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Carie des États de Charles Quint.
Le camp du Drap d'or (Bas-relief de l'hôtel du Bourgtheroulde, à Rouen).
des marques du caractère français. Il y a entre les deux rivaux toute la différence qui distingue la droiture de la dissimulation, la spontanéité du calcul, la générosité de l'intérêt, la fierté simple de l'orgueil dédaigneux.
Rivalité des maisons de France et d'Autriche. Le camp du Drap d'or (1520). — Les deux compétiteurs s'étaient juré de rester amis, quel que fût le résultat de l'élection. En réalité, tous deux n'attendaient qu'un prétexte pour se mesurer. Aux guerres d'Italie allait succéder la longue rivalité des maisons de France et d'Autriche.
François Ier et Charles Quint se trouvaient amenés à la guerre d'abord par leur ressentiment, puis par l'opposition de leurs intérêts territoriaux. Sur la frontière de France, Cliarles revendiquait la partie de l'héritage bourguignon annexée par Louis XI, et François réclamait la restitution de la Navarre. Au delà des Alpes, Charles voulait expulser les Français de la Lombardie, et François prétendait déposséder son rival de l'Italie méridionale.
Avant la rupture, tous deux recherchèrent l'utile amitié du roi d'Angleterre Henri VIII, qui possédait toujours Calais, et du pape Léon X, qui disposait de l'Italie centrale. Charles Quint gagna Léon X en lui promettant Parme et Plaisance.
François Ier jugeant la lutte imminente, ulcéré d'ailleurs par l'humiliation de son insuccès, prépara une alliance avec le roi d'Angleterre et se rencontra avec lui entre Guines et Ardres 1 1520). On appela camp du Drap d'or celte entrevue, où les deux monarques rivalisèrent de luxe et de folle magnificence. La tente du roi de France était, en effet, de drap d'or et surmontée d'un saint Michel en or creux.
Les seigneurs, comme le monarque, avaient mis leur orgueil à étaler un luxe ruineux, ce qui fit dire à Du Bellay que beaucoup « portèrent leurs moulins, leurs forêts et leurs sur leurs épaules ». Les
Henri VIII, par IIoluei.n' (Galerie Corsini, à Rome).
deux souverains se rencontrèrent le 7 juin et signèrent un nouveau traité d'alliance, puis ce ne furent, pendant trois semaines, que bals, festins et joutes.
François Ier n'obtint pas de cette pompeuse démonstration le résultat qu'il en attendait. Pendant qu'il épuisait la France pour éblouir un allié douteux, Charles Quint gagnait le ministre anglais Wolsley en lui promettant de faciliter son élection au trône pontifical, allait au-devant de Henri VIII à Gravelines, le flattait habilement et s'assurait l'appui de l'Angleterre. Henri VIII, qui avait pris celte devise : « Qui je défends est maître, » et devait appuyer tour à tour les deux rivaux, selon l'intérêt du moment, se déclara cette fois pour l'empereur.
La rivalité de Charles Quint et de François Ier n'était pas seulement la lutte de deux hommes :
elle était l'antagonisme de deux principes. L'un représentait le passé, l'autre l'avenir de l'Europe. En défendant la chrétienté contre les Turcs, la foi catholique contre les réformes, l'Empire germanique contre la France, le premier tentait de réaliser, par la monarchie universelle, cette unité morale et politique de l'Europe qu'avait poursuivie le moyen âge ; en luttant désespérément pour l'indépendance de ses États, menacés par le voisinage immédiat des possessions impériales autant que par les visées politiques de l'empereur, le second fit triompher le droit des peuples à vivre en nations, et jeta les premières bases de l'équilibre européen : de là l'étrangelé apparente de ses alliances et ses appels aux Turcs ou aux protestants allemands.
Première guerre (1520- 1526). — Siège de Mézières (1521). — La guerre eut lieu à la fois dans le nord de la France, aux Pyrénées et en Italie.
Au nord, Charles Quint, repoussant du Luxembourg le duc de Bouillon qui l'avait envahi, vint mettre le siège devant Mézières. François IDr, à la nouvelle de cette irruption, assembla son
LES GUERRES D'ITALIE
LA RENAISSANCE EN FRANCE
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Le camp du Drap d'or (Bas-relief de l'hôtel du Bourgtheroulde, à Rouen).
Bayart, par Giorgio. ne (Palais Spinola, Gênes).
Léon X, par Raphaël (Galerie Pitti, Florence)
conseil, où prévalut l'idée qu'il fallait brûler Mézières, qui aurait d'abord à soutenir le choc des Impériaux, et saccager les environs pour affamer l'ennemi. Bayart combattit cette résolution. « Sire, dit-il, il n'y a point de place faible là où il y. a des gens de bien pour la défendre. J'irai moi-même m'enfermer dans Mézières, et je vous en rendrai compte. » On écouta le chevalier et l'élite de la noblesse se disputa l'honneur de le suivre.
L'armée impériale s'approcha de deux côtés à la fois : en deçà de la Meuse, sous les ordres du général Sickingen; au delà, sous ceux du comte de Nassau. Dès le lendemain, Bayart fut sommé de se rendre : « Dites à ceux qui vous envoient, répondit le chevalier au parlementaire, qu'avant que j'abandonne une place que le roi, mon maître, a bien voulu confier à ma foi, j'aurai fait des corps de ses ennemis entassés le seul pont par où il me soit permis d'en sortir. »
Les généraux de Charles Quint crurent à une bravade et ouvrirent un feu terrible sur la ville. Bayart usa de ruse. Il chargea un paysan d'alb-r à Sedan pour remettre à La Marck, capitaine français, une lettre où, supposant que le comte de Nassau songeait à passer au service de François Ier, il lui disait de presser le général ennemi d'accourir; « douze mille Suisses, disait-il, et huit cents hommes d'armes doivent coucher ce soir à trois lieues d'ici, et au point du jour fondronl sur Nassau ». Comme Bayart s'y attendait, le paysan fut pris et la lettre n-mise à Sickingen qui plia bagage, ne voulant pas ajouter foi aux protestations du comte (1521).
Échec aux Pyrénées et en Italie. Défaite de la Bicoque (1522). — Aux Pyrénées, les Français, commandés par Lesparre, envahirent
la Navarre, prirent Pampelune et cherchèrent à soulever les communes de Castille. Ils furent vaincus et expulsés.
En Italie, le pape Léon X, malgré les promesses qu'il avait faites au roi de France, venait de signer un traité secret avec l'empereur, dans le but de chasser les Français de Gènes et de Milan. Le maréchal de Lautrec, gouverneur du Milanais pour François Ier, était peu propre à déjouer ces complots, dont son impopularité préparait le succès dans un pays qu'il avait administré despotiquement et accablé d'exactions. Dans les premiers jours de mars Url'2, il marcha de Crémone sur Milan, où les généraux de l'empereur, Prosper Colonna et le marquis de Pescaire, s'étaient enfermés avec une armée; ceux-ci avaient pour eux l'appui et la sympathie des habitants, effrayés par avance des représailles de Lautrec. Le maréchal, ayant reconnu la difficulté de chasser les Impériaux de la ville par un assaut, résolut de les y affamer. Sur ces entrefaites, il fut rejoint par son frère Lescun, Bayart et Pedro Navarro; mais, en même temps, le jeune duc Francesco Sforza, venu du Tyrol avec des lansquenets, réussissait à ravitailler la place. Le duc et Prosper Colonna s'établirent alors près de Milan à la Bicoque, vaste villa boisée, d'une défense facile. Lautrec conçut néanmoins le projet de les en déloger; mais son armée comptait plusieurs régiments suisses, et ces mercenaires, scrupuleux à remplir leurs engagements, exigeaient en ce qui les concernait une semblable ponctualité; ils demandèrent donc impérieusement argent, congé ou bataille, et Lautrec dut, malgré lui, donner le signal de l'attaque.
Thomas de Foix, maréchal de Lescun, d'après Jean Clou et.
Odct de Foix, seigneur de Lautrec, d'après Jean Cl ou et.
Italie septentrionale sous François I" et Henri II (1515-1559).
Lescun et l'élite des gens d'armes s'emparèrent bien d'un pelit pont qui conduisait dans les jardins de la Bicoque; malheureusement, les Suisses ne purent forcer les retranchements et ne réussirent qu'à se faire décimer par la mitraille. Ils reculèrent, puis refusèrent de revenir à la charge. Lescun dut se replier et Lautrec fit sonner la retraite (29 avril 1522). Deux jours après, les mercenaires rejoignirent leurs cantons, abandonnant les Français (1).
Trahison du connétable de Bourbon. — Charles, neuvième duc de Bourbon, comte de Montpensier et de la Marche, si célèbre sous le nom de connétable de Bourbon, était né en 1490. Il avait réuni successivement, par la mort de son frère aîné, puis par son mariage avec sa cousine Suzanne de Bourbon, fille d'Anne de Beaujeu, les immenses domaines des deux branchesde la maison de Bourbon, le Bourbonnais, la moitié de l'Auvergne, la Marche, le Beaujolais, etc. Il avait fait si's premières armes .1 côté de Bayait, lors de la révolte des Génois 1507 . décidé par son intrépidité h oide e1 réfléchie
(1) Le trésorier Semblançay fut
de D'avoir pas envoyé à
Lautrec l'argent destiné à payer la
solde des Suisses. — Voir, sur celte
cause célèbre, p. 338.
Le connétable de Bourbon (Écolo des Clouet).
de la victoire d'Agnadel, sauvé la Bourgogne ouverte aux Suisses par les revers de La Trémoïlle à Novare (1513). L'épée de connétable avait récompensé ses services, qu'il avait continués à Marignan (1515), où il combattit avec une furie de bravoure qui faillit dix fois lui coûter la vie et lui valut d'être nommé gouverneur de Milan et de la Lombardie. Bientôt, cependant, des nuages ne tardèrent pas à s'élever entre François Ier et le connétable. On a prétendu aussi que, Suzanne étant morte en 1521 et Louise de Savoie ayant voulu épouser Bourbon, celui-ci dédaigna les ouvertures de la reine mère qui, froissée, n'aurait rien épargné pour irriter son fils contre le connétable, mais rien n'est moins sûr. Quoi qu'il en soit, les mauvaises dispositions du roi pour Bourbon ne firent que s'accentuer, et de maladroites tracasseries de cour furent le prélude de persécutions contre un prince qui possédait les plus grands fiefs du royaume, dont la maison se composait de cinq cents gentilshommes, et qui avait une influence prépondérante. « Si j'avais un pareil sujet, avait dit Henri VIII à François Ier, après le camp du Drap d'or, je ne lui laisserais pas longtemps la tête sur les épaules. » Le conflit devint aigu lorsque Louise de Savoie, à l'instigation du chancelier Duprat, réclama devant le Parlement les fiefs féminins de l'héritage de Suzanne de Bourbon.
Exaspéré par ce procès, le connétable de Bourbon, qui du vivant môme de sa femme entretenait avec Charles Quinl des négociations louches, oublia tout à l'ait ses devoirs envers le roi, c'est-à-dire envers son pays. Habilement circonvenu par Henri VIII et Charles Quint, pressé par le comte do Saint-Vallier, il prêta l'oreille aux propositions secrètes de Charles Quint, lui olfrit son épée pour l'invasion et le démembrement do la France et signa avec lui, le 15 juillet 1523, le traité' de Montbrison : il épouserait la sœur do l'empereur, Éléonore, et l'ancien royaume d'Arles serait reconstitué à son profit. Mais au moment de se joindre aux troupes de l'empereur, qui envahis-
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LA RENAISSANCE EN FRANCE
saient lu Franche-Comté pendant que les Anglais se préparaient à occuper la Normandie, Charles, soupçonné depuis longtemps et enfin poursuivi, se jeta en fugitif dans les rangs ennemis, au lieu d'y paraître en général et en prince (1S23), Nommé lieutenant général par l'empereur, il passa en Italie, où une ligue formidable avait groupé contre la France l'empereur, le roi d'Angleterre, le duc de Milan et l'ancien précepteur de Charles Quint, qui venait de ceindre la tiare sous le nom d'Adrien VI.
Bataille de Rebec (1524). Mort de Bayart. — François Ier envoya une nouvelle armée en Italie sous le commandement de l'amiral Bonnivet, aussi présompteux qu'incapable. Chargé de reprendre le Milanais, il assiégea les Impériaux dans Milan.
Son camp était établi à Abbiete- Crasso. Il détacha Bayart à Bebec, sur la rive gauche du ïessin, avec deux cents hommes d'armes et quelques gens à pied.
Les ennemis résolurent de venir l'y attaquer, parce que la position était mal défendue et parce qu'ils étaient beaucoup plus nombreux. Ils partirent de nuit, au nombre de 6000 hommes de pied et de 50 hommes d'armes. Bayart réussit à leur échapper et à rejoindre le gros de l'armée; mais Bonnivet, jugeant sa position de plus en plus dangereuse, recula jusqu'à Novare, puis jusqu'à Bomagnano, sur la Sesia, qu'il dut même franchir, sans cesse poursuivi par Bourbon, Pescaire et le duc d'Urbin. Blessé grièvement, il laissa le commandement de l'armée au comte de Saint-Pol et à Bayart. Le chevalier se mit à l'arrière-garde pour couvrir la retraite, mais il fut blessé d'un coup d'arquebuse dont la pierre le frappa au travers des reins. Il se fit coucher sous un arbre, le visage tourné vers les Impériaux : « Je n'ai jamais tourné le dos à l'ennemi, dit-il, je ne veux pas commencer à la fin de ma vie. » Comme les Espagnols approchaient, il ordonna à ceux qui l'entouraient de rejoindre l'armée pour ne pas être faits prisonniers, et il attendit la mort les yeux fixés sur la poignée de son épée, qui avait la garde en croix. Bourbon, qui poursuivait les Français, l'aperçut et le plaignit de mourir dans des souffrances aussi cruelles. « Je ne suis point à plaindre, monseigneur, répondit Bayart, car je meurs en homme de bien. C'est de vous qu'il faut avoir pitié, vous qui portez les armes contre votre roi, contre votre patrie et contre vos serments. » Et il expira presque aussitôt (1524).
Il s'était fait admirer pour son héroïsme, mais aussi pour ses qualités de cœur et sa bonté pour ses compagnons d'armes. Il ne se vantait jamais de ses actions d'éclat, mais il louait toujours celles de ses amis et de ses hommes d'armes. Pauvre, il secourait volontiers et discrètement les gentilshommes dans le besoin. « J'estime autant, disait-il, un gentilhomme qui n'a que cent francs de rente, s'il est honnête, qu'un prince qui en a cent mille. Les biens n'anoblissent point le cœur. » Quand il se trouvait en pays conquis, il défendait à ses troupes de piller et de vivre aux dépens du peuple, comme c'était l'usage de son temps.
Invasion de la Provence. Siège de Marseille (1524). — Après leur victoire de Rebec, les Impériaux entrèrent en France. L'avis de Bourbon était que, sans s'arrêter à assiéger les villes frontières, on pénétrât jusqu'à Lyon, se flattant qu'il sciait reçu à bras ouverts dans ses domaines du Forez, du Beaujolais, du Bourbonnais et de l'Auvergne; la noblesse lui faciliterait la conquête du reste de la France méridionale, et les Anglo-Flamands soumettraient les provincesdu nord. L'empereur se délia du traître, qui pouvait faire sa paix particulière avec François I"r et abandonner l'armée d'invasion, et d'autre paît il voulait prendre Marseille pour avoir une porte en
François I", par François Clodet (Galerie des Offices, Florence).
Provence comme le roi d'Angleterre en avait une en Picardie. Le 1 juillet 1524, 20000 hommes franchirent le Var, pendant qu'une flotte de seize galères, longeant le littoral, assurait le transport des vivres et de l'artillerie. Bourbon, qui les commandait avec Pescaire, considérait la prise de Marseille comme une opération facile. « Trois coups de canon, disait-il, amèneront ces timides
bourgeois à nos pieds, les clefs à la main et la corde au col. »
Mais les habitants et la garnison ne l'entendaient pas ainsi; ils fortifièrent la place, et les femmes elles-mêmes, bravant la fatigue, pratiquèrent des contre-mines qu'on appela la tranchée des dames.
Le siège commença le 19 août.
Un jour que Pescaire entendait la messe dans sa tente, un boulet de canon tua le prêtre et deux gentilshommes. Bourbon accourt au bruit et s'informe.
« Ce sont, lui répond le marquis, ces timides bourgeois qui viennent à vos pieds la corde au col et les clefs à la main. » A l'approche du roi de France, Bourbon poussa avec vigueur les travaux d'approche ; mais, entre la brèche et le rempart, la tranchée des dames opposait aux Impériaux un obstacle redoutable.
Pescaire réunit ses officiers.
« Messieurs, leur dit-il, ceux qui sont pressés d'aller en paradis peuvent rester à ce siège; pour moi, qui n'ai point envie d'y aller sitôt, je pars. Croyez-moi, messieurs, retournons en Italie. » Les Espagnols opérèrent effectivement leur retraite et Bourbon resta seul avec ses Impériaux, qui ne tardèrent pas à déguerpir. Le siège fut levé le 28 septembre.
Bataille de Pavie (1525). — La résistance de Marseille avait donné à François Ier le temps d'accourir avec une armée. Il franchit les Alpes et s'avança dans le Milanais à la tête de 40 000 hommes. Au lieu d'en finir avec les débris des troupes impériales retirés sur l'Adda, il suivit les conseils de Bonnivet et de Philippe de Chabot et entreprit le siège de Pavie, ville bien fortifiée qui avait pour commandant Antonio de Leyva. Il permit ainsi aux forces ennemies de se reconstituer et de se renforcer de 12 000 Allemands.il commit une seconde faute en détachant de son armée 10 000 hommes qu'il envoya faire la conquête du royaume de Naples. En apprenant que Lannoy, vice-roi de Naples pour Charles Quint, marchait au secours de Pavie avec Pescaire et Bourbon, le roi assembla son conseil; ses plus sages capitaines lui conseillaient de lever le siège et de se porter au-devant de Lannoy. « Sire, lui dit La Trémoïlle, le véritable honneur à la guerre est de réussir. Jamais on ne peut justifier une défaite par un combat. Vous risquez ici votre armée, votre personne, votre royaume et vous ne risquez rien par la levée du siège. >• François Ier resta sourd à tous les avis; il n'écouta que le présomptueux Bonnivet, qui lui promit de prendre Pavie.
Lannoy, dont les forces étaient à peu près égales à celles des Français, les attaqua résolument dans la nuit du 24 au 25 février. Il fondit d'abord sur l'arrière-garde, établie dans le château et le paie de Mirabello, et commandée par le duc d'Alençon, beau-frère du roi : il espéra il l'écraser si elle n'était pas secourue; dans le cas contraire, il faisait perdre à François Ier l'avantage de sa position fortifiée. L'artillerie de Galiot de Genouillac causa des ravages ell'royables dans les troupes impériales, et l'infanterie espagnole se débanda rapidement pour se mettre à couvert dans un chemin creux. Mais le roi, croyant à la victoire, se mit à la poursuite de l'ennemi et changea en désastre une victoire presque certaine, car elle le jeta entre les Impériaux et l'artillerie française, qui se trouva ainsi réduite au silence. Toul change de lace en un instant : les Impériaux, reprenant l'offensive, écrasenl l'aile droite et les lansquenets La Palice,
François de Lorraine, Suffolk), puis l'aile gauche, désorganisée d'ailleurs par la fuite du duc d'Alençon, surtout par la retraite des Suisses; le centre, éprouvé déjà par les arquebusiers espagnols, va succomber sous le nombre, malgré une charge héroïque de François Ier. Lannoy tombe sur le corps du roi ; la gendarmerie française, déconcertée par une manœuvre de 3 000 Basques, est complètement défaite et presque détruite.
Cependant le roi, enveloppé de toutes parts, se défend de son épée. François de Lorraine et Richard de la Pôle, dernier héritier de la maison de Suffolk, accourent à la tête de quelques compagnies de lansquenets pour le dégager, mais ils sont tués presque aussitôt et leurs soldats prennent la fuite. En ce moment, le carnage est épouvantable autour du roi : les Espagnols ne veulent pas lâcher cette magnifique proie, et les gentilshommes français font des efforts surhumains pour la leur arracher. François Ier combat avec furie et en impose aux plus fiers Espagnols, dont plusieurs sont déjà tombés sous ses coups, lorsque son cheval s'abat. Les ennemis se précipitent pour
PLAN DE la BATAILLE. DE ♦Viïv.''.