HISTOIRE DE EP.ANCE
Invasion des Huns. Sainte Geneviève. — Après la destruction de la puissance gothique, les Huns demeurèrent cinquante ans environ sur les bords du Danube et entrèrent au service de l'empereur : Attila, qui avait fait ses premières armes dans les troupes auxiliaires de l'empire, put constater la décadence de Home, et il songea à lui opposer, ou môme à constituer sur ses ruines, un
Geneviève, réputée par ses vertus chrétiennes, réussit à les retenir, les assurant que le Christ les protégerait, et il arriva précisément que les Huns n'inquiétèrent pas Paris, dont sainte Geneviève resta la patronne. « Il est certain que Geneviève n'alla pas se jeter aux genoux d'Attila : Paris fut épargné sans cela. Mais plus tard, elle réussit à sortir de Paris, qu'avait affamé cinq ans de siège : elle y
Carte des invasions des Barbares.
État barbare. Devenu roi vers 434, il s'attaqua d'abord à l'empire d'Orient et imposa un tribut à Théodose II. Mais le successeur de ce dernier, Marcien, refusa si énergiquement d'en continuer le payement qu'Attila préféra se tourner vers l'empire d'Occident, où l'appelait Genséric.
Il remonta le Danube avec une armée composée surtout de cavalerie et formée de Slaves, d'Ostrogoths, de Suèves, d'HéruIes. Il passa le Rhin en 451 et, de là, gagna la Moselle. Alors les désastres de la grande invasion de 406 recommencèrent pour la Gaule. Les ruines s'accumulèrent sous les pas du << fléau de Dieu », qui détruisit ou incendia successivement Trêves, Tongres, Metz, Toul, (Huilons, Reims, Sens, et vint mettre le siège devant Orléans juin 451 . Orléans fut sauvée par son évêque saint Aignan, comme Troyes l'avait été par saint Loup. Encouragés par les exhortations de leur prélat, les Orléanais résistèrent cinq semaines, donnant à Aétius le temps d'arriver avec ses légions, renforcées par les troupes des rois barbares établis en Gaule : Théodoric et ses Wisigoths, Mérovée et ses Francs, Gondicaire et ses Burgundes. Atlila, forcé de lever le siège, rétrograda vers la Champagne, dont les grandes plaines lui offraient un champ de bataille plus favorable au développement de sa cavalerie. Les alliés le poursuivirent et l'atteignirent entre Troyes et Sens, dans les Champs catalauniques.
Cette effroyable bataille, qui mit aux prises tous les Barbares, coûta la vie à 160 000 hommes. Le roi Théodoric fut tué, mais les Huns succombèrent. Retiré dans son camp, Attila fit construire un bûcher, prêt à s'y jeter si l'ennemi forçait l'enceinte : cette extrémité lui fut épargnée et il put repasser tranquillement le Rhin. Paris ne fut pas attaqué.
Paris, qui s'appelait alors Lutèce, était un simple village bâti dans une île de la Seine (la Cité, où s'éleva Notre-Dame). Ses habitants étaient presque tous pêcheurs ou bateliers. A l'approche des Huns, les Parisiens effrayés voulurent (initier leur ville et emporter leurs ineiis. On a raconté longtemps qu'une jeune bergère de Nanterre,
ramena des bateaux de blé et en distribua le contenu. C'est seulement depuis le xvne siècle que s'est généralisé l'usage de figurer Geneviève sous les traits d'une bergère. A l'époque où les pastorales étaient à la mode, on transforma, semble-t-il, en houlette le cierge que la sainte portait jusque-là. Une ancienne estampe, dont parle le P. Cahier, contribua pour sa part à répandre l'erreur. Cette estampe voulait faire entendre que la sainte avait rassuré les Parisiens et les avait empêchés de se livrer aux Huns : on voyait donc Geneviève priant sur les murailles de Paris, transformé en \\n bercail, et protégeantses brebis; au dehors les Barbares étaient ligures comme une bande de loups assiégeant le refuge où s'abritait le troupeau. L'estampe fut mal comprise et on fut la dupe de son symbole. » [G. Dupont-Ff.rrier] (1).
Au printemps de l'année suivante, Atlila envahit l'Italie, ravagea la Vénétie et la Ligurie, menaça Rome. Le pape Léon le Grand, envoyé au-devant de lui par Valenlinien III, le décida à se retirer moyennant un tribut annuel. Attila gagna la Pannonie, où il périt de mort violente : le lendemain de ses noces avec la belle Hildicaou Hildegonde, on le trouva sans vie sur sa couche, dans une mare de sang (4o3).
Chute de l'empire d'Occident (476). — Ce furent les Hérules qui portèrent le dernier coup à l'empire d'Occident. Leur chef Odoacre envahit l'Italie, prit d'assaut Ravenne, où s'était enfermé Romulus Augustule, déposa le jeune souverain, qu'il envoya finir
(1) On lit d'iiulre part dans Ch. Kohler, Étude critique sur le texte de la vie latine de sainte Geneviève de Paris (1881) : « Une tradition fort accréditée de nos jours veut que, pendant son séjour à Nanterre, sainte Geneviève ait été bergère. Il est sans doule possible que ses parents, gens aisés, semble-t-il, possédassent des troupeaux et que la jeune fille, élevée avec une simplicité toute rustique, n'ait pas craint de suivre aux champs les serviteurs de la maison. Toujours est-il que l'hagiograplie n'en dit rien et que ce qu'il raconte de ses premières années, loin de permettre de lui attribuer un semblable genre de vie, ferait plutôt supposer un caractère et des habitudes tout différents. »
LES MEROVINGIENS
ses jours ea Campanie, et prit le titre de roi d'Italie (476). Il ne garda pas longtemps sa conquête : il en fut dépossédé par Théodoric, roi des Ostrogoths, envoyé par l'empereur d'Orient et revêtu, par suite, aux yeux dos Italiens, d'un caractère légal, officiel. Théodoric régna sur l'Italie, du consentement de l'empereur, de i93 à o-2<>, et fut un prince remarquable. Élevé à Constantinople, il avait reçu une certaine culture intellectuelle et, sensible à l'influence de la civilisation romaine, il sut constituer un État régulier. 11 semblait que l'unité de l'empire fût rétablie; en réalité, c'en était fait de Rome : il n'y avait plus qu'un empire d'Orient.