‹ Histoire de France illustréeChapitre 4 sur 182 · LA GAULE AVANT LES GAULOIS · texte numérisé non relu

LA GAULE AVANT LES GAULOIS

des disques de cardiura mélangés aux outils et aux armes de l'époque. Les grottes et abris naturels de PAriège, de l'Amie, de la Lozère, etc., mit été explorés avec fruit.

Les grottes artificielles sont creusées dans des bancs qui, comme la craie de Champagne, se laissent facilement entamer, tout, en présentant assez de résistance pour la solidité des galeries. Parmi ces

La Bretagne, particulièrement le département du Morbihan, est par excellence le pays des monuments mégalithiques, nom générique donm; aux dolmens, menhirs, cromlechs, en \[n mot à ces monuments de pierres juxtaposées, non équarries, que l'on a longtemps et à tort appelés druidiques, et qui se rencontrent dans des pays où le druidisme n'a jamais pénétré. L'île de Gavr'inis contient, la plus

Phot. Villaid.

La Table des marchands, à Locmariaquer.

Dolmen de Kervress, près Locmariaquer.

grottes, les unes sont d'une faible profondeur : les squelettes y sont disposés la tète vers les parois et séparés les uns des autres par des pierres plates; d'autres sont plus régulières : les squelettes sont moins nombreux, les objets et les armes, au contraire, beaucoup plus abondants; d*autres enfin présentent une construction infiniment plus compliquée : pour arriver à la grotte principale, on rencontre d'abord une avenue, puis une antigrotte généralement de petite étendue, finalement un couloir étroit qui fait communiquer la grotte avec l'antigrotte; l'usure du sol et des dalles prouve l'existence d'un rite : les parents rendaient visite aux disparus et leur apportaient des offrandes.

Plus tard, les monuments funéraires s'élevèrent à la surface du sol. On construisait, avec des blocs (1) bruts et juxtaposés, des cryptes funéraires {dolmens), parfois recouvertes de monticules artificiels (tumuli); le caveau pouvait être précédé d'une avenue de pierres (allée couverte). Aujourd'hui, sousl'action du temps, les monticules artificiels ont disparu en beaucoup d'endroits, et les dolmens sont à découvert. Les cryptes mégalithiques les plus anciennes, dont quelques-unes sont ornées de sculptures, doivent être considérées comme des ossuaires, des reliquaires. Dans la suite, leurs dimensions devinrent moindres, et l'on eut la tombe individuelle.

Les menhirsôu pierres levées sont de grandes pierres brutes plantées verticalement. On ignore leur destination; ce sont peut-être des colonnes funéraires, destinées à indiquer le chemin des sépultures, ou encore des colonnes commémoratives. Les cercles de pierres levées sont connus sous le nom de cromlechs; les plus considérables entouraient des sépultures.

Allée couverte de Bagneux, près Saumur.

(I) Ces blocs sont appelés mégalithes grande pierres), et les monuments qu'ils ont servi à édifier monuments mégalithiques ;du grec mégas, grand, et iithos, pierre).

belle crypte à allée couverte, Le tumulus du Mont-Saint- Michel (1), haut de 20 mètres, domine les célèbres alignements de Carnac (2), dont le sens est encore une énigme.

Non loin de là se voient : à Erdeven, d'autres alignements (3); à Locmariaquer, de superbes dolmens, particulièrement celui que l'on a qualifié de Table des marchands.

Les pierres employées à la construction des grottes sépulcrales et des dolmens sont souvent ouvragées : tantôt, comme sur les monuments bretons, les gravures sont formées de lignes irrégulières et de signes dont le sens nous échappe ; tantôt elles représentent des instruments, surtout des haches dont la forme varie suivant les pays. Certaines dalles sont gravées de cupules ou écuelles, sortes de godets creusés dans la pierre sans ordre apparent; d'autres ont été grossièrement ornées de figures humaines.

Le mobilier funéraire est très divers : outils, parures, amulettes, flèches, perles de turquoise, haches de fibrolite grenue et de jadéite en Bretagne, de fibrolite fibreuse en Auvergne, etc.

On a découvert, dans de nombreuses grottes, des ossements calcinés et même incinérés complètement. Faut- il voir là une preuve de cannibalisme chez nos ancêtres ou l'accomplissement d'un rite? El de même la trépanation était-elle simplement une opération chirurgicale? On ne sait, mais les praticiens qui l'opéraient étaient, lies ha biles, puisqu'ils devaient opérer par fmi-

Phot. Coué.

Céramiques des dolmens (Musée de SainKiei'inain).

i Ne pas confondre ce lumi granitique du même nom, cél bre '

et qui, administrativemenl est aujou dans le départemenl : ' tam he.

' Les alignemenl trois groupes : ci lui du \1> de Kermario - ... me ih i 262 menhii

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