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JTIST0II1K DE FRANCE

en Itrie. La cour, avertie et inquiète malgré les assurances de L'Hospital, eut le temps de gagner Meaux (26 septembre i 507), d'où elle partit pour Paris sous la conduite des Suisses; mais 1rs calvinistes chevauchèrent parallèlement aux troupes royales et Condé s'approcha môme pour demander à voir le roi, qui jugea prudent il'1 rejoindre sa. capitale par une autre route, Charles IX, froissé, lit sommer 1rs chefs protestants de comparaître devant lui sans armes; ils se défièrent, prirent peur, demandèrenl des garanties et finalement en appelèrent aux armes. Coudé, avec 4000 hommes, s'étant porté à Saint-Denis, le connétable en sortit pour le combattre vers Aubervilliers (10 novembre 1567). Le champ de bataille resta aux catholiques, mais le connétable fut tué par l'Écossais Robert Stuart. Les réformés, qui avaient reçu des renforts d'Allemagne, vinrent assiéger Chartres, et la cour dut signer la paix de LoUgjumeau (23 mars 1568), qui confirmait celle d'Amboise, mais ne fut acceptée qu'avec défiance par les deux partis. On la nomma paix boiteuse et malassise, par allusion aux négociateurs royaux, Biron et de Mesmes, dont le premier, Biron, était boiteux, et le second, seigneur de .Malassise.

Dans les provinces, de douloureux incidents avaient marqué la seconde prise d'armes des calvinistes. A Nîmes, les protestants massacrèrent les catholiques dans la cour de l'évêché et les jetèrent dans un puits dont ils fermèrent l'orifice avec de la terre : celle sauvage exécution fut désignée sous le nom de michelade, parce qu'elle eut lieu le 30 septembre 1567, lendemain de la Saint-Michel.

Troisième guerre civile (1568-1570). — La cour n'avait pas renvoyé ses troupes étrangères, ses Suisses, ses Italiens; d'un autre côté, les protestants n'avaient pas rendu toutes les places dont ils étaient maîtres. La Rochelle, qui, au mois de février 1568, s'était déclarée pour l'insurrection devint leur place d'armes, au lieu d'Orléans. On a dit que Catherine avait voulu tenter de faire saisir, par Gaspard de Tavannes, Condé et Coligny, qui venaient de se réunir dans l'Auxerrois, au château de Noyers-sur-Serain ; mais l'entreprise eût été bien téméraire, Tavannes n'ayant pas de troupes à sa disposition pour enlever dans une place forte des gens qui se méfiaient. Le coup manqua : Condé se rendit, avec Coligny, à La Rochelle, où sa belle-sœur, l'infatigable Jeanne d'Albret, vint s'établir avec son fils, le jeune Henri de Béarn.

Le 2\ mai 1568, Catherine enleva les sceaux à L'Hospital pour les confier à René de Birague, gentilhomme d'origine milanaise, ancien gouverneur du Lyonnais, impopulaire comme Italien, incapable comme administrateur, avec cela partial et intéressé. Le chancelier disgracié alla vivre dans son domaine de Vignay, convaincu de l'excellence de sa politique, mais aussi de son impuissance à désarmer ceux que « sa vieillesse ennuyait ». — « Je leur pardonnerais, disait-il, d'être impatients, s'ils devaient gagner au change; mais, quand je regarde autour de moi, je suis bien tenté de leur répondre, comme un bon vieil homme d'évêque qui portait, comme moi, une longue barbe blanche, et qui, la montrant, disait : « Quand celle K neige sera fondue, il n'y aura plus que de la boue. <>

A partir de ce moment, l'attitude de Catherine se modifia dans un sens défavorable aux huguenots.

Bataille de Jarnac (1569). — La paix de Longjumeau n'avait été qu'une trêve qui ne ramena pas réellement la paix. Les huguenots redoutaient d'être détruits en détail là où ils se trouvaient impuissants et isolés. Condé' et Coligny, connaissant la faiblesse de l'armée royale, résolurent de reprendre les armes et s'y préparèrent dès le mois de juin. En envoya ni l'ordre de mobilisation aux Églises le 22 août 1568, ils quittent Noyers avec leurs familles et se dirigent vers La Rochelle où ils arrivent sans être inquiétés le 18 septembre. D'Andelot, venant de Bretagne,passelaLoireaprès avoir été battu par Martigues à Saint-Mathurin; il s'empare de Parthenay et de Niort cl rejoinl Coligny. Condé asi - Angoulême avec 15 octobre 1568), s réformés sont alors

es dans l'Ouest. Gaspard de Tavannes,

Le 15 novembre, l'armée calviniste, forte de 27000 hommes d'infanterie ei de 4UO0 chevaux, était rassemblée on Poitou, près de Châtellerault. Le <]\\c d'Anjou, avec 18000 fantassins et 8000 chevaux, marche corrtre elle. Après les engagements de Pamproux, de Jazeneuil et d'Auxances, Condé se dirige vers Saumur pour passer la Loire : pour empêcher la prise de Saumur, le duc d'Anjou ren-

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Statue tombale de René de Birague, par Germain Pilon (Louvre).

forcé' par Joyeuse vient attaquer Louduji sur les derrières des huguenots. Ceux-ci renoncent à l'attaque de Saumur et, vu les ligueurs de l'hiver, suspendent les hostilités.

Dès la fin de janvier les armées se remettent, en campagne; les protestants voulaient gagner le Midi pour se réunir à l'armée régionale, après quoi Condé' marcherait, au-devant de ses alliés allemands, qui devaient venir à lui par la Bourgogne et le Bercy. Tavannes, se rapprochant des huguenots qui descendaient par Niort sur Cognac, tourne Angoulême par la rive gauche du fleuve et s'empare de Chàteaûneuf, où existait un pont : il coupait, ainsi la route aux réformés vers le sud comme vers le nord. Le 13 mars 1569, le duc d'Anjou, trompant la surveillance de Coligny, passe la Charente et après une suite de combats l'accule sur un plateau entre Bassac et Triac : Coligny ayant appelé à son secours le prince de Condé, celui-ci accourt de Jarnac avec sept compagnies de cavaliers, environ 400 chevaux. Un combat désespéré s'engage, où le prince est démonté et tombe ; il se rend prisonnier à Tison d'Argence, mais il est tué presque immédiatement non par Montesquiou, officier de la compagnie du duc d'Anjou, mais par un soldai inconnu.

Les troupes dispersées se rallient à Cognac, à Saint-Jean-d'Angely et à Saintes, où se rend Coligny. Le duc d Anjou, sans artillerie de siège, ne peut forcer aucune place.

Batailles de La Roche-Abeille, de Moncontour, d'Arnay-le-Duc (1569). Paix de Saint-Germain (1 570). — La mort de Condé privait les protestants d'un chef énergique et intrépide, l'âme du parti depuis neuf ans. Jeanne d'Albret se présenta à l'armée, à Saintes, avec son fils et Henri II de Bourbon, fils du prince de Condé : « Mes amis, ditelle, voici deux nouveaux chefs que Dieu vous donne, et deux orphelins que je vous confie. » Les protestants restèrent enfermés dans leurs places jusqu'à l'arrivée de leurs auxiliaires allemands, auxquels ils se réunirent près de Limoges. Ils disposèrent alors de 25 000 hommes environ et, bien que Catherine de Médicis leur opposât des forces à peu près égales, ils remportèrent la victoire de La Roche-Abeille, après laquelle la reine mère renonça à la lutte et se retira près de Loches pendant que Coligny allait inutilement assiéger Poitiers. L'armée royale renforcée rentra en campagne le 29 septembre 1569. Coligny, menacé d'être coupé, veut se replier sur Parthenay; mais, retardé dans sa marche, il est tourné et, en dépit d'une belle résistance, complètement battu entre Airvault et Moncontour (3 octobre 1569), laissant sur le champ de bataille 10 000 hommes, toute son artillerie et ses bagages. Sans se décourager, il transporte la guerre dans le Midi et, tandis que ses adversaires usent leurs forces au siège de Saint-Jean-d'Angely, il reconstitue une armée avec laquelle, au printemps, il se porte en Bourgogne. Il y remporte la victoire d'Arnay-le-Duc et se dirige sur Paris, déterminant Catherine à accorder la paix de Saint-Germain-en-Layc (8 août 1570), qui causa autant d'indignation aux ca-

LA RÉFORME EN FRANCE ET LES GUERRES DE RELIGION

tholiques qu« de surprise aux huguenots. Ceux-ci étaient déclarés admissibles à tous les emplois, obtenaient quatre villes de sûreté La

Rochelle, Cognac, Montauban, La Charité et le libre exercice du culte dans deux villes par province.

La troisième guerre civile fut la plus importante de toutes par les effectifs en présence et le nombre des engagements.

La Saint-Barthélémy (24 août 1572). — Après la paix de Saint-Germain, un rapprochement sincère sembla se faire entre les deux partis. Le 22 avril 1572, Charles IX signa même avec la reine

jeune roi de Navarre. Ces « noces qui sembloient devoir apporter une réjouissance publique et être cause de la réunion des deux partis qui divisoienl le royaume, furent au contraire, a écrit le cardinal de Richelieu, l'occasion d'un deuil général el du renouvellement d'une guerre plus cruelle que celle qui avoit été auparavant : la fête en fut la Saint-Barthélémy, les cris et les gémissements de laquelle retentirent par toute l'Europe; le vin du festin, le sang des massacrés; la viande, les corps meurtris des innocents pêle-mêle avec les coupables, toute celle solennité n'ayant été chômée avec joie que par la seule maison de Guise, qui y immola pour victimes à sa ven-

Jeanne d'Albret en 1570, par François Cl ou et.

Marguerite de Valois vers 1560, par François Clou et.

Marguerite de Valois vers 1573 (Anonyme).

Catherine de Médicis (Musée Condc, Chantilly).

Elisabeth d'Angleterre une « Ligue défensive » contre l'influence du roi Philippe II. On négocia le mariage du duc d'Alençon avec Elisabeth, en même temps que Catherine de Médicis concluait le mariage de sa fille, Marguerite de Valois, sieur de Charles IX, avec Henri de Navarre, iils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret 1 . " lui donnant ma sœur Margot au prince de Béarn, dit Charles IX, je la donne à tous les huguenots du royaume. » Les principaux chefs protestants, adirés à Paris par la reine mère, lurent bien accueillis. Coligny, appelé au Conseil, vint à Blois, où était la cour i 18 septembre 1571); Charles IX parut bientôt ne pouvoir se passer de lui, le comblant d'attentions et de promesses.

Coligny, qui avait conçu le projet de fonder des colonies protestantes en Amérique (voir p. 342), et même en Palestine, songea, devant l'échec de ses desseins, à se porter dans les Pays-Pas insurgés et à les délivrer de la domination espagnole au profit de la maison d'Orange-Nassau. Il souhaitait une guerre sans merci au terme de laquelle il entrevoyait, — protestant, la défaite de l'Inquisition, — patriote, la substitution de la prépondérance politique et économique de la France à celle de la Maison d'Autriche,, Catherine, au contraire, répugnait à une rupture ouverte avec le roi d'Espagne, a qui elle ne voulait que créer des embarras dans les Flandres. Charles IX, sans trop pénétrer les conceptions de Coligny, lui donnait raison, moitié par engouement pour l'amiral, moitié par désir d'illustrer son règne par une grande entreprise. Par contre, la Grande-Bretagne menaçait de rompre l'alliance du 22 avril, et dès lors l'expédition des Pays-Bas pouvait nous brouiller avec une puissance militaire, maritime et financière de premier ordre. Au conseil du roi, l'abstention triompha, après de longs et curieux débats, au ours desquels les protestants firent entendre que, si l'on n'avait pas la guerre étrangère, ou aurait de nouveau la guerre civile.

Cependant, Jeanne d'Albret était venue à Blois, pour y uégocier le mariage de son Iils 1 ï mars 1572 , puis à Paris niai 1572) pour les préparatifs de la cérémonie. Elle y tomba malade le 'i juin et, [e '.t. elle u'existait plus, (in prétendit qu'elle avait été empoisonnée par un parfumeur italien de la reine mère, nommé René, mais le crime ne lui pas alors et ne fut jamais prouvé'.

Les réformés avaient afflué à Paris, autant pour être prêts au premier signal de- la guerre de Flandre que pour assister aux noces du

(1) Lu père de Jeanne d'Albret, Henri, sire d'Albret el roi de Navarre, cl petit-fils d'Alain le Grand, a\ail épousé, en i ,27, Marguerite, sœur de François 1er. Jeanne, née le 7 janvier 1528, épousa Antoine de Bourbon le 20 oc lubie i:,is, et de ce mariage naquit, le il décembre tS!»3, le futur Henri IV.

geance et à sa gloire, sous couleur de piété, ceux dont elle ne pouvoit espérer avoir raison par la force des armes. »

Le 21 août, trois jours après la cérémonie, Coligny, sortant du Louvre, recevait deux balles d'arquebuse; l'index de la main droite lui emporté; uin; balle se logea dans le bras gauche. L'attentat, au fond, ne surprit personne, pas même le blessé; personne, sauf le roi, qui s'écria en apprenant la nouvelle : « N'aurai-je donc jamais de repos! », courut auprès de l'amiral et lui dit : « Mon père, à vous la douleur el la blessure, mais à moi l'injure et l'outrage. » Il promit de venger Coligny, prescrivit sur-le-champ une enquête, et la confia même à un magistrat protestant. Elle amena des révélations redoutables. L'arquebusade était partie d'une maison appartenant à un ancien précepteur du duc Henri de Guise; le meurtrier y avait été introduit par le duc d'Aumale. Ainsi les parents du duc François avaient voulu venger la lin tragique de leur aîné. Et les réformés de parcourir la ville en poussant des cris de mort contre les Guise : « Si on ne nous rend justice, répétaient-ils, nous nous la ferons. » Le coup en réalité venait de la reine mère, jalouse de l'influence prise par l'amiral sur l'esprit du roi, inquiète de son pouvoir à l'intérieur et de ses desseins contre l'Espagne. Les Guise n'avaient été que ses prête-nom : l'instrument du crime, Charles de Louviers, sieur de Maurevert, était un spadassin à ses gages, qu'on appelait « le lueur du Roy ». Charles IX l'avait fait chevalier de son ordre pour avoir assassiné de Mouy en 1569.

En voyant tout se découvrir peu à peu, Catherine tremble non plus seulement pour son autorité', mais pour elle-même. Les menaces imprudentes des protestants lui permettenl de démontrer au roi qu'une conspiration gronde à sa porte, une réédition de la tentative d'Amboise en 1560 ou de la tentative de 1567, pour s'emparer de la famille royale et lui imposer ses conditions, sinon la faire périr et fonder en France \mf république ayanl Genève pour capitale.

La reine mère et le duc d'Anjou obsèdent et ramènent à eux celle âme faible et capricieuse, où loiil se tournait en fureur, cl lui l'ont décider le massacre des protestants aussi facilement qu'il aurait ordonné' celui des principaux catholiques. ■■ Par l.i morl Dieu ! s'écria-t-il, puisque vous trouvez bon qu'on lue l'amiral, je le veux, mais aussi tous les huguenots de France, afin qu il u en demeure pas un qui me le puisse reprocher après. Par la morl Dieu ! donnez-y ordre promplement. •■ L'ordre de sang lut donné dans l'après-midi du 23 aoûl i r la nuit suivante. La raunii ipalité parisienne avait d'abord résisté, mais Tavanncs menaça le prévôt des marchands.

Vecs trois heures du malin, les cloches de l église Saint Germain-

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