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SCULPTURE DU MOYEN AGE
Porche de l'église Saint-Trophime, à Arles.
Porche de l'église de Saint-Gilles (Gard).
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Porche de l'église de Moissac (Tarn-et-Garonne).
Portail méridional de la cathédrale de Chartres.
SCULPTURE DU MOYEN ACE
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Le Jugement dernier; tympan de la cathédrale de Bourges (Cher).
Vieillard de l'Apocalypse (Chartres).
Vieillard de l'Apocalypse (Chartres).
Saint et sainte (Char'
Pilier de la l'açade de la cathédrale de Chartres.
La Visitation (Chai
SCULPTURE DU MOYEN AGE
La Vierge et l'enfant Jésus Ivoire du xm" siècle (Louvre).
Triptyque reliquaire provenant de l'abbaye de Floreffe (xii* siècle) [Musée du Louvre].
Le « Beau Dieu » d'Amiens.
Figures du tympan de l'église de la Madeleine à Vézelay (Yonne).
La « Vierge dorée » d'Amiens.
SCULPTURE DU MOYEN AT.E
Clôture du chœur de la cathédrale d'Amiens (Histoire de saint Firmin).
Figures du tympan de la Madeleine, à Vézelay.
Couronnement de la Vierge (Ivoire 'lu xir siècle) [Louvre j.
seigneurs de celte période méritent également d'être mentionnés; l'art ogival les a marqués de ses caractères particuliers : tombeaux avec arcades adossés aux murs des églises, tombeaux isolés, dalles funéraires, ils offrent généralement l'effigie du mort couché, les bras en croix, son chien à ses pieds. Évêque, le mort tient la crosse; chevalier, l'épée.
La peinture. — Le plus grand nombre des œuvres picturales correspondantes à la floraison de l'art gothique ont disparu; il en subsiste assez cependant pour que l'on puisse affirmer que les peintres se montrèrent durant cette période à la hauteur des architectes et des statuaires : fresques de Saint-Savin, près de Poitiers (xie siècle), de la chapelle du Lizet (Indre-et-Loire), attestant les unes et les autres l'imitation de l'art byzantin; de Saint-Jean de Poitiers, de Saint-Saturnin de Toulouse, de la salle capitulaire des Templiers à Metz, de l'église haute de la Sainte-Chapelle, à Paris. Les artistes de ce temps ne se bornaient pas à la fresque; ils peignaient aussi à la colle, à l'œuf, à l'huile. Ce dernier procédé est clairement décrit par le moine Théophile, qui vivait au xne siècle: on ne l'employait que sur des panneaux que l'on pouvait faire sécher au soleil, les siccatifs étant inconnus. L'or était fréquemment utilisé, non seulement pour rehausser les figures dans les compositions peintes sur panneaux mobiles, les diptyques, les autels, les meubles, mais même dans les peintures monumentales. Mais c'est dans la peinture sur verre qu'excellèrent les artistes gothiques, et les écoles des verriers de l'Ile-de-France et de la Champagne essaimèrent dans toute l'Europe (verrières du Mans, de Saint-Denis, de Sens, de Poitiers, de Chartres, de Paris [roses de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle], de Rouen, de Reims [Saint-Remi], de Bourges).
Les arts mineurs. — La miniature suivit les progrès de la peinture et du vitrail, et Paris fut jusqu'au xiue siècle le centre d'une école miniaturiste très originale, qui paraît avoir subi ultérieurement l'influence anglaise. Comme dans l'architecture, on distingue ici un style roman et un style gothique. Au xme siècle appartient le célèbre psautier de saint Louis, conservé à la Bibliothèque nationale.
Les tapisseries constituèrent le principal élément décoratif du moyen âge, mais c'est surtout à partir du xive siècle que les métiers tissèrent leurs plus belles lisses.
Les orfèvres appliquèrent surtout les ressources de leur talent à la décoration religieuse : châsses, reliquaires, croix, crosses, ciboires. Limoges possédait une école d'orfèvrerie depuis les temps gallo-romains. Les châsses, destinées à recevoir les corps ou les ossements des saints, eurent d'abord la forme de coffres ou de cercueils; on les fit en bois, avec des bandes de cuivre, d'argent ou d'or, puis en argent et en or massifs, et on les orna souvent d'émaux ou de pierreries. Au xme siècle, on leur donna de préférence la forme d'une petite église gothique.
Certaines châsses élaient célèbres : la châsse de Notre-Dame, à Notre-Dame de Paris, d'argent doré et repoussé; la châsse de Sainte-Geneviève, détruite pendant la Révolution.
Grand orgue à soufflerie et à double clavier (Miniature de Cambridge, xne siècle).
Concert et instruments de musique (Miniature d'un manuscrit du xme siècle).
La musique. — Dès
les premiers siècles de la monarchie, la France af-
La maison dite des ménétriers, à Reims (xm" sièclo).
firma son goût pour la musique ; Clovis envoyait un joueur de cithare à Théodoric, qui lui adressait en retour un joueur de harpe.
Naturellement, c'est le chant religieux qui régna d'abord dans les Gaules aux premiers temps du christianisme ; mais si les premières hymnes chantées dans nos églises étaient dues à saint Ambroise de Milan, il ne faut pas oublier que le superbe plain-chant du Pange lingua est attribué à saint Mamert, évêque de Vienne au ve siècle; celui du Vexilla régis à Venantius Fortunatus, qui vivait au vie siècle, et que d'ailleurs c'est un Gallo-Romain, saint Hilaire de Poitiers, mort en 367, qui est le plus ancien compositeur d'hymnes latines. Dès le vine et le ixe siècle, la France possédait des théoriciens dont les noms sont restés célèbres : Alcuin, Remy d'Auxerre, Hucbald de Saint-Amand, Odon de Cluny, qui ont laissé d'importants traités de musique.
Après les hymnes viennent les proses, d'un caractère déjà plus
libre, d'un sentiment mélodique plus onctueux, mais sec, et où l'on sent déjà comme une sorted'interventiondel'élémentpopulaire. Adam, abbé de Saint-Victor au xne siècle, fut en ce genre l'écrivain le plus fameux et le plus fécond. On peut signaler un roi de France, Robert le Pieux, comme l'auteur de la prose Vent Sancte Spiritus.
Au xe siècle, la musique fait partie, à l'église, de la représentation des mystères, et on la trouve aussi mêlée à toutesles réjouissances publiques. La musique s'écrivait alors en neumes, caractères indécis dont il nous reste de nombreux spécimens dans les manuscrits célèbres des bibliothèques d'Oxford, de Londres, de Paris, de Montpellier, de Cambrai, de Copenhague, etc. Les instruments en usage à cette époque du moyen âge étaient la cithare, le psaltérion, le crowth (violon primitif), la harpe, la vielle à roue et la vielle à archet, diverses flûtes et diverses trompettes, sans oublier l'orgue à tuyaux et à soufflerie, qui avait acquis déjà une extrême importance.
Avec le xn° siècle on voit apparaître les mé-
LA SOCIETE ET LA CIVILISATION AU MOYEN ACE
Les cinq statues de la Maison des ménétriers, à Reims (Marne).
nestrels et les trouvères, qui vont donner au chant un caractère libre et éminemment populaire, et qui l'accompagneront avec des instruments, dont ils se servent eux-mêmes. Leurs compositions vont faire faire un grand pas à la musique profane, et grâce à leurs pastourelles, à leurs chansons, à leurs romances, à leurs lais, à leurs sirventes, à leurs jeux-partis, l'Église ne sera plus la seule à cultiver un art destiné à devenirune des gloires de la France. Sous ce rapport, les xue et xin° siècles sont une époque d'incontestable progrès.
La pastorale du trouvère Adam de la Halle, le Jeu de Robin et de Marion, est connue le germe de l'opéra-comique français. La chanson populaire prend son essor avec le sentiment de la tonalité moderne et la musique profane se sépare résolument de la musique d'église. Ménestrels <-i trouvères organisent entre eux des concours puys de musique , où triomphent Adam de la Halle, Adenel le Hoi, Giraut de Calenson, Pierquin de la Coupelle, Thomas Herier, Andrieux Contredit. Puis les ménestrels fondent à Cambrai, Arias, Bourg, Genève, des écoles de rnénestrandie. On voit fleurir
des organistes comme Perrotin le Grand, organiste de Notre-Dame de Paris, et Léon, autre organiste, surnommé Optimus notator; des « déchanteurs » harmonistes comme Jean le Fauconer, Théobaldus Gallicus, Jean Belin ; des poètes compositeurs comme Colin Muset, Aymeri de Payguilin, Bertrand de Born, Adam do la Bassée, Flajolet, les deux Monniot (de Paris et d'Arras , Gace Brûlé, sans compter les nobles seigneurs comme Hugues de Lusignan, Thibaut de Champagne, le châtelain de Coucy. Les châtelaines donnent dés 1 oncei ts de musique vocale et instrumentale.
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La science au moyen âge. — Ce sont les Arabes d'Espagn • qui, au point de vue scientifique, secouèrent la torpeur du vieux monde. Au xr siècle, ils fondèrent 1rs universités de Grenade el de Cordoue, pâles reflets de celle do Bagdad créée mois [es ^.bbâsides. Leurs mathématiciens développèrent l'héritage dis ^rcliim h dos Ptolémées. Ils devaient même révéler à l'Europe plu d u œuvre importante dont la version originale avail été égarée on perdue, par exemple les célèbres Éléments d'Euclide.
Léonard de Pise, qui avait été s'instruire auprès d'eux, lit c aîlre
l'algèbre à l'Occident. L'auteur du Liber A baci 1202 montra comment l'algèbre el la géométrie peuvenl se prêter un mutuel secours,
el il eut le mérite d'introduire en Europe l'usage des chiffres arabes.
L'Anglais Jean de Sacro-Bosco, qui vivait dans la première moitié du xme siècle, enseigna les sciences avec succès dans an collège de la Montagne Sainte-Geneviève, à Paris. Outre son Algorithme, il écrivit un traité sur la sphère qui renferma pendant longtemps toute la science astronomique. Une multitude d'écrivains le commentèrent et, après L'invention de l'imprimerie, on l'édita partout : à Ferrare, à Leipzig et à Paris. Le British Muséum de Londres en possède soixante-cinq éditions.
Les astronomes du moyen âge n'avaient d'autre instrument que le cadran solaire, des tubes sans lentilles, l'astrolabe inventé par Hipparque deux siècles avant notre ère et que divers observateurs, Ptolémée entre autres, avaient perfectionné.
Au début du xne siècle, Abélard, tout en professant avec éclat la philosophie, toucha à plusieurs sujets scientifiques. De son côté Albert le Grand émit sur l'infini des considérations curieuses; puis les calculateurs parisiens, du xnic au xve siècle, accumulèrent à foison les théories sur la quadrature du cercle. Baymond Lulle, alors qu'il occupait une chaire au collège des Franciscains de Paris, soutenait déjà d'importants principes mathématiques; il assimila le cercle à un polygone d'un nombre indéfini de côtés et la circonférence à une série de lignes droites infiniment petites.
L'alchimie. — L'alchimie jouit d'une grande vogue au moyen âge. Les alchimistes avaient pour objectif capital la recherche de la « pierre philosophale » et la connaissance du « grand œuvre» ou moyen de faire l'or. L'origine de cet art sacré remonte aux Égyptiens, puis les Arabes et les moines de Byzance s'y adonnèrent par la suite. Aux arguments métaphysiques des scolasliques, les philosophes hermétiques substituèrent l'observation expérimentale et, bien qu'ils aient émis nombre d'opinions erronées, la vérité sortit plus d'une fois de leurs creusets. Ils amassèrent ainsi petit à petit les matériaux de la chimie moderne en perpétuant à travers les âges la technique des arts et métiers.
Les plus anciens manuscrits chimiques que l'on possède actuellement sont les compositiunes ad tingenda, datant de la fin du vme siècle; la Mappse clavicula, contemporaine du xe siècle, et le Liber ignium, connu sous le nom de Marcus Grœcus et contenant, entre autres recettes incendiaires, la composition du feu grégeois (xiie ou xme siècle).
Ces trois ouvrages et leurs dérivés semblent des compilations de procédés opératoires transmis et remaniés par les générations successives d'alchimistes. Au
milieu des opinions contradictoires des auteurs, il est difficile de savoir au juste ce qui appartient en propre aux chercheurs français de cette période. Selon Berthelot, pour Arnauld de Villeneuve et Boger Bacon les attributions paraissent authentiques, pour Albert le Grand elles sont douteuses, et pour Baymond Lulle et saint Thomas d'Aquin entièrement fictives.
L'Arabe Geber (vme-ixe siècles) enseigna les préparations de l'eauforte (acide azotique) et de l'eau régale, qui a la vertu de dissoudre l'or, le « roi des métaux ». Il connaissait le sel ammoniac, le sublimé corrosif, la litharge, la pierre infernale. Il savait l'art de purifier les métaux précieux par coupellation. Soupçonnant l'existence et la matérialité des gaz, il indiqua l'importance de ces agents dans les réactions chimiques.
L'Occident latin, de Charlemagne à la Benaissance, ajouta peu à ces conquêtes scientifiques, mais le Paris du moyen âge dut les connaître de bonne heure.
Le célèbre moine anglais Boger Bacon fit dans la capitale de la France une partie de ses études. On lui attribue, comme on le sait, l'invention de la poudre. Albert le Grand, qui enseignait la philo-
Cadran solaire de la (Ce cadran n'a été placé
sophie sur la place Maubert, révéla peut-être à ses contemporains divers dérivés de l'acide azotique. Les ouvrages théologiques de
saint Tl îas d'Aquin ont fait reléguer au second plan son œuvre
scientifique : on lui a attribué, sans preuves d'ailleurs, la paternité de l'eau blanche et la fabrication des pierres artificielles au moyen d'oxydes ou île sels métalliques. Arnauld de Villeneuve (1248-1314) professa l'alchimie et la médecine à Paris et à Montpellier. On trouve dans ses œuvres la première mention de l'alcool, de l'acide sulfurique et de l'huile de térébenthine. Quant aux alchimistes purs, ils ont plutôt, par leurs pratiques cabalistiques, retardé les progrès de la science que contribué à son avancement.
La physique. — Boger Bacon possédait des vues exactes sur la réfraction et la réflexion de la lumière, les étoiles filantes et les fonctions de l'œil. Il décrivit assez fidèlement le phénomène de l'arc-en-ciel, dont il tenta une explication. De son côté, Vincent de Beauvais (xme siècle) s'occupa des miroirs étamés avec du plomb et de leurs propriétés optiques.
Sciences naturelles et médicales. —
Les sciences naturelles n'existent pour ainsi dire pas au moyen âge. Les naturalistes, — si tant est qu'on puisse donner ce nom à des commentateurs sans autorité, — se contentent de recopier Aristote ou Pline.
D'autre part, aucun herbarium ne mérite d'être tiré de la poussière des bibliothèques. La classification en est absente et les propriétés médicinales des plantes y sont complaisamment vantées. On n'a aucune idée de l'histoire de la terre, la Genèse suffisant à expliquer l'origine de l'univers. La minéralogie se borne à la description de quelques roches et à l'exposition des vertus thérapeutiques dont on gratifie certaines pierres précieuses : l'améthyste, souveraine contre l'ivresse; l'émeraude, qui guérit l'épilepsie; le jaspe, qui abat la fièvre, et le saphir azuré, purificateur des ulcères.
Dans les maisons-Dieu, on s'occupe de médecine pratique en s'inspirant d'Hippocrate et de Galien. En dehors de ces établissements, des charlatans et des barbiers appliquent au soulagement de la souffrance les recettes transmises par la tradition. Vers le xe siècle, quelques religieux allèrent étudier les sciences médicales a Salerne, près de Naples, et au Mont-Cassin, où les bénédictins avaient fondé une école célèbre. Ils s'y initièrent à la thérapeutique gréco-romaine, puis un peu plus tard aux procédés musulmans.
Au siècle suivant, les médecins juifs chassés d'Asie Mineure par les Arabes se réfugièrent en Espagne, puis en Languedoc, où ils fondèrent plusieurs universités, en particulier celle de Montpellier. En 1163, un concile tenu à Tours interdit aux clercs médecins les opérations sanglantes et en chargea exclusivement les chirurgiens qui, en 1278, formèrent une corporation particulière, la confrérie de Sainl- Cosme et Saint-Damien, agrégée plus tard à la Faculté de Paris.
Louis IX s'était entouré, pour partir en Palestine, d'un certain nombre de praticiens laïques et ecclésiastiques. Les chroniqueurs ont conservé les noms de Dudon, son médecin particulier, de son clerc Boger de Provins, du chirurgien Pierre de Soissons, du chanoine flobert de Douai et de la « phisicienne » Hersandis, qui assista probablement la reine dans ses couches, à Damiette.
BIBLIOGBAPHIE
Ouvrages à consulter : Berthelot (M.), Les Origines de l'alchimie (1885). — Marie (Ch.-Fr.-Max.), Histoire des sciences mathématiques et physiques (1883-1888, 12 vol.). — Maury (Alfred), La Magie et l'astrologie dans l'antiquité cl nu moyen âge (1860). — Pouchet (F.), Histoire des sciences naturelles au moyen âge (1853).
cathédrale de Chartres, devant la statue qu'en 1578 )
LA SOCIÉTÉ ET LA CIVILIS Vl'ION AU MOYEN AGE
Abélard et son école sur la Montagne Sainte-Geneviève », par François Flameng (Décoration de la Sorbonne).