LIVRE II
Les Mérovingiens
î. LES INVASIONS BARBARES
EKRiÈRt: ce fossé du Rhin, que les conquêtes de Jules César avaient donné pour frontière à la puissance romaine, se pressaient des peuples auxquels l'infériorité de leur étal moral, social et politique, avait l'ait donner la dénomination générale de Barbares.
Pendant plus de quatre siècles, tout l'efforl (le la politique des empereùrs avait eu pour objet de leur défendre l'accès de l'empire : Trajan, Adrien, s'étaient distingués dans celle 1 n (te. Le dernier avait, du Rhin au Danube, élevé le fameux retranchement qui devait servi;- de barrière aux incursions germaniques. I.e moment allait venir où, par suite de la décadence intérieure de l'empire, et aussi eu raison de la poussée toujours plus Lu-lé exercée par les peuples de l'Asie occidentale sur ceux qui les avaient précédés en Europe, le rempart de forteresses et de suidais élevé par les empereurs allait se trouver trop l'ailde, particulièrement en Germanie, pour résister à l'effort des Barbares. Les invasions vent commencer.
Ce nom de Barbares, que les Romains appliquaient à tous les hommes restés étrangers à leur langue et à leur civilisation, a été conservé par les historiens modernes pour désigner les peuples .le races diverses qui, au ve siècle, détruisirent l'empire d'Occident. I.e monde romain, par opposition au monde barbare, s'appelait Itomania, et cette dénomination fut employée jusqu'à l'époque carolingienne.
Les Barbares formaient, de l'ouest à l'est, trois groupes ethniques : les Teutons ou Germains, les Slaves, les Ouralo-Altaïques.
Resserrés et comme étouffés entre les deux autres races, les Slaves ne jouèrent qu'un rôle très effacé dans le conflit de la « bar-
barie «avec la civilisation romaine au V siècle. Il en fut autrement des Huns et des Germains.
Les Huns. — Les Huns (les Hioung-Nou des Chinois) étaient de même race que les Turcs, les Mongols, les Finnois, les Tongouses, etc. Vers le milieu du [" siècle, leur empire asiatique s'était scindé en deux Etats : celui des Huns du Midi et celui des Huns du Nord, lequel fut, en l'an 93, détruit par les Chinois. Les tribus qui ne voulurent pas se soumettre franchirent l'Altaï et vinrent camper dans le pays des Baskirs. Leur arrivée précipita les Alains, autre peuple ouralien, sur la Perse et sur l'empire; mais, à la lin <lu ive siècle, les Huns furent à leur tour refoulés par les Jouen-Jouen, de même race, qui s'emparèrent de toute la Tartarie depuis la Corée jusqu'au pays des Baskirs. Cette poussée détermina les invasions, dont la plus célèbre est celle d'Attila, (ils de Moud/.ouk.
Les Huns étaient nomades, comme tous leurs congénères. Ils s'abritaient sous des tentes montées sur chariots et très faciles à déplacer. Ils avaient le corps trapu, la peau jaune, les membres robustes, les pommettes saillantes, le nez épaté, la tète énorme, les yeux bridés, lisse nourrissaient du lait de leurs juments, déracines sauvages et de viande crue qu'ils faisaient mortifier sur le cheval entre leurs cuisses. Ils se fabriquaient, avec de la toile ou des peaux de rats des bois, une méchante casaque, qu'ils ne quittaient que lorsqu'elle tombait par lambeaux. Ils ne mettaient pied à terre ni pour boire ni pour manger. Ils allaient au combat en poussant des cris effroyables et chargeaient l'ennemi avec la promptitude de l'éclair. Au moment où leur adversaire se préparait à les frapper, ils l'enlaçaient dans une courroie qui paralysait tous ses mouvements. Ils étaient d'une férocité incroyable, et Attila, leur chef, qui se surnommait le fléau de Dieu, avait coutume de dire : « L'herbe ne repousse jamais sous les pas de mon cheval. » Leur aspect de « bêtes à deux pieds », joint à l'infériorité de leurs mœurs, jetait partout l'effroi sur leur passage et faisait fuir les populations. Ce sont les déplacements plus ou moins brutaux des Huns, en quête de nouveaux pâturages, qui provoquèrent les migrations des peuples occidentaux, et, les rejetant les uns contre les autres,
LES MEROVINGIENS
art
Pillage d une villa gallo-romaine, tableau il
lui eut la cause initiale des invasions barbares qui se succédèrent au v° siècle sur le sol romain.
Toutefois, les invasions ne lurent' pas l'œuvre d'un jour et ne surprirent pas les Romains. Elles ne lurent que l'épilogue naturel d'une série de guerres qui se poursuivirent entre les bandes germaniques et les légions pendant plusieurs siècles, avec des alternatives de succès et de revers; et d'autre part, la conquête de l'empire par les Barbares se lit au moins autant par une pénétration graduelle, acceptée par les empereurs, que par des agressions de vive force.
Les Germains. — Au contraire des Huns, mais comme leurs voisins occidentaux, les Romains et les Gaulois, les Germains étaient de race aryenne. Ils s'étaient fixés dans la région comprise entre la mer du Nord, la Baltique, la Vistule, le Danube el le Rhin, région qui prit d'eux le nom de Germanie. Dans ce pays au climat âpre, au ciel bas et triste, au sol couvert de marécages el de forêts épaisses, peuplées d'ours, de loups, d'auroebs el autres bêles fauves, les Germains vivaient surtout de chasse el de guerre. Ils étaient partagés en un certain nombre de peuplades indépendantes, où les affaires d'inlérèl général étaient réglées par une assemblée des hommes libres en âge de porter les armes. D'après la Germanie de Tacite, iliaque village pagus de cent familles dont se composai! une peuplade avait à sa tête un princeps premier, prime , choisi à l'élection. En temps de guerre, un clux chef militaire, duc) était nommé de la même manière pour la durée de l'expédition. Le princeps et le dux avaient une sorte; de ruer, d'état-major, formé de compagnons jeunes et dévoués.
Dès le icr siècle, les peuplades eurent des rois, donl la dignité était plus honorifique que puissante, puisque, en temps de guerre, elles continuèrent d'élire un généralissime.
Condamnés par l'ingratitude du sol ù rechercher des pays plus fertiles, les Germains avaient été attirés de bonne heure par la richesse des campagnes gauloises. Ils commencèreul par les pillei ils finirent par s'y établir. On peut considérer c me poinl de départ de leurs incursions en Gaub les expéditions des Cimbri des Tenions, que .Marins arrêta par ses victoires d \ix et de V'erceil 103 av. J.-C). Au siècle suivant, Jules César exterminait p
de Vesonlio (Besançon) une armée de Suèves aux ordres d'Al'ioviste (ÎJ8 av. J.-C).
Malgré cette terrible leçon, les bandes germaniques n'en continuèrent pas moins leurs incursions au delà du Rhin et du Danube, et les empereurs eurent sans cesse à lutter contre leurs empiétements. Sous Auguste, Drusus alla saccager les campements de la rive droite du Rhin (11-9 av. J.-C). Deux ans plus lard. Tibère rejetait les Marcomans au delà du Danube. Moins heureux, en l'an 9 de notre ère, Varus vit ses légions détruites par un jeune chef germain, Arminius (Herman) ; mais, en l'an 16, Germanicus lnade cet échec nue vengeance éclatante. Enfin, dans les cinq premières années du u° siècle, Trajan conduisit contre les Daces une série d'expéditions victorieuses, qui reculèrent un moment jusqu'au Rhin et au Danube la frontière de l'empire.
Cependant, les légions avaient fini par s'user dans ces guerres perpétuelles. Un moment arriva, au milieu du u" siècle, où elles ne suffirent plus, même pour maintenir la défensive, el Rome dut changer de lactique. Ne pouvant réduire les Barbares par la force des armes, elle tenta de les absorber, de les assimiler el de se l'aire des plus rapprochés un rempart contre les autres. Elle les admit d'abord comme colons, à côté des vétérans romains, dans une partie de la zone frontière, dans ce triangle de l erres compris entre
le llliin moyen et les sources du Danube, et qui recul le de
Champs dêcumates à cause de la dime [décima pars) des produits du sol imposée aux occupants. L'empereur Hadrien protégea les Champs dêcumates par une muraille paiissadée el flanquée de tours, qui allait de Coblenz sur le Rhin à Ratisbonne sur le Danube, coupa ni le Mil h et le Neckar, el qu'on appela dans le pays le unir de païens » (Pfahlmauer) ou le rossé du diable Tcufelsyraben : barrière fiscale autant que militaire, el destinée à assurer |.i slrii Le perception des taxes de douane. Puis on étendit le sj li me ù d'autres régions limitrophes de la frontière qui lu nui Iran forin
en cantonnements de Germains auxiliaires, de troupes reenain
chargées, su us le nom de fédéré . de contenir les Ire Barban
Les empereurs Aurélien el l'robus, au m' siècle, Cou l
Chlore, Constant el Julien, uu iv°, lui eu i les principaux urli au de
1 1 1 S 1 0 Ut E U E F II A N C E .
Sainte Geneviève ravitaille Paris, tableau dePuvis de Chavannkr (Panthéon
celle politique de romanisation. Elle prolongea certainement les jours de l'empire, en lui maintenant la forte centralisation et l'unité de commandement nécessaire pour résister aux assauts isolés et successifs des tribus transrhénanes, mais elle devint insuffisante lorsqu'il s'agit d'arrêter ce torrent de peuples, de nations entières que la poussée des Huns déchaîna sur l'Occident.
Dès le iiic siècle, en elîet, les peuplades de la Germanie s'étaient fortement organisées et groupées en confédérations. A la fin du iv°, les principales étaient : à l'ouest, les Francs ripuaires, avec Cologne pour ville principale, et qui étaient établis sur les deux rives {ripa) du Rhin, depuis ses embouchures jusqu'à son confluent avec le Mein à droile, la Moselle à gauche; 1rs Fruités saliens, sur l'Yssel ou Sala (Sicambres, Bruclères, etc.), à qui Julien céda plus lard la Toxandrie (lira lia ni).
Au nord, sur la mer du Nord, les Saxons, ainsi nommés parce qu'ils étaienl armés d'un long couteau (sax) ; — les Vandales, sur la Baltique; — les Burgundes, entre l'Oder, l'Elbe et le Rhin; — les Ilérules, sur le Mein ;
Au sud, les Alamans, sur le haut lîhin et le lac de Constance;
A l'est, les Goths qui, venus d'Asie par le Caucase, avaient longé le Pont-Euxin, puis le Danube, étaient parvenus jusqu'à la Baltique et avaient gagné la partir de la péninsule Scandinave qui a conservé le nom de Golhland. Tous ces peuples vivaient, sur l'immense territoire de la Germanie, dans un équilibre des plus instables : cam-
pés plutôt qu'établis dans le pays, et attirés invinciblement, comme au temps des Celles, vers la mer occidentale.
Les Goths. — Les Goths, refoulés au il0 siècle par un mouvement des Slaves et peut-être aussi par un débordement de la Baltique, avaient dû rétrograder vers le Sud. Ils avaient remonté la Vistule el s'étaient répandus d'un côté jusqu'au Danube et au Pont-Euxin, de l'autre jusqu'à cette mer et au Tanaïs (Don), pour ne s'arrêter qu'aux limites de l'empire romain.
Ils allaient bientôt donner le signal des grandes invasions.
Les Goths établis à l'ouest du Borysthène (Dnieper) furent désignés sous le nom de Wisigolhs (Goths de l'Ouest), par opposition aux Ostrogotlis (Goths de l'Est1, qui s'étaient fixés à l'est du même lleuve. Les VVisigoths se convertirent à farianisine, et leur évêque Ulphilas, sacré vers 361, traduisit les Livres saints. Les Ostrogolhs, à prix d'argent, protégèrent bientôt la frontière romaine; ils tenaient en respect les autres Barbares (Gépides, Ilérules, VVisigoths), et leur roi llermanaric (350-374^ étendit très loin sa domination en Scytliie et en Germanie. Mais cette période de prospérité et de puissance devait être de courte durée. Appelés par les Roxelanes, peuplade des bords du Palus-Maeolis, les Huns eurent facilement raison des forces gothiques : llermanaric se tua pour ne pas se soumettre au khan Balamir (374). Les Ostroyolhs, devenus tributaires des Huns, restèrent établis à l'est du Borysthène. Quant aux Wisigolhs, les uns, avec leur chef Fritigern, avaient déjà passé la frontière et forcé les Romains à les prendre comme auxiliaires; les autres, obéissant à Alhanaric, renoncèrent à tenir tète aux hordes finnoises et demandèrent des concessions territoriales à l'empereur Valens. Celui-ci y consentit (376), comptant se faire ainsi un rempart contre les Huns. Mais ses turbulents auxiliaires se soulevèrent bientôt, s'installèrent en maîtres dans la Mœsie et la Thrace, marchèrent sur Constanlinople et taillèrent en pièces l'armée impériale à la bataille d'Andrinople, où Valens trouva la mort (378).
Théodose fut plus habile que Valens. Il conclut- avec les \\ 'isigolhs un traité qui leur assura des terres en Thrace et une solde; habile politique, il sut s'en faire servir fidèlement. Malheureusement, par ces concessions mêmes, on montrait aux Barbares la faiblesse de l'empire, qui devenait ainsi un appât proposé à leurs convoitises.
Théodose mourut en 395, après avoir partagé l'empire entre ses deux fils : à Arcadius, Vempire d'Orient, avec le préfet du prétoire lî u fi n pour ministre; à Honorais, Vempire d'Occident, avec Flavius Stilicon, fils d'un Vandale, pour conseiller. Le premier élaif âgé de dix-huit ans; le second, de onze ans à peine. Les Wisigolhs, par suite des intrigues des deux ministres et de l'inimitié des deux frères, allaient devenir les vrais maîtres de l'empire.
Tout d'abord, leur chef Alaric prétendit être élevé à la dignité de maître de la milice. Il eût été dangereux de lui confier un pareil commandement, et on n'osa le faire. Alaric, pour se venger, ravagea l'Altique et le Péloponèse. Bloqué par Stilicon, qui était accouru en Grèce à travers l'Adriatique, il put s'échapper, et aussitôt l'empereur de Constanlinople lui donna l'Ulyrie, ne songeant qu'à éloigner Stilicon au lieu de s'unir avec lui contre l'ennemi commun (396).
Alaric, proclamé roi par ses compagnons, ne devait pas se contenter longtemps de la part, qui lui était faite. Eu 402, il envahit l'Italie. Vainqueur à Aquilée, il menaçait Home, lorsque Stilicon, revenant en hàle de la libelle, le vainquit à Pollen/.a el 'i
LES MÉROVINGIENS
no
Vérone (402), mais le prit à [a solde do l'empire (403).
Radagaise. La Grande Invasion. — Pendant ce temps, les hordes hunniques, après avoir détruit l'empire des Goths, continuaient de s'avancer vers l'Europe centrale. A leur approche, la Germanie s'ébranla tout entière vers le sud et vers l'ouest. Les Suèves des bords de la Baltique se précipitèrent vers le midi, entraînant avec eux sur leur passage les Vandales, les Alains et les Burgundes.
Deux cent mille de ces Barbares franchirent les Apennins et arrivèrent près de Florence. Stilicon réussit à les acculer et à les bloquer étroitement sur les hauteurs de Fesules (Fiesole), où ils succombèrent par milliers à la faim et à la soif. Fait prisonnier dans une sortie, Radagaise eut la tête tranchée; ses soldats furent vendus comme esclaves (406). Stilicon venait de sauver une seconde fois Borne, abandonnée par son empereur, qui s'était réfugié à Bavenne.
A la nouvelle de cette défaite, le gros des Barbares restés de l'autre côté des Alpes renonça à l'Italie et se tourna vers la Gaule.
Malgré l'énergique résistance des Francs ripuaires, chargés comme auxiliaires de la défense du Rhin, ils passèrent le (leuve sur la glace dans l'hiver de 406. Les cités de Wonus, Spire, Mayence, Strasbourg, Reims, Amiens, Arras, Tournai virent leurs habitants (nés ou faits prisonniers.
Après avoir ravagé la Gaule pendant deux ans, les Barbares se séparèrent. Tandis que les Francs ri I maires allaient rejoindre les Saliens en Tontine et que les Alamans s'installaient en Alsace, les Burgundes dans l'Helvétie et la Savoie, les Wisigoths en Aquitaine, les autres franchissaient les Pyrénées et se répandaient dans la péninsule ibérique : les Suèves
en Galice, les Alains en Lusitanie (Portugal), les Vandales dans la Bétique, qui prit d'eux le nom de Vandalicic (Andalousie .
Alaric en Italie. Les Wisigoths en Gaule. Les Vandales en Afrique. — Dans le même temps, en Gaule et en Bretagne Angleterre) règne un empereur particulier, du nom de Constantin. A Rome, la haine et l'envie se donnent libre cours contre Stilicon. Ce lils de Barbare, intelligence cultivée et général (-1111110111, avail marié sa fille à l'empereur lui-même, et, s'il était avide d'honneurs, il avait du moins fait les efforts les plus honorables el les plus heureux pour sauver Rome de la ruine finale. Bris à partie à la fois par les chrétiens et par les païens, qui lui reprochaient, les uns el les autres, une partialité dont ils s'inquiétaient, il était en outre accusé de capituler avec les Barbares, surtout lorsqu'on le vil offrir à Alaric la préfecture dTllyrie et 4000 livres d'or. Honorius, tremblant pour sa couronne, consentit à l'assassinat de son beaupère i08), et des représailles sanglantes furent décrétées contre les auxiliaires de Stilicon, proclamé traître à la patrie. Désormais, les Barbares ne serviront plus l'empire : ils lui feronl la loi eu attendant qu'ils le détruisent.
L'assassinat de Stilicon provoqua une troisième invasion des Goths, la plus mémorable, en Italie. Alaric pilla Aquilée, Crémone, Borne même, puis descendit vers le sud. La mort le surprit à Cosen/.a I. manie), où ses soldats l'inhumé, eut dans le lit du lîus-
La mort de sainte Geneviève, tableau de Jean-Paul Lauiîkns (Panihéon).
sento (MO). Son beau-frère Ataulf lui succéda. Plein d'admiration pour Rome, il traita avec Honorius, dont il épousa la sœur Placidie, et s'engagea à reconquérir, au nom de l'empereur, la Gaule et l'Espagne. Il tint parole. Il vainquit à Narbonne et lit décapiter l'usurpateur Jovin. Il passa ensuite en Espagne, mais fut assassiné à Barcelone. Son successeur, VVallia. reçut pour prix de ses services le bassin de la Garonne, où il fonda un royaume dont Toulouse fut la capitale (419).
En /r2't, Honorius meurt sans enfants. Son neveu Valentinien III
lui succède : lils de l'Iacidie, Veuve d'Ataulf, et du colllle C.onstance, son second époux, le nouvel empereur est agi' de cinq ans. L'impératrice, chargée de la tutelle, prend comme conseillers
deux hoi es éminents, mais malheureusement jaloux l'un de
l'autre : Aétius, gouverneur de la Gaule, et Boni face, gouverneur de l'Afrique.
Aétius ayant pu obtenir, à force d'intrigues, le rappel de son rival, celui-ci se révolta et, après avoir triomphé des troupes de l'empereur, ouvrit l'Afrique aux Vandales. Genséric, leur roi, s nu pressa d'accourir à la tête de 60000 hommes; mais, à peine débat que, il mit systématiquement la Mauritanie à feu et à sang el la couvrit de ruines. Boni face, effrayé abus des conséquences de politique, voulut chasser ses terribles auxiliaires : vaincu, il dm revenir en Italie, pendant que Carthage, prise eu 439, devenait la
capitale du royaume des Vandales.
/iO