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X. — LA FIN DU MOYEN AGE

L'année même de la bataille de Castillon (1453), les Turcs s'emparaient de Constantinople. L'empire byzantin, qui s'était maintenu jusqu'alors à travers des vicissitudes diverses, tombait au pouvoir de Mahomet Il : le croissant remplaçait la croix sur les rives du Bosphore et la dernière survivance de Rome disparaissait de l'Europe orientale.

On considère celte date de 1453 comme marquant la fin du moyen âge et le début des temps modernes; mais la ligne de démarcation qu'on a ainsi tracée, sans être absolument arbitraire, n'a rien d'inflexible. Le moyen âge politique se termine lorsque la féodalité n'est plus capable de faire échec au pouvoir royal, lorsque les rois, maîtres dans leurs États, n'ayant plus à lutter contre leurs vassaux, se disputent entre eux la domination de l'Europe. A ce point de vue, le moyen âge s'achève en France à la mort de Louis XI, c'est-à-dire une trentaine d'années après la chute de Constantinople.

D'autre part, les découvertes qui devaient changer la face de la civilisation ne se sont pas produites simultanément : les premiers canons datent du xiv' siècle, l'imprimerie du xve, et l'Amérique ne fut découverte qu'en 1492.

Considérons donc la date de 1453 comme purement conventionnelle : l'humanité évolue sans cesse, et les institutions d'une période sont si bien en germe dans celles de la période précédente qu'il serait puéril de vouloir démêler, dans l'enchevêtrement des laits, où finit précisément l'une et où l'autre commence.

Le régime féodal n'avait été autre chose que le partage du pouvoir entre les seigneurs. Les efforts des Capétiens tendirent à enlever à ces derniers leurs privilèges et à gouverner non seulement le domaine royal, mais toute la France. Cette œuvre de reconstitution et d'unité, que nous avons exposée, était déjà fort avancée sous saint Louis et sous Philippe le Bel. La guerre de Cent ans la mit en danger, mais la royauté sortit fortifiée et assagie de cette ciise formidable. Louis XI triompha des dernières résistances des grands vassaux, et après lui, malgré quelques rébellions vouées à l'impuissance, s'ouvre l'ère de la monarchie centralisée qui, tempérée d'abord par le fonctionnement des Etats généraux et le Parlement, deviendra bientôt la monarchie absolue.

Au morcellement féodal succèdent des Etats centralisés qui ne s'uniront plus dans la foi comme au temps îles croisades, niais dont les chefs se feront des guerres dynastiques. Bien que le catholicisme romain soit encore la religion universelle, la papauté n'exerce plus sur les affaires temporelles une action décisive, et une civilisation laïque se développe à côté de la civilisation chrétienne. I.a bourgeoisie prend, dans la vie sociale, une place de plus en plus considérable au détriment de la noblesse, et c'est à elle que bénéficient les transformations économiques provoquées par les découvertes maritimes. Bientôt l'imprimerie, par la diffusion des idées, va favoriser le développement de l'humanisme et de la Réforme.

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