CHARLES V LE SAGE (1364-1380Ï
Charles V et Du Guesclin. — Le dauphin Charles {-2) devint roi sous le nom de Charles V. A son avènement, la France était démembrée par le traité de Brétigny, accablée par une dette énorme, déchirée par les factions, ravagée par les Grandes Compagnies. Le nouveau roi était habile, prudent, réfléchi, fait pour gouverner et pour s'instruire. Trop faible pour être lui-même un homme de guerre, il eut la bonne fortune d'être servi par un adroit capitaine,
Les funérailles du roi Jean le Bon.
(Miniature d'un manuscrit français de la Bibliothèque nationale.
1 1 1 s r i.i i n E u E P range. — I.
(1) Philippe le Hardi, (ils de Jean le Bon (1363-1104). — Jean sans Peur. fdsdu précédent (1404-1419). — Philippe le Bon, fils du précédent 1419-1
— Chartes le Téméraire, lils du précédent (1467-1477).
(2) Charles V, fils de Jean II et de Bonne de Luxembourg, né au châl de Vincenncs en 1337, mort au château de Hcaulé-sur-Marne en 1380, épo (1350) Jeanne de Bourbon (1338-1377), fille du duc de Bourbon Pierre p ■', et qui lui donna, entre autres enfants : Charles, roi sous le nom de Charles VI, et Louis d'Orléans (1372-1407), ('-poux de Valentine de Milan. Les Valois- Orléans montèrent sur le trône dans la personne de Louis XII.
Couronnement de Charles V (Miniature d'un manuscrit français do la Bibliothèque nationale).
Bertrand Du Guesclin, et il sut donner au royaume, presque libéré de l'invasion anglaise, une administration réparatrice. Du Guesclin naquit, vers 1320, à La Motte-Broons. 11 était l'aîné de
Sceau et monnaies de Charles V.
dix enfants. La nature ne l'avait pas avantagé sous le rapport physique : teint brun, npz camus, yeux verts, larges épaules, stature moyenne, longs bras et petites mains. Ses manières étaient à l'avenant, et on lit dans une ancienne chronique :
Je crois qu'il n'est si laid de Rennes à Dinan. Camus était et noir, malotru et massant. Le père et la mère si le héaient tant.
Mais il était « rude, malicieux, divers en courage i) et n'avait pas son pareil pour les exercices du corps. Tout enfant, il ne rêvait que plaies et bosses, batailles et tournois.
Il n'avait que dix-sept ans lorsqu'il appela sur lui l'attention de la noblesse bretonne en se distinguant dans les joutes qui eurent lieu à Rennes, à l'occasion du mariage de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre.
La rivalité des maisons de Montfort et de Blois lui avait donné l'occasion qu'il cherchait de se faire une renommée sur les champs de bataille, l'artisan de la maison de Blois, il se distingua à Fougeray, à Rennes, et, comme capitaine de Pontorson, il lit aux brigands une guerre restée légendaire.
Défaite des Navarrais. — Bataille de Cocherel (1364). — Traité de Pampehme (1365). — Le meilleur auxiliaire des Anglais contre le roi de France, c'était le mi de Navarre, comme ce fut plus tard le duc de Bourgogne. Profitant d'une absence de Charles le Mauvais, retenu à Painpeluue. Du Guesclin envahil la Normandie. Le captai de Buch, Jean de Grailly, capitaine des possessions normandes du Navarrais, pari il d'Evreux en jurant d'aller jusqu'à Reims pour y troubler les fêtes du sacre.
Les forces ennemies se rencontrèrent à l'endroit où l'ancienne route d'Evreux à Vernon tra-
verse l'Eure, sur la rive droite de la rivière, à peu près à égale dislance d'Evreux, de Pacy, de Vernon et d'Acquigny, places fortifiées et occupées par les Navarrais. I.e captai prit position sur la hauteur de Cocherel et attendit immobile qu'on vint l'y attaquer. Mais Du Guesclin ayant donné, par feinte, le signal de la retraite, Jean Jouël et les Anglais descendirent impétueusement la colline, et les Navarrais pressèrent le captai de les mener au combat, .ban de Grailly céda à contre-cœur, plein de défiance : « Non, non, disait-il, c'est une ruse; jamais Du Guesclin n'a fui l'ennemi. »
Quand Du Guesclin aperçut les Anglo-Navarrais au bas de la hauteur de Cocherel, il fit faire volte-face à ses hommes d'armes. Jean Jouël lut tué, le captai fait prisonnier. « Pour Dieu! avait dit le capitaine breton à ses soldats, souvenez-vous que nous avons un nouveau roi de France. Que sa couronne soit aujourd'hui étrennée par vous; pour moi, j'espère donner au roi le captai pour él rennes de sa royauté. » Les Anglo-Navarrais se replièrent en déroute sur la forteresse d'Acquigny.
Charles V apprit à Reims, la veille même de son sacre, la victoire de Cocherel (16 mai 1364), qui détermina la conclusion du traité de Pampelune (I30o) : en échange de ses villes normandes, Charles le Mauvais acceptait la seigneurie de Montpellier, éloignée des possessions anglaises. Du Guesclin reçut le comté de Longueville et fut nommé lieutenant du roi en Normandie.
Fin de la guerre de la Succession de Bretagne. — Bataille d'Auray (1364).— Traité de Guérande (1365). — La paix de Brétigny avait laissé les partisans de Blois et ceux de Montfort réduits à leurs propres ressources. Le pape essaya bien de faire prévaloir une transaction, mais sans succès, et les hostilités recommencèrent.
Une terrible bataille s'engagea près d'Auray, assiégée par Jean de Montfort, le 29 septembre 1364. Les Anglais Jean Chandos et Robert Knolle étaient venus au secours de Montfort, qui s'était habi-
La bataille d'Auray (Miniature d'un manuscrit français de la Bibliothèque nationale).
LA GUERRE DE CENT ANS ET LA FIN DU MONDE FÉODAL
lemenl retranché sur une hauteur et dont il l'ut impossible de le déloger. Charles do lîlois, qui avait recouvré la liberté en donnant deux de ses fils en otage, fut tué par un fanatique; Du Guesclin, entouré d'ennemis, rendit à Chandos son épée brisée pendaui le combat; Beaumanoir fut l'ait prisonnier (1364).
Charles V se décida à reconnaître les droits de la maison de Mont fort, et le traité de Guérande (1365) lui valut l'amitié de la noblesse bretonne. La veuve de Charles de Blois reçut le comté de Penthièvre avec la vicomte de Limoges, et les femmes furent exclues de la succession du duché, tant qu'il y aurait « hoirs mâles descendants de la ligne de Bretagne ».
Cinq ans plus tard, Olivier de Clisson se réconcilia avec Du Guesclin dont il devint le meilleur auxiliaire. Élevé à l'école des Anglais, il sut retourner contre eux les leçons qu'il en avait reçues et, au point de vue de l'art de la guerre, il ne fut pas inférieur au connétable, dont il devait recueillir la succession.
Du Guesclin et les Grandes Compagnies.
Intervention en Castille.
— La victoire de Gocherel avait ruiné les espérances de Charles de Navarre, et maintenant la paix était faite en Bretagne. Malheureusement, le traité de Brétigny avait laissé sans emploi les Grandes Compagnies (voir p. 220). Du Guesclin résolut de débarrasser la France des bandes pillardes qui troublaient, rançonnaient et pillaient les populations. Il les prit à sa solde et les conduisit en Espagne pour soutenir Henri dé ïranstamare qui disputait le trône de Castille ù son frère, Pierre le Cruel, allié des Anglais et des Maures. Il leur promit de l'argent avec l'absolution de leurs crimes, et, arrivé en vue d'Avignon, il envoya à Urbain V la « c o nf ession » desbandits, mais lui demanda en même temps 200000 florinsqu'il leur avait promis au nom du pape. « On a coutume, répliqua celuici, de nous donner de grandes som -
mes d'or et Statue d'Olivie. de Clisson, par Febmiet.
Le château de Clisson (Loire-Inférieure)
d'argenl pour être absous de tout péché, et il faut que nous absolvions ceux-ci à leur vouloir, et encore que nous leur donnions du nôtre. C'est bien contre raison. » Lee seigneur pape » leva une contribution sur le peuple, mais Du (luesclin l'obligea à restituer aux ayants droit les sommes perçues et à en prélever le montant sur le trésor pontifical.
Les Compagnies, qui avaient déjà mis le Comtat au pillage, continuèrent alors leur roule et se dirigèrent sur Barcelone (1365).
Pierre le Cruel se réfugia aussitôt à Bayonne auprès du prince de Galles, qui accourut, fit Du Guesclin prisonnier à la bataille de Najera ou Navarette (1367), et l'emmena prisonnier à Bordeaux.
Le bruit se répandit bientôt que le prince de Galles ne rendait pas la liberté à Du Guesclin parce qu'il le craignait. Le prince, piqué, lit venir Bertrand et lui laissa le soin de fixer lui-même sa rançon. — « 100 000 doubles d'or, » s'écria Du Guesclin.
— Et comme le prince s'étonnait de ce chiffre (carie Breton n'était pas riche) : « Le roi de France en payera bien la moitié, Transtamare payera l'autre. D'ailleurs, il n'y a ni femme ni fille en mon pays qui ne veuille gagner avec sa quenouille de quoi me tirer de prison. » Bertrand partit pour chercher sa rançon et se rendit à Paris, fêté partout le monde sur sa route. Au retour, il rencontra des soldats prisonniers qui n'avaient pas d'argent pour se racheter. N'écoutant que les conseils de son grand cœur, il leur distribua le prix de sa propre rançon et arriva les mains vides à Bordeaux, au grand élon-
Monnaies de Pierre le Cruel.
nement des Anglais. Charles V, averti, lui lit porter de nouveau la somme.
Deux ans plus lard, Du Guesclin repassa les Pyrénées, et la victoire de Montiel 1369), suivie de l'assassinat, de Pierre le Cruel par Transtamare, rendil à ce dernier la couronne. La fiance eut i\\\ allié au delà des Pyrénées.
Tactique de Du Guesclin. Expulsion des Anglais. Pendant ce temps, Charles V avait réorganisé son royaume, négocié des alliances avec l'Empereur, le seigneur de Milan, Galéas il Visconti, les rois de Castille et de Portugal, marié son frère Philippe le Hardi à Marguerite de Flandre, et, comme ses prédécesseurs, fait alliance avec l'Ecosse, ennemie de l'Angleterre. Le despotisme
les exactions el même le brigandage des Anglais dans les i
que leur avail laissées le traité de Brétigny fournirenl à Charles V l'occasion île recommencer la lutte: il cita le prince de Gall comparaître devanl lui pour répondre des plaintes portées par les
HlSTOlItH DE FRANCE
soigneurs gascons (1369). « J'irai, répondit le prince .Noir, mais le bassinet en tète et avec 60000 hommes. » Le traité de Brétigny avait en effet abandonné l'Aquitaine à l'Angleterre en toute souveraineté, mais Charles V objectait que, les ratifications n'ayant pas été échangées dans les délais, la convention était devenue caduque, et il fit prononcer la confiscation de la Guyenne et de toutes les terres que les princes anglais possédaient dans son royaume.
La guerre éclate au nord et au midi. Le comte de Saint-Pol elle sire de Châtillon s'emparent du Ponthieu; le frère du roi, Louis Ier, duc d'Anjou, reprend le Rouergue et le Limousin; son autre frère, Philippe le Hardi, sera opposé à Jean, duc de Lancastre.
De son côté, le prince Noir, atteint d'hydropisie , ne pouvait plus monter à cheval ; mais, furieux de la mort de Jean Chandos, le meilleur de ses hommes de guerre, et de la soumission de Limoges qui venait « de se tourner française » sans doute à l'instigation de Du Guesclin, il se fait porter en litière sous les murs de cette ville, l'assiège, y entre au bout de six jours par la brèche, et y l'ait massacrer plus de 800(1 personnes, hommes et enfants (septembre 1370). Au mois de janvier suivant, la maladie l'oblige à retourner en Angleterre.
Du Guesclin, nommé connétable de France (1370), se garda bien d'attaquer en bataille rangée la redoutable infanterie d'Edouard III.
(i S'étant vite convaincu, a écrit Charles Malo, que la force principale des Anglais résidait dans la solidité de leur infanterie et dans la ténacité avec laquelle ils défendaient les positions qu'ils excellaient à choisir, il avait résolu de leur livrer bataille le moins possible, mais, par contre, de les harceler, de les tenir sans cesse
en haleine par d'innombrables actions de détail, et, en même temps, de leur enlever l'une après l'autre les nombreuses forteresses qui leur servaient de points d'appui. C'est, grâce à ce système de guerre, appliqué pendant dix ans, en Poitou, dans l'Angoumois, dans l'Aunis, en Saintonge, en Guyenne, en Auvergne, dans le Limousin, que ces provinces furent, presque entièrement arrachées aux Anglais, ville par ville, château par château. Souvent heureux, parfois repoussé, jamais découragé-, le connétable faisait des prodiges d'activité, d'habileté et de courage; il savait allier la ruse à l'audace et connaissait toute la puissance de la surprise. Ses marches rapides, — toutes les armées en avaient complètement perdu l'habitude depuis les Romains, — ses manœuvres hardies déconcertaient et décourageaient les Anglais, dont la stratégie, dès ce temps-là, était bien loin de valoir la tactique. Il s'entendait fort bien à disposer et à manier ses troupes, et les quelques défaites qu'il a subies ont toutes été dues à des circonstances indépendantes de sa volonté ou à une infériorité numérique trop manifeste, tandis que, au contraire, ses victoires sont bien à lui et méritées par les excellentes dispositions qu'il a su prendre. »
Il laissa donc l'ennemi se présenter inutilement devant des villes bien fortifiées, se fatiguer sans profit, s'affaiblir dans une guerre d'escarmouches. Si le prince Noir reprit Limoges, Du Guesclin poursuivit de province en province un des partisans anglais les plus redoutés, Robert Knolles, le battit (1372) près de Ponlvallain (Sarthe), et dirigea ensuite ses efforts vers le Poitou, dont la capitale lui ouvrit ses portes. Un échevin de La Rochelle. Jean Chaudrier, réussit
par un subterfuge à faire sortir la garnison anglaise pour permettre à Du Guesclin de pénétrer dans la ville, devant laquelle la Hotte du roi Henri de Castille, allié de Charles V, avait, Tanné.» précédente, battu la flotte anglaise, commandée par le comte de Pembrokë (1372). Du Guesclin occupa ensuite Saintes, Melle,
ïhouars el gagna
La mort de Du Guesclin.
Miniature des Grandes Chroniques (Bibliothèque nationale).
rine castillane. Malheureusement, produisaient en Bretagne.
importante victoire de Chizé (1373).
Le prince Noir était malade el
incapable de lutter. Edouard III nomma donc son fils Jean, duc de Lancastre, capitaine général du roi d'Angleterre en Fiance el lui donna .'50000 hommes avec lesquels le duc débarqua à Calais pour descendre par terre jusqu'à Bordeaux (1373). Philippe le Hardi le harcèle sans combattre, épuise ses forces au milieu d'un pays où l'Anglais ne rencontre que des campagnes désertes, des villes bien fermées. « Point de bataille », disait à ses capitaines Charles Y, plein des souvenirs de Crécy et de Poitiers. Ainsi le duc traversa toute la France, mais sans trouver une armée à combattre. La faim, les maladies, la misère, avaient réduit des deux tiers ses troupes découragées, et il ne put empêcher le duc d'Anjou d'achever la conquête de la Guyenne. Le vieux roi d'Angleterre, découragé, affaibli par l'âge, accueillit l'intervention du pape Grégoire XI.
Deux trêves furent signées en 1375, l'une partielle à Bourbourg, l'autre générale à Bruges, et renouvelées jusqu'à la mort d'Edouard lil (1877), dont le successeur Richard III n'était âgé que de dix ans. A leur expiration, Charles V décida de recommencer la lutte. Tandis que Du Guesclin prenait, ses sûretés en Normandie contre une trahison possible, du roi de Navarre, Charles V faisait ravager les côtes de Kent et de Sussex par la ruade regrettables complications se
Affaires de Bretagne. - Mort de Du Guesclin et de Charles V. - - Après le traité de Guérande, Jean IV de Montfort réserva toutes ses faveurs aux Anglais et finalement passa à leur parti. Du Guesclin ayant occupé Rennes, Vannes, Hennebont, il signa même un traité formel avec l'Angleterre (1872;, s'aliénant ainsi ses propres sujets et déterminant une vigoureuse campagne du connétable el d'Olivier de Glisson.
Charles V fit prononcer la Confiscation du duché (1378); mais les Bretons, qui, jaloux de conserver leur indépendance, s'étaient insurgés contre Montfort, se soulevèrent avec la môme énergie
Tombeau de Du Guesclin (Abbaye de Saint-Denis).
LA f, UER RI- DE CENT ANS ET LA FIN DU MONDE FÉODAL
contre la France et se groupèrent autour du prince qu'ils avaient chassé. Du Guesclin fut chargé d'assiéger Rennes; il échoua, et c'est alors que ses adversaires s'efforcèrent de le perdre dans l'esprit du roi en présentant sa conduite comme équivoque.
m C'est trop, dit le connétable, pour un homme de ma sorte d'être une seule fois soupçonné »; et il renvoya son épée.
Il la reprit sur les instances du roi, mais ne retourna plus en Bretagne, et partit pour les provinces du Centre, dévastées par les routiers.
Sa fin d'ailleurs était proche.
A Chàteauneuf-Randon, occupé par les Anglo-Saxons et assiégé par le maréchal de Sancerre, il conduisit, quoique malade, plusieurs assauts avec une telle vigueur que le gouverneur de la ville proposa de se rendre dans la quinzaine si d'ici là il ne recevait aucun secours. Lorsqu'il apprit que Du Guesclin était mort avant l'expiration du délai fixé, il n'en apporta pas moins les clefs de la ville sur le cercueil du connétable (1), dont les restes, sur l'ordre de Charles V, fuient inhumés à Saint-Denis (1380).
Charles V mourut deux mois après, en son château de Beautésur-Marne, le 16 septembre 1380.
Les Anglais ne possédaient plus dans le royaume de France, fortement réorganisé, que Bayonne, Bordeaux, Brest, Cherbourg et Calais.
Portrait et vie de Charles V. — D'une intelligence forte dans un corps débile, d'esprit modéré et prudent, en même temps bon et généreux, Charles V s'était fait une haute idée des devoirs d'un roi. 11 fut, comme saint Louis, d'une -dévotion sincère. Il était grand travailleur, s'appliquant aux études les plus sérieuses, et la vie réglée, sagement remplie, de ce prince politique ne ressemble guère à l'existence agitée de son prédécesseur. Ses habitudes journalières nous sont connues par Christine de Pisan :
« L'eure de son descouchier à matin estoit rigléement comme de six à sept heures. Après le signe de la croix, et, comme très dévot, rendent ses primieres parolles à Dieu en aucunes raisons, avec sesdits serviteurs par bonne familiarité se Iruffeoit (2) de parolles joyeuses et honesles. Après, luy pigné, vestu et ordonné, selon les jours, on luy apportoit son bréviaire. Environ huit heures de jour, alloit à sa messe, laquelle étoit célébrée glorieusement chascun jour à chant mélodieux et solemnel.
« A l'issue de sa chappelle, toutes manières de gens, riches ou povres, dames ou damoiselles, femmes, vefves, ou autres, qui eussent afaire, povoyant là bailler leur requestes; et il, très débonnaire, s'arrestoit à oyr leur supplications, desquelles passoit (3) charitable ni les raisonnables et piteuses; les plus
doubteuses commectoit à aulcun mâistrë de ses requestes.
« Après ce, aux jours députez (4) à ce, aloil au conseil; après lequel, avec luy aulcuns barons de son sang, ou prélat, se aucun cas particulier plus long espacé (5) ne l'èmpeschast, environ dix heures, asseoit à table; son mangier n'estoit
Le roi Charles V.
(Statues provenant de l'éj
mie (1) long, et moult (2) chargeoit de diverses viandes; car il disoit que les qualitcz de viandes diverses troublent l'estomac et empêchent la mémoire; vin cler et sain, sans grant fumée (3), buvoit bien trempé et non foison, ne de divers.
« Et, à l'exemple de David, instrumens bas, pour resjoyr les esperies, si doulcement joue/.
comme la musique peut mesurer son, oyoit volentiers à la fin de ses mangiers.
« Luy levé de table, à lacolacion (4), vers luy povoyent aler toutes manières d'estrangiers ou autres venus pour besongnier (5) : là trouvast-on souvent maintes manières d'ambassadeurs d'estranges pays et seigneurs, diverses princes estranges, chevaliers de diverses contrées, dont souvent y avoit tel presse de baronnie et chevalerie, que d'estrangiers, que de ceuls de son royaume, que, en ses chambres et sales grandes et magnificens à peine se povoit on tourner, et sanz faille (6), le très prudent Roy tant sagement et à si bénigne chiere recepvoit tous et donnoit responce par si moriginée (7) manière, et si deuement rendoit à chascun l'onneur qu'il appartient, que tous s'en tenoyent pour très contens et partoyent joyeux de sa présence.
« Là, luy estoyent apportées nouvelles de toutes manières de pays, ou des aventures et fais de ses guerres, ou d'autres batailles, et ainssi de diverses choses; là ordenoit ce qui estoit à faire, selon les cas que on luy proposoit, ou commectoit à en déterminer au conseil, deffendoit le contraire de raison, passoit grâces, signoil lettres de sa main, donnoit dons raisonnables, octroyoit offices vaquans ou licites requestes.
« Et ainssi, en telles ou semblables occupacions exercitoit (8), comme l'espace de deux heures; après lesquelles il estoit retrait (9) et aloit reposer, qui durcit, comme une heure; après son dormir, estoit un espace avec ses plus privés (10) en esbatement de choses agréables, visitant joyauls ou autres richeces; et celle récréacion prenoit, affin que soing de trop grande occupacion ne peust empêcher le sens de sa santé.
« Puis, aloit à vespres, après lesquelles, se c'estoit en esté temps, aucunes foiz entroit en ses jardins, ésquelz, se en son hostel de
Jeanne de Bourbon, lise des Célcstins) [Louvre].
(I) Pas. — (2) Beaucoup. — (3) Bouquet. — (4) Conversation. — (5) Pour affaires. — (6) Faute. — (7) Docile, douce, disciplinée. — (8) Travaillait. — (9) Se retirait. — (10) Passait un instant avec ses familiers.
l Les chroniqueurs ne racontent pas tous cet épisode de la même manière. Suivant les uns, le gouverneur n'aurait tenu parole que sur les menaces du maréchal de Sancerre, et suivant d'autres, il n'aurait pas attendu la lin du connétable pour lui envoyer les clefs de la place. (2) Réjouissait. — (3) Passer requête, c'est-à-dire accorder, octroyer. — 4) Fixés. — (5) Plus longtemps.
Tombeaux de Charles V et de Jeanne de Bourbon (Abbaye do Saint-Denis).
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Le baptême du dauphin (Charles VI) [Miniature d'un manuscrit français de la Bibliothèque nationale].
Royne
vers luv, nu on lui
saint Paul estoit, aucune fois venoil aportqit ses enfens.
« Aucune foiz luy présentoit-on là dons estranges de divers pays, artillerie ou autre harnois de guerre (1) et diverses autres choses; ou raarchans venoyent apportans velous, draps d'or, ou autres choses et toutes autres manières de belles choses estranges, ou joyauls, qu'il faisoit visiter aux cognoiseurs de telz choses, dont il y avoit de sa famille.
« En yver, par espécial, s'occupoit souvent à oyr lire de diverses belles ystoires, de la saincte Escripture, ou des fais des Romains, ou moralitez de philozophes et d'autres sciences jusques à l'heure de soupper, auquel s'asseoit d'assez bonne heure et estoit légierement pris (2); après lequel une pièce (3) s'esbatoit, puis si1 retrayoit et aloit reposer : et ainssi, par continuel ordre, le sage Roy bien moriginé (4) usoit le cours de sa vie. »
Gouvernement et administration de Charles V. Les conseillers. La majorité des rois. Les apanages. — Charles V ne songea pas seulement à débarrasser la France des Anglais : pendant que Du Guesclin et Clisson gagnaient des batailles, il fortifiait le pouvoir royal et consolidait les institutions monarchiques contre tout empiétement des clercs, des seigneurs et des villes, mais alliant toujours le tact et la modération à une grande fermeté. Il ne prétendit point gouverner seul, mais il ne s'appuya pas, comme ses prédécesseurs, sur les États généraux, dont il redoutait l'action révolutionnaire et auxquels il préférait les assemblées locales, qui se montraient toujours plus dociles. Cependant, il convoqua les députés de toute la France, à Rouen en août 1369 et à Paris en décembre de la même année, pour obtenir leur consentement à l'établissement d'impositions nouvelles, et la seconde de ces assemblées fut appelée à délibérer sur la reprise des hostilités avec l'Angleterre.
« Désireux qu'en son royaume justice et équité fût bien gardée, en rendant à chacun son droit, fit élire en sa cour de Parlement les plus notables juristes en quantité suffisante, et iceux institua et établit du collège de son noble conseil. S'ensuivit vrai le proverbe qui dit : « Qui bon conseil croit et quiert(5), honneur et chevance (fi) « acquiert. » (Christine de Pisan.)
Charles V ne gouverna pas en effet au hasard des événements. Il voulut se former une conception personnelle de la politique, se pénétrant des vues de ses légistes (7) et de ses conseillers (S , empruntant ses principes de gouvernement aux auteurs de l'antiquité, particulièrement à Aristote, et à des théoriciens comme Egidio Colonna, ce docteur scolastique qui avait écrit, pour l'instruction de Philippe le Bel, le traité De regimine principis. Sur son ordre, un de ses légistes composa le Songe du Verger, dont l'auteur feint, étant endormi au milieu d'un verger, d'assister en songe à un débal entre un chevalier, défenseur des prérogatives royales, et un clerc, tout attaché aux droits du pape et de l'Église.
Ce n'était pas pour la forme qu'il prenait le conseil d'hommes éminents el de notabilités recommandables. Il tenait le plus grand
compte des avis qu'il provoquait, et en 1372 il fit élire Guillaume de Dormans chancelier de France par un conseil qui ne comprenait pas moins de deux cents personnes ; l'année suivante la même procédure fut observée pour une nouvelle élection du chancelier et pour celle du premier président- du Parlement.
C'est également sur l'avis d'une assemblée de conseillers que, pour prévenir les troubles qui signalent presque toujours la minorité des souverains, Charles V, renouvelant et généralisant une disposition analogue de Philippe le Hardi, déclara, par l'ordonnance de Vincennes, qu'à l'avenir les rois seraient majeurs à treize ans révolus (1374).
Par un acte de la même année, il décida que les apanages des fils puînés de la maison royale consisteraient, non plus en terres, mais en argent. Cette décision resta malheureusement lettre morte, et l'ordonnance de 1566 disait encore : « Le domaine de notre couronne ne peut être aliéné que pour apanage des puînés mâles de la maison de France. » Du moins était-il spécifié que les apanages feraient retour à la couronne, francs et quittes de charges, à l'extinction de la ligne masculine directe.
L'attention de Charles V, ainsi constamment éclairée, se porta donc sur toutes les branches de l'administration, notamment les finances et l'armée.
Les finances. — Charles V répartit en deux sections bien marquées les ressources financières de la monarchie : le domaine, qui lui avait de tout temps fourni ses revenus ordinaires, et les fanages et aides qui prirent un caractère permanent, d'exceptionnelles et temporaires qu'étaient autrefois ces impositions. Ces deux catégories de ressources, étant désormais l'une comme l'autre définitivement établies, eurent chacune leur administration propre.
Les aides avaient été originairement un impôt seigneurial et extraordinaire — dû seulement dans des cas nettement spécifiés. C'est donc en s'appuyant sur les principes féodaux que les rois levèrent des subsides temporaires, qu'ils exigèrent ensuite, non seulement de leurs vassaux, mais aussi de tous leurs sujets; les aides prirent dès lors le caractère de véritables impôts permanents.
Aux États d'Amiens, en décembre 1363, au moment où, le roi Jean retournant à Londres, le pouvoir passait aux mains du dauphin Charles, une autre taxe fut consentie, taxe directe due par chaque feu ou foyer, et portant pour ce motif le nom de fanage.
Les aides et les fouages devinrent peu à peu des impositions ordinaires, un impôt permanent et régulier (1) : il n'y eut guère que des modifications de détail dans leur mode de perception. Les assemblées de Compiègne et de Sens les maintinrent en 1367; les États de Rouen y firent opposition en 1369, mais le roi passa outre, et les États de Paris donnèrent, la même année, leur adhésion au programme financier du roi. Les aides, frappant les vins et breuvages, furent du treizième pour le gros, du quart pour le détail; d'autre part, chaque feu devait payer, à titre de fouage, 6 francs d'or par an dans les villes, 2 francs dans les campagnes.
Charles V détermina, par une série d'ordonnances, l'organisation des aides royales. Il y distinguâtes dispositions concernant l'assiette de l'impôt et celles qui réglementaient sa perception.
Les élus, devenus de simples agents royaux et assistés d'un elrre contrôleur, établissaient l'assiette des fouages et affermaient les aides; ils exerçaient en outre une juridiction pour loul ce qui touchait les impôts.
Les receveurs encaissaient les fouages levés par les collecteurs et les fermiers des aides, et versaient ces fonds aux caisses royales.
Au sommet de la hiérarchie étaient les généraux conseillers el un receveur général, établis par les États de 1355 et de 1357, mais nommés par le roi. Les recettes étaient toutes centralisées aux mains du receveur général. La réunion des généraux conseillers constitua une chambre qui fut la première forme de la cour des aides.
La gabelle, devenue générale, fut confiée à une administration
(1) Armes, attirail, et non équipement de cheval. — (5) C'est-à-dire qu'il prenait un repas léger. — (3) Un peu. — (4) Discipliné. — (5) Requiert, demande. — (6) Avantage.
Philippe de Mézières, Raoul de Presles, Nicolas Oresme. — (8) Bureau delà Rivière, Jean el Guillaume de Dormans, Pierre d'Orgemont, Hugues Aubriol.
(1) Charles V, à son lit de mort, regretta d'avoir établi la permanence de l'impôt, mesure qui violait le droit féodal et les franchises communales. « De ces aides du royaume de France, dit-il à son fils, dont les povres gens sont tant travaillés et grevés, usez-en votre conscience et les otez au plus tôt que vous pourrez; car ce sont choses, quoique je les ai soutenues, qui moult me grèvent et poisent en courage. »
LA GUERRE DE CENT ANS ET LA FIN DU MONDE FEODAL
spéciale. Tout marchand de sel devait déposer sa marchandise au (/renier royal, à la tète duquel étaient un grenetier et un contrôleur. Ces agents surveillaient la vente en gros; la vente au détail était faite exclusivement par des marchands autorisés, les regrattiers.
Le domaine eut aussi son administration propre. Des receveurs furent préposés à la recette, les prévôts ne conservant plus que des pouvoirs de police et de juridiction. Trois trésoriers, dont Charles V lixa d'une façon précise les attributions, eurent l'administration et la surveillance générale; l'un d'eux résidait au Trésor, les deux autres faisaient des tournées d'inspection dans le royaume. — Le personnel des Eaux et forêts fut réorganisé.
Pour l'administration monétaire, Charles V créa la chambre des maîtres, ayant droit de contrôle et de juridiction dans tout le royaume. II s'appliqua à donner plus de fixité aux monnaies, mettant ainsi en pratique les théories que son conseiller Nicolas Oresme avait émises dans son Traité des monnaies. — La juridiction souveraine pour les finances était toujours la chambre des comptes, qui, pendant tout le xive siècle, joua un rôle politique considérable.
Grâce à ces sages mesures, Charles V, qui fut pourtant un roi dépensier, laissa en mourant une réserve de 17 millions.
L'armée. — Les États généraux de 1355 avaient entrepris une réforme de l'armée qui fut complétée par Charles V avec le concours et les conseils de Robert de Fiennes, de Jean de Vienne, de Boucicaut et de Du Guesclin. En 1365, on décida que des compagnies d'arbalétriers seraient recrutées dans chaque village par les soins des officiers du roi et toucheraient une solde régulière. Ces arbalétriers devaient le service pendant la durée de la guerre, et, de retour dans leur village, ils jouissaient de certains privilèges en matière d'impôt. Pour tenir les soldats en haleine, on faisait, même pendant la paix, îles « montres » ou revues. Le pillage fut interdit, ou tout au moins régularisé. « Si les gens d'armes, disait l'ordonnance de Vincennes sur les compagnies soldées (1373), font quelque pillerie, roberie (vol) ou quelque dommage durant leur service, les capitaines les contraindront à réparer ces dommages, ou ces capitaines les payeront de leur propre argent. »
Le contingent féodal continuait d'exister simultanément. Pendant la guerre de Cent ans, la noblesse fut mobilisée pour ainsi dire en permanence : les seigneurs se réunissaient par troupes, dont chacune formait une compagnie sous le commandement d'un haut baron et comprenait des écuyers et des archers à cheval ou à pied. Charles V les rémunéra pour tout service de guerre et assura la défense de leurs châteaux, où il installait, au besoin, des capitaines à lui. C'étaient les lieutenants du roi, avec charge de commander les armées royales et de diriger les opérations de guerre, qui avaient dans les provinces lé pouvoir le plus effectif. Certains offices généraux étaient permanents : ceux du connétable, des deux maréchaux, du maître des arbalétriers.
Lue ordonnance de 1369 traita de l'instruction des recrues. Celle de 1373, inspirée par Du Guesclin, organisa les mercenaires aussi bien que les contingents féodaux. Chaque lance se composa de l'homme d'armes, d'un haubergeon (valet) et d'un cou/illier, et cent lances formèrent une roule ou compagnie. Voilà désormais un noyau solide, bien dans la main du roi et autour duquel se grouperont utilement les milices communales. Le règlement du 13 janvier 1374, très minutieux, proscrivit les passe-volants, soldats de parade qui n'étaient (pue fictivement engagés et qui disparaissaient aussitôt après la « montre ».
L'artillerie, connue en France dès le règne précédent, commença surtout à rendre des services lorsque la guerre avec les Anglais recommença, en 1369.
A la même époque, Jean de Vienne organisa pour la première luis une marine royale. Charles V prit parfois à sa solde les Génois et les Castillans, mais il lit construire des galées et des vaisseaux de haut bord. Il vint à Rouen en 1369 pour surveiller lui-même les armements et, en 1371, il avait à son service 25 grandes barques et 120 petites, capables de porter 4 000 ou 5 000 combattants.
Constructions royales. Lettres et arts. — Charles V chercha à entourer la royauté d'un grand éclat. Il possédait de riches joyaux et de merveilleuses vaisselles d'or et d'argent. Il aimait, dit Christine de Pisan, « les beaulx maçonnages » et il « fit faire en maintes places notables édifices beaulx et nobles ». Il embellit donc les résidences royales. Il construisit l'hôtel Saint-1'ol et l'église des Célestins (1), agrandit et transforma le Louvre, éleva le château de
Vincennes, et plus loin, sur la Marne, celui de Beauté, où il mourut. Le prévôt de Paris, Hugues Aubriot, commença la Bastille et reconstruisit les murailles de Paris (1).
Justement surnommé le Sage (savant), Charles V encouragea les lettres et les arts, augmenta les privilèges de l'Université, attira à sa. cour plusieurs savants, parmi lesquels l'Italien Thomas de Pisan, dont la fille, Christine, écrivit l'histoire du roi. Dans une des cours du Louvre, il réunit une librairie de neuf cent cinquante manuscrits.
BIBLIOGRAPHIE
Sources : Cuveuer, La Vie de Bertrand Du Guesclin (édit. Charrière). — Christine de Pisan, Le Livre des faits et bonnes mœurs du sage roy Charles le Quint. — Dëlisle (L.), Mandements et actes divers de Charles V (1874).
Ouvrages à consulter : Benoist (Charles), La Politique du roi Charles V 1886). — Bournon (F.), L'Hôtel royal de Saint-Pol Méandres de la Société de l histoire de l'avis, issu . — Dai met (G.), Etude sur l'alliance de lu. France et de la Castille au XIVe et au XVe siècle (1898). — Delachenal (R.), Histoire de Charles V, 1. I et II 1908 . — Dei.isi.e (Léopold), Recherches sur la librairie de Charles V 1907). — Denys d'Aussy, Campagnes de Du Guesclin en Poitou et en Saintonge [Rev. île Saintonge, 1890). — Guilhiermoz, Enquêtes et procès. Etude sur la procédure et le fonctionnement du Parlement au XIVe siècle (1892). — Labat (J.), Inventaire du mobilier de Charles F (1879). — Lavisse (E.), Le Pouvoir royal au temps de Charles V (Rev. historique, 1SS4). — Lefranc (A.), Olivier de Clisson (1898). — Luce (Siméon), llis/uive de Bertrand Du Guesclin et île son époque. La jeunesse de Bertrand (1S76). — Mérimée, Histoire île don P'edre Ier, roi de Castille [1848). — Vuitry, Eludes sur le régime financier de la France avant la Révolution. Nouv. série, tome II, Les Trois premiers Valois (1883).