L*J* HIST0IRI
cèront à violer le traité , en massacrant sans pitié les malades chrétiens confiés à leur foi. Après ce crime , ils furent tentés d'en commettre un autre et de trancher les jours du roi $ mais la trainte de perdre sa rançon les rendait indécis.
Cependant Louis , descendu de sa galère sur le rivage du Nil, se voyait entouré de vingt mille Sarrasins. Près de là était une galère qui semblait n'avoir pour tout équipage qu'un seul homme; mais, dès que le roi s'en fut approché , quatre-vingts soldats français , l'arbalète tendue , se montrèrent sur le tillac. À leur aspect les infidèles s'enfuirent, et Louis, délivré enfin de tous périls , entra dans la galère avec le comte d'Anjou , Sargines , Nemours, Albéric Cie> ment et Join ville. D'autres navires , qui parurent bientôt , reçurent à leur bord les autres preux.
Louis avait juré de ne point quitter la côte d'Egypte avant d'avoir payé quatre cent mille besans d'or , et son frère le comte de Poitiers restait en otage jusqu'au paiement de cette somme.
On apprit an roi que , pour compléter ce paiement, il lui manquait soixante mille besans; il les demanda aux Templiers , qui se déshonorèrent par un refus 5 les prières étant inutiles , on employa la menace , et Joinville les contraignit de donner l'argent demandé. Lorsque le paiement fut fait , Montfort vint se vanter au roi qu'il avait trompé les Musulmans et gagné par-là sur eux dix mille besans. Le roi , indigné de celte fourberie , lui ordonna de reporter cet argent aux Sarrasins.
Ayant ainsi rempli ses engagemens et revu son frère dans ses bras , Louis s'embarqua et se rendit
DE FRANCE. Ij5
sans accidensà Saint-Jean-d'Acre. Sa renommée, agrandie par ses malheurs , l'y précédait , et on lui rendit tous les honneurs dus à un héros , à un roi et à un martyr.