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Sceau de Jean sans Terre.
Sceaux de Richard Cœur de Lion.
opérations avec une science remarquable pour l'époque, el l'effet moral produit par la prise de la puissante forteresse fui si décisif que Jean sans Terre ne songea même plus à défendre 1rs autres places qui lui restaient encore en grand nombre dans le pays. Bientôt maître de Uouen (1204), Philippe Auguste s'empara de la Normandie (1 , du Maine, de la Touraine, ri. reçut la soumission de l'Anjou. Pendant ce temps, Arthur, chargé d'occuper le Poitou, avait été écrasé par les Anglais à Mirebeau 30 juillet 1202 : enfermé au château de l'alaise, il fui plus lard transféré à Rouen où Jean n'hésita pas à l'assassiner (1203 ou 1204).
On a dit que Jean sans Terre, ayant tué son neveu, avail été condamné à mort el déclaré déchu de tous ses fiefs, ainsi que de la couronne d'Angleterre, par un tribunal créé tout exprès : la Cour des pairs. Or, l'assassinat d'Arthur esl postérieur à la condamnation de Jean, qui se place dans la quinzaine de Pâques 1202 el qui fut prononcée, non par une cour spéciale, mais par la cour du roi curia régis), lin réalité, les possessions anglaises furent adjugées au roi de France par application du droil de cum-
Sceau d'Arthur de Bretagne.
i Pendanl l'expédition contre Jean m Terre, l abbaye du Mon! Sainl Vli< lie! fui a ii -■'■>' par ' i u \ de Thouars qui, ne pouvant la prendre, y mil le feu. L'abbaye ôtanl de\ enue vassale du roi de t'i ance i lui ci donna
-m s importantes pour I édification de lu l/< i •
veille, cel admii able ensi mble de con i m lion qui, de 1203 h 122 i m le flanc septen-
trion d du muni.
IIISTOIIIR DE FRANCE
Vue des ruines du château de Falaise (Calvados).
mise, qui autorisait la confiscation du fief en cas de désaveu ou de félonie (1).
Un coup mortel était porté à l'empire angevin, qui avait été plus puissant sur le continent que la monarchie nationale, et Philippe Auguste, pour se rendre favorables les pays annexés, les dota immédiatement de bonnes institutions administratives.
Coalition contre la France. Bataille de Bouvines (1214). — La rivalité de Philippe Auguste et de Jean sans Terre continua après la perte des liefs que ce dernier avait possédés dans l'ouest de la France. Le roi d'Angleterre chercha des alliances au dehors, particulièrement en Flandre et en Allemagne, où son neveu Otton IV succéda en 1208 à Philippe de Souabe, mais il eut l'imprudence de si' brouiller avec l'Eglise d'Angleterre et avec le pape, en prétendant
(1) Telle esl la thèse soutenue par Charles Bémont (lit>rue historique, 1884, l. XXXII). 1'. Guilhiermoz pense an contraire qu'il y a eu deux arrêts rendus par la cour du roi de France contre Jean sans Terre, l'un à Pâques 1202, en vertu duquel il l'ut déclaré déchu de l'Anjou, du Maine el du Poitou; l'autre à Pâques 1203, en vertu duquel il lui forbanni pour le meurtre d'Arthur
et qui servit de litre à la confiscation de la Normandie. Relative ut à la
constitution du tribunal, I'. Guilhiermoz pense que le besoin d'avoir une cour indiscutablement compétente pour juger le mi d'Angleterre dans une affaire d'un caractère purement féodal amena Philippe Auguste à mettre en activité, en 12U2 au>>i bien qu'en 1203, une cour spéciale des pair-, constituée par des
juges égaux à l'accusé dans la hiérarchie féodale. Il restaure ainsi la il 'ie
ancienne qui rattachait à la condamnation de Jean sans Terre la création de la cour di's pairs, mais en reconuaissanl l'égale importance ,i ce point de vue des deux condamnations de 12112 ci de 120.1, cl en envisageant celle hisiilutiou non plus comme une création spontanée sortie des légendes carolingiennes, mais comme un organe rationnellement constitué, en vertu du droit féodal. Bibliothèque '/<■ l'École des Charles, janvier-février 1899.) — Voir, sur l'état de la question, la communication d'Achille Luchaire à l'Académie des Sciences morales el politiques (février 1900).
donner à l'une de ses créatures le siè^c archiépiscopal de Canterbury. Lorsqu'il apprit qu'Innocent III l'avait excommunié
et que Philippe Auguste était chargé de le déposséder de sa couronne, il se prépara tout d'abord à la résistance; puis, redoutant l'issue de la lutte et désireux, d'autre part, de rentrer eu grâce auprès du Saint- Siège, il lit don au pape de ses États et consentit à les tenir en fief du souverain pontife (1213).
Philippe Auguste, qui allait mettre à la voile, dut suspendre sou expédition, el il se tourna alors vois le comte de Flandre, Ferrand, qui soutenait la cause de Jean sans Terre avec toute l'ardeur que lui inspirait sa haine contre le roi de France. La Hotte qui devait transporter les chevaliers français en Angleterre fut dirigée vers les côtes de Flandre : elle lut en grande partie détruite à Damme, el Philippe Auguste se vengea en imposant de folles rançons aux villes de Bruges, d'Ypres, de (iand, en même temps qu'en détruisant les fortifications de Lille et de Cassel.
L'année suivante (1214), Jean sans Terre forma contre son ennemi une coalition où entrèrent Ferrand, comte de Flandre, Renaud, comte de Boulogne, Henri, duc de Brabaht, l'empereur Otton IV, qui voyait avec inquiétude l'accroissement de la puissance capétienne. Il fut convenu que Jean attaquerait les Français dans le Poitou, tandis que ses alliés envahiraient notre pays par le nord.
Le début des hostilités fut défavorable aux coalisés : Jean sans Terre, débarquant à La Rochelle, s'était emparé d'Angers et avait mis le siège devant La Roche-au-Moine, mais il s'enfuit à l'approche de Louis de Fiance.
Philippe Auguste tint tète à l'orage dans le Nord. Les seigneurs, les chevaliers, les milices communales répondirent à son appel, et les ennemis se rencontrèrent à Bouvines (27 juillet 1214). L'armée confédérée comptait plus de quarante mille hommes répartis en trois colonnes : le comte de Flandre et ses chevaliers; l'empereur et les Allemands; le comte de Boulogne, les Brabançons et les Anglais; celle de la France, vingt-cinq mille, sous les ordres du dur de Bourgogne, du roi de France (au centre) et des comtes de Dreux et de Pouthieu. Au moment où Otton attaqua Philippe Auguste, celui-ci avait donné l'ordre de battre en retraite, et l'armée franchissait le pont de Bouvines, sur la Marcq. Aussitôt les deux armées prirent position, celle d'Otton sur un plateau, celle du roi de France en face. L'action s'engagea : Otton eut un cheval tué sous lui et faillit être fait prisonnier par Guillaume des Barres, à qui le roi de France dut son salut et qui mit en désordre l'infanterie allemande. Finale-
nt, les Anglais et les Brabançons furent taillés en pièces, et, après
six heures de combat, les coalisés abandonnaient le champ de bataille, laissant, un grand nombre de morts et de blessés. Le soir, lorsqu'on eut amené les seigneurs faits prisonniers, et parmi ceux-là Renaud de Boulogne, les comtes de Flandre et de Salisbury, le roi se montra miséricordieux et leur accorda la vie, mais non la liberté. Il les fil enchaîner sur des chariots et on les emmena vers Paris. « Tous les habitants, écrit un chroniqueur, accouraient de toutes paris pour voir un si grand triomphe. Les cloches sonnaient à carillon; les monastères étaient ornés dedans et dehors de draps de soie; les rues et les maisons des bonnes villes étaient vêtues et
Navires du moyen âge, d'après les sceaux ; de gauche à droite : Damme, Nieuporl, SainL-Sébastien, Amsterdam, comte de Rutland.
LKS CAPETIENS DIRECTS
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La Bataille de Bouvines, par Horace Vernet (Musée de Versailles)
parées de courtines; les voies et les chemins étaient jonchés de rameaux d'arbres verts et de Heurs nouvelles. Les paysans et les moissonneurs, interrompant leurs travaux et suspendant leur taux au cou, se précipitaient vers les chemins, pour voir enchaîné le redoutable Ferrand, comte de Flandre. Ils lui disaient que maintenant il était ferré, lui qui jadis ruaiL et levait le talon contre son inaille. »
('elle victoire eul un grand retentissement. Elle affirmait pour la première fois la puissance de la royauté capétienne. Pour la première lois, un roi s'était trouvé à la tète d'une armée vraiment française, et toutes les classes de la Société avaient pris part au combat.
La défaite des alliés à Bouvines entraîna la chute d'Otton en Allemagne et provoqua en Angleterre une révolte contre Jean sans Terre, qui dut octroyer à ses sujets la Grande charte. Ayant violé cet acte, origine des libertés britanniques! il vit sa noblesse prononcer sa déchéance et appeler au trône Louis de France. Louis plus tard Louis VIII arriva à Londres et les grands lui pré 1ère ni hommage; mais, à la mort de Jean 1216 . le pape donna son appui au fils aîné du défunl Henri III : un revirement se produisit et Louis VIII, ballu à Lincoln, dul revenir en France 1217 , renonçant pour toujours à ses prétentions sur l'Angleterre.
Quatrième Croisade. — Philippe Auguste ne pi il aucune part à la quatrième croisade 121)2-1204 . entreprise sur les instances du pape Innocent III et qui aboutit à la fondation de l'empire lu Un de Couslantinople 1 .
La Croisade albigeoise. Philippe Auguste laissa son fils Louis de France se croiser contre les hérétiques <lu Midi ou Albigeois I , mais il refusa d'intervenir directement et formellement dans le conllit, dont il avait préféré attendre l'issue pour en tirer profit au gré des circonstances. La domination capétienne, en ell'et, ne s'était jamais exercée réellement dans le Languedoc, où s'était développée une civilisation originale, liés différente de celle du Xord et où l'Église catholique élail moins puissante que dans le reste de la France. Philippe Auguste, sans se désintéresser des événements, ne voulut pas sacrifier à un résultat incertain les avantages de sa politique contre l'Angleterre.
Gouvernement de Philippe Auguste. Extension de l'autorité royale. Philippe Auguste dit un jour ù ses conseillers : le
i Voir p. lit Croisade albigeoise) ni lu [Quatrième Croisade)
veux qu'à la lin de mon règne la royauté soit aussi puissante qu'au temps de Charlemagne. » Il fit, en effet, beaucoup pour les progrès de l'autorité n archique. Il lutta victorieusement contre l'Angleterre, agrandit le domaine royal el obligea les grands vassaux, malgré l'appui de l'étranger, à respecter la couronne. Il combattit la féodalité à la fois par les armes el par d'heureuses réformes.
Il invoqua contre les grands feudataires les principes mêmes du droit féodal, el l'on a vu qu'il se servit de la commise, sanction de son droit de suzerain, pour se l'aire adjuger 1rs possessions de Jean sans Terre. Hors du domaine, où il ne pouvait exercer directement le pouvoir législatif, il obtint des barons, dans des conseils féodaux, que la loi royale fût étendue à leurs seigneuries : les ordonnances rendues après ces consultations prenaient le nom d' « établissements », slabilimenta. L'établisse ment des fiefs ou règlement sur les successions réodales stipula que, lorsqu'un lief serait aliéné ou partagé entre plusieurs personnes, l'acquéreur ou les coparlageanls le tiendraient tous direclemcnl du suzerain.
Philippe Auguste s'efforça aussi rie restreindre les guerre pi entre les seigneurs, pratique qui étail devenue une prérogative féodale. La guerre unglobauldu plein droit luul le lignage en cause el
HISTOIRE DE FKANCK
pouvanl être ouverte par une simple dispute ou par une rixe, il en résultait que des parents pouvaient être attaqués à l'occasion d'un l'ait dont ils n'avaient pas eu connaissance et sans avoir pu se mettre sur leurs gardes. Pour prévenir cette injustice, Philippe Auguste, confirmant sans doute une coutume, décida que les actes de guerre ne pourraient être commencés que quarante jours après l'ouverture des hostilités contre ceux des parents qui n'auraient pas été présents à l'origine du différend : celui qui violait la quarantaine le roi commettait un crime de haute trahison dont la poursuite appartenait aux hauts justiciers seuls.
Vis-à-vis du clergé, Philippe Auguste ne craignit pas non plus de faire sentir l'autorité royale. Il obligea les évèques à remplir le service de cour, à subvenir aux frais des guerres, à fournir le service d'osl et de chevauchée par eux ou par leurs hommes. Il mit un frein aux empiétements îles juridictions ecclésiastiques.
Philippe Auguste avait si bien consolidé le pouvoir monarchique que, le premier de tous les Capétiens, il crut pouvoir se dispenser de faire couronner son fils de son vivant.
Les grands officiers de la couronne. — Les Capétiens, comme les Carolingiens, avaient autour d'eux un certain nombre de grands officiers. Ue ce nombre était le sénéchal ou intendant. chargé, en même temps que de la table royale, de l'administration de la guerre et de la justice. Philippe Auguste, jugeant ce fonctionnaire trop influent, supprima la fonction elle-même. Il donna l'administration de l'armée au connétable ou chef des écuries, et celle de la justice au chancelier, qui était un ecclésiastique, le chapelain de la chapelle royale. Le chancelier avait la garde du sceau. On voit que les grands officiers de la couronne continuaient d'exercer des fonctions domestiques dans le palais, en même temps qu'ils avaient des attributions politiques et administratives.
Baillis et sénéchaux. — L'accroissement du domaine royal sous Philippe Auguste amena ce prince à créer une nouvelle charge, celle des baillis. Jusqu'à la fin du xne siècle, la monarchie n'eut d'autres agents locaux que les prévôts [prsepositi , créés sans doute par Robert II et investis, au début, d'attributions multiples administratives et judiciaires; mais le loi ne les tenait pas entièrement dans sa main, et le sénéchal, retenu à la cour, les surveillait, mal. L'institution des prévôts étail donc devenue insuffisante pour assurer les rapports du pouvoir central avec les possesseurs des grands fiefs et affermir l'autorité royale. Philippe Auguste se servit des baillis pour restreindre l'action et les exactions des prévôts, de même que Richelieu devait au wir siècle étendre le pouvoir des intendants pour contre-balancer celui des gouverneurs de province.
C'est avant de partir pour la Terre sainte, en 1190, qu'il réglementa la fonction baillivale connue un démembrement du pouvoir jadis exercé par le sénéchal. Les baillis, agents d'ordre supérieur placés au-dessus des prévôts, étaient chargés de les surveiller et représentaient le roi dans une circonscription plus ('■tendue que le ressorl de la prévôté. Nommés par le conseil royal el salariés par le Trésor, ces fonctionnaires étaient des agents à la fois politiques, administratifs, financiers, comptables, militaires et judiciaires.
Dans le midi el l'ouest de la France, les baillis lurent appelés s< néchaux.
Philippe Auguste et les villes. Mieux que ses prédécesseurs, Philippe Auguste sut comprendre tout le parti que la monarchie pouvait tirer du mouvement d'émancipation des villes. Alors que, sous Louis VI el sous Louis VII, les communes n'avaienl trouvé' dans la royauté' qu'un secours hésitant et un appui constamment révocable, sous Philippe Auguste et sous ses successeurs il y eut une véritable alliance entre la monarchie et la bourgeoisie. Le roi fonda ou consolida les libertés municipales dans un grand nombre de cités et étendit sou autorité sur les communautés urbaines et rurales, au détriment t\<^ seigneurs locaux. Un des procédés auxquels il recourut fréquemment consistait, à placer des villes ou îles villages sous la. protection loyale. || en résultait pour ces communautés une grande sécurité, el l'on vil. même souvent de petits seigneurs laïques ou ecclésiastiques associer le roi à leurs droits de souveraineté pour créer des villes neuves. Le nombre des ordonnances de Philippe Auguste relatif aux communes et aux villes privilégiées montre quelle importance ce souverain attachait à leur développement.
Protecteur des villes contre les seigneurs, il les fortifia et les embellit. Paris, sa résidence, comptait environ 120000 habitants, qui s'entassaient dans les maisons basses el, peu confortables de ses trois cents rues. Il fit construire des halles, des couvents, des hôpi-
taux et clore de murs h' principal cimetière. Il bâtit le Louvre, qui ne fut d'abord qu'une grosse tour défendue par d'épaisses murailles; il entoura la capitale d'une nouvelle enceinte flanquée de hautes tours. .Notre-Dame, dont la première pierre axait été posée sous le règne précédent, fut presque entièrement achevée. l'n jour qu'il prenait l'air à une fenêtre du Louvre, de lourdes voitures chargées
Plan de Paris sous Philippe Auguste.
de matériaux vinrent à passer devant le palais; les pas des chevaux, le mouvement des roues, remuaient une boue épaisse d'où se dégageait une odeur détestable : Philippe Auguste en fut tellement incommodé qu'il donna des ordres pour que les voies les plus passantes fussent, pavées de grès.
Les écoles de Paris, qui étaienl très fréquentées, furent groupées et formèrent l'Université, à laquelle le roi accorda d'importants privilèges (1200). Des maîtres célèbres y enseignaient les sciences de l'époque à îles étudiants accourus de tous les points de l'Europe.
Philippe Auguste se préoccupa aussi de favoriser le commerce et l'industrie et, accorda des privilèges aux corps de métiers. Il prit même des mesures pour attirer les commerçants étrangers sur les marchés français. Malheureusement, les campagnes n'étaienl pas sûres el les grands chemins étaient infestés de hordes de pillards, (in vil se constituer quelques confréries qui essayèrent, comme les Capuchonnés «lu l'uy, de détruire le brigandage, mais le clergé et la noblesse s'ellïa yèrenl de ce mouvenienl populaire el les « confrères » furent traités en ennemis de l'ordre.
Louis VIII (1223-1226). Le règne de Louis VIII lut comme la suite et, le complément de celui de Philippe Auguste : le lils, inférieur au père par l'intelligence, s'entoura des mêmes conseillers, s'inspira des mêmes principes politiques, des mêmes procédés de gouvernement.
Deux grands desseins occupèrent son activité : l'abaissement de l'Angleterre, la. ruine des hérétiques du Midi. Poursuivant L'exécution de l'arrêt de Liléi, si brillamment inaugurée par la complète de la Normandie et, de l'Anjou, il se loiiriia vers le Poitou, traita avec Hugues X de Lusignan, qui entretenait des intelligences avec Henri III d'Angleterre, réunit, des troupes à Tours, occupa .Niort, Saint -Jean-d'Angely , el, après un siège, l'importante ville de La Rochelle : il donnait, ainsi à la royauté un grand port sur l'Océan et préparait la confiscation des fiefs des Lusignan.
Il eût conquis de même la Gascogne, Sceau de Ljuis vin. s'il n'avait été sollicité par le pape
LES CAPETIENS DIHECTS
Honorais III de se croiser contre les Albigeois I . Après avoir assiégé el pris Avignon, il entra en maître dans le Languedoc, où il maintint. l'organisation administrative imaginée par Simon
de Monll'ort. Il revenait à l'a ris en l"2"2li. lorsqu'il mourut à Montpensier en Auvergne, victime d'une épidémie de dysenterie qui décimait son armée (1226).
Progrès du pouvoir monarchique. — Louis VIII sut maintenir très haut l'autorité monarchique. Il se sentit même assez fort pour relever les grands offices de la couronne, auxquels Philippe Auguste avait cru prudent de ne pas donner de titulaires, mais il prit toutefois ses sûretés contre les tentatives d'indépendance qu'auraient pu faire les détenteurs de ces hautes charges.
Au lieu de réunir les assemblées de barons et de prélats à des époques fixes, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, par exemple à l'occasion des grandes fêtes religieuses, il ne les convoqua plus que lorsqu'il eut besoin de les consulter.
Il ne montra pas moins de fermeté que son père à l'égard des évèques. Il fit strictement respecter le droit de la royauté sur le service d'ost et la régale dus par les diocèses, et exigea des évèques, aussitôt qu'ils étaient confirmés, le serment de fidélité, sous peine de confiscation de leurs revenus. Comme ses prédécesseurs, il prodigua d'ailleurs aux églises l'argent, les terres et les privilèges, et les protégea même contre ses propres officiers.
Il témoigna aux classes populaires une certaine bienveillance, qui se manifesta par l'affranchissement des serfs d'Asnières-sur-Oise et la suppression de la mainmorte dans le Berry.
Louis VIII mérite de ne pas passer inaperçu entre les rèimes de Philippe Auguste et de Louis IX. Cet esprit médiocre copia son père, mais avec une obstination énergique et persévérante, qui justifie suffisamment son surnom de Louis le Lion (2).
BIBLIOGRAPHIE
Sources : Rigord, Histoire de Philippe Auguste. — Guillaume le Rreton, Histoire du roi Philippe (en prose) et la Philippide (poème).
Ouvrages à consulter : Cartei.lieri (A.), Philippe II Auguste, roi de France 'en allem., Leipzig, 1899-1010,3 vol.). — Delisle (Léop.), Catalogue des actes de Philippe Auguste '185fij. — Esmein (A.), Cours d'histoire du droit français 3e partie;. — Pc.tit-Dutaillis (Ch.), Étude sur la vie et le règne de Louis VIII 1894). — Richard (A.), Histoire des comtes de Poitou, 778-1Î04 '1903, 2 vol.).
Saint Louis enfant et Blanche de Castille, par Cabanel (Panthéon).