‹ Histoire de FranceChapitre 9 sur 19 · TOU^V · texte numérisé non relu

TOU^V

u JLj'ohatij » votre p

» àfi .VQt|

N,'prttmpt H" peuples H v«n^^ M de ras»

» rlers df

imfe'satiçait rçsister à leursVibrces réunies. » Jusque-là, ^e que je'feux' just^CHtobtenir » de vobs, c'est d'imiter ia tactique de vos^en- » nemis pour Iça vaincra, -d'observer laj.disci- » pline, d'obéir sans mxirmurè^'rfle.necom- » battre qu'au signal , deVj^s mettre à l'abri » de toute, a{taqUe imprévue, en fortifiant vos M campa comme les Romains. »

DE ÇÉSÂR. !205

Daii^ le malhair, k fennoi;^ commuide Vadmiratiou^ et l'affaction génér^ coà^bla pour un chef qui, lohi tfetre décoursigé. an mi^i^ d'i^i tel revefc / prédisait encprQ Ij rictcrire*

AarèiH^Dt Fautorj^ des géiiSéitiux 8urvi| à leur d^Uç ; *ipaii cell^ de Éout*^e$ acci;ut ie poijToir djn gteéral gaulois */et c^déifestre , prédit par kiî^ rafFerpiît la confiance *qtt*il iûspir rait; aussi > pour lafpreAiéi^ fois, on^vit les âahlbis dociles marcher »V0C qrdr| y obéir aviBc patience tr^ailler aaiH» Hittr^rm^e, et défendre leur camp par deS-fossé^-et'pardes tours. ^ Eics eiiVoT^s de V«rci|ig4tojix parcourureïit de^noiirq^u les fités pour échanger leur t^ïe^ et pour les exciter à la vehgeancê. Eloquence, adresse, répteiAes, $nûtié, préseps ,. promesses, rienihe fut négligé par lui*; il rsf^sembla un, graçd nombre ^'archers , se^t fôurniç^ dès. armes, et pressa partout Avec succès Içs lçv(^€^.

L'armée romaine ^vait, «dan^ Bounge^, -retrouvé l'abondance j et, après tant de fatigueiî, elle se Uvrisi quelqbes jpurs au repos. ' ■\'

Sur ces entrefaites, Céter apprit que la lutte Élection opiniâtre dô deux factions divîsait;les Êduens tounus

11» . 1 • ' ^ ^ * - ' 11' » • 1 confirmée

ses alliés : le sujet de leur* querelle était ie par césar. choix d'un, premier magistrat, d'unvcrgobrète, Cotus , dont le frère venait d'occuper cette charge , et Convictolanus , citoyen opulent et

d'une naissance Ulustre, y prétendaient tous deux; enfip49s partis qui lessivaient choisis se n))3ntraientdécîcf^s à soutenir cbacualeliih béotien par le| aj*n^s, ^ • ' # ^ ^

Çésàr crut^ nécessaire (^ap^sçr ces tfbujbles funes|es j on se àou^f à sfcn^ ari;^^]3^e ; et comme *lés^ ims. défendaient aiuc '^magistrats édùens de^iortîf de. leur «pays, il qtutta momentaiïément son*- arftiée ,f*se rendit dans une de leurs villes, y n^dji. léui^ sénat, les flï^fs de, leur n§.tion ; çt?^' après avoir* enttfidu les d?ux,prétendans^ confirma rélectionde Con- TÎetakinu^. Il aniiju]^ celle de son rival, parce qif jBHe n'avait -pas été faîte dans 1^ /ormes légales. * * -

•Les E^^ueps lui dongèrent tc^mte leur cavalerie et^dîx nri)lé( hommes de pied; G^r chargea vcêux-cî de former une,.lt)^^gue chaîne de pe^fe^j ef d^* protéger ses. eônvoia-Labi^nns reçut*r#F(tre dfe marcher ^ans le pays des S^enqpn^î^, et de s'emparer 'de Lutèce, capitale des.Farisiens. Enfin , rfevenu à son armée. Ce-* sâr s'approcha des bords^de ji' Allier, dans le dessein d'assiéger Gcrgovie^ Il troifVa les ponts de cette rivière roâipiDs^ et Véreingétorix campé sur l'autre bord pour lui en disputer le passage.

César trôknpa l'enne^ni par ses manœuvres ;

DE CÉSAR. :^o5

et ^ tandis qu'il Foccji^ait sur un point par le déploiement de la plus grande partip de ses troupes, il passa* Iç fleuvef^vec deux . légiops , le reste le «ùivit ; et , n'eu de jours après , il în- '

Vestit Gergovie / Varmée*gaiiloise campa près de là, sur une m*ontagne , pour protéger la ville.

Les deux armées se di#putèrjent avec acharnement une colline shuée au bas de la montagne, et èe livrèrent pour la prendre dès'(*m- ^bats f r^ueiis , doitt les succiès furent balancés ; l^nlm, dans une attaque de nuit, les Romains s'en emparèrent et y établirent deux.légicfns.

PendanUce temps, une révolte imprévue jeta Réroite César dans dénouvëaèx périls* Convictolanus , ezcit<e°w qui lui devait sa dignité , plus sensible a Ja voix ulus.^ de la patrie qu'à celle de la: reconnaissance, s'effofça d'eiltrainer le sénat des Éduéns dans lé' parti des libérateurs dé la Gaule. « Nous n sommes libres, dis jit-ij, et faits pour com- » kiande»; cepéndaint nous servons, nou3 obéis- » sons, et notre pieuple est le seul q^i suspende » encore les triomphes - des défenseiirs de la » Gaule : tous les autres combattent avec eux , » ou*n^attendent que notre signal pour se dé- » clarer. Sans noils, les Romains ne trouve- >^ raient plus d'asile dans notre patrie. Les pré* w tendus bienfaits de César me touchent peu ; » il ne fait que confirmer avec justice un choix

» légal ^ et je ne doi$ mdn élévation' qu'au vœu » libre çtemes coneitoyens. if ailleurs , de quel » droit \es Romains seraient41s plutôt juges de » nos lois y que nous de^ leurs ? C'ost une pré- » tention qui m'irrite et que* nous neuleTOiis » plus çupportec. M ^ ' •

Ce dij»cours fil murmurer les vieillards prudens et craintifs ; mais la jeunesse bouillsgite dës*^Éduens y applaudit ^ et dès lors les chefs convinrent d'employer la nise 'Jpour échauffer l'esprit du peuple et pour l'eàtraiaer à Tinv surrectlon.

Uun, d'eux y Litayicjus^ commandait les dix mille hommes qui d^yatetit rejoindre les Ro^ mains j*à trente milles de Gergovie, il les arrête : « Compagnons^ s'écrie- 1- il, o^ courons- » nous? Les pièges nous entoureiit; la mort » nous attend : toute notr^ cavalerie, les prm- » ces de notre cité, Épo^idoris: ecViridomare, >Ktous^de vains prétextes, ont^été^etés dlms » *les fers, et envoyés au suppBoe par César. » fif ^exigez pas plus de* détails de ce désastre : » mes frères, mes parèns sont égorgés; la dou- » leur ne' me laisse pas la 4iberté de Vqus en » dire davantage; quelques victimes échappées » aux massacres vont offrir à vos yeux ce ta- » bieau sanglant que je n'ai pas la force de » tracer. »

DE CÉSAR. 20y

Alors des hbimmeè^ g^nés et insiniits par litavicus^ paraiss^t^ confirment son récit ^ rïconteijt le pnétei^lu '«^carna^e des Ed^u^i^^ soupçonnés d'ittèlligenôe avec Vercingétorix, et semblent /rémir ^eneone des dangers qu'ils ont, disent -ils/ courus , en se dén^mnt à la jnort par 4a fuitiii. *

L'année/ furieuse , demande à grands cris qu'on lui Indique ce qu'elle 4t>il^ f^ij^ pour se langer. « Comment pouvez- vous le deopilder? » répond le général ; nou j n'avons d'autre parti » t prendrp que de nous joindre aux Afver- » niens (Auvergnats). Après un tel frime , » notre perte est san^ doute jurée ; il ife nous » feste d'espoir que dans ncUre courage ; ven-*- » geons la mort de lios familles , et massacrons » leurs meurtriers* »

Soudain 9 mrontrtnt à leurs regards^ le convoi qu'ils escortaient , il donne or4re de l'attaquer, le disperse , h pill^ et passe-au fil dk l'épée tous l^ Romains qui s'y trouvaient,

La même fable, répétée par ses dépêches dans le pays des Éduens, s'y répaiid, s*y propage ; l'indignation s'enÛâùime ; on court aux armes; partoift on poursuit les Romains , et le tribun militaire AH^tius est forcé, en combattant, de sortir de Chalons (CabilloBum), dont la garde lui était confiée.

aod CONQUÊTES

soamissiorf Cppendaiit Césap^ insirnit dcf cet événement par la bouche même des. d'eux chefs ^ Époridorix et ViridbmaFe, ijni se tiouvaietft près Se lui avec** la cavalerie éduennei^ voit cTuncoup d!œi( le danger quii& menace ^ s'il permet à ce soulèvement de s'étendre. Laissant donc Fabius avec deux légions à la garde^de son^ camp ^ il prend (juatre autres légions, m^ilchd rapidement contre lès,*£duens, et s'appr&che d'eux sans cQmbattre ; au moment' où ils s'élancent sur lui, il ^présente, à leurs regards les deux princes dont on venait de leur racopter la mt)rt tragique : leur aspect dévoile le mensonge. Les Éduen^ se soumettent^ eiXiitavicus, échappant à une juste Vengeance par une prompte fûfte, court à Gergovie encore sruividê sçs cliens personnels y de ses nombreux soldurii , qui , s^lon la couttime gauloise, ne pouvaient sans crime l'abandonner.

Tel fut le honteux résultat d'un stratagème qui déshonorait, par le mensonge^ la plus noble des causes. Les chefs des Éduens envoyèrent à César des députés pour le fléchir ; leur but réel n'était que de gagner; dit temps, afin de rappeler leurs troupes ; CéSar feignit de croire à leur bonne foi; mais, prévoyant qu'il serait bientôt attaqué de tous côtés, il ne songea plus qiCauX moyens de s'éloigner avec

DE GÉSAH. 209

«honneur de Gergovie ( Glermont en Auvei^ne) .

Revenu prés de cette plabe , il apprit que 8on Béfaito aet camp, attaqué par Vercingétorix y» s'était vu pr"""* momentanément forcé , et que ses légions a- "*°^"* vaient beaucoup souflFert» Bientôt il s'aperçut avicc surprise que les Gaulois abandonnaient presque entièrement la colline qu'ilis avaient reprise f)endant son absence , et pour laquelle tant de combats s'étaient livides. Ses espions lui rapportèrent que l'armée enneniie occupait une autre éminence couverte de boi^^ et qui excitait leur inquiétude , parce que ces bois aboutissaient à un quartier de la ville dpht ils pouvaient faciliter l'approche.

Profitant d^ cet avis , César menace par de faux mouvemens la colline abandonnée ; la plus grande partie des Gaulois, s'y porte : alors > des légions cachée^ se précipitept sur l'éminence boisée/ taillent en pièces ceux qui la défendaient, et détruisent leurs travaux.

César, satisfait de cet avantage qui semblait liiî permettre de s'éloigner ensuite 'honorable^ ment, donne le aign9,l de la retraite; mais la dixième légion , animée par la fuite de Tennen|i, le pojirsuit, n'écoute aucun ordre, arrké en même temps que les fuyards aw pied des ^urs de la place , et donne impétueuseinent l'assaut ; les autres légions suivent en foule son exemple. 1. i4

2XO CONQUÊTES

Déjà les feninàes^effr^yé^ 86^ montrent éche-% yeiée^ sur les rën^rts ^ et demandent la vie ; ééjk le tribun Fabius ^ ^saisissant un «réneau^ se montre ^boitti sur. la ^ouraille ; mais soudain Tarmée des Gaulois /accourant de la colline qu'elle avait voulu garder^ rentre dans la ville; leurs pères., leurs enfans/ leurs épouses, en larmes, Içùr crient de les défendre «t de les dérober à vun massacre affreux ; leur couitage se change eu fureup-; ils s'élancent avec frage contre les Romains. Des deiux cotés on combat av^aehameme]Eitf mais enfin* la fatigue épuise la force des assaillané; la jdu|[Mârt des officiers Romains périsseijt; |>re8sées de tous côtés, les iégûms ne peuveiU; ni continuer, le combat avec espoir, ni se retirer s^s un extrême péril.

DajEls ce moment , Fabius > percé de plusieurs traits, crie aux Romains : « Ma mort est ctr- ^ tains, Muais je veux qu'elle tous soit utile : » sauvez-vous^ mo|i* corps va vous servir de ^ rempart et couvrir votre retraite. » A ces mots, il se pn^ipite sur les Gaulois , les étonne-, lesarréjte par son audace, en immole plusieurs, 'tombe et meurt avec ^oire.

•Les Romains ne s'occupaient qu'a le venger; majus,<v0yantii>utà^otqp^paraîtresur,kur&flant^ un. Gorpr d'Éduens qui s^approchait pour les secourir^ l'armure. gauloise les ttomp^jiis se

DE CÉ3ÀR- 211

croient tournés ^ ils fuient préci{»taiiitnent y accaldés ptr unenuée de tfaits^ par. une fbule d'iehn^nis , et laissent sur le cÉtamp dç bataille sept mille tiommes €t quaraate^x centurions.

Vercmgéftofiif les. poursuit jusqu'au pied d'une môn)^ne où fleux lésons, postées pair César^ les rallient* Eofin le>m des Gaules rentre -daw Gergoirie délivrée par .s^ armes ^ «t le peuple, neooit en triomphe le seuji •capitaine ^uiy ^squ^dbrs^ pût se vanter d'avoir vaincu César. , - .

Le général romaitt^ âpres avoir reproché vi- Départ d«. v^onalt à ees légiotts leur ^léinérilé ^ les rassura 'séns?"'^ ^DL leur prouvant que cette défai|e ^ Iri^te «effet de leur désobéissance- et du désavantage Aé leur poâtion ^ serait bientoÉ réparée p^ leur supérioritë réelle sur le^ Çraulois en fcuroe et «ii vaillance \ alléguait ^ensuite la nécessité de comf«W les pum^eiaeM>^^ par liitavicus , il.leva le ^ge et partit.

GésaTi. en s'approcdiant de ]a Loire , eii vit les bords gaildés «t . défwdus par uà grand nombre d^ troupes éduemies que le bruit de la défaite de Oergovie avait déterminées 4 l^ révolte; HBéparé alors pour 4a seconde Ibis de Lalûénus^ il semblât également périlleux ppur lui ou xle coivtinuer ^ marche au milieu de 4ant de peftqodes ennemis'^ «tandis que Vercingé-

torix le poijrrsuivait , ou de se retirer par les Cévennes dans îa province romaine : mais ce dernier parti lui parut trop honteux. Braisant tout daiiger et se confiant à sa ifbrtune, il traverse à gué la Loire , renverse tout ce qui lui résiste , et parvient sans ^chec à Sens.

Fendant que ces événemens se passaient dans la Celtique^ Labiénus^ fidèle à ses instructions, s'était porté avec quatre légions contre Lutèce, située dans une lie de la Çieiine. A* son approche , tous les peuples voisins se réunirent. aux Parisiens , pour le combattre sous le commandement d'un chef illustre nommé Camulôgène; la -vieillesse s^ait mûri son courage san^. le re-

Aoidir.

Le général gaulois plaça son camp derrière un maraia qui couvrait Lùtèce. Vainement Labiénus tenta de l'éloigner 4e cette* position ou dé; la forcer: cédant à la difficulté des lieux et à la résistance de l'ennemi, il.chietngea de plan, regagna Melun' (Meulodunum), s'y empara de plusieurs bateau^., y établit un pont, passa la rivière , et revint vifr-à-vis de Lutèce s^ur la rive gauche de la Seine^

Gamulogène jprit alors le parti d'incendier Lutèçe, de traverser la rivière, de détruire les ponts*,, et d'établir son. camp en fece de celui des Aomains. Ce fut dans ce moment, que La-

biénus apprit la levée du siégé (fc Gergovié, la révolte des Eduens et le sôulèvemeTit des Gaulés. On répandait même le bruit d'un nouveau revers de Céèar sur lès bords de la Loire, et de sa retraite dans la'provincé romaine.' • Labiénus , se croyant aitisi abandonné , comprit qu'il ne s'agissait plus pour lui de conquêtes j mais dû salut de ses légions ; décidé a se retirer par le pays des Sennonais, il divise les forces de l'ennemi en le trompant; quelques troupes restent par son ordre dans le camp : plusieurs dé ses cohortes remontent la Seihe, et , tandis que l'ennemi incertain suit ses divers moùvemens, il- descend la rivière avec la plu« grande partie de ses légions, égorge. les postes qui la défendent, se saisit de leurs bateaux , repasse la rivière vis-à-vis^ de M eudon ^ et choisit pour établir son camp une forte' position. *

L'armée gauloise vint bientôt l'attaquer; la victoire fut quelque temps incertaine; Camulogèiie, avec son aile droite, enfonça d'abord la gauche des Romains; mais, l'autre' aile de l'arïiiée gauloise ayant pris la fuite, les légions qui la poursuivaient revinrent tomber sur le flanc des Gaulois vainqueurs. Les Parisiens ainsi, enveloppés rendirent leur défaite glorieuse ; imitant l'exemple tie leur vieux général, ils

pféférèrent, comme lui/ la morlÀ la fuite ^ et périrent tous sur le cbamp de. bataille. Rénnîon liabiénus poursuivit sa route sans obstacle , romaine^* ef, près dc Séus, retrouvarCésar, qui vit enfin

par cetfe jonction foutes ses légions réunies. HkbUetéds. Les Éduehs* craignant alors crue le poids du rhr, nommé ressentiment de César ne retombât sur eux, sime. pressèrent Vercihgétorixr 4e venir à leui* secours; il y courut et rassembla dans Autûn (Bibracte) les états' de la Gaulé soulevée. Les Trévirois, menacés d'une invasion par les Germains^ ne purent envoyer de députés dans cette ^assémbléé. Les Rémois etles Lingohs persistèrent dans leur alliance avec Rome. Époridorix et Viridomare prétendaient au commandement général dès tro^ipes gauloises; mais les états en revêtirent Verdingétorix.

Ce prince, à la tête d'une infanterie nombreùse et agueri'ie , ne crut point nécessaire de Taugmentet ; il demanda seulement une levée de quinze inille jcavaliérs y chargea les Éduens de iQarcher avec un corps nombreux contre lé» Allobroges (Savoyards), et dirigea les Arvemiens (Auvéï'gnats) sur l'AquitaÎQe^ dans le dessein de menacer la province romaine ; enfin il invita tous les.Gaulois à dévaster leurs champs et à brûler leurs babitations pour ai&mer les Romains..

DE CÉ&AR. ^l5

L'habileté de ce plaa^toana César; sa ^Vf^lerie était teilemeût épuisée par la fatigue et par les combats^ cpi'il se vit obligé d'en faire venir de Germanie j et de démonter les cheva- Kers et les officiers supérieurs des légions pour donner leurs chevaux à , ses cavaliers. Pre^ë par une armée fotmklable^ manquant de vivres au milieu det^ontrées fertiles que l'amour de la liberté changeait en désert à soa approche > ejt voyant dans le Midi tei( possessions romaines menacées, d'une prochaine invasion^ il se* décida à la retraite et marcha par le pays de Langres vers la Franche - Comté , pour se rapprocher de la Provence afin.de la défbndre.

Pour la première fois alo/*s ce fier conque^ Faaicde rant cédait, reculait devaat son eùnemi, et la*^** ^ "*"' Gaule pouvait encore se retrouver libre : mais une seule fauté décide souvent du sort des États : Yercingétorix , trop enQrgueilli de ses suecès à Gergovie , ou trop pressé par l'ardeur turbulente des Gaulois, ne se contenta pas de voir les Romains se retirer; il* voulut les exter-^ miner ou les fo»cçr à fuir.

Il renonce tout à coup à la guerre de détail qui minait les forces dé Rome, et qui aurait sauvé la Gaule. Décidé à riscfuer une bataillé, il réunit tous ses guerriers : w L'heure du >> triomphe,.' dit- il, est enfin venue; lesRo-

:il6 CONQUÊTES

» mains d'éloignent de notre pairie et retour- » nent dans leur province. Je sais que leur rew traite suffît pour nous faire jouir momenta-, » nément de la liberté ; mais ce bonheur sera » court, je ne vois dans cette paix qu'une trêve n passagère. Bientôt des légions plus nom- » breuses descendront de nouveau les Alpes » pour nous a6cabler, et nous ne verrons ja- » mais la fin de cette guerre. Ne laissons pas » échapper ainsi la fortune qui nous favx)rise; » poursuivons vivement nos ennefiais vaincus ; » l-armée de César est embarrassée par ses lourds » bagages , et par une foule de chariots jremplis » des dëpouilles de la Gaule : si dans Sa mar- » che lente nous çsons l'attaquer, ou son in- » fetnterie s'arrêtera pour défendre ses riches- » ses, et alors, ne pouvant continuer sa route, n elle périra sous nos gfetives; ou, si elle aban- » donpe ses équipages, elle se sauvera avec » honte ; |)oursuivie et dispersée , la faim et le » fer consommeront sa ruine. HâtoQS-nous » donc, par une marche. prompte, de redou- >) blér Iç courage des nôtres , .de répandre la » terreur parmi les Romains, et dé saisir la » victoire que le ?Qrt nous, présente v »

, L^s dhefs, les chevaliers, les soldats, enflammés de la même ardeur quç leur général , aveuglés par la même fatalité , réppndent à ses

paroles; en agîtaitt hruyamment* leurs armés , et demandent' à granîàs cri^ lé- combat; TenthousîasÈie! est unirérsel; tous veulent se lier à 'la patrie par un nbuveau serment;, enfin cha^cun -jure 4^ ^^ point reposer sa têtÇ; sous un toit, dafie pcdrit'reVoir ^ famille, ^t dd ne'pas serrer soii épbusè dans ^es bras, aiMoit d'avoir traversé deux foi* l'armée roihaine.

Le signal est dlSnné ; Vercingétofrix ,.à la tête Baunia de trqis cplonnes de cavalerie, attatqtie*b^i|squement Farftère-garde des Rome^iiiè éa;tète et en flanc ; les légions s'arrêtent pour copyrir les bagagesi, et des deux'oàtés, pendant la plus . grande partie dli jour, on soutient ayeç acharnement uïi combat d'où dépèhdent 1^ salyt de Césîft' et Ta liberté Aie la Gaule. * . ^ '

La victoire, qu'unç égale vaillance rend lojagr Défaîte temps incertaine, est enfm décidée par le génie ae verdndu général romain. Un îjprps de cavaliers germains dérobe sa marche à la faveur-des bois,, tourne une montagne , et tombe à l'improViste sur le flanc, de la cavalerie gauloise; celle-ci, rompue par une attaque si imprévue, est en- ^ foncée. César énîtaiUe une partie en pièces et poursuit le reste jusqu'au bord d'une rivière , derrière laquelle Vércingétorix . avait habilement placé son infanterie dans, une forte position.

ai8 CONQUÊTES

Trois chëfs'^es Ëduens furent pris dahs cette bataille; le-généi'à^i'-^uloi», voyait daM son armée le déeon^e'nient suceédeE à la témérité, prit le parti de laretrai te et s'enferma dans la Tille forte d'Alésie, prps d'Adxoime^. sitriée sur utts 4hj[iitta^e,eecarpée et a demi entourée par ûnê fauge.riyière. L'armée gauloise; forte encore de quatrtf-vingt mille hommes, cainpa montagne , et ep couirde hautes murailles, 8sé8{»vfbiids..

sMg» ictoire^ admira , dans

P» cti». , l'habileté du général

ruire un 'rival auquel semblait attachée ta destinée de la Gaule , il investit Alésie et en forma le siège." -- . Le génie le phis audacieux pouvait seul concevoir une -telle entreprise; il avait à combattre la nature , le talent , ^e désespoir j et , tandis qu'il attaquât quatre^-vinlit mille braves défeodus-par des retranchemens presque inexpugnables, il s'exposait à voir la Gaule armée fondre de .toMS côtés sur lui et l'assiéger à son tour. Ce péril , prévu par lui , n'efl&aya point son courage , et ses légions , aussi constantes qae leur chef était audacieux, a^^ès avoir entouré la ville d'un retranchement garni de tours et qui avait cinq lieues de circuit, construisirent une

DE GÉSilU 219

ligiie-de coatrevaUation égoleinfiiil forte pour se défendre Cpntre Tattaque des ajrptees^e Vercingétopix appelait de toutes parts à son secours.

Le général 'gaulois écrivit à toutes» les cités qu'il ne possédait de yivrcs que pour trftite jours y et qu'elles . li'ayaieht pas un instant à perdre ^ si elles voulaient dérober à une .mort certaine ou à une honteuse captivité l'éUte des défenseurs de la patrie.

. Pstrtout la j eunesse gauloise , tourant aux armes, répondit avec ardeur à ce cri de détresse^ Le peuple de Beauvais, conservant seul cet esr, prit dé désunion si fatal à la Gaule, ne fournit point de contingent, réservant toutes ses forcés pour sapropre défense^ ' .

Comius, roi des Atrébates, loiîg- temps regardé comn^é le plus fidèle allié de César,, sacrifia son amitié à sa patrie , et vola au seeotirs de Vercingétorix. L'arûiée de là ligue gauloise s'éleva bientôt à deux cent qùaranterliutt i^ille fantassins et huit mille cavaliers. Elle se mit en marche sous les ordres- de quatre chef$ ,. Comius, prince des Atrébates, Viriclomare,ïpo-* ridorL^, chefg d^ Éduen», et Vergasionm , guerrier illustre parmi les Arverniens.

Tandis qu'ils se.clirigeaient sur Alésie, cette viUe devenait le théâtre des plus sanglant combats : les assiégés faisaient de tiombreuses et

• fréquente» ^j^npli^s pour détruire les travaux des IJLomains : oéit^^i étalent sans cesse occupés à les^défendre ou à les reconstruire, et, des deux côtéj8 , le nombre et l'acharneinfent des combattaift étaient tels que chaque jour voyait livrer

* une véritable bataille^ .

Cependant, au liiilieu de cette lutte sanglante,, le tenips s'écpule avec rapidité , le terme fatal approche, le nciois «expire ; les vivres manquent,* et lès secours promis n'arrivent point. Vercingétorix rassemble se$ chefs; ils délibèrent ; les un$ proposent de capituler, pour sa^er le peuple de la mort cruelle dont , la famine le menace; les autres demandent une sortie générale , préférant un noble trépas dans les lignes ennemies à la honte de rendre les armes. Dîsconrs Après unc louguè contestation , le parti le critognate , plus faible prévalait, lorsque soudain un noble rvermen. j^pyçj^jgjj^^ Gritoguatc, sc lèvc impétùeuscment:

« Je ne parle point, dit-il , à ceux qui couvrent » leur lâcheté du nom de prudence , qui regar- » dent >ine honteuse capitulation cjomme un » traité nécessaire , et qui veulent acheter le re- » pt)s par la servitude. Indignes désormais de se » montrer dans les conseils de la^ nation, ils ne » sont plus citoyens à mes yeux : je ne m'a- » dresse qu'aux braves qui proposent une sortie » générale; je reconnais dans leur' résolution

DE CÉSAR* 2Stl

)} généreuse et dans l'ardeur de ceux qui l'ap- >i prpuvent l'anlique couf âge gaulois. C'est ce- » jlendant leur avi? que je viens combattre;. » mettons-nous ^n garde contre la faiblesse de M l'esprit humain.^ souvent elle se cache soixs » l'apparence de teî^témérité ; Ja plupart des » hommes supportent plus gisement un court » trépas qu'une longue douleur. Ils^de'maodent » de courir à la mb^t parce qu'ils ne savent pas » suppprter les privations^ les sou^ances et » là misère.

» Moi-même j'avoue que^ s'il n'était question » que de la ,perte de notre vie , je me range- » rais, à leur opinion, car tout ce qui est gé- » néreux m'entraîne ; mais il s'agit ici du salut » de toute la Gaule; jugez, si nous périssons, » quelle sera la douleur de nos fpimilles , la » honte de nos concitoyens et . le • décourâge- » ment des armées qui m^client pour nous » délivrer. Us ne trouveront donc ici que nos » tombeaux, et seront réduits à livrer bataille » sur nos cadavres. Ah ! ne priyez pas^ aipsi de » votre secours, par une résolution téméraire, » cette foule de guerriers cjui abandonnent » leurs foyers pour vous défendre , et qui sa- >). crifient leur propre salut au vôtre. Ne forcez » point par votre faiblesse là Qaule tout en- » tière à se précipiter dans la servitude.

222 GONQ^TÉTES

» ïbquoM vdus doatez de la foi d€T08ailié9^ a parce qu'ils n'arriveiit pas au' jçur fixé ! taaiSf >\ pour diaéiper votre inquiétude ^ '«(mteo^j^ez n celle des tkamuûtsjToyez^ depuis le lever du » soleil jusqu'à la nuit , leur activité pour se » garantir d'une attaque prochaine par la hau- W'teur ide k^rs re^i^chemend ; leurs-alarines w cqptinuelles^Jieiirs «soins redoublés poift* in- » "tercepter itoutet Jes nouilles ^ leur» travaux » a^Sus, et aaûs relâcfie vous annoncent évi- » demment l'âpgroche de? secours que vous » attende^.

. » Imitons l'exemple de nos aïeux , et osons 4) faire. ce qu'ils firent dans une guerre moins » funeste : les-£imbre& et les TetuUms parcou^ » raient^ inondaient ^ dérastad^at la .Gaule ; b^s « braiz^s ancêtres . resiU^ermés dans ;Ieui?s villes » et .pi"iyés de vivres , ne ilépodèrent point là- » chem@Qt.leur!& am^es^ ou ne courur^at pas D en aveuglés à^ la «mort pour écha|>per à la » disette : mais ilè se nourrirent de la chair de » Qcux de leurs concitoyens que i'en£ance ou » la vieillesse rendait incapables de porter le^ ^) armes. Si je ne trotivais dan&le passé l'exem*- » pie d'une telle intrépidité^ au nom de la pa^ » trie, je vous proposerais eneorç de le donner » lesprèiiiiers à la postérité; .Ga^, dans lesiâr- » constances où nous somaaies^ cette cruelle

DE CÉSAa* 225

^) détermin|d;ion sçraît encore pkis justifiable » que ne le fat celle de noç pères. Jamak en » effet on ne vit rien d^aaçeil à la guerre que » JiQus soutenons : les €imbres 'en^ltrértet dans » la Gaule, en sortirent coinme un' torrent >» et courur^^ bieivtot à^ d'atutres conquêtes ; » comme ils ne youlKént que ne» richesdéd^ » ils nous laissérentt |ios droits, noÈ champs^ » nos lois -et hotre lUiertë ; mais les Romains , » aninxés par la pk» basse ^ftyie,ja*ont d'antre » but, en attaquant les peuples qui ont acquis >i quelque g^oirç à la guerre , que deflëtrir leur » renommée , d'anéantir leur indépendance , » de' siemparer.de leurs terres, de dominer » daxLS leurs cités , et de leur Huposer 'les lois ^) les plus dures*

» Partout ils se sont lïioiitrés les mêmes : si » le sort des nation& éloignées qu'% ont assu^ » jètties vous est incoxmu , portez vos regards » sur cette partie de la Gaule déjà réduite piu* » euK en province romaine ; vous y v^errez les >) terres partagées , les droijts anéantis , les lois » cJMt.ngé^; ces peuples inforttxnés sont s6;amis » à hf hache des Uçteurs et cosid^mmés à une » perpétuelle servitude. >r

Ce discours , à la fois héroïque «t férpce , fit frémir Fassemblée» Avant de suivre un avis si cruel , elle résolut de tenter un moyen moins

barbare^ et tous les Habitai}^ qui ne pouvaient combattre ftirent renvoyés* de la ville. •

Cette foule infortunée is*îâpprocha des lignes romaines.^ suppliant retiuemi de lui accorder des chaînes et du pain ; mais lés Romains ré^ pondirent à leurs larmes par un* dur refus. Rejetés de leur ville , repoussés par Ténnemi, ces malheureux ^^emplissaient. les airs décris et de gémissemeàsj.tout'à coup les clameurs de la joie succèdent à ces accens de dése^poîi; j les signaux appreiment l'arrivée dé l'^mée gauloise; bientôt son iîvfanterie couronne les hauteurs , et la cavalerie de ' Comius inotidë la })laine.

A cette vue César fit sortir sa cavalerie de ses retranchemens ; elle tombattitvtoi:^té la journée celle dés Gaulois: et cette foife encore les Roitiainst durent la victoire aux Germains auxiliairés.^ qui, par leur impétuosité, jetèrent le désordre dans les escadrons jgfiulois et les poursuivirent jusqu'à Iqup camp.

Cet échec conskterna les assiégés : ils étaient sortis de leurs piurs , pleins d'espérance ; ils y revinrent accablés de dbirieur. Vercingétprix seul, inébranlable', relèvp' leur courage, et marche à leur tête contre les retranchemens romiains. Coiniu^, du côté, de la plaine, les àttàqjieégalejoaent; de toutes' parts les plus terribles, assauts se livrent , et j tant qu'on se bat

DE *CÉ&àR. 2^5

de loin y les arcnw^ ga.ulais. ont l'avantage ; leurs traits rapides percent tous les Romains qui paraissent sur les remparts; mais^ lorsqu'ils veulent franchir les muraiUes et combattre corps à corjps , les Romains , à leur tour, triom^ phent par leur adresse dans l'escrime, par la solidité de leur armure, par la force de leurs machines qui lancent sur les assaillans des balles de plomb, des pierres et de lourds javelots. Un grand nombre de Gaulois est précipité dans les fossés ; d'autres s'enferrent dans les chausse-trapes répandues devant les lignes^

Malgré tous > ces obstacles, ils continuèrent avec opiniâtreté cette attaque toute la nuit; déjà même Vercingétorix, parvenu à combler une partie du fossé , se croyait au moment de vaincre; mais, lorsque le jour parut, il vit que Gomius, las de tant d'efforts repoussés, se retirait sur les hauteurs avec son armée. Cet abandon, réunissant contre lui les. forces romaines, l'obligea de se renfermer encore dans la ville.

Après un court repos ,» par les ordres de Comius, Vergasilaunus , général des Arverniens et parent de Vercingétorix, à la tête de cinquantecinq mille hommes, attaqua une coltine peu éloignée du camp romain , et sur laquelle César avait placé deu^ légions ; en même temps la cavalerie gauloise descend dans la plaine , et le

resie de l'armée 4è^ ajliés m^«e de nouveau

les retrançhemeus. . .

Baiaiiie Vcrciugétorîx voit ces mouvetaens^ en^pro- *^ fite et donne) impétueusenient l'assaut aux li-« gnes romaines; ainsi la bataille devient géné^ rale;.partouton combatavec fureur^ les assiégés pour leur délivrance , les Romains pour leur saluty l'armée gauloise pour conquérir la liberté de la patrie. Les Romains étonnés entendent l'air retepitir devant ^ derrière eux et sur leurs flajQQSy de cris horribles ; leur bravoure fléchit; la colline, objet et prix du combat, est enfin emportée par les Gaulois, César ordonne à^Brutus de la reprendre; il s'y précipite 0t se voit repoussé : Fabius lui succède et éprouve le même sort ; enfin, César y court hii-^wêsie , se montre à la fois capitaine et soldat, rétablit le combat, et ne peut pourtant point encore dé-< cider la victoire. Mais alors Labiénus, voyant que-de tous côtés les remparts et les fossés n'aiv rêtaient plus que faiblement U fureur gauloise^ fait sortir des retranchi^mens' trente-neuf cohortes fraîches et intrépides, se précipite avec elles sur les ennçmis et les enfonce; la cavalerie romaine leur coupe la retraite, et en fait un carnage afireux. jSédulius, prince des limousins, tombe percé de coups ; Yergasilaunus est pris; soixante-quatorze drapeaux sont portés

à César; l'armée gauloise fuit^ et la garnison d'Alësie perd tout espoir de d^ivrance ^. Ainsi soixante «dix tXiiHe RoBiams^ par l'habileté de lair gétiéral^ triomphèrent de trois cent vingt mille Gaulois* La cavalerie poursuiy it les fuyards et en majora «un grand nombre.

Le lendemain de cette funeste journée^ Ver- Dëvoueëingétorix raisemble ses braves et malheureux vercinguerriers : (c Je n'ai point y leur dit41 , entrqiris ^^ cette guerre pour ma grandeur personnelle ^ » pour mon intérêt privé. Je n'ai combattu que » pour la liberté commune ; le sort a trompé » notre espoir^ il faut céder à la fortune; mais^ » si mon glaive nef peut plus servir la Gaule j » mon trépas ou ma captivité peuvent encore » lui être utiles ; mon existence et ma liberté *) sôntàvous^ disposez-en à votre gré, et voyez w si vous pourrez adoucir le vainqueur par ma w perte : vous apaiserez peut-être Céôar, en or- » donnant ma mort, ou en me livrant vb^nt à » son orgueil. » - • *

Cette offre généreuse, dictée par "le plus noble courage, fut acceptée par la crainte; les Gaulois envoyèrent des .députés à César, qui accorda la paix à condition que son noble rival

et les principaux chefs lui fussent livrés. Il ordonna aussi un désarmement général. Rangeant

' * Arant J.-C. 5a ans.

ses légions sur le front de son camp^ Céëa^ vit les Gaulois déposer leurs armes à ses pieds ; chaque soldat romaiji eut^un prisonnier gauloià pour' esclave. L^ Édui^s et les Arverhiens furent seuls exempt^ de^cet humiliant tribut. Le vainqueur espérait par cette . cl^!(liènfce regagnei' leur affection . -* *-

Comius ^'éloigna avec les débris de ^on .ar-^ niée. Vercîngëtorix, trop grand pour être pardonné^ re$ta dans las- fers; César le traîna quelques années après dans Rome^ enchaîné à son char de triomphe^ le punit ensuite de sa. gloire en l'immolant^ et^ par cette indigne cruauté^ ternissant sa renommée^ s'abs^issa lui-même audessous du^héros vaincu:

La victoire d'Alise consterna la Gaule ^ et la terreur assura momentanément la tr9.nquillité. César passa l'hiver è Bibracto et établit ses légions en quartiers dans la Fraaêhe-C<Hnté , en Vivajcais^ à Mâcon^ chez les Rémois y et dans le Rouergue. Ces succès inespérés ren^plirent Rome de joie^ et le sénat 4>rdonna vingt jours de prières pour en rendre grâces aux dieuxv

La Ijaule vaincue n'était .pas soumise; terrassée par la force romaine et par Iç génie de César^ elle espérait encore se, relev^. Ses chëfs^ impatiens du joug , mais éclairés par l'expérience; ne songèrent plus aux levées générales,

aux grandes bataille»^ aux victoires t^clatantes; ils 3'occupèrent à diviser^ à inquiéter, à fatiguer les Romains, en faisant éclater à la fois sur di-' vers points et dans des lieux éloignés le feu de 1^ révplte. Ik se flattèrent .ainsi qu'ils ruineraient et -détruiraient leurs ennemis en leur faisant partout la guerre, sans leur offrir jainais ni de grandes masses à combattre ni de victoires dé*cisives à nemporter.

César pénétra leur dessein, surveilla leurs Derniers

* - , - - exploits de

mouvemens, et leur opposa cette incroyable César dam célérité par laquelle il sul; toujours saisir et fixer la fortune. Tandis que Marc-Antoine restait à Autun et défendait les quartiers d'hiver, il courut dans le Berri- qui commençait aussi à s'agiter, .et comprima la révolte. De là^ après avoir partagé le butin e^tre les liions, ilparut dans' Orléans,, y rétablit ki paix, dispersa les Carnutes qui avaient pris les armes, y laissa deux légions pour les contenir, et marcha «çnsuite contre les peuples deBeauvais, de tous les Belges les plus nombreux, les plus fiers, i&s plus puissans, les plus belliqueux. Comme ceux?» ci n'avaient pas voulu suivre Içs étendards de Vercingétorix, ils n'avaient point partagé son infortune, et leur armée encore entière et in* tactes'étaitgrossFe par l'arrivée de^Calètes(peapies de Caux), des Atrébates (peuples'd' Artois).

aSO CONQUÊTES

*Coréu«, le pltis opiniâtre ennemi des Homains ^ commandait cea troupes; un autre ,clief non moins redoutable^ Comius-^ laissait les Atrébates d^ns le canlp^ était allé chercheur fltes secours eii Gernianie; Goréus campait sur une montagne^ décidé à «fe reûfermer dans ges^ ligiieiSy -si César marchait contré lui avec des forcés nombreuses^ et à le' combattre, s'il -en avait peu. Le général romain jrecéiinut qu'il était impossible d'investir une position si étendue et d'emporter d'assaut un camp relranché qui semblait inestpvgnable.Dans l'espoir de les attirer hors de ce poste avantageux,, il cacha une partie de ses troupes dans les bois; et se présenta avec le reste en face d^s^ ennemis. Gol^us ne se laissa point tromper par ce stratagème, .et resta inébranlable dans sa position.

•Peu de tetnps après, Comius étant aif rivé avec cinq cents cavaliers geï'mains, lefe deux cavale«ies se livrèrent, entre le^ deux camps, de fréquens combats* celle de César fut d'abord bâltûc. Comim tailla en pièces les escadrons rémois qui servaient dans l'armée romaine , et tua Vertiséus leur chef. . Dès que les Romains s'écartarent pour aller aitHFôurrage, les troupes légères des Gaulois tombaient sur eux et les massacraient.

César; fatigué de cette longue résistance , ap-

DE CÉSAR. :i5l

pela près dé lui plusieurs légions dans le des* sein d'attaquer le camp de vive force : les Gaulois , instruits ce l'arrivée de tes renforts , résolurent d'éviter le, combat, allumèrent la nuit de grands feux pour ti^ompelr César, et sortirent ainsi de leur cafiàp sans être inquiétés. Leur retraite se serliif continuée tranquillement; mais par âialheur xxtx traître apprit aux Romains que €oréus s'était embusqué dans un bois, avec quelques troupes pour surprendre leur avant-gaMe. César, profitant de cet avis , tourne l'eniielrii , l'enveloppe avec ses légions , et lui prqpose de capituler. Coréiis , ne pou-^ vaut fuir et ne voulant point se retidre, périt en combattant. La perte de cet intrépide défenseur de là liberté répandit la consternation dans son armée ; l'ordre et l'espoir disparurent avec lui. Clésar augmenta leur trouble par la rapidité de sa marche ; la peur fit taire la haine ; l'armée se dispersa; ws chefs donnèrent des otages et se soumirent. ^

Comius seul refusa de souéerire à Cette paix honteuse; il se sauva en Germanie. La vie de ce guerrier iihportunait les Romains; Vannée précédente, Labiéhus , décidé' à se défaire du dernier défenseur de la liberté gauloise^ avait chargé V.olusénus de l'attirer à une conférence et dé le tuer. Volusénus consent à exécuter cet

rÀ52 CONQUÊTES

ordre barbare ; C<Hniu8 se rend sans méfiance à son invitation; y olusénus lui présente la main; à ce signal conVenu^ un c^nj;urioh frappe avec son épée la tête du Gaulois^ Comius , gravement blessé , ; mais retrouvant dçs forces dans son courage ^ tire aon glaive, perce son assas^ sin, écarte, effraie le^ autres, traverse leur foule, de retire et jure de ne plus jamais paraître devant un Romain qu'à la tète d'une armée. , Tandis qu'il portait au-delà du Rhin sa haixvè ou se|S désirs de vengeance, la Gaule, privée de chefs, resta courbée sous le joug du vainqueur. Les guerriers les. plus braves, ceux q^i ne pouvaient supporter la servitude , imitèrent Comius, passèrent en Germanie, et se mêlèrent à ces éternels ennemis de Rome, qui, dans la suite, sous le nom d'Allemands, de Bourguignons et de Francs, chassèrent 4 Içnr tour les Romains de la Gaule.

De même qu'après une tempête les flots se montrent quelque temps agités, on vit encore dans plusieurs parties de la Gaule des tentatives de i;évolte. César coi;nprima promptement ces rebellions na,issantes à Liège (pays des Éburons), ainsi que dans le Poitou et dans l'Anjou; celle du Limousin fut plus difficile à vaincre. Dumnaçus, qui commandait les insurgés, livra bataille à Fabi\is; la cavalerie romaine fiit

presque détruite dans ce combat; maié le» légions la Yengèreot et ' taillèrent eO' pièces les rebelle»..

Le'chèf desCarimte», DHcyrvaluB, osaitencpre faire entendre à ^on pi^ple fe cri de vengeance et de liberté. Cé«ar> pour frapper* la Gaule de terreur, condamna ce prince à mort; on -lui trancha la tête' après i'avoilr frappa de verges. Cette rigueur intimidait- les' fttrbles ,

»S4 OOKQCâTES

» diés do^sdivers lieux par Timpunité , il fal- » l'ait eofla' que- le< supplice de quelques-uns » épouvantât les attires. En eonséquenee, il fit » couper la mainic tous ceux qu'il venktt de n vainciie^ et leur Ja^M^ lf>- vie- pour que leur » iftutitàtion-.rappeMt îong-tMiips leur rebel- « lïtm etjeut cj^âtiment. a

ke t^ef de cesrmfortaQét,-'Drapi^ échappa aux f^rs, à la-htmté, au supp^icf), en se lais^ sant mourir de faim. Lutériûs^-après.ïlvoir erré qi^elgtte'Çn^S.danB les bois, fut trahi par un devBes-cbm|>atrioMs et livré i César. Ce brave

légions, aperçoit Voluséous,. court sur tui, te renrerse d'un coup de lance; saj^re tou« gcux qui veulent l'arrêter, se pi'écipile sût Ie« lé*- ^one, les traverse et: leur échappe. Sa veiigeance est-aci^oiUplie ; seul debout et eai armes dans 'la Gaule conquise , il écrit à Antoine^ lui propose fiëranent lâ-paix, lui promet des otages, et jure qu'U vivra tranquille pouiivu qu'bu le laisse tenir le seraient qu'il a fait de ne jamais voir aucuu Romaita devant lui. César

Torgheil dee cités en y élevant de somptueux , édifices, et se «p^cilia l'affectjbii des peuples, en les exemptant d'impôts.. Enfin , ce qu'dn peut à peine çon<ietàir, il paryînt non*«éuifr-

* Anal J.-C. 5ouw. .

356 GONQCÉTES

ment à faire supporter ^ mais même à fairq aimer son j^ouvpir; de sorte qu'^pelé ensuite en Ita-lie &ar^a,guerre «iyile, il vit les Gaulois s(^mîs> au lieu de profiter de sotï absence pour se révolter^ courir sous ses drapeaux , contribuer* puissamment à sa victoire delPhar^le^ à ses triomphés en Âffique et en Espagne, et le seconder partout : peut-être aussi dans cette guerre leur espoir fut,, en suivant César, de se venger et de renverser avec lui la liberté» de cette Rome qui venait d'anéantir la leur.

Telle fut la fin d'une guerre que' Plutarque, Appien et Taterculus regardent ciomme lac plus difficile et la plus périlleuse que les Romains aient jamais soutenue* « César, disent-ils, pen- » danl dix ans, combattit trente fois les Gau- » lois en bataille rangée, soumit quatre cents » de leurs peuples, prit huit cents de leurs » villes, défit trois, millions d'hommes armés, » et en fit périr un million sur les champs de » bataille. ».

^Jn historien romain , . en retraçant les détails de sa victoire d'Alésie , .(Jans laquelle il allégeait une armée formida^ï^le , étant assiégé lui-même par trois cent'viçigt mille*Gaulois , dit, dans le transport de son admiration, « qu'il » semblait au-dessus d'un mortel d'oser for-

DE CÉSAR. a 57

» mer une telle entrepriôe, et qu'il n'apparte- » nait qu'à un dieu de Tavoit» achevée. »

Tels $ont les hommes; inconstant amis de la liberté , frivoles jouets de la gloire , ils craignent les conquérais y les haïssent ^ les admirent et les déifient.

a38 DERMiÉns temps

Page 1