‹ Histoire de FranceChapitre 14 sur 19 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

HISTOIRB DES GAULOIS JTJSQU'a LA GOITQUÊTE DES ARMORIQUES PAR CtOVIS ; FIN DE l'HISTOIRE DES GAULES.

Décadence de Fempîre romain. '—Tableau de la Gaale depuis Cësar.— Spn ëtat prospère {lYant sa chute. -M^rigine des Gotbs divisés en Ostrogoths et Visigoths. —Irruption des Huns.— Exploits et ëchecs des Goths.-^ Invasion des Barbares dans les Gaules. — Lutte deg Vandales et des Francs. «-^Invasion eu Bretagne..;—Origine du nom de ^a^aïufe^. -^Éyënemens dans - Fempire romain. -^Assemblée des ëtats de la Gaule. ^Edit en faveur des Gaulois. — Gouvernement représedtatîf delà Gaule. — Confédération en Bretagne ou Armorîque. «— Exil , rappel et exploits d'Aëtius. — ^Établisseit&entdes Ftancs dans les.Gaules. — ^Villes fondées par*" eux en Belgique.— Plaintes des Gaulois soumis aux RomaipJ.H— Insurrection des ArmoriqUes. -^ Incursion d* Attila ^n G^fde. — Influence dé la Tiei;rge de Nanterre. — Sié||;e d'Orléans abandonné par Attila^ — Bataille de Châlops. — Défaite et retMte d'Attila. — Sa marche vers l'Italie.— Son^retour dans ses États et sa mort.— Règne brillant de Théodorip II.— cSon.^prtrait tracé par Sidonius. -*^ Ruine de Rome.— Couronnement d'Avitus.— Son abdication et sa mort. —La Gaule est séparée de l'empire.- Règne d'Égidius sur les Francs.— Sa déposition^— Les Armoriques défendues par les Francs seuls.— Règnes éphémères en Italie. — iCfiute de Rome. —Conquête des Armoriques par Clovis.

Le colosse romain, usé par le temps, corrompu DécHenc

1 • j * 1 de l'empir

par le luxe , amolli par la servitude, tomba en romain, ploudre dès que le génie de Théodose eut cessé

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de le soutenir. Autrefois, lorsqu^on voulut faire sortir du Capitole les statues des dieux, celle de la Jeunesse, dit-on, et le dieu Terme résistèrent et demeurèrent immobiles. Mais, lorsque Théodose , arrachant ces mêmes dieux du Panthéon , traîna dans Rome, à la suite de son char de triomphe, ces mêmes divinités, tous les derniers symboles de la vigueur et de la gloire de Rome disparurent. L'idolâtrie , rendant son dernier oracle, parut alors annoncer la chute de l'empire , au bruit de. ces statues brisées , de Mars anéanti , du Terme démoli , de la Fortune en débris, et de l'autel de la Victoire renversé.

Des présages plus certains rendaient ce grand désastre évident aux yeux de la raison : tandis que cet empire immense, gouverné par de faibles despotes , par de lâches eunuques , par des patriciens corrompus , dépeuplé par le luxe , opprimé par le fisc , déchiré par les discordes religieuses, comptait plus de monastères que de forteresses, plus de domestiques que de citoyens, plus d'ermites et de moines que de guerriers, n'opposait à ses ennemis que des légions composées d'étrangers; une foule innombrable de Barbares , se rassemblant depuis les frontières de la Chine jusqu'aux rivages du Pont- Ëuxin, de la mer du Nord, du Danube et du

Khin 9 se préparait à fondre en masse sur l'Occident, à détruire la civilisation du monde ^ et à plonger dans les ténèbres de la barbarie la Grèce , l'Italie , l'Afrique , l'Espagne et la Gaule.

C'était un nouveau monde dans sa vigueur, se précipitant sur l'ancien monde dans sa dé* crépitude j c'était l'ordre attaqué de toutes parts par le chaos; c'était le jour tombant menacé par les ombres croissantes et gigantesques de la nuit.

Depuis long<-temps la science militaire avait seule suppléé au courage, résisté au nombre, et retardé la décadence ; mais les empereurs , par une imprévoyante politique, formant à l'art de la guerre les hordes barbares, et confiant leur défense aux chefs les plus distingués de ces tribus , il ne fut plus possible à Rome de résister à ces héros sauvages, qu'elle-même venait d'instruire dans l'art de vaincre.

Les deux fils de Théodose, incapables par leur faiblesse de soutenir le fardeau qu'un grand homme déposait dans leurs débiles inains, ne surent ni le porter ni le défendre. Ce fut sous leur règne honteux qu'on vit la Grèce dévastée, l'Italie conquise, Rome saccagée, et la Gaule en proie aux fureurs des Bourguignons , des Vandales, des Francs, des Àlains, des Visigoths.

La fortune prolongea quelque temps encore

les débrifli de la ^issance romaine dans rO-* rient, malgré Finepte tyrannie des princes qui le gouvernaient. La politique éclairée du monarque des Goths laiss» aussi , pendant plusieurs années, quelque ombre d'existence à Rome ; mais k Gaule malheureuse fut livrée sans défense à la rage des Barbares qui déchi-^ raient son sein , et qui se disputaient ses débris, Tabieaq Pour mlcux jugcr l'excès des malheurs qu'elle %êpu?." * éprouva, il est utile de connaître le degré de ci» *^"' vilisation et de prospérité auquel elle se trouvait élevée , lorsqu'un déluge de Barbares dé-» truisit en peu débours l'ouvrage de quatre siècles,

Du temps de César, on comptait dans4a Gaule trois millions de combattans : ce qui ilôit faire supposer que la population entière montait à neuf ou dix millions 4'indiyidus. Cette population , depuis la conquête > dut probablement doubler par les progrès de la civilisation , de la culture , de l'industrie , et par la sécurité que lui donnait la protection de Rome. Si les frontières du nord et de l'est éprouvaient de temps en temps les maux de la guerre , l'ouest , le triidi et l'intérieur vivaient dans une paix profonde. Dans le teûips de Vespasien nous avons vu , par la réponse des Trévirois aux Bructères , qUe des liens nombreux avaient déjà uni

et coafondu le3 fanûltes romainea et gauloiaes.

LaQaule^^ouvexte 4e cités populeuses, était oméo d^rlohes palais > de maisons opulentes, de temples magnifiques; des routes superbes façîUjaieiit psprtout Ie3 cpmmunications j on voyait j^^ç.tout^ les proyinces fleurir un grpt^d ijM^BQt^F^ d'écoles et d'académies illustrées pai» défi fc^en* célèbres* Le luxe de Rome , répandu 4ans la Gaule, rassemblait dans de vastes cirques toutes les productions des arts; on y représentait les chefs-d'œuvre de la Grèce et de ritaUe; les; palriciem gaulois remplissaient le sénat de Rome; plusieurs princes., nés dans la Gaule, portèrent le sjceptre impérial; et l'un d'eu3c, Antogain, donna par ses vertus son nom à son siècle.

La philosophie , les arts , les talens qui depuis firent, dans cet heureux pays, de si rapides progrès, n'y semblaient pas même tout-à-fait étrangers lorsque Rome , triomphante des Gaulois , les nommait encore Barbares. Gftiphon, célèbre grampaairien qui avait enseigné la rhér torique à César, éUit né d^s U Gaule : Cicéron raconte qu'il avait assisté à ^es leçons. Le druide Divitiac mérita, par son instruction autant que par §on cp.ractère, l'amitié d^ ce même Cicérpn. Çaton disait que les Gaulois excellaient dans deux arts , la guerre et l'éloquence.

Cette assertion parait justifiée par les discours que César place dans la bouche de Vercingétof ix et de plusieurs auti^es chefs gaulois. Quin^ tilîen appelait Julius Florus le prince de l'éloquence; le philosophe gaulois Favorin obtint dans Tesprit d'Adrien une estime qui survécut à son crédit» Les poètes Pétrone ^ Ausone^ Sidonius ApoUinaris^ illustrèrent leur patrie dans différens siècles* '

On citait avec honneur ^ comme historiens^ Trogue -Pompée , SulpicQ/-?Sévèrej Salvien et Cassien , nés dans la Gaule , furent comptés parmi les plus savaas jurisconsultes; on décora Toulouse du nom de ville de Pallas. L'éloquence de la chaire et les fastes de l'Église ont immortalisé les noms de saint Ambroise , de saint Hilaire^ de saint Paulin^ de saint Prosper, d'Alcime, d'Avitus et de Grégoire de Tours.

Les dieux des Romains occupèrent peu de temps dans la Gaule la place qu'ils avaient usurpée sur les dieux gaulois; leur triomphe même n'y fut qu'apparent et partiel. Vainement l'empereur Claude proscrivit le culte druidique : il régna long-temps dans les forêts et dans les campagnes ; les villes seules , et les riches qui les habitaient y se soumirent à la religion du vainqueur. Ceux des druides qui écoutaient plus la

voix de l'ambition que celle de leur conscience, donnèrent à leurs divinités les nopis de celles qu'on adorait à Rome , et ils se décorèrent du sacel^doce romain , qui les maintint ainsi en dignité et en puissance j les autres ^ se réfugiant dans leurs bois sacrés, conservèrent longtemps , sur le bas peuple , leur ancienne influence ; nous avons vu avec quelle ardeur leur fanatisme seconda les efforts de Civilis pour soulever la Gaule contre les Romains.

Dès le second siècle de l'ère chrétienne , le culte de l'Évangile s'était déjà répandu dans la Gaule j les chrétiens y éprouvèrent, l'aii 177, une première persécution que la vertu de Marc- Aurèle fit cesser. Mais, si l'on en croit Grégoire de Tours, le christianisme ne fut véritablement établi dans ces contrées que vers l'an 25o, à l'époque où Toulouse eut pour évéque saint Saturnin, que le même Grégoire de Tours regarde comme l'apôtre de la Gaule. Cependant, selon l'opinion géi^érale , saint Denys y porta le premier les lumières de la foi.

Au reste , chaque cité attribuait cet honneur au saint qu'elle révérait le plus : Lyon le décei> nait à saint Pothin f Arles àTrophime ; Clermont à Austrémonius ; Tours à Gatien; Limoges à Martial.

Comme, dans ces premiers temps, le peuple

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choisissait ses évêquesT^ et ne donns^it ses suffrages qu'aux h^Qimes dottt le caractère répondait à la difficulté des circonstances , tous, ces pontifes firent respecter leur courage, autant que leur sainteté ^ et ils s'assurèrent par leurs vertus uB pouvoii* plus duraj)le et plgis étendu que celui des druides ,» qui ne le dev9.ient. qu'à leur redoutable et sanguinaire -superstition*

Tous ces pontife» méritèrent , par la implicite de leurs mœurs et par la sagesse de leur conduite, une juste vénération j mais^, dès que, cessant d'être persécutés, ils devinrent puissans et quelquefois persécuteurs,, l'ambition corrompit le^ mçeurs du pkis grand nombre ; l'ignorance fit dégénérer le culte en superstition; plusieurs s'écartèf ent de la route de l'Évangile pour suivre celle de la fortune, et la discorde, excitée par les passions des sectes, troubla la paix de l'Occident iconmie çUe avait détruit celle de l'Orient : une partie même de la Gaule devint arienne.

Cependant plusieurs ëvêques célèbres , tels que saint Hilaire , opposèrent un courage inébranlable aux erreurs , aux dissensions religieuses, et ne montrèrent pas moins de fermeté dans leur résistance aux farouches tyrans qui opprimaient la Gaule. Heureux , si toujours leur zèle, contenu dans de justes bornes , ne fût

pas tombé dans des excès de fanatisme que leurs successeurs n'imitèrent que trop souvent! mais^ en parcourant nos annales y nous aurons fréquemment à déplorer des fureurs qu'on ne peut ' nommer religieuses^ puisque la religion les dés* avoue , et qu'il faut bien appeler sacerdotales , puisque les prêtres s'en souillèrent et ne rougirent point d'imiter^ danft leurs cruautés ^ les tyrans idolâtra»' qui s'étaient flétris en persécu*^ tant les chrétiens.

Malgré la sévérité des empereurs , la puissance des évéques et la rigueur des lois^ l'idolâtrie comptait encore au cinquième siècle, dans la Gaule/ un grand nombre de partisans. Au lieu de se borner à opposer la lumière à l'erreur, beaucoup de prêtres voulurent détruire une superstition par l'autre, et les fables anciennes par des fables nouvelles. Grégoire de Tours raconte que , de son temps , « les prières » de l'évêque d'Autun , Sulpicius , firent tom- » ber de son char la statue de Bérécynthie qu'on » promenait, et rendirent immobiles les bœufs » qui la traînaient."»

La Gaule devenue chrétienne contenait, sous le règne de Théodose , dix-sept métropoles et cent quinze évêchés. Depuis Constantin , les empereurs avaient donné successivement un grand nombre de terres à ces églises ; les lois

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impériales , effaçant les limites salutaires qui devaient séparer le pouvoir spirituel de la puissance temporelle, accordèrent aux criçiinels un asile dans les temples , confièrent aux évè^ ques la tutelle des veuves et des orphelins , et leur concédèrent enfin le droit dangereux de réformer les jugemens des tribunaux. Par-là, le clergé, détournant ses yeux du ciel pour les fixer sur la terre , ne fut que Iffop entraîné à s'enrichir et à dominer. Quelques vénérables prélats, préférant la pauvreté au luxe, et l'humilité à la puissance, ne s'occupèrent, il est vrai , que du soin d'adoucir les mœurs barbares de leur siècle , et de conserver quelques rayons de lumière au milieu des ténèbres; mais le plus grand nombre, marchant sur les traces des druides, ne songea qu'à faire du sacerdoce le premier , le plus opulent et le plus puissant ordre de l'État.

A l'époque où les fils de Théodose montèrent sur le trône, chaque évéque, dans la Gaule, était déjà considéré comme le chef, comme le protecteur de sa cité; et son pouvoir, supérieur à celui des magistrats romains , parce qu'il gouvernait la conscience des peuples, était encore, comme on le verra bientôt , la seule digue que la fureur des Barbares parût quelquefois respecter.

sa chate.

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Tel est enfin le tableau qu'on peut se faire son état de la Gaule au moment qui précéda sa chute : avan't^'^* dix-huit millions d'hommes industrieux et paisibles l'habitaient; dix-sept capitales et plus de trois cents villes y faisaient briller les lumières des sciences, tous les chefs-d'œuvre des arts, tout le luxe d'une noblesse opulente , d'un patriciat orgueilleux , d'un clergé puissant. Un commerce actif portait sur les grandes routes et sur les fleuves les nombreux tributs d'un sol fertile et d'une féconde industrie. Les navires de tous les peuples du monde faisaient Sjoitev dans les ports leurs pavillons divers. Les revenus de l'empire, bornés à quelques fonds de terres réservés dans la conquête, à un faible impôt sur les possessions privées, à une capitation légère, à quelques droits de péages et de douanes , et à une dime sur les tributaires ou tenanciers, ne pesaient gravement ni sur l'agriculture ni sur le commerce. Le sénat de chaque cité veillait à sa tranquillité, et administrait les intérêts locaux. Une assemblée des députés de la Gaule , qui se tenait ordinairement à Trêves, et qu'Honorius transféra dans la ville d'Arles, délibérait sur les intérêts généraux , et sur les demandes ou plaintes qu'elle croyait convenable d'adresser à l'empereur; enfin, tandis que plusieurs légions et plus de soixante forte-

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re8ses défendaient. Ie3 frontières contre les invasions des Barbares, la plus profonde paix régnait dans le reste de la Gaule.

Les campagnes retentissaient du chant des laboureurs; l'encens brûlait dans les temples au milieu de pompeux, .sacrifices , et partout une jeunesse brillante et nombreuse, déshabituée des cpmbat«> se livrait avec une molle incurie bxljl jeux du cirque, aux courses des chars, aux plaisirs, du théâtre ^et à toutes ces voluptés qui y du sein de Rome corrompue, avaient répandu dans la Gaule leurs poisons contagieux.

Ce. fut à TinBtant où cette riaiite contrée , semblable aux jardins d'Armide, jouissait sans prévoyance du calme le plus doux, que tout à coup le bruit effrayant des trompettes guerrières et les hurlemens des enfans du Nord se firent entendre : le fer et le feu dévorent les campagnes ; les moissons sont détruites ; les fleuves sont teints de sang; l'incendie éclate dans les villes^ les palais sont4ivrés au pillage, les cirques démolis , les temples profanés. Le courage n'a pas le temps de saisir ses armes ; l'innoceùce est outragée ; la misère et l'opulence tombent confondues dans un même esclavage ; les arts et les sciences disparaissent. Un voile de ténèbres se répand partout, et ne laisse

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briller que la couleur du «sang et Téclat des armes; enfin, depuis les bords du Rhin jusqu'à rOcéan et aux Pyrénées, la Gaule, naguère si flori^^ntfe , /li'éM; plus quHiû va^te théâtre de désolalk>n etxle carnage,

Jamari& peût-ètfe da1\s l'histoire du genre humain otn^ né vît ttiie plus désastreuse époque que celle dont nous allons retracer avec douletit* le peu défaits échappés à cette longue nuit de ratages et de destruction, .

Arcadiiis, après la mort.de Xhéedose, vit ses faibles mains chargé€îô<du 8cepti*e dç l'Orient. Il épousa EudoKie , fiUe de Baudon , l'un de ses généraux, né parmi les Francs. Ce jeune prince livra les rênes du gouvernement à un Gaulois appelé Rufin, ministre ambitieux, injuste, sanguinaire , qui par ses talens avait surpris la cqnfiance de Théodoise. Sou» le règne de ^on fils, ce ministre, se trouvant sans frein, ne montra plus que les vices qui souillaient son caractère.

Dans le même temps Honorius, héritier du trône d'Ocdident , y porta la même faiblesse ; il confia son pouvoir et ses armées à Stilicon , général vandale, dont le génie justifiait au moins l'élévation. Stilicon s'était rendu fameux, pendant la vie de Théodose, par plusieurs victoires remportées sur les ennemis de l'empire.

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Cependant rien ne prouvait mieux la décadence de cet empire ^ et les progrès de la puissance et de la renommée des Barbares y que de Toir l'Orient et l'Occident gouvernés par un Gaulois et par un Yandalç^ tandis que la fille d'un Franc partageait le lit et le trône d'un empereur.

Origine des Dc tous les pcuplcs barbarcs qui s'armaient tés en o7-" alors pour venger l'univers et pour démolir le vié^gothl! colosse romain ^ les Goths furent long-temps les plus fameux ^ les plus redoutables ; et, comme ils fondèrent les premiers une nouvelle puissance en Italie et dans ia Gaule ^ il est nécessaire de jeter un coup d'oeil sur leur origine et sur les éyénemens qui les firent descendre des contrées du Nord dans celles du Midi et de l'Occident.

Leur berceau, enveloppé des brouillards glacés du septentrion et couvert de la nuit des temps, fut toujours peu connu; plusieurs auteurs les confondaient avec les Scythes et les Sarmates. Tacite les nomme Gothons, et les ' dit originaires du territoire de Dantzick, à l'embouchure de laVistule. D'autres, avec plus de fondement, prétendent qu'ils étaient sortis de la Scandinavie ; le nom actuel d'une province de Si^ède, la GoUiie, justifie cette opinion. L'île de Rugen fut leur preniière conquête.

On a généralement regardé les Ruges, les Vandales, les Lombards, les Hernies comme des ramifications de la nation des (Tbths, comme des tribus détachées de ce peuple belliqueux qui s'étendit r£q)idement des bords de la Vistule jusqu'aux rivages des Pahis-Méotidesi

S'avançant ensuite jusqu'au Danube , ils vain-ï quirent les M arcomans y les Quades y les Bourguignons , et refoulèrent tous ces peuples vers l'Occident. Une de leurs tribus moins belli*queuse prit le nom deGépide^, qui, dans leur langue, exprimait la psu^esse et l'indolence. La partie de la nation des Goths qui s'établit près du Pont-Euxin au nord de la Thrace, reçut le nom de Gotks orientaux ou Ostrogoths ; l'autre qui porla les armes le long du Dmiube , forma le peuple des Visigoths ou Goths occidentaux. Cette division se perpétua, et elle, subsistait encore , lorsque , après la rffîne de Rome , les Ostrogoths régnèrent en Italie, et les Visigoths dans le midi de la Gaule.

Long- temps avant l'époque dont nous parlons, le courage des Goths les avait rendus célèbres ; leurs armes humilièrent Caracalla et l'assujettirent à un tribut. Décius périt en combattant contre eux; Claude , Aurélien, Tacite, Probus remportèrent sur eux de sanglantes victoires et les soumirent j sous Dioclétien ils

se relevèrent. On les vit tantôt ennemis ^ tantôt auxiliaires des successeurs de Constantin^ et sauvent quarante mille de leurs guerriers soutinrent ^ par leurs exploits y les forces de l'empire qu'ils devaient un jour renverser i

Si les Goths avaient cultivé les lettres et produit des historiens ^ ils auraient pu nous faire admirer les exploits héroïques et les folies sanglantes 4'u9 nouvel Alexandre. Le célèbre Hermanrick fut le leur; ce conquérant sauvage réunit sous sa puissance toutes les tribus des Goths ^ et domina^ sans rivaux, les vastes contrées qui -s'étendent de la mer di; Nord aux riveS' du Danube. Mais, si son règne marqua Fépoque'de la f^us grande puissance des Goths , il devînt ausai eelle de leur ruine et la première cause de la chute de l'empire romain , sur lequel ks débris du peuple des Goths se précipitèrent poui% échapper à leur vainqueur. iimption -Une natioiv jusque T là inconnue, sortie des ""•• extrémités de FAaie, les Huns, s'étendant comme ^un torFcnt dévastateur depuis les frontières de la Chine > jusqu'au bord de la Vistulé, franchirent c'ç fleuve^ at taquèren t Hermanrick, défirept son armée, effacèrent sa gloire, terminèrent son règne et sa vie , -renversèrent «on trône et poursuivirent les vaincus jusqu'au Danube»

Les Goths demandèrent à Tempereur Valens ^Exploits 8on appui, uu asile , des vivres et une patrie < desGotbs. Valens les trompa et fut puni de sa perfidie.- La bataille d'Andrinople , où périt ce prince, détruisit la fleur de l'armée romaine. Constant!-' nople vit les GkUhs à ses portes ^ et l'empire d'Orient aurait succombé soils la masse guer^ rière de ce peuple fugitif, si le bras de Théodose n'eût eneore soutenu et sauvé le trôné de G)nstantin.

Théodose vainquit les Gothsi; -il fit plus, il conquit leur amitié comme leur estime -t ces ennemis redoutables servirent sous ses drapeaux, et, malheureusement pour Rome, le génie de ce grand prince instrui»t dans Vart de la guerre un j#une chef des Goths , cet Alaric qui , depuis , profitant trop bien des leçons d'un si grand eapite.ine, entra le promler en triomphe à. la tête des Goths vktorieux dans la capitale du monde, et disposa à son gré du trône. d'Honorius.

La main ferme de Théodose avait seuk contraint les seetes religieuses au silence , les Romains à la discipline et les Barbares au repos. Dès que ce grand homme eut cessé -de régner , les troubles et les périls reparurent. Rufin rendit Arcadius odieux à ses peuples et méprisable à ses ennemi&i Les Goths entrèrent dans la

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Grèce et la dévastèrent. Le Taillant Stilicon accourut au secours de l'Orient , défit les Goths et les autait totalement chassés^ si la jalousie de Rufin n'eût airêtë le cours de ses triomphes. Le faible Arcadius Jorça son libérateur à se retirer, et Stilicon rentra dans l'Italie , dont il prévit que la vengeance des Goths allait bien^ tôt troubler la sécurité.

Le lâche Rufin voulait monter au trône du maître qu'il venait de trahir ; un coup de poignard punit 'Bon ambition et sa perfidie. Après sa mort, Arcadius, n'osant combattre le$ Barbares, ^e laissa gouverner par eux et leur prodigua les trésors déPempire, ainsi que les grandes dignités de la couronne.

Le l'essentiment des Goths<ne taixia pas à se tourner conctce Stilicon; ce guerrier^ aussi ambitieusi ^qu'habile, excita parmi les Romains autant de haine que d'admiration« Les légions le regardaient comme' leur appui, comme le guide ^ui'les conduisait toujours^àJa victoire; les cotrrtisàns enviaient son créditet détestaient son mérite; enfin le' clergé 'et les -chrétiens le haïssaient, parce qu'il avait fait élever son fils dans les principes du paganisme, espérant parlà s'attirer 4'AfFection. de la nonAreuse partie du peuple en^re attachée au. culte *des idoles.

Stilicon , menacé à la fois par tant d'enne-

DES GAULOIS. ^5j

rois intérieurs et extérieurs^ ne s'occupait qu'à fortifier contre eux sa puissanoe ; -il épousa Sérène , nièce de Théodose , et fit pvomettre au jeune Honorine de prendre son fils pour gendre. Ainsi ce Yandala ambitieux 9e rappro*chait peu à peu du trôn^^ et ne voyait plus entre ce trône et lui qu'Hn faiUe degré.

Soit qu'il s'apprêtât à lie fraocbir^ ^^it que la lâcheté des Romains^ l'épuisement de l'Italie et les menaces des Goths l'effrayassent , il commit l'énorme faute de rappeler près de lui les troupes aguerries qui défendaient la Gaule. Par ses ordres les forteresses du Rhin furent évacuées , et le fleuve n'bppoéa plus aux Barbares qu'une impuisssûite barrière.

La haine du clergé fit de cette faute le texte des accusations les pkis violeittes contre Stilicon , et ce guerrier , qui seul alors osait combattre et savait vaincre les ennemis de l'empire, fut arccusé généralement d^avoir-voul» le leuf livrer. L'ambition de Stilicon suffit plus encore que ses triomphes pour justifier sa mémoire; on ne peut croire qu'il méditât le renversement d'un trône stfr lequel il voulait monter.

Alaric se précipita bientôt sur l'Italie. Honorius tremblant prit la fuite ; déjà il se miontrait prêt à capituler honteusement derrière les renoparts qui lui servaient d'asile, lorsque StiUcoci,

paraissant à la tête des troupes venues de la Gaule^ fondit sur les Goths^ les tailla en pièces^ les poutsuivît, remporta sur eux une autre victoire^ et contraignit le fier Alaric à chercher à son tour son salut dans la fuite. Cependant la Imine n'en persista pas moins à accuser le vainqueur de trahison , et la bassesse romaine décerna>le« honneurs du triomphe à Honorius. Invasion Le détrcsse de Fempire, l'attaque des Goths, res dans les l'évaciiation des forteresses du Rhin furent le •signal de la ciitne des èaules et de l'horrible invasion des Barbares y qui dévastèrent, pendant quatre ans, cette malheureuse contrée. Les Suè^ ves, les Bourguignons, les Vandales, les Allemands, les Quades,^ les Mârcemans, les Saxons, refbulés^ et resserrés vers l'Oceîdent par les Goths et par les Huns; tournaient depuis longtemps leurs regards ayides sur les vignes fécondes et Sûr les champs fertiles de la Gaule. Ces- peii]»les , -méprisant l'agriculture , ne Irouvàient de charmes que dans la vie *erf ante ; le repos e£ lac paix étaient pour eux- des tourmens : aussi toujours on les vît, pour échapper à l'ennui et à fa disette, s'attaquer, s'envahir, s'exterminer mutuellement et ensanglanter par leurs perpétuels 'combats tous les pays situés entre le Danube, le Rhin , la Vistule'et la mer du I^rd.

A tous momens ils cha;iigeaiçnt de lieu , de sort y de noBi ; et il serait aussi inutil^ jie vouloir suivre la m|irche^ connaître la géné^rlogie e^ éclaircir Tbistoioe de cette foule de hordes sauvages , qup de compter et de chercher à distiiiguer l'un de l'autre les flots tamultueux et lesvagues roulantes d'une mer en furie.

Dans le temps de la puissance de Rooie , ces peuples, souvent vaincus et jamais soumis, bravant tous les périls^ franchissaient fréqu^m* ment le Rhin : leurs incursions n'iivaient d'autre objet que le pill^^eir aucune idée d'établiss^odent n'entrait dans leurs vues; et,. après avoir dévasté quelques cantons, ils se hâXaient de rentrer dans^ leurs forêts avec de nombreux esclaves, et chargés dHin i^iche Ijuitin.. .

Quelques chants militairesjrappcjaieat leurs exploits et le nom de leurs plus braves guerriers, mais aucun burin n'écrivait leur, histoire i ils méprisaient la culture de l'esprit encore pltis que celle de la tçrre, et ils attribuaient l'asservissement de la Grèce, l'assujettissement de la^ Gaule, la mollesse ^^ l'Ij^ie et la corruption de Rom£^ à l'ampur dès sciences et des lettreis. . - .

A l'époque dont\nous parlens, la terreur qu'inspirait le nom romain aux Barbares s'é-

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tait changée jBd profond mépris v L'un d'eux, le Lombard Lukprand , quelque temps après c^tte. époque, peignait -avep én^vff^e ce mépris en ces termes : m Lorsque nous voulons , dit- » il , insulter un ennemi et lui donner des w noms odieux , nous l'appeloas Romain. Ce » nom seul renferme tout ce qu'op peut ima- )) giner. de bassesse, de» lâcheté, d'aVarice, de » débauches, de mensonges , tn&a l'assemw ^lage de tous les vices. »

Tel était le résultat de la politique odieuse du sénat dans les derniers temps de la république, et sui^tout de .ceJong despotisme qui avait avili les Rom^aîas et détruit Içur liberté. Il est jacile à pissent de concevoir avec quelle furie les nations germaines*, poussées sur le Rhin par les peuples belliqu^euit de l'Orient, franchirent ce fleuve pour livrer au pillage un empire que la guerre des Goths et la faiblesse des fils de Théodose livraient sans défense à leur 2|.vidité.

Gè flu'it est nécessaire d'observer, c'est que, dans cette première* invasion, les Barbares, suivant leurs anciennes mœurs, n'eurent^ d'autre objet que le pill^%; ce flot dévastateur ne voulait que détruire; c'est c^ qui rendit cette irruption si funeste . Ce ne fut que quelques années après , lorsque les Goths se fixèrent en

Aquitaine^ et les Bourguignons en Alsace, que la politique des Barbares changea de plan et s'occupa enfin de la consfervation des contrées où ces peuples avaient résolu de se fixer; et ce fut alors aussi que les France s'efforcèrent de prendre, dan» le Nord, feur part au démembrement d'un empire cpi'il» aidaient défendu de tous leurs efforts contre la première invasion des autres peuples de la Germanie.

Les premiers qui, se jetèrent sur la Gaule inttedes furent les Vandales; mais ils rencontrèrent, dea^Francs. dès. leurs premiers pas, un obstacle qui faillit causer leur ruine. Les Francs ne voyaient pas sans effroi le Nord et l'Orient se précipiter sur l'Occident ; paraissant alors pressentir leur destinée; ils s'armèrent pour défendre le pays sur lequel ils devaient un jour régner, marchèrent contre les Vandales ; le^ attaquèrent et en tuèrent vingt mille. Cette ' défaite airêta dans sa marche le roi des Allemands qui se préparait à rejoindre les Vandales. Si l'on én<croit Grégoire de Tours et Frigéride, le xoi des Vandales , Godésigile , ayant été tué dans cette bataille ainsi que ses plus braves guerriers, tout son peuple en déroute aurait été exterminé, si tout à coup une foule innombrable d'Alains Ae fût venue les secourir. Ce renfort ranima les vaincus; ils se relevèrent, et leur

ligue^ qui grossissait tous les jours, contraignit enfin les Francs à se retirer dans leurs marais. Ce fut alors que cet affreux débordement , ne rencontrant plus de bannière qui pût l'arrêter, se répandit dans les Gaules.

Le dernW décembre 4^ 1^^ Barbares passèrent le Rhin. Le souvenir de leurs dévastations nous est seul resté; les horribles détails de leurs brigandages ne sont point parvenus jusqu'à nous, et l'on ne peut suivre les traces de leurs courses incendiaires qu'au moyen de quelques fragmens d'Orose, de Procope, de Frigéride , et qu'en retrouvant quelques plaintes échappées à 1^, douleur des victimes de cette époque fatale : il parait seulement que ces hordes dévî^statrices s'éloignèrent promptementdes prbvipces septentrionales qu'elles trouvèrent trop «défendues par k •'courage des Belges j le voisinage des Francs surtout les empêcha d'y séjourner.

Saint Jérôme, qui vivait dans ce temps, atteste que les-Francs prirent alors avec intrépidité la défense des Romains qu'ils avaient si long- temps combattus. « Au reste, dit "ce père » de l'Eglise , teute cette, vaste contrée , située » entre les Alpey, les Pyrénée^i, l'Océan et le » Rhin^ est devenue la proie du (Juade, du » Vandale, du Sarmate, de l'Alain, du Gé-

» pide , de l'Hérule , du Saxon et du Bourgui- » gnon. Telle est enfin notre funeste desti- » née; on a vu les Pafinoniens mêmes ^ sujets » de Fempire, se joindre à nos ennemis pour » nous écraser. »

Les légions romaines airaient fui tle la Gaule, mais cette Gaule abandonnée n'était point encore aussi corrompue que Rome : livrée sans défense et sans chef à la fui*eur des Barbares, elle retrouva quelques ressources dans son courage; et, si elle fut forcée de céder au nombfe, on peut dire au moins qu'elle ne succomba point sans gloire.

Tandis que la flamiî^ et le fer ravageaient les champs, détruisaient les moissons, incendiaient les cités ouvertes, la jeunesses gauloise s'armait, se retranchait dans les montagnes^ se renfermait dàiis les villes fbrtes, et vendait chèrement à leurs féroces ennemis leur vie et leifr liberté.

Une partie de la Belgique se fit respecter; TArmorique sauva son indépendante, e^ la résistance de plusieurs villes est jprouvée par le saccag'ement de quelques-unes et par la conservation des autres. Enfin ce qui', dans ce' désastre, achève de prouver que la Gaule se montra eiScore, en expirant, digne de son antique renommée, c'est qu'en 409, après trois

564 DERHIERS TEMPS

ans de ravages et de combats y la plus grande partie des Barbares , lasse *de payer son butin par tant de sang , abandonna cette contrée belliqueuse et porta ses armes en Espagne.

Nous apprenons par saint Jérôme que M ayence , punie de sa longue résistance^ fut détruite : w Worms, dit-il, après un long siège, a été » saccagée. Spire, Strasbourg, Amiens, Arras » sont tombées dans' les mains des Allemands ; » là dévastatioti s'est étendue dans les deux » Aquitaines , la Novèmpopulanie , les Lyon- M naises et la' Narbonnaise. Peu de villes ont » pu se soustraire au mallieur général, et celles » dont les armes ont repoussé les assauts des » Barbares , sont affamées pfeir les hordes nom- )K breuses qui les assiég^eint. Je ne "puis surtout » retenir mes larmes en parlant de Toulouse , » qui ne dut enfin son salut qu'au courage et » aux vertus de son saint évéque Exupère. » L'Espagne elle-même, à la veillé de sa ruine, )) est consternée. Quelle malheurs éprouvés! » que- de maux '-encore à prévoir ! Ne les re^ » prochons point à nos princes; leur piété les » justifie ; n'accusons q\i'un Barbare tfavesti vi en Romains; Stilicon est le seul auteur de no- » tre ruine. »

Les dernières lignes de ce passager, où saint Jérôme, après avoir *parlé en ^citoyen , s'ex-

Î)ES GAULOIS r 365

prime en pontife irrité , prouve que rexcès du malheur même ne peut adouci^ celui de la haine ^ et que l'esprit de parti.survit-.encypre'à la ruine de la patrie, ^. <t

Cette fureur d'invasions qui s'était emparée invasion en

, , Bretagne*

des peuples du Nord^ ne se laissait pas plus arrêter par l'Océan que par le'Ehin. Les flottes saxonnes et Scandinaves mejiaçaient la Breta-^ gne; à leur approche les logions gauloises et bretonnes qui défendaient cette ile se révoltent contre . le gouvernement du lâche Honorius; elles élisent xm ch€5f i^ômmé Marcus et le proclamentAuguste :. mais bientôt^ le trouvant indignp du rang où la sédition l'avait fait monter , elljes l'assassinent. Tous .youlaîentsauver la Bretagne e^^ délivrer la Gaule; ma|s^ pour exécuter un si .vaste 4ess^n, il /allait un grand talent^ un gr?|nd caractèp*, un^grand homme; on 1^ chercljia vainep^ent, ^t, dans cett^ détresse^ la multitude crut devoir ^ fier au sort et s'attacher «à un grand nom»

Il existait dai^ l'armée un brtye soldat s^ pelé Constantin *; ce lym lui valut la.:^ou-

ronne. et il justifia c^ choix, ,»inon par son

génie, du- moins pas §Qn, active intrépidité. A

peine couronné, le nouvel empereur repousse

les Saxons, passe dans^la Gaule, s'y fait recon-

*■ Après J.-C.'4o8 ans.

naître y s'allie avec le» Francs, ranime partout Tespérance, /en^porte plusieuFS victoires sur les Barbares et ramène la fortuae dons les rangs gajilois > en^ il force une. partie des dévastateurs de la Gaule à repasser le Rbin, et l'autre à fuir au-delà des Pyrénéips.

Son nom les y poursuivit , et l'Espagne se soumit, aussi à sop sceptre» Constantin , sans perdre de temps ^ releva les forteresses du Rhin et les garnit de troupes*^ ainsi la bravoure d'un soldat délivra la Gaule, que l'^empereur de Ron^ avait làcbomvt abandojanée.

Honoritu, qui n'avait osé con^battre ni les Gotin en Italie ni les Barbares àki^ la Gaule, n& sortit de sçm. sommeil «que pour tourner ses annes contre les libérateurs de eec <feux contrées. Un lâche assassip^t l'avait débarrassé d'un ^gcand ^pitaine ,' de, Stiticop.^ vainqueur d'AIarici il envoya ^isnite^desjitroupjtô commandées par le Goth Saurus, {)our punie Constantin de ses trLomphé»*et pour lui enlever une (M^rpnne gfiniÉreusement oou^ppse. /

.LMg.vei]gle fortune ,^ abandonna Constantin ; Saurus Je battit, le poutfsuiWtet l'assiégea dans Valence ^. Les Francs^ s€>|is la conduire d'Édopinc et de Gérontiijs ^ volèrent au secours du libérateur de la' Gaule; Çauru^V repoussé à son

* Après J.>C. 4o8 ans.

tour, rencontra dans sa retraite un grand nom*bre de Gaulois â.rmés qui n^ le laissèrent^ rentrer dans les Alpes qu'après lui avoir enlevé son butin ; car les Romains n'avaient pas rougi d'inàiter^ les Barbare» et de s'enrichir des dépouilles de la Gaule dévastée.

A cette époque, on voit, par le récit de Zo- orîgîne

oQ ndin do

zime, que le* Romains irrités , affectant un in* Bn^audcs. ju0êe mépris pour les partisans de Constantin , donnaient le nom de Bagaudes aux milices gauloises* Le mot de bagad y dans la langue eel tique , signifiait attroupement, séditieux : de tout temps le despotisme s'e^ efforcé de flétrir, par des nom» injurieu;^ , la résistairce , le courage et la l\Jberté.

Le faible Honorine ne tarda pas à ^ntir l'étendue de la plaie qa'il avait faite à l'empire en le privant de $on plus ferme appuiw Alaric , autrefois enifemi de Stilicon, revint en Italie le rençer. Il y feutra en 409. L'ei^pereur, effrayé de c^tte nouvelle invasion , conclut, un traité avec Constantin et lui abandonna le scaptre des Gautes.

Ce fut à cette époque que , selon Isidore de Sévilte- et Idace , les Barbafeô découragés s'élixigjnèreÀt de cette^con^refiTf.t ^portèrent leurs armear ea I^spagne. ' événemens

Rome ijè jpçiivait* attendre alof s aucun se- re romain.'

568 DERNIERS TElfPS

cours de l'Qi^cnt ; Àrcadius n'y régnait plus ^ et le jeune ThëodoBe,,«oa successeur/ caverne pai* sa âœur Fulchérte, ne s<ttigeâit qu'à s'affermir surson trône chancelMit et sans cesse menacé fiar les armes redoutable^ des Goths et des HùDS.

Honorius, livi ministres aussi i régner, n'opposa les intrigues d'ui fîdies de la*faiblf rie ■ par jine ba

d'honneurs, lui piiodiguç. leii dignités de la couronne, lui'conGa la défense de .l'empire, le flatta pour ^e tromper, et par des-tfabisoos ré-: pétées ralluma sa redoutable colère.

Alaric reparut aux pertes- de Rome en 4io ; il y ^ntra, y parla. en maitre ^la-livra au pillage et ordonna au sénat d'élire un falitôme 'd'empereur nommé;. Attale, qui bientôt mérita le mépris et l'abandon de soA superbe protecteur.

La ftiort d'Alatic suivit de près son dèriûer triomphei. Aucun courage ne se présentait llors pour sauver Rome; maisle.sort, qui voulait encore prolonger son existence, enflamma d'amour le cœur d'vgi#Bvbar«"pbur unQ'RDEpaine. Ataulphe *, successeur d'Alafic, épri» des

* Apr*8j.-C.4*jans. ■■ ' '■ ''.*•'•'

BES GAULOIS* 56q

charmes de Plaoidie ^ sœi^r dHonorius , releva oe faible empereur. Le roi desYiftigoths devint le plus ardent défenseur de l'empire conquis et le premier sujet de l'empereur vaincu.

Orose nous a conservé les4)aroles ou plutôt le voile sous lequel ce guerrier, dompté par l'amour, croyait déguiser ja faiblesse. « Autre- » fois , dit-il, le plus {irdent de mes vœux était » d'effacer le nom des Romains , et de le rem- » placer par celui des Goths*^ Je voulais fonder » l'empire gothique , et j'espérais devenir, com- » me Auguste , la tige d'une Içngue suite d'em- >; pereurs ; mais l'expérience to'a prouvé que » les Goths, trop indociles au joug des lois, » ne pouvaient fonder un^État qui ne doit sub- » sister que par elles : j'emploierai donc dé- » sormais leurs ^.rmes à défendre, à relever >j l'empire rgmaiq, jet, puisqu'il faut renoncer » à la gloire de fondateur, je saurai mériter au » moins celle de restaurateur. »

Ataulphe , dey enu l'époux de Placidie , s'éloigna de l'Italie, et reconquit , pour Rome la plus grande partie de l'Espagne. Cette révolution soudaine retentit de l'Italie dans ^ Gaule. Xa fortune d'Honorius relevé lui rendit ses partisans. La discorde , éternel fléau des Gaulois, secoua de nouveau sur eux ses torches sanglantes; ëtle^trône de Constantin, à peine I. 94

SyO DEB5IERS TEMPS

affermi , s'ébranla dès que la multitude y toujours inconstante et faible, le vit à la fois menacé par les Romains et par les Goths.

Dans tous les pays y comme dans tous les temps y l'amour de la gloire et l'ambition produisent, au milieu des périls publics, une foule d'hommes déterminés qui bravent le danger pour suivre la fortune \ beaucoup même d'entre eux sont favorisas par le sort et couronnés par la victoire : mais c'est après le triomphe qu'on rencontre souvent les écueils les plus dangereux ; il e.st plus rare de fixer la fortune que de l'atteindre; le courage et le talent suffisent pour vaincre, et l'art de régner est l>ien plus rare que l'art dç la guerre.

Constantin avait renversé ses ennemis ; il ne put résister ni aux intrigues de ses courtisans ni aux efforts factieux de ses généraux. Gérontius avait commandé ses troupes en Espagne; Cpnstantin y envoya son fils j Gérontius, jaloux de ce jeune prince, fomenta l'esprit de révolte parmi les Gaulois et dans l'armée. Les Francs et leur chef Ëdobipc pouvaient traverser les desseins des conjurés. On les éloigna en les chargeant d'inviter leurs diverses tribus à envoyer de nouveaux renforts pour combattre les Goths.

Dès que Constaçtin fut privé de leur secours, la révolte éclata , et Gérontius fit proclamer em-

pereur un officier gaulois^ nommé Maxime. Constantin, pour éviter la moct^ se jeta djans la ville d'Arles avec le peu de troupes qui lui étaient restées fidèles; il y fut bientôt investi par les rebelles*

Depuis long-temps l'empire, dans sa chute rapide, n'avait cherché des appuis que parmi les Barbares; mais le sort voulut :qu'à cette époqùe un Romain , digne de ce nom , apparût à la tête des légions d'Honorius. Constance ^ patrice et consul , venait de pacifier l'Afrique soulevée par Héraclien ; il fut envoyé dans les Gaules, et la fortune l'y suivit. Gérontius et Maxime, vaincus par lui, trouvèrent la mort dans la ftiite. , ^

Édobinc.et les Francs accouraient alors pour défendre Arles et 'Constantin ; Theurteux Constance les combattit, les. défit et les força de retourner dans leur pays *. Constantin , obligé de se rendre, fut livré à la cour de Ravenne. Honorius, qui l'avait* reconnu comme collègue lorsqu'il était puissant', l'envoya lâchement au supplice dès qu'il fut vaincu.

La Gaule subissait cependant à regret le joug de ce méprisable empereur. Les provinces du nord, de concert avec les Francs, donnèrent la couronne à un <jraulois appel^ Jovinus ; mais

* Après J.-C. 411 an«'

son règne fut.de peu dé durée. Ataulphe, as^ servi à Placidîe, joignit ses armes à celles de Gonstau£a* contre le* nouvel usurpateur, qui perdit la couronné et la vie*

Après une courte querelle que l'inconséquence de la. Cour de Ravenne excita entre les Romains efles Visigoths , Con$lance et Ataulphe conclurent de nouveau la paix. L'empereur, par ce traité, céda l'Aquitaine aux Visigoths ; 71 abandonna aussi l'Alsace , ainsi que la Franche-Comté, aux Bourguignons, qui avaient profité de tou^ ces troubles poiîr's'y établir. Ainsi la pa^^fut rendue passagèrement à la Gaule démenjbrée, et lé faible Honorius, délivré de tous ses rivaux par les armes \i' Ataulphe et de Clonsia»ce, §e fit honteusement décerner dans Rome', par up sénat avili , Jes honneurs d'un triomphe qui ne donna d'éclat qu'à sa lâcheté.

Ce prince*, aussi vai» que faible y ne savait ni soutenir la guerre, ni conserver la paix ; manquant dje foi dans sa politique comme de courage dan^les périls, il cessa de ménager Ataulphe, dont il ne croyait plus l'appui nécessaire poui: afl^ermir sonr trône;- La guerre éclata donc de nouveau ; Constance la conduisit avec habileté, etla ter%inaav^c;sa9«i^.

* Après J.-G. 4i3 ans.

DBS GAULOIS. - 5j5

Ataulphe * jouit peu des douceurs de la paix; un assassin trancha ses jours, s'empara, de son sceptre, et jeta daife les fers sa veuve PUcidie^ que l'inconstance du sort fit^, ainsi successivement passer du palais d'Auguste dan$ W captivité, de la captivité sur le trône , du trône dans les fers, pour. la tirer -encdre de cet ésclavAge^, et remettre dans ses mainà les rênes de l'empiré,-,

Le meurtrier d' Ataulphe expïà promptemeiit son crime. Les Visigoths , indignés -ïlei sa tyrannie, le. poignardèrent ^et donnèrent la couronne à un guerrier digne de remplacer Alaric et AtJHitphe. AVallia, proclamé par eux ^^ , maintkit la gloire de leifrs armes, el consolida leur puissance. Fidèler au traité conclu avec Rome; il conduit une partie de l'Espagne potir Hônorius, lui rendit Barcelone, brisa les* fers de Placîdie , et* lui permit de retourner près de l'empereur soi^; frère **^.

Hont>rius Mors parut-;' pour la première fois , Assemblée écfeiiré d*uttTayon de sagesse ; il dontia la main la Gauie. de Plaçidie,au brave- Coii^steixce, releva le titlre dégradé de Gésar, en le lui conférant, et dai^s le mén^e teiïips,! ouvrant tardiveme^t les- yeux sur les -malheurs de la Gaule livrée par «a faiblesse aux dévastation^ des Barbares, il conyor'

* Après J.-C. 4iSans. — ** Ibidem, *^ Après J.-C. 4^6 ans.

374 DERI9IEBS TEMPS

qua tes députés de toutes k's cités, pour entendre leurs plaintes, pour coniiaître leur« hesoins, et pour remédiéf à leu'rs maux.

Jusque-là, suivant un anci^eri usage, les états de la Gaule s'étaient tenus à Trêves; mais Tînimitié des Francs et les invasions fréquentes des AUeinands ne permettaient plus de réunir les députés dans, cette ville ; ce fût dans celle d'Arles qu'il leur ordofina de se rendî^e. " A cette époque , un lien cotmnun unissait encore les deux* branches de la ^puissance romaine î tout é3it impérial était signé par les empereurs d'Orient et d'Occident, et il avait force de loi dans tout l'empire.

Éditea Tel fut donc le langage que, dans ce temps

faveur des ■• • « «, ■, ,t •» " mi i

Gaulois, de détresse et d alarme», Honorius et Théodosfe tinrent aux Gaulois par un édit que l'empereur d'Occident adressa au sénateur Agricola , préfet du prétoire des Gaulés ^\

a Nous avons résolu, en; conséquence de vos » sages représentations, d'obliger, par un édit » perpétuel et irrévocable, nos sujets des sept » provinces à prendre le seul moyen qui puisse » réaliser leurs vœux. Rien, en effet, n'est plus >) conforme à l'intérêt général et plus utile aux » intérêts particuliers de votre diocèse, que la » convocation d'une assemblée annuelle des

* Après J.-C. 4i8 ans.

^DES GAULOIS. SyS

» états 80X18 la direction du préfet^j^ prétoire M des Gaules. Elle doit être composée , non- » seulement dési personnes qui-, par leurs diji gnités, prennent part au gouvernement gé- » néral de chaque province, mais encore de » celles qui participent à l'administration de a chaque cité. Une telle assemblée peut, sans » doute , délibérer avec fruit sur les mesures » qui seront tout à la fois les plus convenables » au bien de l'État, et en même temps les moins » préjudiciables aux propriétaires. Notre in- » tention est donc que , dorénavant, les dépuw tés des sept provinces s'assemblent chaque » année, à un jour fixe, dans la ville métrô- » politaine , c'est-tà-dire , dans Arles. D'abord, » une telle assemblée , formée dés plus notables n personnages de chaque province, et présin dée par notre préfet du prétoire des Gaules, » ne peut prendre que des résolutions salutai- » reé; en outre, nos provinces les plus dignes » de fixer notre attention ne seront plus dans » l'ignorance des motifs qui auront dirigé nos » conseils et dicté nos déterminations. Nous » voulons aussi , comme la justice l'eiige, que« » tout ce qui aura été décidé par les états soit » communiqué aux autres provinces qui n'au* » ront point eu de représentans dans cette as- » semblée.

376 DESniBHS TEMPS

» Nos sujets ,appréc)ei;«ot , sans doute , le » choix que nous ttvo)is fa^t , pour- g«R« ré- » unian, de laTitledeConstantîh.Aucun autre » lieu n'offre un a^ct plu^ riant et des abords. M plus -faciles. On ne r » tre TÎUe un commer M part on. ne tcouye .

u échanger plus comiit » de toutes les contre » que là où la natnre> » à la maturité ces lin » ordinairement, ,p'a'f » que «ous le dimat [

» origitiaires;'on les voit naître et croîtro-avec » suocès dans les environs d'Arles ; on y trouve- )) à la fois les trésors de l'Orient, les [wrfums M de l'Arabie^ les planter délicates de la Syrie, >i les denrées-précieuses de l'Afrique, les nobles » coursiers que fEspagije élève, et toutes les M ' armes qui se fabriquent- 4aas leà Gaules. Arii lesest le lieu.que la Méditerranée et le Rhône » semblent avoir choisi pour» y réunir leurs » eaux et pour y appeler tous les peuples qui » habitent leurs rivages.

M Nous espérons donc- que les Gaules nous » sauront quelque gré d'avoir choisi, pour M rassembler leurs états, une ville où l'on peut » également se rendre avec facilité en barque

PES ^AIJLPI^ 577

» OÙ en voiturç^par terre OU par eau. Nq^e » préfet du prét<rife^ dét^miné pat ces .cpnsi- » dératro^s^ ^y ait '.déjà pris une 4^ciston pa-; » reilla à^la jiôtre ; pai^ , aoA ^nandement à cet » égard est demeuré san» eflfe^ soit gar là nér » gligence desf citoyens p*^oii^^t* l%difïëterice >} des usurpateurs^ Çour tout ce qui concernait » le bien public; Aujpijrd'liui non? f oiis ord^tfX- M nont de nouveau d'obéir aû^ déôret Sjaivant : » Notre volonté est, qu'en exécutif du » présent édît, et confoUnément «uix anciens » usages, vous et vos successeur^, t;ous fas^siez }) tenir chaque année , dans la ville d'Ar)es , }> une assemblée oomppsée* des magistrats, des » autres oflBciefs, et des ^députés nommés par » les, propriétaires de chacune des sept pro- )) vinces, laquelle assemblée comm^enoena 'se;s » séances le treizième du mois djaout, .'et les » continuera sans interruption , à moins d'iip- » possibilité, jusqu'au treizième du.mcû^ de » septembre. Nous voulons encore que nos ot- » ficiers qui administrent la justice ^^axs la » Novempoputanie -et dans la seconde Aqui- » taine/ provinces les plus éloignées d'Arles, » dans les cas .où ils ne pourraient se rendre » aux états, y envoient des fondés de pouvoir » pourries représenter, ainsi que l'usage les y » autorise en pareil cas,

*» Tîîoua croyons, par icettè ordonnance, ren- » ilreunbonoffiée^tousno$«ujet8^ et donner » en'mêhieftempé è lavitte d'Arles un témoi- H ènage authentique dé Efotre reconnsâssance » poift* ^n attaçltement constant à nos inté- » *êt» : .çon' dévottement nous e^t-^uffisamment » 'cdbtiK-par les rapports favorables du patrice » ©ônstaïice , que Mus t*egardons comme non ire père. Ciifin bous^ ordonnons qu'on fasse » payer une amende de cinq livres (Por pesant ïi auîc 'juges ^ui auront manqué de se rendre à » Fâisseniblée d'Arles > et une amende de trois n liurçs d'or aux notables' et officiers munici- »• paux coupableé de la même négligence. >i Donné Tbe dix-s^tième' avril , l'annéte du douzième*(;6nsulàt de l'ekl^ereur Honorine, et du huitième de l'emperèut* Théodose. Publié dan» Arlei le ^ingf-troisième niki de la même année* 4^^ 8. Gouverne- Ou' Voit, par cct actc très remarquable, que,

meotrepré- , \ r^ % • - .

•entatîf de QC touttcmps, la Gaulc avait connu et conservé les formes' du gouvernement représentatif. Cet élémeint de la liberté , partout aillteurs inconnu , parait un fruit du sol gauh)is, et toujours il en garda quelques racines au milieu des factions de la Gaule indépendante : depuis l'humiliation de la conquête, et même sous le despotisme des empereurs , ces racines , comprimées

•DES GÂUIX)IS. 379

mais non détniite8,.8einblërent 86 fortifier ensuite par les armes des Çrancs. La féodalité les fitquelquie temps dispai^ilre ^atisles knéantir; l'intérêt du trôûe uni à cehii du peuple les fit renaîtra. Enfin les sièclés^de lumière, chassant les ténèbres de la barbarie , leur donnèrent une culture, une vigueur nouvelle , et amenèrent l'éfibcfue Dù^ du sein de la Grande- Bretagne et de la Gaule j leurs siemènces fécondes, s'élancent hors de leurs terres natales, devaient se répandre dans le^ deux mondes.

Kédit d'Honorius, didtépar la vatiité puér\le d'une cour corrompue,* nous mojitre ento^e les' vains efforts de 1 autorité impériale pour déguiser sa honte , pour dissimuler le démembrement de l'empire , la perte ou l'indépendance de dix pi^ovinces , et pour cacher enfin les véritables motifs de la convocation et' de la translation des états. D.es ministres courtirsans, un conseil esclave, aimaient mieux décrire poétiquement les beautés d'Arles», que d'avouer les malheurs de Trêves.

D'autres causes prolongeaient alors l'erreur qui nourrissait l'orgueil de la cour de Rai^enne

et du sénat romain. Le long prestige des grandeurs de Rome durait encore*, et les peuples mêmes qui renversaient sa puissance semblaient respecter son ombre.

58o IMERNIER5 TEMPS

* Les AlaLric^ ^fes Atà\iïphe> les Wallia, lefe Gondebaut et les princes de? Francs > en combattaiï.les empereurs', î'honoraieiit des titres de maftres d^ ^a nrillce f de lieuteitttns des Césars, de commaadaiis de leur garde; ils sollicitaient la dignité de patrice; et, au moment où ils s'emparaient'du tiers des terres romaines , ils se disaient encore hôtes tles Romains,

C'est aiqtjdi quele^ d&niers Césars, bercés au mgipént 4e leur chute par d^ vaines chimères et û*ompés par la flatterie, qui n'abandonne les monarques ju'au bord de la tombe , se regardaieQt tm>jotii's*comto^ rois des rois, et croyaient'^commander a\ix guerriers barbares qui les détrônaient. * %

Honoriasaccompagn^'son^édit d'une amnistie, générale ; mai^L.ces mesurés tardives, qui tranquilfisèrent ,1a Provence, ne purent rétablir dans la^Gkule ni le repos întériottr ni la séctrrité ej^térieure : l'avidité du, fkc. semblait ci*6îtrei en proportion de la per^e des terres qui fournissaient aux tributs, confédéra- J^a Bretagne , nommée alors Armorique , et tagne ou pUisicurs provinccs du centre de k. Gaulé celtique", révoltées contre les* exactions des officiera impériaux!', cessèrent d'obéir à une autorité 'quî les opprimait et ïi^ les protégeait plus; et il parait que, dès ce moment, sans s'orga-

niser ppéciséûiQnt en république; comme le dit le savant abl^é ^DuljQs , elles ijeyinrent aux anciens usages gg^ijois , et se confécjérérent pour assurer leur défense cbmmujDte. ^ /

Le nom des empereurs contkiua toujours à paraître dans Ips lois^et sui*^es monnaies; mais la puissance çédle de ces^princes ïj'y. fut plus exercée que partiellement, par i^àter^willes , et en y .éprouvant sans cesse lac plus active résistance *. Ce fut à cette éfioqYie , de ^8 à 4^0, que la* mort enleva, un hérbs à r.empire, un défenseur à la Gaulé)' et *g.t«c Barhflires une digue redoutable. Côiiafcince termina sa glorieuse vie après avoir donné le jour à un j^une^ prince^ Valentjinien III, alors espoir 4c Rome^eJ; depuis son opprobre.

Honoîriùs, jaloux de tout mérite, ennemi de toute vertu, persécuta sa propre sœur Placidie, vs^uv/^ de Ç^nstancej i$lle chercb^'^un asHe dauif rOrient. En 4? 5, Hqnorius cessa de régner/ou plutôt de vivx*e. Placidie et son fils Valentinien, soutentis parlas troupes du jeune Théodose, revinrept en Italie ^ triomphèrent d'un usurpateur nommé Joannès, et reçurent, ^ar le conlentement du sénat > , la puissance suprême. Ainsi , sous le nom de Théodose et de Valentinien,,Pulchérie et Placidie occupèrent les

* Après J.-C. 4i8 aaii

382 DEBNIERS TEMPS

trôned ji'Orient et d'Occident, et le inQnde romain se trijuva gouvçrné jjjir deux iemmes.

Les intrigues de la cour de Rayenne replongèrent l'empire dans de nouveaux malheurs. BôniJTace et Aêtius , généraux de Placidie , s'armèrent l'uQ contre Fautrt»» Bpniface trompé devint rebçlle j trahi par la fortune et vaincu, il appela d'Ësps^gne en Afrique les Vandales, qui envahirent, ravagèrent et enlevèrent à Rome cette riche et populeuse contrée.

E«n,rappei Aêtius , cxîlé par l'impérsttrice , chercha chez

et exploits i it " «r J

dAètios. les Huns un asile, desisecours, reparut en armes dans l'Italie^ perdit uneJbMoiJle^ et tua sop rival.

Pendant ces discojqdes civiles, le désordre s'accrut dans tout l'empire : lès Visigoths attaquèrent la Provence ; les Bourguignon^ s^tendirent dans l'Est ; les Francs env^lnrent le iNord ; enfin le terrible Attila , maître d'une partie de l'Europe , menaça l'autre d'une destruction totale.

Dans cet extrême péril , Placidie sentit que le génie d'Aêtius lui serait plus utile que son ambitipn ne lui avait paru redoutable; elle le rappela, lui rendit sa confiance, le combla d'honneurs, le nomma J)atrice, duc 'des Romains, et par-là, ^peut-être, sauva la civilisation européenne , qui aurait péri sous la hache

DES (UULOIS. 383

dévastatricQ ^es «Huus. ^nsi , par un sort bizarre,, oie fut le courage d'un Scythe, ce fut le bras d^Aêtius, qiy seul opposa une digue à ce torrent. . ' ,

Raffermissant le wAufi qu'il avait ébranlé, -ce grand Qg^itaine ramena 4a|^s les Gaule$ la- fortune et la. victoire; il vainquit les Visigdths, leur fit lever, le siég'e d'Arles , et Jes répotissa dans letirs frontières.

Après avoir délivré la Provence Aêtius enlève aux BourguigiHms Metz et Toul ; il mar^ cl\e ensuitp dan^s le Nprd contre les Francs, et les rejette dans leuc3 marais.

Le flambeau de l'histoire , presque éteint au milieu ^es débris de l'einpire fomain tombant en ruines , ne non^a point laissé de lumières pour suivre cegyierrier dans ses combats, qui répandirent un dernier éclat sur les armes romaines. . ' . ,

Les détails de l'invasion des Francs, de leurs établisseprogrès et de leut* établissement dans les Gau- Francs a les, ne nous *sont connus que par quelques passages tronqués , échappés à ce temps de ténèbre^. On sait S6ulem,ent que dans J'année 4?o , une tribu de Francs passa le Rhin sous la conduite d'un roi nommé par les. un» Théodemir, par les autres Pharamond. En 4^6 Clodion , successeur et peut-être fils de Pharamond, régnait

ans les Oaules.

584 DER^IESS' TEMPS

sur leB Francs alors .établis en T«iïaj:|4rie. I>i»parguiÛK aujourd'hui Duiebowg., présde Tmigres, ëta.itlelie)l de sa H^id^iïe, etee^tdans Iç. temps où 'Fla^i< pire, que Clpdi{)n hit le nord de lît < éteblilr.Jl en fu't Snalns; mais il est faites , il 7 conser

Ce qui est certs liés de Home en 4( rinvasibn de la Gâ devenus les enn^ de Ifisurpatenj" € avaient eoutenUi.l; long-temps, et c»

bientôt, que l'approché menaçante <te8 Hùns , et l'intérêt d'un'danger cdimhunjTjui suspendirent momentanément cette longue querelle.

Les victoires d'Âëtius donnèrent à, la Gaule plutôt une trêve qu'une paix. L'empire était arrivé à un tel degré de vétusté,.- de faiblesse et de décadence, que le génie d'un grand homme, en l'étayant, né pouvait plus'Yfue retarder sa chute. •

Les seules citée réellemept èoumisos alorâ aux empereurs étaient cell^ d^'la- Séqvanaise , de la première Aquitaine ,• de la praniière'Ly9n-

DES gaulois; 585

nais«^ «t des pi^s situés entre I^yon^ les AlpeS^ la Méditerranée et le Rhône. Les Yisigoths gouvernaient en maîtres la Guyenne avec .une partie du Languedoc; leurs armes s'étendaient même dans le Pérîgord , le Poitou , le Limousin , et jusqu'aux frontières de l'Auvergne. Les Bourguignons possédaient l'Alsace, la Fraiicbe-Comté, et presque toute la Bourgogne. La Gaule germanique toinbait sous le pouvoir des Allemands et des-Francs ripuaires. Les Fraocs saliens menaçaient le nord de la Belgique ; et ce qui prouve que, sous le nom d'Armoriques , les provinces situées entre la Seine et la Loire, et confédérées avep la Bretagne , s'étaient rendues indépendantes, c'est qu'Aëtius , après avoir battu les Francs , se vit forcé de faire le siège de .Tours.

Lorsqu'il eut plutôt comprimé que terminé cette rébellion, il revint à Rome; et, pendant $ou absence, Gelsus son lieutenant, quittant les Arm^nq^es, livra une bataille près de Toulouse aux Visigbths, qui.le défirent complètement. Cette défaite contraignit Aëtius de quitter l'Italie et de. rentrer dans les Gaules^ La fortune, fidèle à ses armes, le seconda; il répara l'échec de son lieutenant, repoussa lesYisigotlva, et conclut avec eux une paix honorable; il s'efforça ensuite de nouveau, mais sans

sùccjèft^ de souiïiettre les Armotique» ; et Féloquence de i»aint GeFjtnaiiv , évêque d'Auxerre ; apfiuya yainement ses armê^.

vîiieé , Peu d'açnées après , les Francs, sortant de paT°eu/*eii la forêt Cb'arbpnnière , s'emparent d« Tournai

egiqae. ^^ de Cambrai. Jusqu'alors cette partie de la Belgique, désolée par des guerres* fréquentes ^ était restée peu florissante et peu cultivée; ce fut sous la dominaftion des rois francs qu'on y vit s'élever successivement les -villes de Bruges , de Gand, 4e Malinès, de Bruxelles, d'Anvers etdeLouvaia.

. Aêtrus, dont l'infatigable activité, veillant partout au salut de l'empire, triomphait tour à tour des Vandales en Italie, des YisigQtlà dansi le Languedoc, ded Allemands sur le Rhin et des Bourguignons dans la Lorraine, marcha rapidemcint contre Clodioif , l'atteignit dans les champs des Atrébates, et le défit complètement. Le poète Sidonius , racontant cette victoire et s'adressant à Majorien , compagnon d'armes d'Aëtius, s'exprime ainsi : a Les Francs terri- » blés se montrent mûrs pour la guerre dés » leur plus tendre enfance ; en vain le nombre n les accable, jamais ils ne cèdent à la crainte; » îa mort seule peut les abattre; le péril l^s r) trouve inébranlables, et leur courage survit, » pour ainsi dire> à leur âme : tels sont les

DlBS GAULOIS. 387

>i Tnmcs qu'A§tiu8 fqrça de-^fùîr. Vos éloges » ont, dans ce revers riiêiAe, honoré leur va- » leur. » • . * ^

Uépoque-' des deux«4tfférens combats livrés aux Fran<î8 ^ar Ââtius jest deyehue Je sujet 4'iine vive .contestation entre Icfs historiens^ il parait que l'opinipn lar plus* probable est éelle du père^Pétau, qui rapporte la première défeite de Glodion en 4^0, et \i seconde*en 44^* Au reste , quoi qu'eif aieift dit ceux qui veulent <iue les Francs«n'aieiit point eu d'établissemens dans Jes- Gaules avant Clovis; un grand nombre de faifs prouve que -Ûodion , chassé ; revint dans 1^ XèlinftÂsis , et que sei^ successeurs j régn&'çiit. Le tombeau de Childérfc,. trouvé depluiis à Tournai^ réfute à cet égard? toute ob-

jeiftion. •

Û parait ([u'kvt temps de cette dernière eflq>édition les daFérentes tribus de Francs s'étaient réunies sous lei ordres^^de Clodion, ^t que Cologne <fevint la résidence des princes ripuaires, comme Tgumai celle des rois aaliens.

Jamais > peutrêtre , aucun pays ne se vit en proie à plus de malheurs que n'fen éprouvaient alors les Oaulea; elles avaient peut-être plus encore à redouter leàrs défenseurs que leurs ennemis > et le sceptre impérial pesait plus sur elles que le glaive des Barbares.

388 DÈR;^lËRâ TEMPS

Ces besbim ^d'une guerre perpétuelle r'entlaient le fidc insatiaBle ; la confusion de ce temps de troubles voilait , protégeait tous les abus^ enfiw, comme ôn^ne voyait plus d« Romains ^ans^'l.es légions romaines^ ies Gaulois opprîtnés* se trouvaient* livlrés à Ip. licence grossière d^s Huns^ des'*A)ains^ des Hépules^ des Goths et d'autres aventurim*a^qiii éomposaient' alors TsErmée inij^ériale.

Les Virigotbs au cototrai^e^ le? Bourguignons et les Francs, libres, égaux entre eux, ennemis dif hixe, rendaient leur joi^ léger «pour le^ peuple^ conquis , et , si l'on ^n croit Orose , tous les Gauldi^^' encore soumis à itiomife^ liâtaient par leurs* Vœux le "^^mioment de la cqftqiiête. coUtôifèy dans leur détresse', le lang^ig^ çt sourois'jiMx les plaintes de ces Gaulois infortuiiés. « Le peu-^ >> pie*, disait Sîflyie6,,est traité û durement, » qu'il n'aspire* qu'à secouer le. joWg; son poids » igeul l'empêche encote de» le Vfe^ter j et ooro- » méht les Gdulôis pourraitwit-ilsfQrmer d'au- » tre vœu'querceiui.d'étre délivrés d'une chaîne » si insupportable^?" Écrasés ^ar les impôts,^ on » les menace db la servitude quand ils-ne paimit » pas dés subsides hors de tOutes^pro^'rtioiis » avec leurs fortunes. Ils fuient»teurs maisops » pour échapper à la torture^ et s'exilent pour >> se soustraire aux 'supplices ; ils ont moins à

njw GAULOIS. . 389

» tcrâjndre tes doldats de Tétrapger.que Jearagen» » Ae Fein\)€freiir , et, peceécutés par letSi^ma- » giétrats^, ils rie trouvent tl'a^)e contre en» » que chez lea BarBares. Ces V6i^tu>ns seraient » au moins plus* tolérées ^i elles étated^^éné- » raies, et si elles pesaient ëgalemeiit,sur tous; » jnai^l'inégalitA*. aggrave l'injustice,; les cxa*bw teurs ne font port^ lé &rdea\i'dè» tributs » que sur les pauvre^; rittfôcttiné paie à la fois » pour. lui et. pour le rithe privil^giA Aiasi^ » on.<«oufFre eif mWe«4em^ d^ sa propre^mi- » sère et.dfe TopiMentîè'dJantrul; le peuplq est » couê^né i vivre dans l'indigence et" à payer M rimpôt''conmie s'il était riches Gependapt les » sénateurs., <t}*anquillès dajis ieurs jflalaiê, se f) fontindejmniser par la cour, tandis quel^rs » arrêita forcent lès plébéiens à payer 'les im- » ^o^iUoiis, sans'tcetard et çâ^ns dégrèveni^nt: » Uile p9.peiUè oj^ression est irioonnue dSax w autres nations fôi^ n'en trouve point de ti^aces >i parmi teà .Yai^daUs ; les Francs et les Huns« >x LësGaylois roiAaiv^, qui habitent Ic^urs Étiits> w ne sont lias traUés avee, moins de justite que » leurs. pr<>pres concitoyens; et comment Rome » pourrait-elle encore s'étonner du rapide pro- » grès de la* puissance des GoAs? Tous tes peu- ));ptes souhaitent leur domination. Oui, je l'at- » teste, si tous les Gaulois, si tous les Romains

SgO DBJINIÏIRS TfiJKPS

» pouvaietit , au gré 4le leur désir, transplaûter n À Ix^ois Wr8 biens /leurs me\ibles/ leurs il tamîlles chez les Barbares , ils n'hé'skeraient •M*paé; on les wrrait en foule fmr la tyrannie, n et bffertîher ailleurs l^ .liberté. »

«Xia Gaule*, dît Sîdonius,- qui, cette fois emï) porté par ia douleur , ne ftrflte plus en cour- » tisan , m&is parte en citoyen^, indigné , la » Gaule obéit dèpuis^lon^'-tenâps k' <les -so wre-r » râins*(pi'tflle nfe eoùnilt pas ; elle est iirrée » aLU pillage par cetix (fil doi^èntJa protéger. f) '2Ui ! que les peuples 'sotit :ftidiheul^eux de vin Tre sôus le gouyernement de pHnceS jqf^i aur >> raient* eux-mêmes 4ant 4tesoin d'être gonw vfSrnés*! ». * ,7

inimwc- Ce cri de l'oppression ,* ces, exclamations de

Sondes Ar* • ^t j

jDorîqaes. la doulèur justifientsufflsammefit^'insurrection -des Ariporiques.. Toutes lés.cités des pi^ordnces celtiques, redevenues indépendantes et véri*tabl^ment gauloises , se défélids^ent alors avec i|ne égale vaillance contre la tyraïinîe r/)maine , et contre les invasions des Gottis ?t des Francs. Leurs liourageu^s milièes nepoussaient tour à tour et les officiers' concussionnaire^ de Tempereur et les hottes dévastatrices des Saxons qui, traversant TOçéanet remontant la Loire , portaient dans Ces provinces le pillage et la désolation. ' ^

pES GAULOIS. 59 î

ÉgidiufAfranîus^' général gaulois ^ qui de* puis défendit glorieusement l'indépendance des Arnioriquesy Tmt a]U>i:s les attaquer pài; les ordres d'Âêtius ; ilid^iégeaChinp}!; ainsi la Gaule était à la fois écra(]^e par 4reis fl^ux .: le des^ piHi^Ene romain , là.di8corde:civil^ et h, guerire . étrangère. t

Ce fut au inomenl^ oit le sort* la réduisait ' à léevnwn un 'état sî déjilorable que le terrible Attila ^ se gLu,^ précipita sur elle à la tête de trois cent mille combattaiis, tir^ de toutps les nations, tartareSy ^ythiqu^î«g|ii?nates, Scandinaves et ger^ malnés, qull traînait à salmite^ Ce conquérant ^îiuvage at long-temps trembler par.se$ menaces le jewe empereur d'Orient, Tbéodose> qui ne«eu4>€iidit sa'^^ureu^p qu'^ lui montrant la honteux soumission d'un vassatt

Après le^moH de ce Jeune prince, PuljBhérie plaça sur Ip trôii^ un'guerrier digne de Toccuper, puisqu'il sut le défendre, Martiân, ranimant le côurâ^ de ses sujets par son exèfl^ pie et rétp,blissant la*discipline par sa. firmeté, opposa tout à^^oup au roi des Huns iout l'Orient ^n £M:ittes. Le fier Attila recula deyaajt lui et tourna se* fureurs contre l'Occident : il y était appelé par les sollicitations du roi des Vandales, et tout .semblait offrir à se^ armes ^

* Apre» J.-C. 449**^8 •

5v)2 DEBNIEÎl» TEMPS

dans ia Gaule démembrée et dàn^l'ItaUe cor— rdmpue, ^ffke proie facile^

Ciodiôn venait alors de terminer sa vie j deux princes &ancs se disputaienr son trône. Xi'nii d'eux courut implorer i'àpjfKti: du roi dies Huns ; l'autre ^ladnrtilé'Méroyée, sollicite^ la protectioH des Romains.

' Âttîla s'avança vers lé RUin : à son approche, le désordre qui fondait son espérance cessa;' les querelles se suspendirent; les intérêts jopposés se rapprochèrent : Ropiains, Gautôis^Visigoths, Bourguignons, tous se réuiaireiit pour ^'op^o^er  ce monstre sanguihaire, à*ce conquérant féroce, à4^\fléau de Dieu, qui n'attachait de gloire qu'à la destruction , et ,cpui «' voulait , di- » sait-il, quejamaismo^sonriffe repoussât dans » les lieux oii^son cheval aurait passé. » Cette guerre était celle de la b§Lrbarie'cdn^re la civi*lisation. Attila, vainquelir, aurait plongé l'Europe dans Tétat sauvage où vivent encore les peuples du Thibet en Asie, où ceiix qui parcourenf les triâtes déserts' de l'Afrique : heureusement ce torrent s'arrêta dans la Gaule ; ainsi nous verrons deux fois la Gaule sauver le monde civilisé. Aëtins, général rQmâ.in, Théodorîç, successeur de Wallia et régnant alors sur \e^ Visigoths, enfin Mérovée à la tête des Francs , rejetèrent au-delà du Rhin ces Huns

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