LA LITTERATURE ET LES ARTS
La littérature. — Au ve siècle, les invasions des Barbares avaient porté un coup funeste aux écoles gallo-romaines; un grand nombre déclinèrent, puis disparurent, et la culture littéraire, de plus en plus réservée aux clercs, dulse réfugier dans les églises et 1rs monastères, où elle fut encore jusqu'à un certain point florissante.
Sulpice Sévère, né aux environs de Toulouse (363-410), est l'auteur d'une Histoire sacrée où il prend pour modèle le style sobre et châtié de Salluste; le poète Rutilius Namatianus, Toulousain aussi, qui vivait sous l'empereur Honorius et fut préfet de Home, a composé sous le titre d' Itinerarium) le curieux récit en vers d'un voyage qu'il accomplit, en 420, de lîome dans les Gaules, pour revoir sa patrie, quittée de bonne heure, et ce récit est remarquable par la fraîcheur des descriptions, le laisser-aller pittoresque. Resté païen ut fidèle à Rome, Namatianus, qui a été témoin de l'invasion des Goths, ne désespère pas de voir lîome se relever de ses ruines et le paganisme vaincre le catholicisme naissant.
Dans le camp opposé-, se distinguent : saint Paulin, évèque de Noie, né à Bordeaux et élève d'Ausone, poète profane durant la première moitié de sa vie et poète chrétien dans la seconde; Sidoine Apollinaire, né à Lyon en 420, personnage considérable, gendre de l'empereur Avitus, dont il épousa la fille Papianilla. Il débute par des poèmes mythologiques et allégoriques, des panégyriques (en vers) d'Avilus, de Majorien d'Anthemius, qui le nomme chef du sénat, patricien, préfet de Rome, puis il se convertit au christianisme et devient évèque d'Avernum (Clermont). Témoin de l'invasion d'Attila, puis de celle des Goths (471), c'est à lui que nous devons les premières peintures de ces Barbares, qui lui faisaient peur. Flatteur par goût ou par faiblesse, il écrivit même le panégyrique du roi goth Euric. Il peint le Imrgunde « aux cheveux enduits de beurre rance », le Saxon « aux yeux bleus », le Sicamlue « tondu après sa défaite, et qui laisse repousser ses cheveux », la petite cour de Théodoric à Bordeaux, la cohue des peuples qui suivent le cheval d'Attila.
Plus hardi, son contemporain Salvien né à Trêves, mort à .Marseille en 484, lance aux Barbares de rudes invectives; lié avec saint llilaire d'Arles et avec l'évèque de Marseille, Honorât, il a écrit des Uumélies aujourd'hui perdues et des traités de morale estimés.
Saint Avit, évèque de .Vienne en i80, se renferme davantage dans son rôle ecclésiastique. Ses poèmes, inspirés par la lecture de la Bible : De l'uriyine t/j inu.tdc, Du péclié uriji„el, JJc ta justice de Dieu,
La crypte de l'abbaye de Saint-Denis.
Du passage de la mer Rouge, et dont les trois premiers offrent les ressemblances les plus frappantes avec le Paradis perdu de Millon, le placent, avec Sidoine Apollinaire, au premier rang des poètes galloromains. Claudien Mamert (mort vers 474), frère de saint Mamert, archevêque de Vienne, était regardé par Sidoine Apollinaire comme le plus beau génie du siècle ; il a écrit un traité Sur la nature de l'âme, pour réfuter le matérialisme de Faustus, et un poème mordant contre les poètes orgueilleux (Contra poêlas vanos). Prosper d'Aquitaine, né en Provence vers 428, ne fait guère, dans ses vers, que de la polémique religieuse; il combat Pelage, et, dans son poème De Ingratis (Contre les ingrats, ceux qui ne croient pas à la grâce), il se borne à versifier la prose de saint Augustin. Historien, il est l'auteur d'un abrégé de la Chronique de saint Jérôme, qu'il continue jusqu'à l'an 455. C'est encore un théologien et un moraliste nerveux que le prêtre Salvien, de Trêves (mort à Marseille en 484), dont le principal ouvrage, Du gouvernement de Dieu, a pour but de combattre ceux qui, en présence des calamités causées parles invasions, niaient la providence divine; Salvien célèbre les vertus des Barbares qui vont régénérer le monde, souillé par la corruption romaine.
On doit à Gennadius, de Marseille (480), un petit livre d'histoire littéraire, De viris iltus/ribus, utile à consulter en ce qu'il retrace les biographies d'une centaine d'écrivains ecclésiastiques vivant de 392 à 495. Ennodius, mort évèque de Pavie, mais qui était né dans les Gaules, probablement à Arles (vers 470), et qui vécut à la cour de Gondebaud, roi des Burgundes, a écrit un Panégyrique de Théodoric, roi des Goths, un traité de théologie relatif à saint Epiphane, la plus importante de ses œuvres, et des Lettres, des Sermons, des Poésies, des Hymnes.
Il nous reste de Césaire, archevêque d'Arles, né vers 470 à Chalonsur-Saône, cent trente sermons attestant sa longue et laborieuse carrière de prédicateur. Les lettres lui doivent en outre quelque reconnaissance, car en fondant un monastère de femmes, il inscrivit dans la règle l'obligation de consacrer quelques heures par jour à copier des manuscrits.
Au siècle suivant, Venantius Fortunatus, né à Trévise (530), mais qui vint de bonne heure en Gaule, vécut à la cour de Sigebert, roi d'Austrasie, dont il célébra les noces avec Brunehaut, et devint évèque de Poitiers. Il est, avant la renaissance carolingienne, un des derniers représentants de la poésie latine dans les Gaules. On a de lui plus de trois cents pièces de vers, quelques-unes très courtes, il est vrai : épigrammes, épitaphes, épitres, élégies, panégyriques, descriptions de voyages, poèmes hagiographiques (Vie de saint Martin de Tours, Vie de sainte Radegonde, Vie de saint Germain), et des hymnes d'église, dont le Pangc, lingua et le Vcxilla régis prodeunt se chantent encore.
Grégoire de Tours, né en Auvergne vers 539, i t en 594, est le
premier, par ordre de date, de nos historiens. Sun Uistoria ecclesiaslica, en dix livres, quoique écrite sans goût, eu un latin barba est une source précieuse de renseignements pour toute la période
mérovingienne, si confuse el si n vemenlée; elle non-, ouvn
vues intéressantes sur l'état d'âme d une société de formation el di transition. A pari le premier livre qui, suivant l'usage, esl un abi de chronique universelle, de la création à la mort de saint Mai lin,
fîf,
IMSToiiU' DE FRANCE
tous les autres sont consacrés à l'Iiisloire des Francs, de Clovis à Sigebert, puis de Sigebert à Clotaire II, et retracent des laits dont l'auteur avait été en partie le témoin. En somme, la période mérovingienne a rencontré en lui « un historien merveilleusement approprié à sa nature », un témoin intelligent « de cette confusion d'hommes et de choses, de ces crimes et de ces catastrophes au milieu desquelles se poursuit la chute irrésistible de la vieille civilisation. Il faut descendre jusqu'au siècle de Froissart pour trouver un narrateur qui égale Grégoire de Tours dans l'art de mettre en scène les personnages et de peindre par le dialogue. Tout ce que la conquête de la Gaule avait mis en regard ou en opposition sur le même sol, les races, les classes, les conditions diverses, figure pêle-mêle dans ses récits, quelquefois plaisants, souvent tragiques, toujours vrais et animés. » (Augustin Tiiieury.) D'un latin plus barbare encore que celui de Grégoire de Tours est la Chronique dite de Frédégaire, rédigée au vne siècle et dont l'auteur ou les auteurs sont inconnus. Elle résume Grégoire de Tours pour le récit des événements antérieurs à 584 et devient, à partir de cette date, une œuvre personnelle, utile à consulter, surtout pour l'histoire de la Bourgogne. Grégoire de Tours est quelquefois ému des malheurs et des crimes de son temps; les compilateurs de la Chronique de Frédégaire enregistrent tout, sèchement et sans pitié.
Une autre source historique, les Gcsta rri/iiiii francorum, dus à un Neustrien que l'un nuit avoir été moine à Paris ou à Rouen, clôt la période mérovingienne. Celte chronique qui, pour le vi° siècle, résume encore Grégoire de Tours, le continue pour le vne et une partie du vine, est précieuse pour les faits enregistrés par elle de 642 à 700.
Basilique.
l, portique; 2, nef centrale; :'.. bas cotés-, 4, transept; 5, tribunal.
Le tombeau de sainte Osanne, a Jouarre.
l'art romain. Les barbares avaient trouvé le sol de la Gaule couvert de monuments qu'ils utilisèrent avant d'en élever d'autres.
Lorsque ces premiers édifices
Les arts. — L'art des premiers temps de la monarchie franque dérive directement de
Saint-Martin de Tours (Coupe longitudinale d'après la restitution de J. Quichcrat)
disparurent, c'est sur le modèle de la basilique que furent construites les églises.
L'architecture des vie, vu" et vme siècles n'a laissé que de très rares débris sur le sol de la Gaule, devenue le royaume des Francs. Les rois francs et les leudes ont choisi, pour leurs palais, soit des édifices galloromains et appartenant à la période antérieure (tel le palais des Thermes de Julien, à Paris, qui fut habité par les rois de la première et de la deuxième race), soit des édifices en bois, des villas, de grandes fermes qui ont disparu sans laisser de traces. Il n'y avait guère alors d'autres édifices publics que les églises et les basiliques (1).
De celles-ci, malgré l'exiguïté des spécimens qui nous restent, il est permis de se faire une idée à peu près exacte, en étudiant d'une part les monuments élevés à la même époque dans les contrées où elles ont été le mieux conservées et, d'autre part, en les rapprochant des descriptions trop brèves qu'en donnent Grégoire de Tours, dans son Histoire ecclésiastique des Francs, et Fortunalus, évêque de Poitiers, dans ses Poèmes religieux.
Les Romains donnaient le nom de basiliques à de vastes édifices où se rendait la justice, où le peuple se réunissait pour discuter ses affaires, où
se tenaient même des marchés. Ces bàli nls
rectangulaires, à la fois judiciaires et commerciaux, se divisaient dans le sens de la longueur en trois parties dont les deux latérales élaienl plus étroites que la centrale : ce sont la nef (2) H les bas côtés (3), ceux-ci séparés de celle-là par deux rangées de colonnes et surmontés de galeries ou de murs percés de fenêtres. Le tribunal se tenait à l'extrémité de la basilique, terminée en demi-cercle (absis, o), ayant en face de lui, dans le transept (4), les gens de loi. L'entrée (/) s'appelait portique.
Les églises chrétiennes s'inspirèrent de celle architecture. Le siège de l'évêque (cathedra) et les assistants occupèrent l'abside; l'autel s'éleva au milieu du transept, où la place des gens de loi fut prise par les chantres (chœur) et le bas clergé; les
Phot. Déforme.
La crypte Saint-Paul et les tombeaux des abbesses de Jouarre.
(1) Le nom d'église (ecclesia) était réservé aux églises cathédrales, à celles de la cité où résidait l'évêque. Le nom de basilique s'appliquait aux églises non ôpiscopales.
LES MÉROVINGIENS
fidèles entendirent les offices dans la nef el dans les bas côtés, taiulis que les catéchumènes se tenaient au lias de l'église, dans le pronaos, près de la façade.
« Ces dispositions sont intéressantes à noter parce qu'elles contiennent en germe le plan adopté pendant des siècles, et suivi encore aujourd'hui, pour la construction des églises chrétiennes.
« Transformez le portique antérieur en porche, faites déborder les deux extrémités du transept par rapport aux murs latéraux de la nef, allongez l'abside de façon à substituer une ellipse à l'hémi-
de Saint-Denis, de Jouarre, etc. et communiquait avec l'extérieur par une ouverture. L'autel était surmonté d'un baldaquin (ciborium). Enfin, devant l'autel était réservé un certain espace séparé du reste de la nef par une balustrade et constituant le chœur. Dans cet espace étaient placées, à gauche et adroite, deux petites tribunes : Va m bon, destiné à la prédication, et le leclorium, où on lisait les Livres saints. Dans les très grandes basiliques, le
Église de Cravant (Indre-et-Loire).
Le baptistère Saint-Jean, à Poitiers.
cycle primitif, el vous aurez, dans ses ligues essentielles, la disposition architectonique à laquelle l'église chrétienne est restée lidèle depuis plus de quinze cents ans (1). »
Parmi les plus anciennes églises des Gaules, figurent la basilique de Saint-Martin de 'l'ours, élevée en 470 par l'évèque Perpetuus (nous en donnons, page 56, une restitution due à Jules Quicherat) ; l'église bâtie, vers la même époque, à Clermont (Auvergne) par l'évèque Namatius, la chapelle Saint-Laurent de Grenoble, l'église de Cravant (Indre-et-Loire). Comme plan, elles devaient se rapprocher, dans leur disposition générale, de l'ancienne basilique de Saint-Pierre, ù Home, qui date'de la lin du iv siècle, el, qu'on peut donner comme un spécimen du génie. Ce plan ayant gardé une influence incontestable dans la construction des églises presque jusqu'à nos jouis, il n'est pas superllu de s'y arrêter.
Au-devant de l'église s'élendail une petite place ou cour le parvis), sur laquelle s'ouvrait le narthex ouporcke d'entrée, qui lui-même contenait les polies correspondant aux nefs de l'intérieur.
La façade du temple s'élevait audessus du porche en forme ,1e fronton et était percée de fenêtres. L'intérieur etail divisé en trois ou quelquefois en cinq nefs par des colonnades. La toiture formait soit un plafond, soit une charpente apparente. Au fond de la basilique s'arrondissait un hémicycle avec une demi-coupole; cet hémicycle contenait
le siège de l'evèque ru 1 hvil Va) el était
bordé de bancs destinés au clergé presbylerium . En avant de l'hémicycle était l'autel, placé, au-dessus d'une crypte 2 martyrium, confessio, memoria qui contenait les reliques d'un martyr cryptes
l Louis Bonnaud, Notions d'archéologie monumentale 1902 .
î Primitivement, les édifices ôlaienl nmverts d'une charpente apparente quand ils ii'èlnieul pas entièrement en bois. I "i fi équi m c incendies détermina la construction des cryptes, où 1 un mettait à l'abri les reliqnes •des --aints.
Vue in tu non ru du baptistère Suint-Juan, ù Poitiers
transept limitait les nefs et dessinait avec la principale une croix latine. Alors, la nef du milieu se terminait en avant du transept par un arc, appelé « arc triomphal » : c'était le commencement du chœur.
Les murs étaient toujours construits en blocage, revêtu d'un parement en pierres île taille : système qui fut pratiqué jusque sous les Carolingiens. Dans la plupart des églises, la nef centrale était seule éclairée par des fenêtres; les bas côtés étaient surmontés dune tribune, destinée en général aux femmes, el qui prenait jour sur la nef centrale. La charpente du toit, primitivement au moins, était directement soutenue par une colonnade, empruntée le plus souvent à quelque monument antique, et qui servait en outre à séparer les nefs dans le sens de la longueur. Des plaques de marbre
de différentes couleurs revêtaient les murs et encadraient des mosaïques rehaussées d'or, mais d'un dessin barbare et naïf, connue les sculptures de la même époque. Le sol était également pavé de mosaïques et l'église était ornée de tentures somptueuses.
A la plupart des églises importantes l'Iail adjoint un baptistère, petit édifice affectant la forme ronde, octogonale, parfois aussi rectangulaire, el toujours isolé primitivement : disposition nécessaire, car le baptême se donnait alors par immersion. Une large piscine occupait le centre de l'edllice, el un aillcl
l'un des côtés. L'ornementation intérieure consistait en colonnes el en mosaïques. Les baptistères de l'époque l'iampie ont presque toujours disparu avec les églises; il en reste cependant un speeinien assez, complet : le baplis 1ère Sainl-.li'an . a Poitiers, bien que i es lauré à di Hercules époques, présente en (tue à l'intérieur la disposition primitive. Pendant la même époque apparut la tour-laiilcriui ou campanile, qui m mou lui généralement le cat i é du II ansept dans les édifices importants. Eli nu a I art gallo-romain , l'origin Je construction procède an doub i édi lice i ' i o .-,} i ien.s et bj unit in , doiil les
dispositions avaient prévalu dans tout l'Orient, étaient en grand honneur à Constantinople, et s'étaient répandues de proche en proche en Occident, où pendant la période suivante leur influence fut prépondérante dans l'architecture. Elle est très visible dans la chapelle de Saint-Laurent de Grenoble. A partir du vue siècle, les cloches prirent de telles dimensions que l'on aménagea des constructions spéciales (clochers) pour les suspendre.
La sculpture mérovingienne n'a produit aucune œuvre digne délie mentionnée. Cet art était tombé en pleine décadence. Les tailleurs d'images de cette époque étaient absolument incapables de rendre des êtres animés ou sculptés en ronde-bosse, ou, lorsqu'ils le l'ont, leurs œuvres ne ressemblent en rien à celles de l'antiquité. La sculpture franque es!
purement ornementale et plate : ce sont des découpures qui se détachent sur le fond de la pierre, des figures géométriques, des entrelacs, des feuillages gravés souvent en creux. Les sarcophages, qui aux époques antérieures sont chargés de sculptures, portent à peine, du vicau vme siècle, des cercles, des enroulements de pampres, des colombes, des vases, des monogrammes du Christ, indiqués le plus souvent d'une façon sommaire. Ils sont d'ailleurs constitués presque toujours par une cuve trapézoïdale de pierre, ou même par des plaques île plâtre assemblées.
La petite sculpture, la sculpture sur ivoire, n'est pas mieux partagée; il existe bien quelques feuillets d'ivoire représentant des sujets chrétiens et qui probablement remontent aux vie et vne siècles, mais ils ne peuvent être sûrement attribués à aucun imagier de la Gaule.
Quant à la glyptique, c'est-à-dire aux pierres gravées, il n'en existe pas d'autres que celles qu'a léguées l'antiquité et qui, précieusement recherchées, servent à rehausser les pauvretés artistiques de l'orfèvrerie gallo-franque, l'art cependant qui é'tait le plus prisé en ces temps
barbares. Au VIe siècle, le roi Contran lit exécuter, pour l'église Sainte-Bénigne de Dijon, des bas-reliefs en argent et vermeil où étaient représentées la Nativité et la Passion. Sous Dagobert 1er, saint Eloi fut aussi célèbre comme orfèvre que comme ministre : il fabriqua les châsses de saint Denis, de saint Germain, de saint .Martin de Tours.
Quelques spécimens seulement de petits objets d'orfèvrerie de cette époque ont échappé aux ravages du temps. Ce sont des boucles d'oreilles, colliers, fibules, agrafes, iliaques de ceinturon, poignées d'épée, etc., qui appartiennent à la variété dite orfèvrerie cloisonnée. On comprend sous ce nom des pièces où sont enchâssées, dans des alvéoles d'or ou des plaques ajourées de petites lames de pierres précieuses ou plus souvent de verre coloré, des cabochons et parfois des pierres gravées antiques. Longtemps un a cru que ce genre d'orfèvrerie était spécial aux artistes de la Gaule franque, mais eeiie opinion a dû être abandonnée. On a découvert en ell'el de nombreux bijoux de celte espèce un peu partout : en Italie, en Espagne, en Afrique, sur les bords de la r du Nord, au
Cercueils mérovingiens trouvés à Saint-Germain-des-Prés.
Boucle de ceinturon damasquinée d'argent.
Chasse du trésor de Saint-Maurice d'Agonne
Caucase, etc. Il est donc probable que si les
Bijou mérovingien
peuples germaniques ont donné à l'orfèvrerie cloisonnée une physionomie propre, ils n'en sont point les inventeurs : ils en sont redevables, comme de tant d'autres choses, aux artistes de l'Orient. Parmi les monuments de l'orfèvrerie cloisonnée les plus importants, on peut citer : l'épée et les bijoux trouvés dans le • tombeau de Childéric (aujourd'hui au Cabinet des médailles); le calice d'or avec son plateau trouvé à Gourdon (Saône-et-Loire;; la châsse de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agonne, etc.
Les lombes de la même époque n'ont livré que des céramiques grossières, à peine décorées de dessins géométriques, de chevrons notamment.
Il en est autrement de la verrerie, qui semble avoir été moins atteinte par la décadence et présente des formes qu'on peut croire propres aux peuples germaniques.
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/j/fr/.!^/ ^Jrli'lTrl, ^rl J'rX ^rl ?rl 'JYr/i l\rj
LES CAROLINGIENS. — Fragment d'un projet de Cnlholicon par Lambire (École des beaux-arts, à Paris). Précédé de Charles Martel et suivi de ses successeurs, Charlemagne, à côte de qui marche Witikiud, foule aux pieds de son cheval l'idole des Saxons