‹ Histoire de FranceChapitre 10 sur 19 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

BI8T0IKB DES 6AI7LOIS DEPOIS CÉSiH JUSQu'à I^ TBÀNSLÀTIOII DU SIEGE DE l'empire PAR GOlfSTAlfTlir.

Siëge et prise de Marseille.»* Asservissement de la Gaule. — ^Fondation de Lyon par Plancus.— Amélioration 4" pays. — Révolte de Sacrovir et dé Florus. — ^Lenr défaite et leur mort. — Admission des nobiles Gaulois dans le sénat romain. — Reb^lionde Vindex et ses suites. — ^État de la Gaule sous Vitellius. — Projet magnanime de Givilis.-^Ses premiers succès. — Sa défaite occasionée par une chute de cheval.— Ses projets de conquête.-— Renommée de la vierge Véléda. — ^Mort de Sabinns et de sa fa- ' mille. — Arrivée de Gérialis dans la Gaule.-— Habileté deCivilis. ^Entrevue de Gérialis et de Givilis. — Traité de paix entre eux. — Tableau de la Gaule sous quelques empereurs romains. — Ligue des Allemands et des Francs. — Echecs des Francs. — Posthumius est nommé empereur par les Gaulois. — Ses successeurs Marins etTétricus. — ^Abdication de Tétricus.— Anéantissement des Barbares par Probus. — ^Révolte des Francs.— Défadte des Bagaudes. — Victoire de Constance sur les Allemands. — Les Francs vaincus par Constantin. »• La croix arborée par lui.

Siège Un seul peuple dans la Gaule restait encore

et prise de , .

Marseuie. libre , puissaut et respecté. La république de Marseille, alliée et non sujette de Rome, presque aussi riche que Carthàge et mieux gouvernée , voyait partout ses droits reconnus ,

ses lois révérées^ son Commerce floris^iM^y sel armes redoutées/ Ce fut peut-être#la seule |iationjqursut à la^ foi^\^e fa^îre^craiudre. conuode Taillante et chérir cbillme psâ&ifiqùe : elle dut son Ipng cepôs à^sa-^ertu^ et son sénat força les^ouvernemens^étrajigQPS les fi\x% ambitieux à ne point/ lîii maûquepdeioi^ parce cj^e jamais il ne» viola la" sienne; .y

Lorsque le mond^^' ébranlé par les querelles sanglantes de Céaar et de Pompée, vit toiis les peuples se partager entre Qes 'deux conquérant et verser ainsi leur, sang pour le choix à'uja maître, I^rseille oubjia son antique prudence» Ces deux partis sollicitèrent à l'envi son alliance ; les • magistrats répondirent d'abord ce qu'ils ne pouvaient 4écider quelle était celle » des deux factions qui avait la justice de son » côté, et que la reconnaissance leur faisait » un devoir de la neutralité , puisque Pompée j) leur avait donné d» riches tpçrf^ en Lan-r » guedoc, en Vivarais, et qu'ils devaient aussi M à César un important accroissement de ter- » ritoire. lui aonséquençe ils déclarèrent que, » ne voulant nuit^ ni à l'un ni à l'autre, ils » jçi'en secourraient aucun , et qu'ils ne les re- » cevraient point daps leurs murs. »

Cette neutralité était sage , mais elle ne fut ni sincère ni durable* César venait d'asservir

2t4o D^HNIERS TEMPS

la GauVe,' Pompée afFeq/iait un grand zèle pour la liberté ; les MariseiUal^ le ftivorisèrent : Domithis et^la flott^ pompéienne trouvèrent un aslL^âi^ iQur port. DO^s'ce moment César lei^ traîliai en ennemis, investit leur ville avec une partie de ses légions j et , tandis qu'elles l'assiégeaieiit^ il c^UBPUt lui-même eux Espagne pour conquérir cette belliquéuée contrée.

Partout la fortune secondait le génie de César ; sa flotte livra bataille à celle de Marseille, et la défit après un combat sanglant. TriboniuSy lieutenant de César , pressait avec ardeur le siège sans pouvoir triompher dé l'opiniâtre résistance des Marseillais. Dignes à leur derrnier moment de leur antique renommée, ils opposaient . avec succès la science à l'art, la constance à J'impétuosité, et la valeur gauloise au courage ropiain.

L'armée navale de Pompée vint les secourir, et se joignit aux débris de leur flotte; du haut de leurs remparts , ils virent la bataille navale qui devait fixer leur destinée. Après quelques heures d'incertitude, les vaisseaux romains dispersé^ s'éloignèrent ; neuf galères marseillaises furent prises ; le reste chercha, en fuyant, un asile sur Ja côte d'Espagne.

Cette défaite répand la consternation dans la ville privée de vivres. Cependant le courage

DES GAULOIS» ^^l

prolonge la résistance ; mais enfin une tour , ruinée par Iq^ assiégeans% s'écroule et leur ouvre'une largç brèche.

Le sénat capitule et obtient une trêve jusqu'au retour de César , auquel seul il veut se soumettre. Le siège est suspËndir : mais le peuple ^ entraîné par le désespoir^ brave ses ma-* gistrats^ rompt la trêve, sort la nuit en armes, détruit les tt^avaux des Romains, brûle leurs machines , et répand dans leur camp l'incendie et le carnage. Les légions^ d'abord surprises, se rallient et repoussent les assaillans dans leurs murs;- le siège recommence, la diset^jB^ réduit la ville %, la plus dure extrémité : en vain les assiégés redemandent à négocier; leur perte est jurée.

Dans ce moment ^, César, vainqueur de l'Espagne , et revêtu de la dictature à Rome, parait soiis les murs de Marseille ; il écoute ses prières et lui accorde la paix : mais elle est obligée de lui livrer ses armes , ses trésors et ses vaisseaux : ainsi son antique gloire ne la ^uva que de la destruction. Deux légions y restèrent en garnison ; on lui laissa ses lois, mais elle perdit sa liberté; et, sous le nom d'alliée , elle devînt sujette.

Cicéron, indigné de voir l'image de cette

* Ayant J.-G. 49 ^i^*

^4^ DERHIERS TEMPS

illustre cité orner le triomphe de César , déplora sa chute, et les larmes de ce^p:*and homme furent l'oraison funèbre de Marseille.

▲iserris- Cette demi^re conquête compléta l'asservis- Ganie* scmeut de la Gaule • (c Ainsi, 'dit saint Jérôme, » fut vengée la prise de Rome par Brennus. » Pour efifacer cette tache, il avait fallu. sub- » juguer le nord de l'Italie, soumettre en Orient » la Galatie, s'emparer des {ives du Danube, )) franchir les Alpes, et conquérir le ègl même » qui avait donné naissance aux auteurs de » tant dç guerres, d'irruptions, d'invasions et » de désastre$* »*• ^ * *

Dès ce moment là Gâulç soumise s'acpoutuma au joug*, oublia la liberté , ne chercha que le repos, et son histoire se confondit avec celle de l'empire romain, dont elle acerut la puissance et la gloire.

Les esprits ardens qui ne pouvaient vivre sans indépendance la ehercl^èrent en Germanie ; les autres trouvèrent dans la tranquillité, jusque-là dncdnuue ppur eux, le dédommagement des; biens qu'ils perdaient. La sage politique de Rome put même faire illusion aux vaincus; huit légions, postées pour les contenir sur les bords du Rhin , ne parurent occupées que du soin de les défendre cpntre toute invasion des Germains.

Les cités conservèrent leurs princes, leurs

che», leur sénE^, l^^irslois, leurs coutumes,

le droit ^ï'asBeinbler Ipurs députés, celui même

de se faire -qu^quefois entre elles la guerre;

■emiers temps que

ts continuèrent à

1 de troupes auxi-

dait, loin de leur

lent journalier à

leur offraient, au

; des moyens de

ix militaires, des

qui satisfaisaient

Les druides, soit que la tolérance respectât leur culte, goit qu'ils J'âbandonnassent, conservaient lQ,ur-prééminence; le sacerdoce romain les-entonra du mente respect, du même écla't, en les aEfrdncbissant de beaucoup de privations fet d'austérités, , et , comme'la plupart étaieixt tirés de là lïoblesj^ ,* ils continuèrent à faire j^rlie, du patKciat et de l'ordre équestre : aussi, lorsque Claude interdit leur^ «acrifices, cette révolution s'opéra-doucementj ils cédèrent, non sans murmures, mais' sans désespoir, à ce grand changement qui ne - portait que sur leurs dieux et ndn sur leurs dignités.

Feu à peu la Gaule se peupla de Romains et

Rome de Gaulois ; les plus ilhistres des yaincus reçurent promptement le^Utre de concitoyens de leurs vainqueurs; enfin la bra^bCHure gauloise rajeunit et forti^a lë$ légioi^s romaines.

La civilisation de Rome Vépan^t dans les Gaules ses lumière^, son în^ustrie^ #oa, opulence^ se8*^mœurs et sonj^u^e. Partctut on vit s'élever dos ié*coles,^es acadSSmies^ des cirques, Fondation des palais) des ^emples. Plancûs * fonda, au piancns. couflucnt dù JUiôue e{ de la Saône^ la ville de Lyon; son lâLom \atin, ÎMg^ujvum était', dit-^'n , composé de deux i|iot^ cçltçs^ hig; corbeau, ift//ie,' colline. , * . * ,

Les^ Gaulois ^*, adorant le fils adop*tif du guerrier contre lequel ils avaient dix ans défendu leur ind^endance, érlgèrépj; S. Auguste des temples dans plusieurs v^le^ On ^citait principalement ceux de Narbgîme, Ntjqfies et Béziers; le plus fameux fut. celui de Lyon; soixante peuples y nommaient cliàc^^ hn prê^e pour le desservir. /. / ' ' ,

Telle est la rapidité eîfrayante avec laîjuelle les nations abattues"* se pr'êcipitènt du sommet elorieux de la liberté dans l'idolâtrie de la ser- Amé- vitude. «

liorationda . ^ • 1 «^ * ' • 1 ^

pays. Au restp on doit convenir que le nouveau

* Avant J.-C. 4Tan8.

'* Avant J'.-C. la ans. * . '

DES GAULOIS. a4^

maître du monde sut parer la dépendance des couleurs de l\ prospérité. Jies marais firent plice aux moissons ^ les*« forêts aux vignes^ les landes à la^ culture ; d^s chemins magnifiques , de nomj^reux canaux versèÀent de tous côtés l'abondaneey eVen peu d^aïmées la^/jraûlè^ riche ^ pacifique^ florissante /lettrée^ saisissant 1^ nouvelle ^logre* qui lui était offerte, se montra encore dign^ «rivale d'Athènes , de Rome , et ne devint pas moins illustre par. la science de Ses nlagistrats^ par Féloquence xle ses orarteurs, pàr^l^g^nie de ses écrivains, qu'elle ne l'avait é(é pai: l'audace de ses guerriers.

Après m -bataille d'Actium', la Gaule jouit long-étenips w repos qu'Auguste donna au monde. Quelques peuple^ des Pyrénées s'agitèrent seillS , Auguste et Agrippa les comprlmèrent. Les Slcambrès Toulurent tenter une invasion , Tibère les vainquit. Lorsque 4»e prince , pour le mSilheiSf de Rome ^ fut élevé à l'empire, soû joug ,tyrannique li'opprima que

Tlfalie.

Drit^us et Germauicus firent^ briller dans les Gauléa^les antiqûe3 vertus romaines.. Germanicùs parcourait ces' contrées pour y recueillir les tributs, lorsque son armée se révolta; il apaisa la sédition de ses légions, en lés mena-çant d'envoyer sa femme et son fils à Trêves ,

!246 DEKNIERS TEMPS

fi parce qu'ils seraient^ disait-iK^ ^lus en Sûreté » dans une cité* étrangère jpi'au milieu in )) camp roâiain* » Ce4iéros r^poi^sa^ poui^Suivit les Germain^ , ven]g^a les lé^ioi^s de Yarus égoi:géeS9 vainquit Ârminûis^ affermit' la sécurité rde la Gaule, et pérît dans TOrient, victime de la haine de> tîbêre. ' saCTOT* ^* ^ ^* mort de ce prince ^ (J^usrGaijlois tédepionw. méraircs cotiçurent J'cspôir d% rcndce la liberté a leur patrie. Sacrovir>'Éduen, et Florus, Tréviroisy étaient tous dè«x illuMres' parieur naissance : le^rs aïeux avaient ébtenu le titre ^ de citoyen romain dans ^n teyips ou, selon Tacite , on ne Te donnait qu'au^oourage et à la vertu. " * ^ # . * • *

Ces deux guerriers firent secrètement de grands amas d'armes, enflammèrenf le zèle de leurs amis, et cherchèrent dans* toutes less^ités à rallumer quelques i&tincelles de liberté. Consul'tant plus leur courage ^ue iQur force, ils otd)liaient que les mœui% , étaient changées et que la corruption romaine avait Aëjà|i|nolli les âmes et énerva les esprits. Ils fon\enta!ei\t le mécontentement ^et disposaient les hooMfes inquiets- à la .révolte , en leur rappelant Taccroissement des impôts, l'énbrmité des usures, l'orgueil et la dureté des généraux romains:

* Après J.-C. 21 ans.

DES GlULQId. 047

<f Jamais^ disaient-il^, l'occasion ne fut plus » favorable pour recouvrer la liberté : la mort M de CïërmanicuB consterne Rome; les factions » la* menacent; les légions ^soi^it livrées à, la » discprde; la Gaule est florissante; l'Italie » épuisée par le lute et par I2C tyrannie; les » Romaiiis n'ofirènt plus à nos regards qu'une » race effîminé'e^ et les étrangers seuls prêtent D encore y en s'y mêlant , (juelque force à leurs » armes. » "^

Les GjËmlôis , en perdant leiw» énergie , .avaient Conservé ' leur turbulence. La conspiration éclata dans plusieurs lieux ^ avant que les chefs eussent rassemblé les moyens de U ^

soutenir. Sans* attendre leurs ordres, les peuples de Tours et d'Angers prir^t les, armes. On envoya conti^e eux quelques cdiortes qui les battirent et les dispers4rent facilement.

Sacrovir, pour tnasquer ses desseins , mar*cha kii - même avec les Romains contre les rebelles; mais, comme il affectait par bravade de les combattre sans se couvrir de son casque, on àvQ^tit Tibère qu'il. ne s'était montré aux ennemis la tête nue que pour être reconnu et ménagé par eux.

Pendant ce temps FlQrus leva* dans la Bel- j-enr gique une armée qu'il soumit à la discipline lenrmort. romaine ; mais - le plus grand nombre de ses

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concitoyens refusèrent de j oindra stes drapeaux. Varon et Silîus lui fermèrent le chemin des Ardennes , et lui * livrèrent bataille. 11 lutta vaillamment contre eux ;• mais la destinée des (îaulois était de périr par leur désunion* Julius Indus, compatriote et ennemi personnel» de Florus, marche contre lui avec un corps d'élite, attaque en flanc ses concitoyens et leur enlève la victoire, Florus battu .échappa au vainqueur en se donnant la mort.

Sacrovir , privé de son appui et apprenant que ses propres dessejins n'étaient plus un.mystère , se vit forcé de combattre seul. Il arma à la hâte quarante mille hommes d€fht la principale force était composée d'eSclayes destinés au métier de gladiateurs ; on les nommait croupellaires; ils portaient une armure de fer d'une SQule pièce, impénétrable aux coups de l'ennemi , mais qui ep méibe temps les privait de toute agilité. Les Séquaméns donnèrent quelques secours à'Sacrovir, et des aventuriers de tous les pays vinrent le rejoindre.

Cette foule irréguiière, indiscipliné^ , sans expérience de la guerre, ne semblait redou-* table, que par sa masse. Cependant le bruit de cette insurrettion répfiajidit, en s'exagérant, la terreur dans Rome; on y crut que les soixantequatre cités de la Gaule s'étaient- révoltées, et

^ue lès Germi^iÂlaccdliraiéht poijr'renvmer avec «lies l'empire rontain.

Siliu^^ informé de ces mouvonijMis , en pré- ^\nt le. -progrès par •.sa. célérité ;* Jl ^ra la S^quanie's^u pillage^ pour* la punir àf sa *défection ,• et atteignit l'armée gauloise à quatre lieues* d'Autun y dont*, elle .s'était «mparée.

Sacrovir. sWdrçanf de '«6mmuniqu^r aux siens uïi ^espoir qVil feç consietvaifr plits , lenv rappela les. exploits d^ leurs ^ïeux»^ la prise de j^ome^ leilr ft présenta surtout *cembien la liberté serait glorieuse après la' victoire , et la servitude âccaBlante après' la 4éfait€f.

Les acelamationS tnmultudis^s qui lui répondirent^ annonçaient plutôt le désordre^ que la cojifiance. Silius dit-au'x Romains «ce qu'il «^e- » rait trop honteux pour les .vainqueurs* de la » Germanie de considérer comme dps ennemis » redoutables ces Gaul(ris tant de fois vaincus, -w que^ Tours, Angers', Trêves ct»la Séquanie » venaient de 'céder ♦à quelques -cohortes, et w qu'enfinllsn'jaLvaientplus dèvanteux qu'une » troupe d]Édtieiîs^ plus connus par leur luxé }) et par leur«mcrtlesse que par leijrs armes. »

ta confusion qui' régnait parmi 'les Gaulois «e^leur permit point ile lutter contre la factique romaine; la cavalerie de Silius tourna* rapidement leurs ailes et les mit en fuite; le centre

25o , DERNIERS JEMPS

8eui résista; il ét£4. ccftnposè'de^la troupe^ des crou][)ellaire8 ; aihsitjuf Iquë^ esclayes furent les derniers ^ni combattirent alors pour là liberté.

Les'B^ipain^ ^ Istô devoir qu'ils ne pouvaient ni jébrânlej' , ni entaqier^ Jii pereer ces mandes immol)jles ^ les démolirent , comme 'des mu*railles , à ceups de coi^née et de hache% \. Sacrovir», traY6i*!sant' Autun , ^^enfermaulans ùn« maison dé ^mpaène et .'y/ p«>ignarda. Fidèles à' leul». serment , ses soldurii livrèrent la maison aux flamme^ et s'ebtpetuèrént |ous.

Le séhat romain décera^ "pour cette victoire Fovation à Tibère, qui^^édaigna dfe triomphe et le refusa^ * * *

C^^ligula «dotina aux^<Jlalilès qu'il parcourut le «pectaele bizarre de ses tyranniques' extravagances ^. Voulant triomphcfr de la Germanie qu'il n'avait pas combattue > il fit habiller en captifs germains un grand çombre de Gaulois d'une taille ^colossale ; de là , accourant sur le rivage de l'Océan,^ il "fit recueillir un grand nombre' de nîôquîUes dans *les casques de ses soldats 2 et les emporta comAe trophée de ses prétendues victoires sur. là JÙafer et syi: Albion. Tandis que le sénat de J^oîne avilie prodiguait ses hommages à cet insensé , un artisan gaulbis seul le brava. Caligula, le voyant éclater de

* Après J.-C. 39 ans. •

dans le seromain.

DES, GAULOIS. aSi

rire à sa vue,*lui eif ^emanda^la cause. « Je » ri^, dit LciGaùIois^ parce qu^ je^vois en toi » le plus bizaVi*fe'4ïK>îlèle ^^e folie que jamais » le dfil syt prés^ité aux regards j[e la terre. »

Claude voulut compléter le. sénat romsijn *. Admîssîon Les nobles gaulois, dep\ii$ longt-iemps alliés gaaiois de l'empircT^ agiraient à l'honneur d'en être oat citoyens ,- çt prétendaient^ à toutei^ 1^ dignités. L'empereur appuyait ^eùr« sollicitations; le\ir admission, dans le corps *illusU*e dçs s^natetirs y deyint le sujet d'une wive^ontestaiîom. « Eh » quoi ! dis^it-ôn , (erons-ifbus. de nome une »• ville captive? La livrerons-Tious à des étran- » gers dont- l'opulence insultera la pauvreté » des sénateurs *di^Latium?£nfin nommerons- » nous consuls les cl^efs de nos plUfli epimâtres » enn^n^ , l^s descendans de Br^nnus , les » petits,- fils de ceux gui naguère assiégeaient » nos légions et César dans 'Alésie ? N'est-ce » point assez de les traiter en Romains, de » leur acçprder des diioits civiques, Qt prosti- » tueïoijSi-nousIa pourpre Romaine* en les en » décorant? » • *

M Je nç vous propose , Vépondit Claude , que » d'imitef. nos aïeux.; le premier de mes an- » cêtres était Sabin; AlKe donna le jour à ceux » de César. La plupart de^ familles sénatoriales

* Après J.-C. 48 ans.

» tirent leur prigine ^ citoyens choisis dans » toute I4tl0ie^ Avez-vous jamaisi regretté le » don que FEspagi^e tous a fa^/ des Bàlbus^ et » ItL Gaule ^arboimaise de tadt *d'bommes fa- » n^eux? Athèi^s et Lacédémone ^ue sont tomf> t)ées que pour a^oir rejeté de leur sein les » Tcaincus qui auraient augmenta Heurs forces. » D^aigperpz-vous ^ des alliés nobles et belli- »" queux, tandis que de* tout te&p^ Rome n'a » ^oint eru s^abaisser en élevant des afiranchis » mêmes à via nmgls^ature? Son fondateur »'Romjilus êçibrassait^'le soir, ^ comme Ro- » mains y ceux ijui, le matin >' l'avaient com- » battu enennôufis. * . ^ ,. î •

» Les 'Sennonis/en y qpr fai^t. vaillâmw moiit la.guerrç, ont-ils plus** mérité votre » haine (fue les Volsques et les^Èqi^es mena- )) çànt vingt fois vos murailles, que \e8 Samw nites qui vous ont fait passer sous le joug? » Croyez-ifioi donc, et/par une politicpesage, » réunissez ar vou^. des peuples qjii déjà ont » pris vos mœurs ^t imité vos* arts, ^ajr cette » union vous attirerez â' Rome leurs richesses, » qu'une séparation |)lus lotigue concentrerait » chez eux. . . /

» Les^ coutumes changent: avec le temps ; ce » qui estaujourd'huî ancien a été d'abord 'nou- » veau. Au commencement Rome n'accorda

» ses dignit^a qu'aux seuls patriciens. Peu de » teq^s après, te peuple parvînt à les obtehir; » ensuite on lès donna aux Latins, ienfin à » toutes* les pations de l'Italie. Une fois prise, » la déci^on sur laquelle vous délibérez au- » jourd'hui deviendra également un Usagé et » servira 'd'exemple dans l'avenir.^ »

On accueillît en partie ht proposition de l'empereur , et un *sénatu*-consulte àccoï*da l'entrée du sénat aux p(\is âjicien^ alliés de Kome , au^ Éduens , q^u'on â^elait le« frères du peuple, romain. Cet actcfledaude parut dans la suite si sage à Yespasién, (|ùil en fit un titre d'honneur pouf ce prince ^ et voulût , pour en éterniser la fûémoire, qu'od lui donnât le nom''dejpère du sédat. ,

LaXxauleJ^ i^pporta moins ^tiemment 'que romiiom l'Italie la tyrannie du succesleflr de Claude , ttsessiiit«s. de l'infâme *Néron; et ce fut un. Çaulois qui le premier donpa au monde le, signal de sa chute. Il se nommait^ Vindex -: plusieurs "de ses aïeux étaient parvenus au pouvoir suprême dans l'Aquitaine; il était lui-^même membre du sénat rbVâin et propréteur *èn Celtique, où il commandait une arméB.

Vin^x aimait trop la gloire pour ne pas déteker Néron j indigné des ordres tyrafhiques

* Après J.-C. 68 ans*

dont ce monstre y oiUait le faire l'intstrument •

il excite ef décide ses légions à larrévolte •• les

Gallois «n foule se;rangeftt sq\i8 son étendard.

Alors Néron, qui n'osait opposer à ^es armes

que des poignards . mit ^ tête à prix pour dix

millions, , ' ' • *

Lorsque Vitidex lut cet édit, iï s^écria : r< On demanrde ma tête; eh bien I je la livcerai >ï à celui qui m'apportera celle de Néron. >> L'armée romaine et lès Gaulois proclamèrent Vîndex «mpereiyr ; il refusa le sceptre et le fi* donner à Galba. •

CependsCnt le sénat, décimé par Néron, et qui rampait encore en frémissant ^ auK pieds du tyran 'qu'il détesfait, déclara lâchement Vindex ennemi de "là patrie , et ehvoya aux légions dQ Geril^anie, commandées par Viçginius, l'ordre d'entrer dans là Gaule pour y réprimer l'insurrection. Virginius obéit ; mais son intention secrète était de se joindre à Vindex ai} lieu de le cotubattrë; déjà rapprochés l'un de l'autre ils s'écrivaient,* s'entendaient, se concertaient; malheureusement les légions de Germanie^ qui n*avaient pu encore être instruites des projets de leur général, attaquèrent impétueusement, sans ordre et sans signal ,Q^armée des Gaules; la bataille se donna ainsi malgré les deux chefs.

DES GAULOJS. * 2^5

Comme la scienpe et Je coujrage étaient égatix des deux côtés/ fe combat fut, long i, opiniâtre et sanglant. Enfin leâ légtona germaines U^mportèreirt, et l*armée gaulÂlsây qjli ne jôulkit pas fuir/ fut presqiiev^tout entière détruite. Vindex* ne Mrvécut que* peu ^d'i'nstaîA'à ^es compagnons d'armes ; il sertua de désespoir.»

Les vaiiéqueurs piloposerent larvcouronné à yirginius; maî%il dédaigoa^de l'âcc^pler^ trouvaut sam doute que la pouS^re iàoipériàle ^it trop souillée par^Néron pour que là vertu voulût s'en revêtilr. Il déîéla, comme il le devait, le choix d'uft einpereur-aiP sénat.

Là mort de Néron vengea le lùonde et délivra Rome. Les sénateurs don^èrent la couronne à Galba ; Yirginius le reconnut '/ les légions qui défendaient le Hî^Ùt-Rhin, et qut avaient /autrefois dépendu de Vkidex*, se raUièren^ en àpj[>arence' à Vii^inius ; mais leur ressentim^dt et celui deslGraulots devinrent dfe^-seijaènces de discorde'et deTebellipn^ que ^'autres circonstances ne tardèrent bas affaire éclater.

j Après un règne court et plus sévère que 'glorieux ^, Galba ^jit tué dan«Rome et remplacé par Othon, jeune fav^ri^ dé Néron. L'Italie se soumit à lui; i'Orient, dont les tœux dlp^elaient déjà Yespasien au trôiie , ne montra au nouvel

* Après J.^:. 68 an». " .

256 DBRl^flERS T^MPS

emj)ere]fr qu*une, obéissance contpainte* Les légions dé Germanie procjamèreut empereur V4teHîus: Gtalbafenâh. de lui donner le comma\idèmént de Ta Gaule:, elle embrassa vive— ment sa cause. Lyon 'seûl;J favorisé pat Néron, inclinait 'pour t)thon j^ maïs là' crainte re,mpêcha de se déclarer. . * . ,

Malgré le^couri^e tles* légions^ gauloises et germaines ,: les vitelliens* perdirent . (fkbord deuk batailles '€^ lialie ; ''mais enfin leurs forcée réunies^ trioi»phîèrçnt a !^briac de celles d'Othon ; il fut •vaincu *ët se tua.

-État de i« Vitellius a'avait point encore franchi le$ Al* viieUiL pes ; et J tandis que ses généraux lui achetaient le trône dç leur tsang , traversant lentemeij^t la Gaule , il la livrait au f)illage. . *

Cette mStlKenreuse contrée éprouvait à la fois tQus»les maux de la dépÀidance , de la discorde et de la. guerre civile : les lois étaient muettes, les cqncUâsit)nnaires n^àvaie^t plus de ^ frein ; l'impunité mu}ti]|liait le§ criméS;: lél Gaulois qui avaient'suîvi lear drap^^x'de Virginius traitaient en ennemis leurs conjpatriptes attachés à la mémoire de Viiftjcx , et le% nommaient avec mépris galbiens':' jalou^f de l'opulence des Séquaniens*et des'Éduens que Galba avait par reconnîjissance aîFraiichis d'un quart de leurs tributs, ils dévastèrent ces riches contrées.

* Les cités tiraient parti de la guerre civile pour satisfaire leurs mutuelles rivalités. Tî^èves et Laqgfes , traitées sévèrement par Galba , se joignirent aux légions disposées à la sédition par rindisciplîtie. Partout on s'assemblait de ' nuit^ on formait des, associations secrètes, et, sij^ivant l'antique usage de la Gaule, on s'envoyait en présent et en signe de fraternité deux mains d'argententrelacée^.

Bientôt la révolte éclata dans' quelques lé-» gioiis, Vitellius'fit mettre à.mort tous ceux qui n'avaient pas voulu se rallier à lui contre Othon. Civilis spul échappa à son courroux ; le tyran n'osa frapper un guerrier si renommé parmi les Bataves ; il commandait huit cohortes gauloises gù^iliairé^ de la quatorzième légion. Vitellius, redoutant son crédit sur les troupes et leur vengeance , le laissa fuir.

EnQ^ la Gaule se yit délivrée des orgies du nouvel empereur et du brigandage de son ar-* mée. Après avoir incendié Metz, exercé partQut d'affreuses rapines, désarmé et pillé Vienne en Dauphiné , contre laquelle Lyon sa rivale avait enflammé sa haine, Vitellius traversa lltalie en ennemi, et entra dans Rome comme dans une ville prise d'assaut.

Tout le règne de ce prince ne fut qu'une suite continuelle d'injustices , de crimes , de débau*

^58 DERI^IERS TEMPS

ches, de factions. L'empire romain allait périr dans Vopprobre : Vespasieaprit les armes pour le délivrer ; l'Orient suivit ses enseignes; %t dans Projet le nord de la Gaule, Civilis, qui parut d'aboçd deCiTUis. combattre pour sa cause, prouva bientôt qu'il marchait à un autre but, et qu'il ne prenait parti dans les trotibles cle Rome que pour affranchir totalement les Gaules de son joug.

Quelques tribus de Cattes, forcées par des dissensions civUps de quitter leur pays, étaient venues habiter une «ontr^e marécageuse, située près de la mer entre deux braè du Rhin ;^ on l'appelait l'île des Bataves , et les Gatteg qui s'y établirent en prirent le nom. Cette colonie guerrière s'allia bientôt à plusieurs peuples de la Belgique, peuples que César, regardait^ eomme les plus vaillans de tous les Gaulois.

, Julius Civilis etPaulus étaient tous dqux chefs des Bataves ; ils avaient combattu avec gloire dans les armées romaines. Paulus périt à Rome, dans un temps.où le courage conduisait au supplice. Civilis se sauVa; emprisonné ensuite par Vitellius, il ne dut la vie qu'à la peur qu'il inspirait à ce lâche tyran. II avait vu de prés les monstf es vils et féroces auxquels le sort aveugle livrait le monde; le souvenir de ses chaînes pesait sur son âme : impatient de se venger, il méditait l'affranchissement des Gaules, et par-

Des gaulois.' aag

tout «es émissîlirea s'efforçaient de déterminer les cités à (a f évolte. ■ -.

Dans un autre temp» il eût réuâ^i ; 'mais les Courages étaiebt abattus, les m|eurs' amollies.

I servitude: -la Gaule* est. une proie toujours I tentante et toujours ifoûvelle pour ses op-

• Aprùs J.-C. 69 ans.

aÔO IteBNIEKS TEMPS

» preeseurs ; ils se succèdent rafiidetnfixt sans » nous-laifser aucuD repos. Dès qbe l'un d'-eux I) e« gorgé >3e richewei 7 '1 nous en- arrive un H autre : leur iasatiab1e-avidité'e«t un gouffre » éttrnel qui enfiloutit toWtet qu'on no^usut

» il 'Vous iulfit cl^ regarder toèr-eonemU, et, » pour les vaincre, de'sakïr fos armes. »

Tous les chefs bataves et gaulois, enflammés par ces. proies, se dispersèrent et coururent parto,i}t,exfcite'r le», -peuples a la guerre. Les hostilités commencèrent sur les bords de

l'Océan. -LegCftiilfléfate^,, ftHlës des Batafes, surprirent plusieurs C(>hortes", les ëgorçèrent, brûlèrent quelques forts et s'emparèrent ie

tement; il fit venir dans son camp sa m^re, ses sœurs, tes femme».et"les eijfans'de chaque, soldat, afin qu'e>'leur présence ne laissàf.à ses troupes d'autre espeir'îiâ' salut que la victoire.

Hordéonius ehvoya de Cologne ef de Trêves deux légions contre lui ; Lupercus qui les commandait ne put résistei'à l'impétuosité des Bataves; les Romains, abandorifiés'par les auxiliaires, furent vaincus .'fèt'se; retirèrent dans une forte position nbm'mée Vètera Castra.

Civilis investit ce cainp : Hordéonjns voulait s'y tenir renferméj les légionnaires l'accu-

203 DERSniHS TEHPS

sent de làchaté / mépHeent'sés-tirdres-, sortent

Romç pour cofhbattre CivflU; mais !« légions indisciplinées secondent ibat ses-efforta ; il livre unebataille'et la perd. Gîvilisy ^)rès avoir tenté vaineinent de profiter dç cette victoire pour prendi^ le, camp d'assaut, tourna le siège en blocus. ■

Dans ce moment on apprit que le lâche Vitellius y perdant honteusement l'Italie, avait capitulé dans Rome; que, rompant ensuite la capitulatio», sa garde avait livré le Capitole aux flammes, et qu'enfin le peuple romain in-

digne venait d'enlever à ce tyran la couronne et la vie.

. Un envoyé de Vespasien vint ordonner au général des Bataves de poser les armes', puisqu'il ne les avait prises que pour sa cause , et que son jtriomphe rendait désormais la guerre inutile. .

Civilis feignit d'obéir * j mais, rassemblant en secret ses coippagnons d'9.rmes et ses alliés : u PerdroQs-nous a^nsi, leur dit-il, le fruit de » nos travaux, le prix de nos succès? J'ai servi >) vingtrcinq ans dans les camp% romains'; » quelles ont été mes récompenses ? la mort » de mon frère et une honteuse captivité, » Comment a-t-on payé votre sang versé pour » ces maîtres orgueilleux? par de lourds im- }) pots , par des coup^ de verges , par la hache » des licteurs : et voyez cependant coipbien il )} serait facile de secouer uu joug si honteux ! » Nous qui ne formons qu'une faible portion » des Gaules, nous avons' déjà seuls bravé les » forces de l'empire et menacé ses camps nom- » breux : les uns sont pris, les autres investis. » Cessons donc de risquer sans honneur notre » vie , pour servir une de leurs factions ; osons >>' combattre pour nous-mêiiies; Qu'avons-nous

» à redouter? ]La victoire. nous .rendra libres

* Api^és J.-C. 70 ans.

:i64 DERNIERS TEMPS

» et la défaite ne peut empirer notre sort. »

Les Bataves et leuçs alliéa répondirent à ce

discours par de vives apclamations^ et la guerre

contre Rome fut unanimement résolue.

Sa défaite Bientôt l'arniée batave attaqua impétueuse-

occasiooéa * *

par une mcut Ic camD de Vocula: il allait être forcé,

chute do * , ^ '

chcTai. lorsque soudain quelques cohortes, arrivant d'Aquitaine, chargent les Gaulois en queue et les forcent à la retraite. Peu de jours après Civilis lîVre une nouvelle bataille ; la victoire se déclarait pour lui ; mais , au milieu de 'la mêlée, il tombe de cheval; on le croit mort, et ^es troupes prennent la fuite. Les Romains, heureux: d'échapper, par cet accident, à une défaite presque certaine j n'osèrent poursuivre les Bataves.

Hordéonius avait péri victime d'une séditibn; Vocula, malgré sa fermeté, contenait difficilement dans ses légions l'esprit de révolte ; .il livra encore plusieurs combats dont les succès furent balancés et indécis.

Cependant la nouvelle de l'incendie du Capitole réveillait parmi les Gaulois l'espoir de la liberté. Les druides disaient hautement « que, » si jadis Rome. avait survécu àBrennus, on » ne devuit attribuer son salut (Ju'à la conseil » vation du Capitole, que l'existence de cette )i ville était attachée à celle de ce monument,

DES Gi^^LOIS. :2d5

» et (jfii'ainsi sa destruc tioiv devenait sfujour- » d'hui pour les Romains le signal de la colère 2) doB dieux ^ et pour les Gaulois le^pré^e de » la victoire. »\ ^ • • •

La superstition appuyait *alofp U politique de Civilis» Classicus , chef des peuples de T^rè" ves , et Tutor, cpmmandaiiit de la garde du Rhi;i^ se joignirent à l^i* Enfin la cité de Lan* grès s'arma pour l'indépendance gauloise, et ses troupes marchèr^iit^sotis les ordres He.Julius Sabinus, *nelj1e^ Gaulois, q^i se prétendait descendre de Jules César, avec lequel sa bisaïeule avait formé une liaison secrète.

Tous ces chefs s'assemblent à Cologne; ils espèrent que les dissensions des Romains* donneront aux Gaulois le temps de s';afFranchy:, de chasse» les étrangers de leur territoire et de fortifier les Alpes. Leurs émissaires 'parcourent les cités de la Gaule et appellent tous les peuples aux armes. . ,

L'intrépide^ Vocula , s'efïbjrçant de réMster à la fois aux attaques de l'enpemi et aux tta^isons des siens, étaif campé à Nuits^. Ci,viliS et Tutor s'approchèrent de lui avec leur armée. Bientôt, au lieu'de combattre, les .avant-postes gaulois et romp,ios parlementèrent; les 'émissaires de Civiliè parvinrent à séduire les soldats. Enfin, ce qu'on n'avait jamais encore vu, deux

266 DERIUEy^S TEMPS

légions^ abandonnant leurs aigles ^ se soulèvent contre leuç patrie ,<«t déclarent qu'elles veulent prêter serment au chef 4«s Gftulois ; en ^ain Vocula leur reprochç avec force cette lâcheté , eç vq^n il leur j^eprésente la honte de jurer obéissance à dès étrangers. Om F^coute avec colère ; on lui répo^Kj par des murmures. i( Eh qncfî, dit-il, éa I^ravant leur^ menapes , » on verra les ^vainqueurs, servir les vaincus , w des Romains obéir àde§^arbares ; ies figures >) sauvages jBt bicarrés daleuri enseignes rem- » placeront vos nobles -aigles; vojis recevrez « Tordre d'itn Tutôr,dW Sabinus? Est-ce leur » nombre qui vous effraie? NIavez- vous plus » vo^ glaives pour les bfaver ? Et , quand même » vo^ armes ^ wous offriraient qu'une trop » faible espérance de victoire, ne devriez-vous >) pas encofe imiter yos aieux tjni préféraient >) la mort au déshonneur? >>

Ces paroles vr^giiment romaiiies firent peu dUmprçssion sur 4^8 esprits sédyits et ^ur des courages abattus. Quelques Oarulois, envoyés par' Glg^sicùs, poignardèrent Vocula., que ses coupables soldats livrèrent sans défense à ses meurtriers. Les légions alors prêtèreïit serment au nouvel empire des Gau^e^.

Le camp de Vetera résista plus long-temps aux armes et aux séductions* de Givilis; mais

enfin les troupes qui le défendaient, vaincues par la famine, se rendirent et. jurèrent aussi obéissance à l'empire des Gaules. Cette soumission forcée fit leur honte et non leur salut ; car , dJu mépris de la Capitulation , les Bataves commencèrent* par les dépouiller et finirent par les^massacrqf .

de fut alors que Civilis fit couper sa longue chevelure blonde, qu'il avait juré de laisser croître jusqu'au moment où il serait vengé des Romains; l'humiliation des légions lui parut une vengeance plus complète que la victoire.

£e guerrier ambitieux fut le seul des chefs ses

^ . • A. x'l> • projets de

insurges qui ne prêta pas serment -a (empire cocqucic. d#8 Gaules, jparce que dès lors il méditait de concert avec les Germains la conquête de ces belles contrées.

Les alliés se parfagèrent les captifs, et réser- Renommée

fié' lA Vlf^T^A

vèrent le chef d'une légion pour en faire hom- véiéda. mage à^ Véiéda , vierge germaine , respectée alors comme prophétesse, vénérée comme fée, et même adorée comme déesse : cette femme avait, disait-on, prédit la victoire des.Bataves et le désastre des Romains. /

Les légions rebelles ne tardèrent ^^s à sentir la honte de leur défection ; elles virent en frémissant leurs aigles arrachées, et sous leurs yeux les Gaulois , livrant Cologne au pillage ,

266 D£RNl.ERâ " TEMPS

égorgèrent tous les Romains qui s'y trouvaient. Civil is etCb^sicus vainqueursr reçurent dans cette yille une ambassade de la nation des Teuctères *. Les propositions et le làngag)&»des députée peignaient avec'énergie la grossièreté sauvage de ces Germains , pt levm haine implacable contre Eome. « Nous f41ici'ton? les Gaulois , disaient-ils ^ et nous remercions Maris , puisque ce dieu vous ramène dan*$.les rangs des enfans de la guerre et des peuples liWes, Jusqu'à présent l'eau , #lat* terre et l'air n'étalent pou# vous que de vastes cachots. Vos corps subissaient l'inspection des Romains, vos biens leurs taxes ; ils se * faisaient des trophées de vos vêtemens et même* de v«s armes. Montrez-vous donc dignes de nous, en nous imitant; abattez les murs de vos villes ; les animaux sauvages eux-mêmes perdent leurs forces dans ces prisons de pieVrjes, vrais remparts 'de là tyrannie* Egorgez sans pitié tous ks Romains; la liberté ne peut exister avec eux : reprenez -leur vos bieias, et désormais jouissez -en tous en comijiuA; car les dieux ont destiné la terre à tous*les

braves, comme la lumière à tous les hoïnmes. Quant à nous^ effaçons les limites qui nous séparent,, et habitons indistinctement les uns

* Après J.-C. 70 ans.

DE^ GAULOIS. ^6g

» chez lê9 avères ^ CQïl^ne no8,père»\ Ce ^ue w jytaus vd\i8 conseiUone surtout, c'esè d'abju- » re'r ce Juxe e^ cesiirdluptés dont Rome «e sert- » [{lus-habil^ment que de ses aimes pour sub- »-jttgHW lesi^pieuples^ Noire alliance et^otre w ,pjiîtié sont à ce-prix. •» :^ - -. . ^ * Les chtifs4e la^Gfiule répondirent qu'ils accepteraient si^eé joie ^alliance* proposée. « Ce- » pendant, d4rc?nt-ils, au lieu de détruire nos » ren^arts, nous en con^riîirons de nouveaux » pour défandrei notre indépendance. Nous » avons chassé les Bxmx^ps qui no.us cdmbatw taîent, mais noui^jiqvoris épargner lés autres » qui , l^pttis, un grand «ombré d'années , Menons sont unis par Ues liens du sang; leur » mort jetterait le 46uM dans nos propres fa- >4 mSles. Pour .vous, Germaine , 4'entréë des M Gîiules tQus sera ouverte toutes Içs fois que » vous y tiendrez sans armes. Civilis et Véléda » seront nos arbitrés /' ils rédigeront notre » traité. » • >

Ce traité fut conclu. Cependant • les députés gaulois ne pureht parler à Véléda : cette prophétes^ë restait invisible au fond d'une tour isolée ; un de ses parens ,- seul adftiis près, d'elle , recevait les demandes qu'on lui .adressait et rap()ortait ses réponses.

Civilis emplcrya le reste de l'année à étendre

270 DERKlEHS TEMPS

ses eonq«iêtes : une'avtQéeroipaine vint encore le'Gombattre ; Labion Ja cdmpiahdai t. tes Germains et les Gaulois rempertèren^t la victoire. Ce succès décida la cité de T»ngre» et Jes Nervipns à sfi ranger so^ les cbâjieauK de Civilis. • . / * * » , .

Mort de Sa- Lcs pcuplcs de Laugrcs élurent alors pour

hinus et de * . M-^ 1 t i» mr* t •

sa famille, empcreùr des Gaules Juliùs IBabinus, et le proclamèrent Cé8ar4 Sabinus, illustre pai* ses malheurs plus que' par ses talens, ûe justifia point le choix de ses concitoyens. Marchant en Séqua^ie sanè ordre et.sads précaution, il fut enveloppé , battu , et' ne sau¥a sa vie qu'è» répandknt' le Bruit de sa mprt;. ^ -^ ' ^

L'incendie de sa maiscfn et la profonde dour leur de sa femme Époiuhe., en appréjifuit cette nouvelle, parurent la confirmer'*. Sabinus s'était caché dans le fond d'une ^caverne ; il y vécut nçuf années , nourri fet consolé • par lès soins de sa courageuse épouse,: deux "enfans même y devinrent les fruits île leur amour; mais enfin la trahiso'n d'un vil esclave* découvrit leur retraite; ils furent arrêtés et envoyés à Rome.^ ** ^

La fière ÉpcAiine se jeta aux pieds de l'empereur > dans l'espoir de conserver le seul objet qui l'attachait à la vie; mais Sabinus a\jait

* Après J.-C. 79 ans

porté le titre de Cti^ar : la politique rendit l'emperetir inflexible;, il ordpium la mort de cette famille infortunée. , - # •

Sa rigjaeur rendit à'Époniné.son noble courage : M Je reçois Iji mort, dit -elle, coffime » un bienfait des dieux ; mon véritable *^ùp* » plice serait de te js^oir heureux et v|iinqùçiïr. » Long-temps enfermée dans le.sein de la tçrre,* » jes ténèbres me consolai^t parœ quJeJles » éloignsdent de mes ypux Je spectacle de ta » 'fortune, » Le trépas dt cette femnie héroïque éternisa sa gloire et souilla celle de Vespasien.

La^:défaite de Sabinus fut vin grand. malheur pour la Gaule^ Les Séquapiens, les Rémois, les Éduens persistèrent dans Falli^-nce de- Rome, et pei*pétuèrent ainsi l'asservissemetit de leur patrie.

Cependant Cérialis, .général expérimenté, Amv,ie fut envoyé par Vespasien. d^ns la Gaule, à la dansu tét^ d'une forte* armée. Les députés de toutes les cités s'assemblèrent à Reims ppur .décider si elles çontinijtejaient à comlÈÉtrè ou si elles se soumettraient. En pareil cas'^le doute est utie faiblesse, et, dès qu'on délibère entre la liberté ou la servitude, la honte est déjà résolue.

Vâlentin, jioble Trévirois,*sou tint alors av^ éloquence la cause , de . la guerre et de l'indépendance. Julius Auspex vanta la protection

IS

Oanle.

:i72 DERNIER» TEMPS

de Rome et les douceurs ^e ht paix. Son opinioi^ entraîna ^la. majorité des avis qui depuis long-4emps n'étaient que trop partages. Langre8,£?t grèves ^▼aîent précédemment jjri^ parti pouç. Nerpn ; et contre V\p4?x : dès lors une prof&nde hs^me avait ^grf les autres^ peuples de^la'Gai^e conti^ ces deu^ cités : 4a .jalousie Hés phpfe.^ s'ppposait à la réunicftj des forces, 'a Qyi, diaait-on 2 ''conduira lagueije? qui dg^n- » nera le%*ausp4ce,s?et, ^êi)Oke aprèé ïe» succès ^ >>-où placer la ca^tal^ de l'empire? La vio- » toire augmenterait nos divigions au lieu de » les terminer , et la guerre civile succéderait »„à la guerre extérieure; car aycune cité «ne » veut ivéder. 1^ prééminence à l'autre : cha- }) cune fak valoir s% force^ son antiquité ou )) ses Mliances : notre désunion rend la guerre )) impossible et la paix indispensable. »

Ainsi fut aban(}onnée la plus.nol)le cause. Langres, Trêves, avec les-Bataves et lesJXerviens, yestèrent seules sou3 '^çs armes. Peutêtre cependant^fe? choses eu^eut^Ues encore changé çle face,*si les généraux gaulois, profitant de leurs premiers succès, eussent marché promptémçnt sur les^ Alpes ; 'mais ils prodiguèrent sans fruit un temps précieux, Civilis à poursuivre Labéon dans la Belgique , et Classicus à partiager entre ses troupes les dépouilles

romaines I Tutor bofna ses explcAl^ au mas^-^ cre d'une cohorte. Sur ces entrefaites GémH$ parut ; 11 défit Tutort Les légions qui avaient dé8eï*té*r.entrèrent dans le ^amp romain : l'adroite clémenee» de Cériâlî^ effaça leur honte ^ et les enflamma du désir d'e^iet* leur' fàute^

Leô Trévirdis cAnbattirent vaillamment > mais ils furent vaincus^ leur chef Valentin ex* pia dans les fers le^fcrime de fidélité" à sa patrie^

Cérfalis, aussi ferme pour maintenir la dis** cipline (]uUiitrépide dans les combats , sauva Trêves du pillage; rassemblant dans cette ville les états des peuplear if^sûrgés , il leur rappela les invasions des Cimbres et deé Teutons, que d'autres^ peuples germains , menaçaient dç re* no^velerr «Oh cherche, disait -il , à vous é-» >} blouir par un faux prestige de liberté. Que » voyait -cm dans Iq, Gaule avaht César? la ty*w rannie de quelques chefs; dos factions qui i> vous déchiraient; un état de guerre perpé*- » tuelle : les lois romaines seules ont?, fait con*- »* naître le repos et la. paix* Il est vrai que, » pour maintenir cette paix , il fitut lever des >i soldats et payer des tributs : mais existe-t-il » à cet égard quelque distinction injuste ou >i humiliante entre les Romains et les Gaulois? >j Ceux-ci commandent, comme nous, les lé- >i gions ; ils gouvernent leé provinces j ils sont

274 DERNIERS TEUrs

» appelés à toutes les dignités. Lorsque Uemw pire est gourerné par u|i hpn prinfce, la » Gaule partage le bonheur de Rome, et, lors- >x que nous gémia^ons sous quelque tyran^ » ritalie, plus pr(/çhe de «son joug, en sent » plus quç vou^la pesanteur. Le»jour où vous » expulserez les Romaî^s^de 1^ Gaule , vous y i) introduirez la discordent toutes les ca}àmités » quielle enfante. Eftfin réfléchissez - y mùre- }) ment; ce n'est point Rome qui vous prend, » c'est Rome qui se donne à vouj. » *

Les Gaulois, surpris delà modération de ce discours,, rapjplaudirçnt,» parce qu'ils aVaieht craint, étant vaincus, d'entendre un laiigage plus menaçant; ils se '^sounxirent.

Habileté Lcs Bataves restaient seuls à vaincre. Ciyilis essaya de séduire Cérialis , en lui offrant Yemr pire des Gaules : mais, ne pouvant* le corrompre , il* osa 1q combattre. Ces deux généraux déployèrent dans cette guerre un talent et une activité qui les. rendirent également cél^res, et la fortune même se plut à favoriser altemktiyenxent leurs aripes, . :

Cérialis fut d'abord surpris prés de la Mo* selle; mais, calinoi^dans le péril, il rallia bientôt ses troupes et livra une nouvelle bataille; la victoire se déclara ppur lui, et il brûla le camp des Gaulois. Civilis , non moins prompt

4 «e releva qqp sou rival, se Tett^où va bientôt ^n sa préstfric^é Après î dinSreiiJr pùmbats un trjLnsliige^ ^ahissant Qivias^ iodîq^ aux Romatiils uft. chemin.<'p#ui: tr^E^rser un marais qu'iyi croyait impraticable .-fce ^néraI|;auloiSy enveloppé et «battu , s'iéchappe et reparaît encûiae^ se« trojtipis le même jouçlivréiH quatre combatSf'én* quatre ][ieux éifférens ; h» suceès partout sont balancés. .* . ' ' . rs

Un.jour C^vilisv sç/hapardant trop t^jn^i-' rement, est reconnu et èntouré^j tous lés traits lies ftoiaains sontp dirig4é(. contçjs lui; alqr^ €léscçAd%ift ie cheyal,'îl s^éla^ce ctai^s un jSeUve et le tmvêsse à la nage : m^s ^ pi^u de^^emps après-, î] surprend à son. ipjjtr Çérialis dansjes bras d'une C^^uloise^ met ses troii]pes en fuite et s'empare.,drune partie de sa' flotte ; Cérialis rallie^ses dépris et poursuit Cirj^is , qui se retira enfin dans l'iledes Bataves.- ^ . ^ . Là, les doux fféDé1:*aiix avaient à braTe#de «ntrevae nouveaux dangers ; Iç jBfrain marécageux deetdecivieette contrêerijieriÏLgait à chaque pas le»Jégion« d'une riAne t'o^le. D'un iStulre côté fesBataves, lû% dEufie«£»«l(Higfiç guei^re , faisaient crstindre à laur chej'utae proohaihe "révolte; C|viK«, au^i atUtHt'en ^dti tique. qu'ardèpt au milieu dea'lTatàilfeQi,' demàftda une entrevue à Cérialis. hky* f^ifiXït «tous les ifiaux dé. la guerre sur

^76 DERNIISRS TEMPS 9

VitelUusv il rappel^ $oa at^çltçin^ I^Vespa^ sien î H C'était ce prince, son artfeîen aftiî, di-* » sait-il, qui l^i aitait {j^it le preAÂer pi;^ndre n les armes; îaéiB, une- fois^la^jguetre èom- » méncée , la volonté des peu|]des Payait, ^rcé » à la continuer» » . . * > ^ . . *

Traité d» Le » général Romain ne déaîrâit- pas miithis eux. qne luiUa fin de cette lutte sm^glantm CiTilis^ pour ff^ix de son couiîage^e^ de son acTressé, obtint, un traité honorable-qui ^ura l'indépendance des«Bataves. La crainte de leurs i^jqfies rétiniep à cel^s des Romains contint la Ge^imuiie^i et la.f a;x fut ainsr t<ftaleAie9t rétablie dans Jes Gaules* ■ * .

'^el fut le defpî!^rH»effort*que tenta cett« contrée i belliqueuse )p||^r.r9(^uyrer^spn indéplen- 'dan.cè; comme il, n'était que partiel, il ne pouvait avoir jup grand isfcicçès : un esprit public «^igouB^ux. peilt seul- défendre ou reconqufoirla liberté; mais^, quand les mœurs spnt amollies et les esprit^ abattus, si quelques hommes de Ibourage se mçhtjcQDt *çncore , ils n'entraînent dans leurs mouvejpens ^u'un petit nombre de citoyens : la,p^r, dé^uigéè sans le nqm de prudeilce Aet d^amûtg^ du repos^^ contj^ent les autres; et le j^uvoic^^-ajilieu de trouv^çr une fortS r^/sistaHice et orne volonté énergique^ né rencontre que de faibjes sou*-

DES tiluLoiS. 377

Tenin et d'im{fLfissanie's velléitA (findépen-

la sôiïmiseioh de la plus grande paftié des

Gaulois ëlait déjà si général emAit* établie ^t

connue avant même l'Ilévation de Ve'spaven

au trône, que, seloale récit dcThistorten Josè-

phe ^Me roi A^ip[

aux Juifs, lorsqu'i

se soutf ettre aftx' F

)) disait-il, habitai

» trois cents n^tioi

» le Rhin, les 'Al

» par sept siècles <i

» et jouissant dé ti

■>t donner' un sof ft

M n'ont pas cru sV

» du peuple romai

n d'as^uter lieur repes et leur prdspérïté*; ce

» n'est poÎDt une' làclie crainte qui les a'Tait

ti plier «ou^ ée joùg ; ils ont ''codlbatti) près

» d'un Si^k pour d^endre leur liberté j mais ■

i) ils ont sa^emeKt*céd^à la fortune de R^me,

» «^jetdurê^ectetde.l^dnârauondumontle.

3) Aussi' yoyona-nouB daiA cfette corid-ée. belli-

» qùèOse douze'cents soldats n^ains malnte-

»> -nir. facilement la piaix dans plus dé douze ^Biieuie

. -Il >i ■ ■' ' ■ •"•q"»i-

» cents villes gauloiaes.,Ji qa«>np»-

Pondant tout le rigne de Vespasieh la plus "mi».

2jS DEhUtE^ TEMPS

profonde tranquillité i^gna * cfeins la Gaule : elle jouit d'un bonheur plus douîc soiw Yeta-^ pire *trôp court de Titus; si justem^nl nommé les délices -difi monde. Mai» la tyratoni^, les dé^

^ lat^urây les concussioiftiaires reparurent dans Rome fifVec Domitien ^. Ce prince, aussi absurde que cfuel/ effrayé 'de l'esprit de révolte que suscitait d^is l'empire une- grande disette dô blé, fit arrachBr toutes \0i yigbelF de la Gaule. S^us Te* despotisme les épigramme^, les satires sonH^s dernières airmes èpnt la faiBlesse des peuples "Se sert'da^s l'onîbre contre' leur tyran*. Oti fit, à Tocdi^iAi de oat âdit de Domi* tien , un distique dans lêqu%t* la vigne lui parle ainsi V «. Quand tu m'af racBerais jusqu'à K ra- D.jrine^j^e.produirais'erfcbre assez de via pour n les libations dû sâcrificîe' où César sera im- » mT)lé. » ••

Cette prophétie s'accomplit; le^^vertueux , inais trop ftible Nerva, suécédan%à,ce monstre,

• 9'associa lirajan, et, se donnant ainA la force quiilui manquait, reléfva-pomr quelque temps la gloire de J*empîre. Sous le règjaè de Trajttn, )à Gaule Rit paisible fies Barbares résistèrent le Rhin ; les armes Vomaine» dél;vrèf erit le Danube des Daces, et Rome fît revivre dans rOrie'nt un nouvel AlexancJire. " ' ,

- * Après ^.-C. 92 ans. , •

DES GAULOIS. 2jg

Le siècle -des Antonins devint l'ùnrqfùe et fameuse épo(}ue . da règne « de la philosophie assise sur leutrône : elle donna uji second âge jl'orau monde ,ret i^^Gaule étonnée jmiit sous tin monarque^ d^une liberté4)lus entière et plus fortunée ^ue dans le temps de sa sauvage indépendance. ,

Le fils^ de lV|avc-^urèle , l'infâme Commodp , ressuscita Néron ; il parcourut comme un fléau les Gaules^ la Grèce et l'Asie. Rome, enjtranchant ses jours , reprit un moment sa liberté , mais ce pbids glorieux était devenu trop pesant pour elle ; sa faiblesse avait besoin d!un maître ; le séqa| choisit Pertinax , guerrier vertueux ; les soldats voulai^t un tyran } ils vgndirent Fempire à .Fcncan; Julianus l'acKeta*- ^ *Sévère , ^ly défendait alors les frontières de ia Gatfle , indigné de cet opprobre de -Ronie , vengea Periinççt, et donna aux Romains, en montant sur le trône, un général habile^ mais tm maître dur et èruel. . '

'Deux, compétiteurs lui disputèrent Fempire. Albinus * , l'un d'eux , enfraîhà sous ses éten* dards les firetoi^ et une grande partie de^.Gaur lois ; ainsi là Gaule devint encore le sanglant théâtre d'une guerre<îivile'^'^.Èlle fut terminée

* Ai>rès J.-C 1^3 'ans.

** Après J.-C 197 ans.

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par Aue longue et meurtrière bàt^le qui se domia prés de Lyon : Albinus 'baj:tu se tiia { Sévère vainqueur foula aux; piçds .avec baiisesse le corps de son ennemi ^etne^raitg pas moinf cruellement les Gaulois qui avs^ent embrassé la c^use de son rival , • '

Lyçn fut livré aux flammçs ; il inonîla les «fflp.8„«, de «»g, ac«4k I.. peuçie. d'impots, et se rendit aussi tristement fameux par ses rigueurs qu'il l-avait été noblement par $e$ victoires. Un Gaulois, envoyé par lui au supplice , lui dit ; « J'ai suivi les drapeaux d'Al^ >> binus par nécessité et non par choix. Ses w armes m'y ont forcé ; qu'auriez-vous ^fait à }) ma piace ? » Sévère répondit froidement ; « Je souffrirais ce que tu vas Souffrir, »

Ce prince mourut en Bretagne *. Caracal}a 39n fils lui suceéda; héritier des vices %t non des talens de^ son père, il assassina son frère Géta, et donna au monde le spectacle d'un ty^ ran aussi lâche que cruel , aussi ridicule qu'or diisux. Paysi,nt des tributs aux Sacbares qu'il menaçait, mais qu'il n'osait combattre, il usurpa dans l'Otient une lâche v^ptoire.par une trahison, et périt sous le poignard de Macrin, l'un de ses généraux. •

La Gaule s'était illustrée en dominant à Rome

* Après J.-C. 31 a ans.

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le vertueux Ântomn, né d'.une famille dont Nîmes fut le berce^ui. L'i]^4l^e Xyp^ qui venait de p^rir devait son nom à un* vêtement gaulois (Ju'il avait»feoutume de pqrter, ^que de ce moment les Giûiloiè ne durent régarder qu'avec horreur.

yn insensé '4étroi)^ Macrin , et rempfre ro^ m'^in gétfiit quelques aj^i^ées sous le joug du méprisable Héliogabale^ le plus eiFéminé« des monj^tses qui déshonorèrent I9. pourpre rcjputine. On eûtidit qu'alors la/prtune coulait Jiuitfi-* lier Rome, €ft se venggr de ce peuple quelle avait fait roi du mond»y çn le rendant êSQËivo dès ms^kres les plus ^Jects. Le temple c(![i..sf)^ leiluvait éle^jë son enfance ;,im poignard tran-* cha soii sceptre ; un égout fut son tombeau.

Alexandre Sévèi^ ,' quilùi auçc^a*, fit jfepa* i^aîtrg sur'ie trône et d^g|6 les caiïn|ls la vertu let la gloire ronminls; après avoii; pacifié l'Orient, il revint défendre la Gaule contre les Germains; mais" là., -se montrant -ôbsçrv jteur trop rigide d'une discipline inconnue à la licence. 4e son «ièele, il périt -victime d'une tj^ahison.**.^

D^{)uis quelque -temps Rome , par une Imprudence qui dans la suite causa sa ruine, recevait dans ses légions un gran4* nombre d'officiers barbsgre^, et formait aijpsi ses ennemis

• ^ Après J.-Ç. a35 ans.

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