquefois sous le nom de « première Renaissance » le mouvement artistique qui précède la pénétration italienne, et l'on considère les maîtres de cette période, en particulier le sculpteur Miche] Colombe, comme des novateurs qui ne doivent plus rien au moyen âge. Il faut voir au contraire dans les tailleurs d'images de l'école de la Loire les derniers représentants de l'art gothique et national, encore indemne de toute sujétion étrangère : jusqu'à la fin du règne de Louis XII, le concours des ultramontains ne sera que. subsidiaire et ne parviendra pas à dénaturer l'esprit des œuvres françaises, ni même leurs procédés d'exécution.

La peinture. — L'architecture et la sculpture ne sont pas tout l'art du moyen âge, et des peintres de mérite, concourant à l'unité harmonieuse des ensembles, ne cessèrent d'enrichir par le dessin et la couleur les créations des maîtres d'oeuvre et des imagiers, de décorer les édifices

Couronnement de la Vierge (Porte d'entrée du château de La Ferté-Milon).

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Tombeau de Roberte Legendre (Louvre).

Le puits des Prophètes, par Ciaus Slcter (Ancienne Chartreuse de Champmol).

Tombeau de Jean sans Peur et do Marguerite de Bavière, par J. db la IIukbta et A. Lu MoiTUBIER

(Musi'c de Dijon).

La mise au tombeau (Abbaye de Solesmes).

Diptyque du roi René et de Jeanne de Laval (Louvre).

La Vierge d'Olivet (Louvre)

comme ils ornaient les manuscrits.

Le talent des maîtres primitifs se manifeste surtout dans les vitraux, les tapisseries, les livres, et les plus anciennes peintures murales donnent l'impression de vastes miniatures. Ces œuvres sont faites de sincérité et de naturel; on a fait remarquer qu'elles doivent leur caractère réaliste à l'influence du théâtre chrétien, à la mise en scène des mystères, qui détermina d'autre part la transformation de l'iconographie religieuse en suggérant aux artistes des formules et des thèmes nouveaux (1).

Il s'était constitué à Taris, dès le xme siècle, une école de peintres-imagiers et de peintresselliers : les premiers coloriaient les statues qu'ils avaient sculptées, les seconds décoraient au pinceau le mobilier des églises. Alors que les Italiens avaient sous les yeux les œuvres grecques et romaines, les Français restaient euxmêmes, copiaient de leur mieux la nature, et c'est la manière française qui semhle avoir été pratiquée dans les Flandres

même avant les Van Eyck. L'un des plus vieux monuments de cette école parisienne est le célèbre portrait de Jean le Bon (voir p. 214), peint vers 1359 et attribué au peintre-sellier Girard d'Orléans, qui avait accompagné le royal prisonnier en Angleterre : c'est une belle œuvre, où l'auteur a su rendre avec un réalisme presque brutal la physionomie triste du monarque pauvre d'idées qui sut se battre mais non gouverner. Au règne suivant appartient le parement de Narbonne, grand dessin à l'encre et au pinceau, exécuté sur samit (paille de soie), sans doute par Jean d'Orléans, peut-être fils de Girard et valet de chambre de Charles V : le pieux roi et sa femme Jeanne de Bourbon sont agenouillés de chaque côté de la crucifixion, motif central de cette magnifique grisaille, qui rappelle les miniatures des manuscrits et révèle le souci de l'observation directe, l'étude du geste précis, la recherche de l'expression.

Dispersée sous Charles VI par les calamités publiques, « l'activité de nos artistes se sera alors réfugiée et concentrée d'abord (1384-1419) dans les provinces réunies sous la main de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, les Bourgognes et les Flandres : c'est l'école franco-flamande. Elle passera de là, en suivant les étapes de la royauté nomade, à Bourges, Tours, Amboise, Blois : c'est Vécole de la Loire i i Ï22- 1524). Parallèlement, durant cette période continueront à prospérer dans les régions méridionales, autour d'Avignon, ville ecclésiastique, neutre et libre, de refuge, de luxe et de paix, des ateliers nombreux dont quelques-uns fonctionnent depuis l'installation des papes '1309) . c'est Vtcole du Midi (Comlat, Lyonnais, Languedoc, Provence). Dans la dernière moitié du xv° siècle, tous ces centres divers, où se mêlent, en des proportions changeantes, les traditions locales, italiennes et flamandes, se trouveront reliés sous l'action personnelle du roi René, comte d'Anjou,

Parement de Narbonne, attribué à Jean d'Orléans; fragment (Louvre).

(1) Éinile Mâle, L'Art religieux de la fin ilu moyen âge en France (1908), p. 383; — Henri Bouchot, Les Primitifs français (1904), p. 282-283.

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Le triomphe de la Vierge Marie; panio supérieure (Musée de Villeneuve-lès-Avignon).

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de Provence, roi de Naples, promenant ses aventures et ses artistes de Bourgogne en Italie, de Naples à Angers, d'Angers à Aix et vice versa (1417-1480), puis sous la protection des princes de Bourbon, alliés aux maisons de France et de Mautoue (1474-1503) : la dernière floraison de celte culture éparpillée et voyageuse sera Vtcole de Moulins, dérivée à la fois des écoles de la Loire et des écoles ultramontaines de la haute Italie et de Toscane » (1).

École franco -flamande. — Une nièce de saint Louis, Maliaut, princesse d'Artois, morte en 1329, avait attiré de tout temps des artistes de l'Ile-de-France en son château de Ilesdin, et celui-ci fut comme un trait d'union entre Paris et les Flandres lorsqu'il passa aux ducs de Bourgogne.

Même après la fondation de la Chartreuse de Champmol (1381), qui provoqua l'établissement à Dijon d'artistes flamands, Jean d'Orléans, Jean Petit ou de Troyes, Jean d'Arbois et bien d'autres continuèrent leurs services auprès des ducs. C'est seulement la seconde génération des peintres de la cour de Bourgogne qui, avec Michel lîroederlam 1381-1394 , Jean Malouel (1376- 1415 , Henri de Bellechose 1 il5- 1 \ ï i , fut plus flamande que française. .Nous citerons de Jean Malouel, peintre gueldrois établi à Dijon vers 1398, et qui « devint un Français comme l'Allemand Memling, établi en Flandre, devint Flamand » : le Christ mort, la Vie de aint Denis, la Viede taint Georges en collaboration avec

ii Georges Lakenestre, L'Exposition des primitifs français, pp. 12-13.

La Vierge glorieuse, par le MaItee DE Moui.INS (Partie centrale du triptyque de la cathédrale de Moulins).

Henri de Bellechose), la Vierge et l'Enfant, le Martyre d'unsaint évéque. A l'école franco-flamande se rattachent les ateliers d'Artois et de Picardie. Le « maître de Flémalle » (la Vierge glorieuse, Adoration des Bergers), dont on a fait un représentant de cette école, se rapproche par sa facture des miniaturistes du duc de Berry. École du Midi. — Enguerrand Chàronton, de Laon, et Nicolas

Froment sont les plus illustres représentants de l'école du .Midi.

Le premier est l'auteur (vers 1453) d'un Triomphe de lu Vierge Marie, longtemps attribué aux Flamands. Le second a peint un Buisson ardent , le portrait en pied d'un saint tvêque, le célèbre diptyque du roi Bené et de la reine Jeanne de Laval. A son école appartient la Pie ta de Villencuvelès-Avignon (Louvre; d'une si savante exécution, peut-être aussi l'Annonciation dans une église gothique (église de la Madeleine, à Aix), et l'on a cru reconnaître des influences avignonnaises dans la Crucifixion dite du Palais de justice de Paris, œuvre française de l'école de Paris, longtemps al tribuée à Jean Van Eyck i Louvre .

École de la Loire. - C'est l'école vraiment française, celle qui s'oppose à l'individualisme outré comme aux fantaisies théâtrales par la grâce paisible, riante et forte, le goût de la mesure, le charme de la composition, la douceur du coloris, la finesse et la vie de l'expre sion, le sentiment de l'ordonnance, el pour loul dire par son harmonie avec le milieu si doux, si calme el un peu nonclialanl où elle s'esl formée.

Le plus illustre représentai de cette école est Jean l'ouquct, né à

Tours vers 1415 ou 1420, mort en 1480 ou 1481. Son activité fut considérable; cependant, on ne peut lui attribuer (rime façon incontestable que cinq tableaux peints : le Diptyque de Melun [Berlin et Anvers] (1); Charles VII et Juvénal des Ursins (Louvre); deux portraits d'hommes, à Vienne, et une centaine de miniatures. Un portrait célè-

(l)Le diptyque était jadis conservé à la cathédrale Notre-Dame de Melun, au-dessus de la sépulture d'Etienne Chevalier. Le volet de droite représente la Vierge mère, dont les traits rappellent, croit-on, ceux d'Agnès Sorel; le volet de gauche, Etienne Chevalier, conseiller de Charles VII, qui est présenté à la Vierge par saint Etienne, son patron.

bre, celui du pape Eugène IV, exécuté à Rome durant un

séjour (1443-144' et qui eut une réputation immédiate, a

disparu. Sa gloire lui longtemps ensevelie dans le triomphe

des artistes étrangers, d c'est seulement de nos jours

qu'un lui a rendu justice.

Le Maître de Moulins. - Le « Maître de Moulins »

fut à la fin du xv'c siècle le peintre délicat et

gracieux de la cour des liourbons.il subit les

influences étrangères -- Italie et Flandre

— mais aussi et surtout celle de l'école

de la Loire et se rattache certainement à

Fouquet, La Vierge et l'Enfant cuire deux

donateurs, Pierre II de Bourbon et Anne de

Beaujeu (triptyque de la cathédrale de

La Crucifixion dite du Palais do justice de Paris, xve siècle (Le

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La « Pietà » de Villeneuvc-lès-Avignon xv« siècle (Louvre).

Sainte Madeleine et une donatrice, par le Maître de Moulins (Louvre).

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Le buisson ardent, par Nicolas Froment (triptyque do la cathédrale d'Aix en Provence).

Moulins' ; Pierre de Beanjeu, accompagné de saint Pierre, et Anne de France, accompagnée de saint Jean VÉvangéliste (deux volets de triptyque, Louvrel ; la Nativité de Venfant Jésus (évèché d'Autun) : Sainte Madeleine et une donatrice collection Somzée) : telles sont les œuvres les plus connues de l'anonyme qu'on désigne sous le nom de Maître de .Moulins, qu'un a identifié à tort avec Jean Bourdichon, l'auteur probable du Triptyque de Loches et du dauphin Charles-Orland 1 , et plus vraisemblablement avec Jean Perréal.

Ainsi la peinture compte, comme la sculpture, des artistes purement français. Ceux-ci, comme leurs contemporains de tous les pays, ont certainement senti passer le courant que l'on constate dans les divers centres de civilisation et de luxe; mais, même lorsqu'ils subissent des influences étrangères, ils interprètent la formule internationale d'après leur propre tempérament.

1 Fils de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, comte de Valentinois (li'j2- 1405).

l'imt, HaufsUengl.

Etienne Chevalier et son patron saint Etienne, pal" Jean FouQUIiT; Volet gauche du diptyque de Mclun (Musée de Berlin}.

Portrait de Jean Fouquet, par lui-même ; Email point (.Louvre).

La miniature. - Avec le xivc siècle naissent, les premiers bibliophiles, qui donnent aux miniaturistes les encouragements les plus efficaces : Jean !" Hun, Charles V, Louis d'Orléans, Philippe de Bourgogne el surtout le duc Jean de Berry. C'esl pour ce dernier qu'enluminèrenl Indre Beauneveu, Pol de Limbourg et Jacquemart de Hesdin. Les Très riches Heures du duc de Berry (Chantilly), œuvre probable de Pol de

Limbourg et où sont peintes les compositions les plus diverses (travaux des champs, scènes de la vie de château, chasses à courre, la Sainte-Chapelle, le château de Vincennes, le Louvre, etc.), sont une merveille de coloris, de fini et d'élégance.

Le xve siècle a été l'âge d'or de la miniature. D'abord byzantine, consistant en éclatantes enluminures sur fond d'or, d'un style hiératique, et ne déployant sa fantaisie que dans les lettres ornées des tètes de chapitres, dans ces pittoresques enroulements d'arabesques, de fleurs, de fruits, d'animaux qui décoraient les marges des manuscrits, la miniature prend alors un caractère plus réaliste; les paysages, en particulier, deviennent quelquefois admirables de justesse et de technique. Jean Fouquet porte cet art à la perfection. Les œuvres qui nous restent de lui unissent la finesse de l'observation et la vérité des détails à l'habile distribution de la lumière, à l'accord des couleurs et des tons, à l'élégance et à l'élévation du style, où les influences du Nord et du Midi sont de peu d'importance.

Le catalogue de ses miniatures comprend : Du cas des nobles hommes, femmes, de Boccace (Bibl. royale de Munich); Antiquités juives, de Josèphe ; Entrée d'Hérode à Jérusalem (Londres, Thomson); Vision du roi David, fragment des Heures d'Etienne Chevalier (Londres, British Muséum); Heures d'Etienne Chevalier, quarante miniatures (Chantilly); — les Antiquités juives, de Josèphe, quatorze miniatures; les Grandes Chroniques de France, cinquante-trois miniatures de Fouquet et de ses élèves; les Trois Maries et sainte Anne avec leur famille, feuillet détaché des Heures d'Etienne Chevalier; Statuts de l'ordre de Saint-Michel; Bible moralisée (Bibliothèque nationale); — Sainte Marguerite et le préfet Olibrius; Saint Martin partageant son manteau avec un pauvre (Louvre); Buste de Christ; Portrait d'Anne de Beaujeu; les Trois Morts et les trois vifs (coll. Paul Durrieu); — la Vierge et l'Enfant et le Calvaire, dans deux livres d'Heures (bibliothèque royale de La Haye).

De cette même époque datent aussi les Heures et le Diurnal du roi Bené (Bibliothèque nationale), les Heures de Philippe le Bon (La Haye), les Miracles de la Vierge avec grisailles (Bibliothèque nationale et Oxford), les Heures du Maître aux fleurs et de la dame de Lalaing (Bibliothèque de l'Arsenal), les Bréviaires d'Alexandre VI (collection Gruel) et du cardinal Grimani (Venise).

La découverte de l'imprimerie eut pour l'art de la miniature les mêmes conséquences que pour le manuscrit : le livre illustré remplace le manuscrit enluminé, et ce n'est pas sans raison qu'on a dit, à propos des célèbres Heures d'Anne de Bretagne de Jean Bourdichon, qu'elles sont le testament de la miniature expirante. Cet élève de Fouquet n'a pas « l'envolée qui fait les très grands artistes; l'esprit manque, la composition languit : c'est encore du Jean Fouquet, moins l'imagination et la belle ordonnance » (1).

La peinture sur verre. — Jusqu'au milieu du xme siècle, les peintres sur verre restent fidèles au principe de la mosaïque translucide. Ils commencent alors à recourir, en des vues d'éclairage, soit à la grisaille simple (Auxerre, Troyes), soit à des combinaisons de grisaille et de sujets en couleurs (Châlons-sur-Marne, Saint-Père de Chartres, Saint-Urbain de Troyes). On cherche alors des effets dans le clair-obscur, les ombres, les reflets; les tètes sont étudiées avec soin et les draperies ont plus de souplesse. Au xive siècle, la découverte du jaune d'argent, qui permet d'apposer un ton jaune brillant sur une feuille incolore, pousse au développement des encadrements archilectoniques : arcatures, baldaquins, pinacles, gables, contreforts. Le procédé du placage des verres conduit à des colorations nouvelles; les verriers renversent la donnée harmonique acceptée jusque-là en détachant leurs figures en vigueur sur des fonds plus clairs : d'où des effets de tableaux. Leurs verrières sont, du reste, d'un grand éclat et gardent une haute tenue (Saint-Ouen de Rouen, Saint-Nazaire de Carcassonne, cathédrale de Beauvais . Dans les compositions légendaires, les traits de mœurs deviennent plus 'nombreux et significatifs (vitraux de corporations de la cathédrale de Chartres .

Au xv° siècle, les encadrements archilectoniques se chargent de détails; les personnages se revêtent d'étoffes chamarrées, brodées, traitées avec une habileté surprenante (vitraux donnés par l'évêque Jean Michel à la cathédrale d'Angers; vitraux du temps de Jean de Berry à la

cathédrale de Bourges et à la Sainte-Chapelle de Biom; vitraux à portraits des cathédrales d'Évreux, du Mans, de Tours, etc.). On triple et on quadruple les verres pour multiplier les nuances et l'on fait un croissant emploi des émaux.

Les tapisseries. — Les tapisseries devinrent, aux xin" et xive siècles, les principaux ornements de toutes les grandes fêtes

royales et seigneuriales, etauxeompositions religieuses qui avaient prédominé jusqu'alors s'ajouta l'élément profane; le dessin se rapprocha de la nature, et les teintes atténuées firent place aux tons éclatants. Les manufactures flamandes prirent un très grand développement, et les tapisseries d'Arias eurent au xve siècle une telle renommée que l'on donna en Italie le nom d'arazzi à tous les ouvrages de ce genre provenant des ateliers du Nord.

L'église de La Chaise-Dieu (Haute- Loire) possède une magnifique suite de tapisseries fabriquées à Arras sur les cartons du Florentin Taddeo Gaddi, et les arazzi exécutés pour le Vatican sur les cartons de Raphaël sont justement célèbres.

En même temps s'ouvrent les ateliers d'Aubusson et de Felletin, et c'est à eux que l'on doit sans doute la tapisserie en six pièces consacrée à retracer l'histoire de la Dame à la licorne (Musée de Cluny .

Les danses macabres. — L'art religieux de la fin du moyen âge est moins vaste, moins encyclopédique que celui du xuic siècle, mais il a toujours sa source d'inspiration dans la pensée chrétienne; il continue de retracer l'histoire du christianisme et à constituer un enseignement moral. A ce dernier point de vue, il se préoccupe de la destinée humaine, incite les fidèles à réfléchir sur les vertus et les vices et surtout met sous leurs yeux l'image de la mort. « Vers la fin du xivc siècle, on s'aperçoit qu'on est entré dans un monde nouveau. Les artistes ont une autre âme, moins haute, moins sereine, plus prompte à s'émouvoir; l'enseignement de Jésus-Christ les touche moins que ses souffrances; l'art, pour la première fuis, exprime la douleur. C'est à peu près au même moment qu'il s'essaye à représenter la mort. On pourrait presque dire qu'un nouveau moyen âge commence vers la fin du règne de Charles V. Les franciscains et les dominicains, en parlant sans cesse à la sensibilité, finirent par transformer le tempérament chrétien; ce sont eux qui ont fait pleurer toute l'Europe sur les plaies de Jésus-Christ, et ce sont eux aussi qui ont commencé à épouvanter les foules en leur parlant de la mort (1). » A leur suite, pour donner plus de force à

La Dame à la licorne (Fragment d'une tapisserie du musée de Cluny).

(1) Emile Mâle, L'Art religieux de la fin du moyen âge en France (1908), p. 383.

1 Henri Bouchot, Les Primitifs français (1904), p. 301.

Danse macabre (Fresque de 1 église de l.a Cliaisc-bieu).

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leur enseignement, les artistes, à côté de la représentation des vices et des vertus, placèrent l'image du « cadavre qui sort du tombeau pour nous enseigner non pas le néant, mais le sérieux de la vie» (1). Et la représentation de la mort prit une forme particulière désignée sous le nom de danse macul/rc.

Les* danses macabres ou danses des morts sont des mimodrames où toutes les conditions humaines, depuis le pape, l'empereur et la grande dame jusqu'au dernier mendiant, entrent tour à tour, bon gré mal gré, dans une danse dont la mort est le coryphée. Emile Mâle voit la forme la plus ancienne de la danse macabre dans le Bit des truis morts et des trois vifs, cette légende célèbre où trois morts se dressent subitement devant trois jeunes seigneurs pour leur rappeler que tous les humains sont égaux dans l'autre vie et qu'il n'est tenu compte à l'heure suprême que des bonnes actions. Mais la mort ne fait ici que conseiller l'homme en vue de son amendement, tandis que la danse macabre est impitoyable et terrifiante (2).

Les plus anciennes de ces lugubres sarabandes remontent au xive siècle; elles sont contemporaines des jours les plus malheureux du moyen âge et se multiplient pendant les épidémies, pendant la grande guerre anglaise, alors que tout était misère et désespoir. Elles furent d'abord l'objet de représentations plastiques; des personnages les exécutèrent avant qu'elles fussent peintes, sculptées et enfin gravées ; elles eurent le caractère de véritables tableaux vivants destinés à appuyer les prédications des moines. La Mort y joue le rôle d'une Némésis qui entraine les humains dans les tournoiements de sa danse infernale et ne répond à leurs lamentables prières que par les éclats d'un rire ironique et cruel.

Consacrée par le catholicisme, la danse macabre s'étalait généralement dans les chapelles et dans les églises. Les cimetières la recevaient tout naturellement sur les murs du cloître qui les ceignait, comme un ornement approprié et séant. Aussi bien la peinture et la sculpture sacrées formaient la plus large part de l'enseignement religieux au moyen âge. Les livres étaient rares, plus rares encore ceux qui savaient y lire. Les bonnes gens regardaient les peintures, devinaient les légendes et s'édifiaient ainsi. Écoutez plutôt la vieille mère de maître Villon :

Femme je suis pourette et ancienne,

Qui rien ne scay, oneques lettres ne leuz.

Au moustier voy — dont suis paroissienne —

Paradis painct où tout harpes et luz,

Et un enfer où damnés sont bouillus.

L'ung me fait paour, l'autre joye et liesse.

De la même manière le lugubre défilé des morts devait inspirer aux gens de toute condition et de tout âge le détachement des choses terrestres et la terreur de l'enfer.

Les plus célèbres danses françaises sont celles du cimetière des Innocents à Paris xiv° siècle), la plus ancienne de l'Europe et qui fut gravée par Guyot Marchand; du cloître de la Sainte-Chapelle à Dijon (1436 ; de La Chaise-Dieu (xve siècle); du cimetière Saint- Maclou à Rouen (en sculpture, 4526-1529).

La musique. - Au xive et au xvp siècle, l'école franco-flamande des contrapuntistes pose les fondements de l'art moderne et enseigne la pratique aux Allemands et aux Italiens; elle commence a faire de la musique un art indépendant. Philippe de Vitry et Jean de Mûris sont parmi les plus célèbres théoriciens. Les compositeurs Guillaume de Machault, Jehannot de Lescurel, Guillaume Dufay pour le xive siècle; Gilles Binchois, Brassait, Vincent Fauques, Jean Ockheghem pour le commencement du xve) joignent à la science du contrepoint le sentiment du rythme et de la mélodie déjà régulièrement coordonnée.

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages à consulter : Roichot (H.), L'Exposition des Primitifs français ; La Peinture en France sous les Valois (1904 ; — Les Primitifs français, l:".i-J- 1500 I'.hi'i . — Courajod I.. . Leçons ■professées à l'École du Louvre, 1887- 1896, publ. par H. Lemonnier et A. Michel 1899-1903, :i vol.,. — Durrieu (P.), Les Antiquités judaïques et le peintre Jean FouqueL 1908 : — Le Boccace de -Munie!] '1909).— Lafenestre '). , L'Exposition des Primitifs français (1904 : — Jehan Fouquet 1905 . — Lecoï de la Marché (A.), Le lioi René, sa vie, son administration, ses travaux artistiques et littéraires L875, 2 vol. . — Mâle E. , L'Art religieux de la fin du moyen âge eu France I908)i — Tremblaye 1'- P. de La), Solesmes, les sculptures de l'église abbatiale, 1490-1553 Solesmes, tx'j^ . — Vachon M. . Une famille parisienne d'architectes maistres maçons; les Chambiges 1907). — Vitry P.), Michel Colombe ri ta sent/, lare française de son temps 1901).

LES SCIENCES

Astronomie, alchimie, chirurgie, pharmacie, hygiène. —

Le seul savant de cette période auquel on puisse reconnaître quelque originalité dans le domaine de l'astronomie est, après Gerbert, le moine Pierre d'Ailly qui eut des idées nettes sur plusieurs phénomènes célestes et qui, à la suite de Roger Bacon, préconisa la réforme du calendrier.

Le plus renommé des alchimistes, le « maistre escrivain et imagier » parisien Nicolas Elamel (xive siècle), passait pour avoir trouvé la pierre philosophale ainsi que le grand œuvre, et il acquit la richesse dans la pratique d'un art où s'étaient ruinés tant de ses devanciers.

Les procédés chirurgicaux d'alors étaient médiocres; on lavait par exemple les plaies avec du vin chaud. L'Auvergnat Guy de Chauliac (milieu du xive siècle) comprit l'importance de l'anatomie, et son Cliirargix tractatus fut pendant longtemps le vade-mecuin des chirurgiens, qui l'appelaient leur « guidon », par analogie avec le nom de l'auteur. En France, on disséqua pour la première fois, sous Charles VI, le corps d'un criminel. Sous Louis XI, l'extraction de la pierre fut faite sur un condamné.

Les apothicaires formaient une corporation placée sous le contrôle de la Faculté de médecine; ils habitaient « sur le très célèbre Petit-Pont ou aux alentours, ainsi que dans la plupart des autres endroits fréquentés, et ils étalaient avec complaisance de beaux vases contenant les remèdes les plus recherchés » (1). Drogues et aromates venaient principalement de l'Orient et, transportés par les vaisseaux vénitiens, étaient dirigés ensuite sur Paris ou Avignon pour y être combinés selon des formules plus ou moins compliquées, parfois avec des substances repoussantes. On reconnaissait au roi le pouvoir de débarrasser ses sujets des écrouelles et à différents saints celui de guérir de la folie (saint Malhurin), delà gangrène (saint Antoine), de la peste (saint Roch), de la lièvre (sainte Pétronille), etc.

Quant à l'hygiène, personne n'en possédait la moindre notion, ou plutôt les pratiques recommandées étaient tout le contraire de l'hygiène. Aussi les épidémies les plus terribles se multiplièrentelles durant tout le moyen âge : petite vérole, peste, « mal des ardents » (qui avait tous les caractères de l'ergotisme gangreneux), lèpre (rapportée par les croisés), peste noire du xmc siècle, coqueluche de 1414 qui fit périr de nombreux vieillards.

Les grandes découvertes géographiques. — L'usage de la boussole permit les longs voyages. Les Français ne furent pas les derniers à en profiter; et, si l'on est mal renseigné sur les premières navigations à la côte d'Afrique, on connaît par le détail l'expédition de Jean de Béthencourt aux Canaries (début du xve siècle).

L'histoire des grandes découvertes géographiques de la lin du xve siècle appartient à l'histoire générale et, la France n'y ayant eu aucune part, nous n'avons pas a les exposer ici. Nous nous bornerons à rappeler la découverte parles Portugais en i486 du cap de Bonne-Espérance, doublé par Vasco de Gama en 1497, et la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb le 14 octobre 1492.

Les Islandais avaient déjà visité- le Groenland et une partie des côtes orientales de l'Amérique du Nord. Mais la gloire de Colomb est d'avoir trouvé la route la plus courte entre l'Europe et l'Amérique, d'avoir le premier traversé l'Atlantique, d'avoir facilité les relations internationales.

Désormais, l'Europe, dont le commerce était essentiellement méditerranéen, se trouve en communication suivie avec l'Asie d'une part, l'Amérique de l'autre, et de nouveaux peuples entrent dans la société- civilisée. La sphère de nos connaissances s'agrandissànt, des établissements coloniaux vont se fonder outre mer. Des voies nouvelles sont ouvertes au trafic international, notamment au commerce des métaux précieux et des épices, et la richesse mobilière devient un élément de la vie universelle, dont les conditions se trouvent modifiées. De nouvelles industries développent le commerce maritime, font affluer en Europe des produits de (ouïe sorte et accroissent les commodités de la vie. La bourgeoisie, qui est seule à faire le commerce et qui a déjà acquis l'influence politique, devient une puissance économique en même temps qu'un facteur social considérable!

L'imprimerie. — L'imprimerie fut établie à Paris dans l'atelier de la Soi lionne, que constituèrent Jean de la Pierre, ancien recteur

1 Emile .Mali . ouvrage cité, p. 37î. — ! ± hl., pp. 383 et suiv.

(1) Jean de I andun, Traité des louanges de Paris, cité parE. Nicaise dans son édition de la Chirurgie de Chauliac.

de l'Université de Paris, originaire de Stein (d'où son nom), dans le grand-duché de Bade, et le prieur Guillaume Fichet, professeur de belles-lettres et de rhétorique, tous deux grands amis des livres et désireux de fournir par ce moyen aux étudiants des copies moins défectueuses que celles des scribes. La Pierre fit venir d'Allemagne, pour le seconder, Michel Friburger, de Colmar, comme lui ancien élève de l'université de Bâle, et deux ouvriers : Ulrich Gering, de Constance, et Martin Grantz, de Stein, qui arrivèrent à Paris au commencement de 1470. Leur premier travail consista dans la gravure et la fonte des caractères d'après les modèles de Sweynheim et Pannartz, de Rome; ils s'occupèrent ensuite des casses et de la presse. Enfin, dans l'été de 1470, leur premier livre vit le jour : c'étaient les Gasparini Epistolse de Gasparino Barizzi, de Bergame, en un petit in-quarto, sans chiffres, réclames ni signatures, avec bordures en couleurs des enlumineurs de la Sorbonne. En 1476, un libraire parisien, Pasquier Bonhomme, imprima dans la capitale pour la première fois un livre en français : les Grandes Chroniques de France. Une ère nouvelle s'ouvrit pour la typographie lorsque Jean du Pré introduisit la gravure dans les livres (1481). L'éditeur populaire par excellence est Jean Tréperel, de Paris, dont les presses sont en pleine activité de 1492 à 1500, mais, dans la seconde moitié du xve siècle, on constate l'existence d'ateliers typographiques à Valenciennes, Abbeville, Rouen, Nantes, Poitiers, Lyon, Avignon, etc.

La découverte de l'imprimerie aida puissamment à la diffusion des lumières. Jusqu'alors il n'y avait pas eu de livres tirés, comme aujourd'hui, au moyen d'une presse,

à un nombre infini d'exemplaires. Les manuscrits coûtaient très cher, parce qu'il fallait beaucoup de temps pour les écrire et pour les orner de ces admirables miniatures qui font encore aujourd'hui les délices des hommes de goût; seuls, les gens très riches pouvaient s'en procurer. Dès lors, on put multiplier les livres, répandre les connaissances, faire profiter les pauvres comme les riches des chefsd'œuvre de l'esprit humain.

La découverte de Gutenberg n'aurait pu se propager facilement si l'imprimerie n'avait eu à sa disposition que le parchemin, qui était d'un prix très élevé. Mais, dès le commencement du xivc siècle, l'usage s'était généralisé dans toutes les classes de la société de porter du linge de corps, des chemises, et l'on avait pu fabriquer du papier de chiffe, beaucoup moins coûteux que le parchemin.

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages à consulter : Christian (A.), Origines île l'imprimerie en Franc 1:1011 ; — Débuts de l'imprimerie en France 1905 , où sont résumés le- grands travaux du libraire À. Claudin. — Champion P.), Les plus anciens monuments de la typographie parisienne (190'i)t. — Mellottée (P.), Histoire économique de l'imprimerie, t. Ier (1905).

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