DIU G10U)1S
dt8j.metduF8, -aillée avoA' c/njTert k^ chaipps gauIoU, de- Iftlif» cadaVre». FardrieeinUable triomphp^'.tcûU'siéQles après, Cb.artçt.MaJ4çIj .
combattra apx ppj'tH tL'Orléaia». . Là" terreur ■ précédait Attila; ^^ruine- de plusifucs Villes qu'iliivait détruites pour les.ppnir dà Jeur.résistance épouvantait lc8'a«tre8;'eUe9dui Ouvfaîeii.tieiir8p(>rte8;.lç» femmes, les vieillards, leeenfâùs espéraient éviter la mort en se. précipitant (j^ns la 8ei;yitude, et la jeuilesse gauloise iodignËe clier.cha?t dan^ les damps: tin asile que ne lui btIraieBt'pUis des remflf^ts .qu'pn nclui peuaettiuVpas.de défendre.
• Apr«»J.-C.4Sran»,
,394 D£aii|ERS TEMPS
di UT?r Cepertd^nt, ayant 1|WAètUiS ^ TbéodoMç «et deNtnuire. Méro¥^ «6 «fuMeiit» réttois f Ifi ^oura§e d'un p^fttife^JbL Jormeté d'uBe4f€|mpK^§iKrêtèreiit la Dl^arali^ du Gon^éranj); 8^¥age;4G«^^l^èYet qi|e 1^8 yertu9*firçpt placer au «aoAbre* des samt^ jûnistaii sur 1^ x\y^ de X i$iei|ii« de cette jufhi^npç que.de tout temps le» feu^mes, ri^fârA^dcoHuae. inspirées^ ;*f!xergi^ Craulok. liaviergc^de HaB^tarrq^ pM*«^ed prières^ par $es ^CQur$ ^ par -ses, promeèses^ par ses vûifiUMm^f a^ji noDA^l'un DietÉtprptei^teur, ranima Ia coufi^^e d^ Paris^^,,fit tetl§,itre Tespoir dans Lutèce';^^s Ga^bloiff^lriirenJ;/ et Jes H^uns Siège redputèrent ses oflatles. ht fier Attila détotirna
d'Orléans ^* V^ n ^ * ^^, *
aiMDdonné SCS xoops ç( itw m tdDtfber«sur Orléans^ mais , '"arrivé 8sui,le$*ï)liurs dfe'te .vil^p-dlAurëHai; il en trouya les çcfrt^ fetfiAées , k T^euplé csyi armes, et* le^. rempart^ cot^vçrts d^e '4cfenseurs intrépide^. •.."-.
•Q'abojli.. }a iQ^kitude ^ra|ëe avait youhi fgrber Iss braVies à ^rendre ou^ à fuir;.iaiais l'évécpie Aignaa^montç ^ chairç>^parle»au nom de la, patrie et du ciel, iriçimphe 4^ la peur par 1^% armes de la religion, à^no|lce dc^ secours, promH des tniraciès, ei erdcmne të combat. A sa yoix, j^ |;ueni«rs courait afux armes, et pour la premièpe fois les i^oiyts puiawns d'At-r tila se brisent contre les murs d'un ennemi.
i>f:s GAULOIS.' $95
Cependant ^8 Hv08».fea(nivelaient leurs as* Bauti; Orléans 'MmUaât près de^aceooibét* sous la foulées Barbares qui FfiL8siég6ftieHt;4éjà les iaobile^Ga\ilois ^courag;és daujtaient dè^ promesses de leur pontife ^ lor^^pï©, àà haïit des remparts^ ils wôiefst briller diiQs4a plaikie une forêt de lantœs. Le ifeLtricefTOmain ; le rt)i des Vièiffotfis et celui des flramcs^s'ayaiicent: Attila »«»»*"•
" , , ^ ' de Ghàlons.
êurpris abtaHiiiIlBiRim 'proie ^ Id^e le $iége et se retû^dans led^i^n^de se joiflidre à la partie da son armée qull avait laissée "^^djerrière lui. L'armée cônffedéréef le pourvoit vivemtnt ^ et Tattéhit^ilfiii dans les pkiné^ de Qiàlons^ daiis oes dhamp» catalauniques , où sa défjiite^ jeta sur la Gaulle un éternel rayon de gloirèv*
L'historien des Goths^ Jcftnifidè^, ^kOMê a (rapsmis quelques détails sur Cette céléjbre ba^ taille .JJn. y aste^Iateâu qui^^deç deux côtés, «^abaissait *en t^ltis Air la ^1(^9^ f séparait les deftx^ Itrmées ; Tocctip^lion de ce posiez avantageux &i^ l'objet d^ leuris premiers combafj^j elles «e le diSputèi^ent rfvec a<^haraemex4^ Re^roi dés Yisi^tfas cbmjnai^dait la^rôite des confédérés ; Aêtius la galiiche ; un corps d'Alains ftirmitit le €enti;p;^les Francs cpmbattâiept en^vaQtde la ligne.
Après un choc long e]t* sanglant^ Attila est repobsséVef les deux armées se préparent à
ScjS DEUSIEBS T^PS
uBe action- décisive. AfUMa- fange sa troàpe- en bataiHe :<^mté*4'uh )»reni«r édiec, il barangiie avgc fureur 8e8.ir»upe8; son reg^ brûlej ■ sïivolx tonne ;.<ir^q(ioiJ'8dldat%, âit-if^ après M iant de 4«îtairej, le Ijoùpagevoiis abandonne! » Qtiels sant^QiiC ces enneOris i^ vous arrêtent
» RpniiainsdëgéDérés veuS est conpuej dtdrges- » les hardiibeqt au mitieu'de^eurs manceu'Vrea^ » dentuotre audace ûiépri«e la 6cience;-croyez- » moi ,,li poussière de vôscoufsiers aufiirasçule » pour metti^e oes làoheg.en faite : mais, que » >dia-jç V au lipn de- les (?o.B[il)attre,' il faut les » mépriser. Attaquons ^m eûrfemie digjrea'de » uoité» chargeons les Visigoth^^ reuversons » lés AIafns,.enfoneoi\s'Ies Francs : qitand ces » -htoves seront vaibcwB , le^'omain? disparaî- » tront/leur force sera anéantie?'^ car, lors- » qu^tme'fois le'j nerfs sopt coupés, l^éspiem- » brea ne peuvent plus agir. »
■ A la* voix Éôurrdijcée de ce chef terrible, ' tout -fréthit , tout e'agite ; les pltis-hard^ es-
DES G%.iitoi$. 5g7
])èr6iat lu viotoipe > les *aû (res se ' résident à la mort. Le sigjia,! esttlonné^ la ftiôlée commence; la terre est inondée de sang# Théodorie tgmbe percé de «coups^ «a mort, loin de décourager les Vfeigoths, les Gkcijtp à la vengeance, et change leur vaillance' eii -f tireur . Tborîsmond , son fils, jupe de le venger ;,iL se précipite *sur les Hun^^ les tourne et 1q3 ehfcnice ; les Fsancs effe* toute l'armée d'Aêtius ,^ profitant de* ca désordre, ^portent l'épouvante et la mort dans les rahgs désunis dès Barbares; ils fuient en déroute; la caf^(aleii0¥gauloise içs poursuit et en fait un horriMè-^Wia^e. AttiU cherche vaine-> ment à* les i^allier^ Is^ peur brave ses» menaces et méprise ses iJrdf es^ enfin , entraîné lui-«iême par la^foùle des fdyards, il ^ réfugie dans son camp. • • -
L'impétueux* Thôrismoni^ voulait ràtta<|tier encore , forcfer les «rétrancheméns ,. et cdmpléter sa défaite; mais le prudent Aêtius l'en dissuada : il importait à' èà politique qu'Àttiia ne fût p£tô totalement dëti^uit, et que le jeune roi des Visigoths ne restât pas sans rival , et l'empire sans dangers* Il fit. craindjre à Thorismond que, pendant son éloignementv (Quelques fâx^tieux ne lui disputassent le sc^ptrp:, et lui persuada de retourner à Toulouse pour y prendre possession de sa couronne. Le lendemain Attila
SqS derkIbrs temps
continua^ retraite. Aêtius etAférctrée leiiar^ celèrent plus qil'ils ne le 'combattirent jusqu'aux rives du Rhin.
samarcb* Uanuée suivante * Attila tourna ses armes contre Tltalie. Les Alpes ne purent l'arrêter : Aquilée -seule résista ^ le^^ autres -villes lui ouvrirent un Ubrer passage. Partoâit le:4roi (ks Hui^ choKlisûi les iWmàiii»'«aBS^tearnai6iHklrerf «i^ eu» sc^dat nféeoutart la voix d^Aëtius ; apcun obstacle ne séparait* plus Rome des Barbares ; l'empire allait tbmber sous les coups d'un Tar*tare. Dans cette extrémité ^Aêtiu» voulait que l'empereur Valenjtinien abandonnât la molle Italie et se réfugiât Ab$u les Gaulés , seul pays^où l'etnpire comptait encore dïers btas et des courages. ËEtfîh tout jçspoir semUait perdu-, lorsque ce vainqueur farouche , quë^'univers nommait le fléau de Bieu ^ •se laissa touf à coup désarmer par les prières et par l'alpect vénérable de saint Léon, qui sauva Rome, comme Geneviève avait sauvé PîBCris.
Son Ce torrent, qui dévastait tofut , s'écoula aussi
IIs^États'et rapidement qu'iL s^était formé et grossi. Le roi sa mort, ^^g JJ^J^g rctouma dans ses États^ et périt bientôt sous le poignard d'un4 femme caq>tive qu'il avait contrainte A l'épouser; sa diute entraîna celle de son empire; sa monarcbie fut démemr
* Après J.-C. 453 ans.
DES GiJJLOIS. 599
brée^ et^ depuis^ ce* Huns^ si redoutahles^ qui dous lui doûiinnient le monde , furent fi peine comptés dan» la foule ' des tribus barbares/
Le jeune rai des Visigoths, Theriœiond^ ç^gna bnijouit peu de^emps de jsa gloire; 41 fut assasSi* àoùc 11. né. Théodorîc II .*, son fVère, lui succéda ; ce prioce habile affermit sop trône , éclaira son peuple^ le «oinnit «,u joug de^ lois , lui donna un code, étendit ses limites > inspira utie juste crainte aux Romains^ aux Bourguignons , et conqmt même Testime des Gaulois.
Sidonii^s ApôUinarift fit de ce monarque un portrait que le temps nous a conservé. Le tableau qw'iji trace de la cour daThéodoric donne lieu de croire que dans ce temps les chefs de ces peuples , vainqueurs'ile Rome et méprisés par elle, ne méritaient ^lus le nom de Barbares qu'oB leur donnait. Depuis long-temps , en ef-* fet , les princes bourguignons et francs, ainsi que ceux des Goths , occupant les grandes dignités de Tempire, parlant la langue romaine, correspondant sans ce^se avec les personnages les plus distingués de la Grèce et de l'Italie, avaient cessé d'être étrangers à la civilisation ; les mœurs- grossières de leurs peuples les forçaient encore à se montrer pour eux farouches, durs , souvent même cruels ; ils n'auraient pu
* Aprts J.-C- 453 ans.
sans forcé diriger \^ liberlië sauvage de oes hordes gu^rrières^ qui regardaient leur prince.]pkkitot comme un compagnon d'armâB t}ue comœe ^ uik roi .; maisr ces mêmes ch^s et les grands qui les enteuraiént se mcuatraient sous un autre jour aux Gaulois jet aux Romains ; ils adoptaien t leurs lois , professaient leur culte ^ imitaieikt leurs mœurs 5 enfin on peut dire que, par,«n singulier contraste ^ - on voyait eliM eux à la fois un peuple y une armée à demi sauvage et une cour presque romaine.
Le Gaulois Avitu^, né en Auvergne, qit'il illustra par ses exploite, avait instruit le jeune Théodoric dans les lettres grecques et.lattnes. Depuis , .raffeçtion de ce prince l'élcva , potir son malheur, au ttôn^ de Rome.
sonporiwît Sidonius parle des-talens et des vertus de
tracé par i i •
Sidonius. Théodoric avec un enthousiasme qu'il est pourtant difficile de croire e&edfipt d'exagération, (c Ce prince , dit-il , force l'envie même à l'ad- » miration ; sa taille est ordinaire et bien pri$e, » sa tète ornée par une belle et longue cheve- » lure ; ses sourcils sont épais et arqués ; ses )y yeux grands et ouverts; leurs cils prolongés » s'étendent jusque sur ses joues ; plusieurs » nattes de cheveux couvrent ses oreilles; son » nez aquilin donne beaucoup de majesté à sa » figure, qu'embellissent des lèvres vermeilles.
DES GAULOIS. Aoi
» une, bouche agréable et des dentç d'ivoire.
» Théoijoxic, ajoute Sidonius, ae lève tous » les purs .avec le soleil , assiste à la prière » d^ns l'église ai^enue, et de là se rend à son » tribunal^ Un officier porte ses armés près de » lui; ses gardes, afAé^ de iiaches et couverts » de fourrures , entrent à sa suife dans le pré- » toire, n'y restent que peu d'instans et se tién- » nent après dans une pièce éloignée. Le roi ■' )y donne audience, aux députés des communes » et des nations : les affaires sont promptement » expédiées; ses réponses sont^courtes et clai- » res. Apres le conseil, il visite ^on trésor, se. » rend dans ses' écuries et part pour la chasse ; » ^ il n'y porte point d'ar)q[ies : si un animal passe » à sa portée , uçoi de ses veneurs Jui présente » l'arc qu'il tend lui-même , et rarement sa » flèche manque le but. ,
» Sa table est bien servie sans être somp- » tueuse ; sa vaisselle offre plus d'élégance que }) de richesse; ses meubles, couverts de pour- » pre , brillent plus par la propreté que par la » magnificence. En tout , dans ses repas , ce » qu'on admire le plus, c'est la grayité des dis- » cours du prince. Dans les grandes solennités, » il efet servi avec le goût des Grecs, la profu- }) sion des Gaulois, la ponctualité des Romains. » Le grand nombre des convives vous rappelle
402l DERIflERS ^MPS
» que T0H8 êtes à un fe$tii| ; l'ordrç qu*on y » voit régner et le peu de bruit qu'on entend » vous fbnt croire que voys essislee à ua xepas » d'amis; mais le re^cct seul Vous ftât sentir » ((ne vt5us êtes à la* table d'un roi. La m^ni- » ficencc' et le luxfe sont i*étervés pour les jours n de fêtes.
» Après le dîner ^t une courte méridienne , » Théodoric se livre <]^lques instans aux plai- » sirs du jeu : il4'aime vivement; mais, tou- » jours maître de lui , il n'y montre jamais » ailcune émotiop : cependant on dit que des » courtisans habiles ont dû ^e grandes fortunes » à la bonne humeur où le mettait le gain. Il » invite ses convives, et ceux qui jouent avec » lui , à une familiarité qui n'existe ot^dinaiw rement qu'entre égaux. .
» A trois heures , Théodoric reprend de » nouveau son travail ; un grand nombre de » supplians afflue dans son palais, et la foule » ne «'éclaircit qu'à l'heure du souper : alors » chacun , suivant l'usage , se rend chez son » patron, qui reste entouré de ses çUens ju»- » qu'au moment où il se couche. Le roi , pen- » dant son souper, fait venir des musiciens, » des mimes , des farceurs ; mais il ne leur » permet ni airs lascifs ni paroles satiriques. » Dés que le prince sort de sa table, il se rend
» au lit, et sa garde prend autour du )>alai8 les » postes qu'elle jioit ocerfpèr. »
Ces détails sont curieux; ils peuvent, au défaut d'autres doeumens ^nous dpnner une assez juste idéedcTla vie etfdes mœurs des rois de ce temps. Tout^orte à croire qull existait pçt(^de différence entre* la ccmr de Clovis et celle de Théodoric. ♦ ' '
Tandis que les Barbares se civilisaient peu à peu dans la Gaulç ,.le trône des empereurs , en Italie*, s'écroulait journellement; une seule colonne fé souÉ^oait encore avec force, yalentinien III la.reflQversa, en poignardant Aêtius son libérateurs • . * • •
Ce crime annonça que Yalentinien allait marcher sur les pas de^ tyrans : c'est une route fu*neste où l'on ne peut s'arrêter. Ce prince, livré avec emportement à tous les vices, outrage la femme du sénateur Pétrojiius Maximus; quelques jours après, le mari offensé fait.périrl'^empereur par une main inconnue. Les Romains proclament Maxime^empereur : sa femme était morte; pour conipléter sa vengeance , il épouse la veuve de Valentinien ; mais , aus»i indiscret que vindicatif, il avoue que c'est lui qui a fait périr l'empereur. Rome alqrs, nouvelle Argos , naine put croire que la famille des Atrides revivait dans ses murs ; elle devint le théâtre des plus
404 DERNIERS TBMPS
grands Crimdi» et des plus noires trahisons. La veuve de Valei\tinien jure une haine éternelle au meurtrier de soli preihier époux; elle appelle secrètement le^ Vandale! en Itîilie'; ils accourent d'Afrkfue; la yilte' le^r est ftvréè. Maximes perd la couronné* et la vie \ Rome succombe sous les coups de Car tkage ressnscitée : les richesses y amassées pendant douze siècles de conquêtes^ sont la proie des . Africains ; le peuple est massaéré^ les ^patriciens tombent dans les fers; l'époque de destruction, annoncée y *disait-on , au bout de douze é(ents ans y par les douze vautours de Romulus , «k accomplie ; et lesYandaleà. abandonnant )% relfie du monde , ruinée^ déserte et déshonorée , retournent dans la ville d'Ailnibal , dont l'ombre irritée se console à la vue des dépouilles romaines.-
Ce désastre du peuple-rôi retentit au loin et détruit dans tout l'univers le dernier prestige de sa grandeur. De tous côtés les Barbares agitent de nouveau leurs armes; les Saxons descendent en Armorique ; les Francs s'emparent de Trêves; ils envahissent les deux. Belgiques; les Visigothé menacent la Provence.
cntiroii- La Gaule succombait ; mais, dans ce péril, un cT Avitïi. Gaulois, l'Auvergnat Avitus, chargé récemment par Maxime du gouvernement de cette contrée^ relève sa patrie expirante ; ses armes contien-
nent^es JSouTgaignons et repouj^^i^t les SaxiDnSi» RéveiUai^t dans le cœur de Théqflorio Fancienne.ami^ qui les^liait^il obtient de lui la paÎK^l^ roi cbs Yî^igptbs fait! plus ^ il^epgage le. peupla ^'rarmée ià^proolamer Avilus^^empereur; les cf^bris di^ ^nat ];^2^n reco&Daissènt le nouvel j^ugi^ ; 1 eippereur d'Orient .confirme, son élection , et flgme voit encore un Gaulois. triômpHant Jlan^.ses murs.
Avitus ayait acqu^tliiié^ brillante Beho^[)li)ée dans les caqipe Qt^^ilAis les afpadéftiiés de, la Gau^e; B^âis ^ «à ik>m^ , il n'existait plus de guerriers /d'orateuBS*, de sa^oan^; il n'y trouva que des courtisans y des esclave^, un peuple licencieux; la> contà|;ion des vices flétrit son caractère, et il perdit sur le*trÔHe la gloire qui le lui avait mél^ijté. ,
. Sa chiite ^t prompte^ Jl6^te^^e , . et rendit ridiculesles éloges pojnpeux que Sidonius Apôllinaris ; sô|i gendre , lui prodiguait à cette tribune aux hshraCngues, qui, depuis long-temps, ne faisait plus entendre aux Romains que le langage de la serwftudeet les acçcgis d'une basse flatterie. . ^ * • • ^
Les peuples, comnte les hommes, conser- son
* *^ ' , , • «11 ahdicalîon
vent souvent leur vanité après avoir perdu leur «» «a mon. fortune, leur puissance, !eur courage et leur fierté. Rome, abaissée sous le glaive des Bar-
4o6 DERNIBES TEMPS
bares , dominée pai* le» Visigoths , , ruinée pp.r les Vandales y s'irritait cependant encore de voir un Gaulois 9^\i sur k itpry^ tHAuguste. Un général sirëte, Rnjliiiier, coÂii^ndait s^rs les légions romaines; iUvenait y àlêuntéte, de vainorèt-fes Yan^alâ^et; deTgeonquérir sur eux la Corse. Ce guerrier ambitieiix , hautain , impérieux , aigrit les xe^sentimens'du peuple et fomenta l'esprit de séditiou dans l'armée. Théor doriç^ le seul appui 4'Atitus; était trop éloigné de- l'Italie j^our y nfàiat^nir \^ pouvoir de l'empereuh, son protégé. liè'Su^ve-Ricimer contraignit Axitus d'abdiquer* ce princ» obéit, descendit du tfône , partit pour retourner dans la Gaule , et* mourut prés des Alp^s. •
Dans ce temps de bonté pour«Rom« ^ 1.6s Bai^ bares disposaient de la pourps e impériale et la dédaignaient Ripimer ^ élire eiapereur Majorien, ancien compagnon d'armea d'Aêtius. C'était alors le seul Romadn dont l'^pé^ eût brillé dans les combats et iqui rappelait (Quelques souvenirs des vertus' antiques. L'Italie applaudit à ce eboixj m^i* il irrita les*Gaules^ ef^Tbëodoric échauffa leur métontentement.
Le roi des Vlsigoths-^ qui venait (de reconquérir une partie de l'Espagne pour Rome^ repassa les P.yrénées,^et tourna ses armes contre la Provence, tandis que les Bourguignons é-
DES. GAULOIS. ^OJ
tendaient leur domination d^ow ks deux Lyonnaisçsv ' . '
Majorien^ reoonnu et soutenu par Léon, empereur d'Qrient^ opposa autant d'activité que dfe courage aux nombreux ennemis qui, de to^te$ parts, accabkûeat Vempirè; il battit les Vandales , les ch^s^ 4^ Tlt^lie , et confia kt défense de la Gaul^ à un illustre Gaulois, le patrice Ëgidius .: il ne po^;v|iit choisir un plus digjpe lieuten'Ant. Égidiuâ, surnommé Afrs^nius, et né î^ Lyon dans 'la famUIe Syagria, honora ss^ patrie par ses talens, la soutint quelque temps dans sa chute par son couri^ , et sut mériter à la fois* Vaiïectian de ses concitoyens et le respect de ses efinemis.
I(es Yisigoth.^ redoutaient ses arm^ ; il avait contribué, par sa vaillance , aux défi^ites de Clodion , d'Attilf^; et les Gst\]|)ois ne dé^ents^ient point alors les éloges poétiques 'de Sidonius, qui le compe^rait pour Taptivité à Syl^, pour I4 prudence à Fabius , et pour ^ rvises à Camille : les évoques^ alors les plus révérés rendaient.homm^e à saq. caractère, et le disaient «plus illustre eupore p^r sps yertus que par » ses talens. «
Égîdtus défendit la province romaine contre les Vïsigotbs, rçpous^ 1^ .Bourguigqpps , et contint les Francs. L'empereur vint le secon-
4o8 DERI(IERS TEMPS
der dans 8eé travaux; et^ après 'avoir pacifié momentanément la Gaule , étonnant son siècle par un vaste dessein digne des •anciens ffemps , il rassembla une nombreuse armée, équipa une flotte redoutable, parcourut l'BaJpagne ettTaînqueur, et réunit toutes ses forces sur les côtes de l'Andalousie , pour s'embarquer et pour reconquérir l'Afrique.' Le sort trahit son génie; ses vaisseaux furent livrés aux flannnes par des traîtres ; l'or des Vandales vainquit Rome que leur fer avait dépouillée. Majorien se vit forcé de rentrer en Italie , et ses soldats révoltés le tuèrent t sa mort prouva que les Romains ne pouvaient plus supporter un empereur digne de l'être. *
ta Gaule Dès cc momcut les Alpes devinrent les border empire, nés de l'empjfe, et la Gaule en fut séparée': on n'y reconnut plus les empereurs que par une vaine formalité j les Visigoths, les Francs et les Bourguignons, prétendant chq.cun dominer exclusivement, continuèrent à en faire le théâtre de leurs sanglans combats; TAuVergne seule resta fidèle au nom des Césars : mais ce qui , peut-être, méritait une admiration qu'un injuste dédain refuse à ces temps dfe désastres , c'est le courage que lesArmoriquçs opposèrent alors à ces calamités.
Tandis que tout l'univers romain s'affaissait
sau8»Ie8 coup» des Barhsfes, la Gaule'celtique seule se tenait ejieore dçheut avec fierté ^isolée au miliéude.Bint dfepeufiWfïlrieinîs, dledfrreQdAîtSQB inâéi lic^j rëp(î»l88ail et faisait respècti lai/qire^et de la
ÉgidiuSj'ine fi ;
péreurs ,' esclave ;
ni Wgoer ni cou et conçut l'f sp'oi générer, et d'y. f pirp une'^nouVé presseniit peutques'avec le» p
aVtec les Franc», pouvait seuU^faire 'réussir une^ telle entreprise ; l'a- ^^une favorisU &s premiers pas; mais' le sort^Servait à'un'Frauç, à Clovis, l'honneur île cette i-égénëration projetée par un Gaulois.
"Childéric avait succédé au bellii^ueux M^ rovée *■. Il parait qu'à cette époque Tournai était détenue la résidênce'des rois saliéns, et qu'une autre tribu àe Francs possédait Cambrai. Égidius, comte de Sôissodset laaitre de la milice xlans les Axfaioriques , trdbva le vrai moyen de >s'attirer l'estime de ces Francs pas-
* Après J.'C.4S7 ans.
4lO DERNIERS TEMf^
sionné^ pour la gloire ogiiU taire; il les vainquit : Childél*icy au contraire^ choquait leuraBAteurs^ eii se^livirant àHs^ moUeas^r^ et^en's'ahai^doii- Haat auib i^icea; son. peuple le, déposa et dôima sa xauromie au fai^ire Égfdius ,: ainsi cet illustre patri'oëi, réunissant sôus son autorité les Francs et les Gaulois*^ du4 alors espérer que la Gaulç t?ssûsoitéé cha^erait bifeQtô^au^elà du Rhin «{*deft Syi^n^' les Yisigôths et les Bourguignopir.'
On ne conçoit {tascempieÀt plusieurs auteurs grates/ont pu'*' traiter de fable le règne. d'^Égîdiuç sur^lçs/îrâucs; la différ^iïçe de religion qu!ils a^ègu^nt ne ^'ppposait point à cette réui^ioa de/ deux peuples : réceinin^nt oa*a¥ait vu Celsus , païen ^ commander les légions romaines^ et Toâ sait qUe Clovis, avant sa conversion , fut plutQt>:see6ndé que traversé par les évéques de la Gaule : oi^ objecte encore la difficulté de gouverner dea ^peuple» dont on n'entend point le langage; mais la langue romaine était* alors univei;sellement répandue ; depuiâr Idng-temps hss .princes des«Fraûcs revêtua des dignités de l'empire , unis souveni aux Romains par -des ^traités et combattant dans leurs rangs I s'étaient familiarisés aveéla langue des maitres du monde ; les ânneav^ de nos premiers rois portaient des inscription^ lati-
nés. (hi lisait wr celui de Giil<yric o^ mot$ : Childerici régis. Enfin Priscus.r^Qonte que «dans la cour d'Attila il entendit plusieurs. Scytbes^ parler latin. D'un autre coté comment croire qu'Égidius ignoi^it la langue tudesque ùxkfra^ que. y lorsqu'il «est dit^ dans nos anciennes mnnalesf que les chefs francs étgern^ains craignaient de faire des f^ut^^ dans leur propre langage^ en pif.lnK devant S^fagrius , fik de ce ii]tême*Égiditis?t
L'incrédulité ïfe peut pas pkis ici s'appuyer sur Téloignëment des deux peuples; les mêmes critiques n'admettent ce.çiotif 4]Qq psxxv soutenir leur système contraire à toute idée d'éta- ^ blissçmenf des Frdncs dans l^.GaXiles avant Clovis : mîyis tous les faits parlent centre ^X j lea combats de Child^ic au m^ieu«des.Armoriques et le tombeau de ce priifte rq^trouré à Tournai anéatttissiént toutes ces objections. Enfin l'élévation d'Égidias au trône des Francs parait incontestablement démentrée par Je récit de Grégoire Ae Tours , qui, né soixante -trois ans après la mort de Childéric , dut connaître dans sa jeuAé^e plusieurs cçntemporains de ce prince. • *
Quant au titr^ de roi , un homme tel qu^Égî^ dius l'honorait plus qu'il n'en était honoré, et ce titre était depuis long-temps regardé comme
4l2 DEHNIERS TEMPS
inférieur à la digttfté rfeipâtricie^puisq^i'on avait Vu ilb gpand ia(t)i»brè dé*T?(jis franfcs ejt visigoths occuper, dans les^^'tamps et ^ansl^es. palais impériaux, des* çmpl5i8*<et des bk'argés moins considérables: * *
Ennodiud*, évêque^de pàvië / contemporain d'É^dius, racqnté qUe ,^8ous les 'd^^apeatts de Thé(>4oric* dn ôomjrtiait autant de rois quelle district où se tr(tttVAÎt 4'aTi<||l*|Bbvait nourrir de soldats. Queïtgi'il ens6tl^ji^dîu#,' seconde par les Frarfd^' repoussa g^^ôrieuteipient les-VisigotKs que* Ri'ffiînef était |)ar venu à armer contre lui pour soufcmf. Sévère , fentome*H'empere<ir, 'couronné par ses ordres, ^t dont les Armoriques*avigiient refusé àk récotmaitr^rautorfté: ' ^ '* -
Sa Egidius ne put régner que quatre années sur
position, j^^ Fraftés. Ce guerrier , trompé par s«s habitudes ou par • les ' cdnseîls 'perfides d'un ami secret de Ckildéric ,• voulut exiger de seé nouveau^'peuples des tributs que refusa leur huîhêur tridépendante j ils rerf (Krent la couronne àChildéric/ ' •
Il ' paï*aît qu'Égidius f en cessant d'être roi des Francs , resta leur ami ; car depuis on le vit constamment secondé par <]hildériç dans ses guerres contre les ennemis des Armoriquès. Au reste , autour dé lui tous les débris de la Gaule
DES GAULOIS^. Al5
tigmbaient i^pidemec^t soti^s le fez des Çarbares. Les Fpa]\cs Tipuairës se pendirçnt définitiye^ ment mai très de Cologne et de Trêves : les Visîjgoths s'en^p0.rèrept de Narbonne : Êgidius les contrsi^gnit a lever le siège d'Arles. Enfin ., dans l'année 4^*^ ces^mèmes Visigdths , commandés par Frédéric, frère, de Théodoric> se joignirent aux Alains, étaJiUâ depuis cinquiSuite ans sur les bord$ de la Loire. Ces deu^ peuples,, secondés par -Adoacre, roi des SaKons, descendu sur les côtes de l'Océan; s'avancèrent jusqu'aux portes d^Orléans. |)çidius «t Childéric leur livrèrent batatUev^^s défirent complètement.
Frédéric périt dans ce combat , dont Idace et Grégoire de . l*ours' nous ont conservé la njémoire.
Égûlius survécut peu de temps à ce dernier triomphe. Syagrius son fils hérita de son pouvoir, dé sa fortune, de son ambition, et non de sa renonmiée. Dans ce même temp&Ricimer, ensanglantant et déshonorant Rome à son gré, empoisonna Sévère , sa créature > et donna sa couronne , de concert avec l'empereur d'Orient, à un général romain nommé Anthême. Ce nouvel empereur crut s'afiermir sur ce trône ch^celant en prenant pour gendre Ricimer, dont l'ingratitude ne trompa que trop son es-^ pérance.
4l4 DERKIERS TEMPS
Ce, fut à la même époque que'Théodorit^ roi des Visîgoths , mourut. Euric y son fjrèi^ ^ qui lui succéda ^ montra pour les ariens un zèle fanatique y, et 1er persécutions qu'il fit éprouver aux catholiques disposèrent les peuples lûécontens à«la-réTolutionquiy peu d'années après , fonda la domination des Francs dans les Gaules.
Euric ^ aussi belliqueux , aussi ambitieux que se# prédécesseurs y Toulak envahir les Armoriques et rAeUvef gne. On voit par une lettre de Sidonius^alors devenu évéque deClermont^ à quel4>oint les peuples redoutaient le joug.de ce prince persécuteur. Sidoniùs , en s'adressant à Tun de ses parens^ Avitus^ qui jouissait d'une grande fortuûe et d'un grand crédit, lui parle en ces termes : « Vo^ possessions en Auvergne » devraient vous y attirer; ven^ les voir, les » connaître et les défendre : les Visigoths bru- » Ifent de fe'en emparer . Cette province, ruinée )) par la guerre , désolée paF les invasions , est » cependant encore le but de leur ambition : )) pour la posséder, pour l'opprimer, ils aban- » donneraient volontiers leur^eptimanié . Pui»- » sent le secours du ciel et votre médiation pro- » téger la république et désarmer les Barbares! » Depuis longtemps, dépassant Jes limites des » possessions que leur ont concédées les empe- » reùrs, leur audace envahit tout; ils écrasent
9) tout par leurs Masses; Tiufluence de votre sa- » gesse les engagera peut-être à la modération, » et Rome à la fermeté. •»
L'empereur Anthème rie pouvait envoyer des Romains ^ la«déf en^e «de la Gaule*; mais ,n;#mme alors les Saxons dévastaient la Grand€ «-Bretagne f*tÊU Toi breton , Riotame , viiit avec douze mille hommes chercher un asile dans les Gaules. Atethéme, croyant pouvoir sp servir utilement de leurs armes, les établit dans le*Berri , où, spl'on croit Sidonius, ils causèrent plus de désordre qu'ils n'y apportèrent de secours.
Les Francs ^euls défendaienf ^lors avec une Le« Armoapparente sécurité Ja'Gaule rqmaine*et là Gaule wnesp» indépendante, c'est- à-dirç lés. Ârmoriques ; "»eui5r* leur but réel était d'empêcher ou \es Visigoths ou les Bourguignons de parvenir, par le progrès de leurs armea, à une prépondérance qui aurait bientôt rendu l'un. ou l'autre 4è ces petiples maître de toutes les contrées situées entre l'Océan, le Rhin, les Alpes et les Pyrénées.
Les Gaulois voyaient encore à leur tête , à cette époque, un chef digne dp-les commander; c'était le comte Paulus , maitre de la milice. Childéric seconda ses efforts. Tous deux battirent plusieurs fois les Visigoths; mais, peu de temps après , Paulus , marchant contre les Saxons qui avaient remonté lia. Loire et s'étaient
4l6 DCl^mERS TEIIPS
emparés d'Angers ^^ «fut 4é^it et tué par eux. Chiidéric^ p.rri vaptî trop îardf)our le Secourir, ne put que le'y^nger. Lei Francs tkllLérent en pièces les Saxons et fes.chacssèribtit de l'Anjou. Règnes Pe&d4nt cé4emps leHrônë «des Césars 'en Itaeniûue? Uc, Hvré aux H^ârbarcs , auK CabtionM^aU mépris, était successivemiçnt occupé par uaeibule d'ombres impériales qui nefaisa^^t^^ue paraître et disparaître sur cét£e scéné autrefois si majestueuse* . . '
Ricimer enleva à son beau-père Aniliême la couronne et la vie ; . il lui donna pour successeur Olybrius ''qui mourut la même année. Ricimer lui-même 'descen4it au to]!n})eau peu de jours après. Ce fut alors que les Bourguignons, pour la première fois, tentèrent de disposer d'un trône dont les Barbares se disputaient les débris *. Gondebaut , leur roi , avait été nommé patrice et. gouverneur des Gaules par Olybrius; il douna la pourpre à Glycérius ; mais ce fantôme d'empereur fut bientôt forcé d'abdiquer et de se sauver en Dalmatie.
Le sénat romain , obéissant au'x ordres de Zenon qui gouvernait alors l'Orient, décora du •titre d'Auguste Julius Népos. La Gaule et l'Espagne , loin de respecter et de reconnaître tous ces eiïipereurs aussitôt déposés que couronnés,
♦ Après J.-C. 474 *"*•
avaient à peine le temps d'apprendre leurs.noms qu'une prompte chute faisait bientôt oublier.
Tandis que la puissance romaine expirait, celle des Visigoths prenait un accroissement rapide. Euric s'était rendu maître de toute l'Espagne;- il ran^gea lé Portugal et s'empara ensuite, dans la Gaule , d'Axles et de Marseille. Pe leur eôté les Bourguignons conquirent la première Lyonnaise, sous. les ordres d'un de leurs princes , Chilpéric, qui prenait alors le titre de maître de la milice romaine.
L'Auvergne, froissée ejitre ces deux peuples, leur opposait un honorable mais inutile courage. « Telle' est, disait, Sidonius, notre déplo- » rable situation; deux nations barbares nous » pressent^ nousr entourent et nous regardent » comme une barrière importune cju'elles s'ef- » forcent à l'envi de renverser. Nous serons » infailliblement la proie de l'une d'elles. Notre » résistance irrite les Visigoths; les Bourgui- » gnons se fient peu à notre alliance ; ils nous » défendent, mai» nous les redoutons autant » que les Visigoths qui nous attaquent. »
L'événement justifia bientôt les craintes et les prédictions de Sidonius. Népos céda FAuvergne aux Visigoths kinsi que le reste de la Gaule ^ : il se déterminait à cet abandon dans
* Après J.-C. 475 ans.
^iS DERNIERS TEMPS
Fespoir qu'Euric le défendrait contre Qycérius, et maintiendrait en Italie son pouvoir chance^ lant. Quelle liistance de ce temps à celui des Flaminius et des Popilius !
Saint Épiphane ^ chargé par Népos de cette triste négociation, porta dans Bordeaux , au pied du trône d'un roi barbare, non les ordres, non les demandes, mais les supplications de Tempereur romain. « Julius Népos Auguste, M lui dit-il, que Dieu a placé sur le trône de » Rome, vous propose une paix qui terminera » nos dissensions et rétablira la concorde entre » la Gaule et l'Italie. Possédez l'une et conser- » vez-luî l'autre; respectez tous deux les limites » naturelles qui séparent ces deux contrées; » que ce partage , qui doit tous satisfaire tous » deux , forme entre Fcmpereur et le roi des » Visigoths un lien indissoluble. Terminez de » grâce la guerre et acceptez le traité que nous » vous offrons, afin qu'un- empereur romain » qui désire la paix, mais qui ne craint point » la guerre , puisse se dire avec honneur votre » ami. »
(c Les [traits de l'éloquence romaine , ré- » pondit Euric, sans doute ironiquement, ont » atteint mon cœur, malgré le bouclier que je » porte et la cuirasse qui me couvre; j'accepte » la paix; je signe le traité; je ne veux que la
j) parole de Népos et je le dispensé de tout ser- » ment. »
Plusieurs éyêques avaient secondé les démarches d'Épiphane dans le dessein de soustraire leur diocèse à la fureur des Visigoths. Les pontifes inspiraient seuls alors quelque respect aux Barbares; les Gaulois abandonnés ne trouvaient plus d'appui qu'en eux : ainsi la lâcheté dets gouvernemens , la mollesse des peuples et le courage des évêques fondèrent dans l'Europe la puissance temporelle du clergé.
Cependant^ di toute trace de J'énérgie romaine avait disparu dans l'Italie y la tïaule en faisait encore briller quelques éclairs; et> malgré le tâche abandon de Népos, Décius, fils de l'empereur Avitus , continua courageusement de défendre sa patrie contre les Barbares.
On croit encore entendre le cri de l'indignation des Oaulois, en écoutant cette exclamation de Sidonius : (( Enfin Rome avilie achète iln » honteux repos aux dépens de la liberté gau- » loise! Les Arvemiens, descendus de Troie » comme ïes'Romains, sont condamnés àl'es- >) clavage ! Le bouclier de la Gaule est brisé ! » Ces fiers Gaulois, qui aimaient mieux se nour- » rir de l'herbe croissant dans les crevasses de » leurs murailles que de les rendre aux Bar- » bares, se livraient encore derrière leurs rem-
4^0 DERNIElfS TEMPS
>) parts à Pespoir dç la liberté , et répandaient » souvent l'effroi dans les camps de l'ennemi ; » et Toilà ceux qu'un lâche empereur livre aux » Visigoths ! Son autorité nous abat au lieu de }) nous protéger; il ne» commande à la Gaule » que pour l'avilir; il nous défend de com- » battre, et ne veut pas même nous permettre >} de mourir armés. ».
Népos reçut bientôt le prix de sa pusillanimité. Un Barbare, le patrice Oreste, le déposa, et fit proclamer empereur «on propre fils Augustule.'Le sénat décora le dernier 'des Césars des noijis d'Auguste et de Romulus, comme si le destin eut voulu parer cette victime et sacrifier avec elle au ressentiment du monde, si long -temps opprimé ,^ les deux ombres illustres des deujs: fondateurs de Rom^ et de l'empire.
^ L'apjparition d'Augustule fut courte *. Un Hérule , Odoacre , rassemble tous les Barbares , leur partage les terres des Romains, attaque Oreste, le défait, le tue et commande à son fils d'abdiquer : ainsi tomba l'empire d'Occident. Chute Zenon refusa d'abord , par orgueil , de re-
ae Rome. * . i iV i
connaître la nouvelle autorité d'Odoacre , mais bientôt il y consentit par crainte. Les Ostrogoths attaquaient et dévastaient alors l'^empire
* * Après J.-C. 476 ans.
d'Orient; un célèbre guerrier, Théodoric, leur roi, force le faible Zenon de se soumettre à son pouvoir et de lui conter le comqpiandement de ses arm'ées vaincues* Tbéodoric , dédaignant de détrôner Zenon et de régner à Byzance, tourna ses armes contre l'Occident, franchit les Alpes, combattit Odoacre , le défit et fonda en ttalie le royaume des Olstrogoths.
Au bruit de la chute de Rome , les GauIois^ découragés laissèrent tomber leurs armes j et probablement les fiers enfans de la Scandinavie, les descendans d'Hermânrick , les Ostrogoths et les Visigoths, déjà niaitres de l'Italie, de.TEspagne et -de la moitié de *la Gaule, auraient hérité delà fortune de Rome et r'essuscité son empire, si un jeune héros, né parmi les Francs , n'eût soudainement alors arrêté leurs armes et fait pâlir leur gloire.
Avant que ce nouveau conquérant parût, Euric jouit quelque temps de sa prépondérance; sa cour ressemblait alors à celle des anciens maîtres du monde. Sidoniûs peint sous de vives CQuleurs la joie que la chute de l'empire d'Occident y fit éclater : « Ou la voit , dit- » il , briller dans les regards des vieux Sicam- » bres captifs tjui laissent recroître leurs longs » cheveux; le Bourguignon colossal redoute la » guerre, il sollicite timidement la protection
» du roi des Visigoths;- les fiers Uérules^ fié- » chissent le genou devant le trône d'Euric :
n enfin on» voit une foule de Komains accourir
» sur les rives de la Garonne pour y chercher » un appui auprès.du nouveau Mars protecteur » de ce nouveau Tibre. «
Ainsi tout le monde romain pliait sous le joug des Gothsj l'Auvergne s'était soumise la dernière à leur pouvoir ; les Armoriques seules gardaient leur^ armes ^ et combattaient encore pour leur indépendance. Ëurîe leur accorda une paix honorable *, conquise par leur courage ; mais un nouvel ennemi les menaça bientôt. Un corps nombreux H'AUeiûfiands^ favorisés probablement par les Boui^uignons ^ pénétra dans là Gaule ^ et s'avapça vers la Loire. Alors Childéric, allié des Armoriques et de leur chef Syagrius, comte de Soissons^ appelant à son secours les Saxons. et Iqur roi Adoacre, combattit les Altemands^ et remporta sup eux une victoire complète j ce prince mourut en l'année 4^1. • »
Clavis^ son fils^ âgé de quinze ans^ lui succéda. A cette^époque la Bourgogne était troublée par des factions et souillée par des crimes. Gondebaut , pour affermir son trône , massacra deux de ses frères. Dans le même temps Euric
* Après J.-C. 477 ans.
souillait sa renommée en persécutant les catholiques y et faisait naître ^ dans l'esprit des peu* pies et du clergé , le désif d'être délivrés du joug des VîsigoUis ei des ariens ; il mourut^ peu d'années après^ Alaric , son fils ^ proclamé à Toulouse 9 hérita d'une puissance jplus étendue que consolidée ; car les* Gaulois redoutaient moins alors le paganisme des Francs que l'aria- Bisme persécuteur des Visigoths.
Tel était l'état des Gaules , lorsque Clovis , conquête donnant l'essor à son génie, franchit la Seine, nquespar et parut en armes dans les Armoriques *• Syagrius défendit encore vaillamment leur indépendance; mais la fortune le trahit : défait près de Soissons par le roi des Francs , il se réfugia chez Alaric, qui, pour éviter la guerre, le livra lâchement à son vainqueur.
La soumission des Armoriques et les triomphes de Clovis terminent l'histoire de la Gaule , et commencent celle de la France. Cette Gaule, envahie , dévastée par cent nations barbares , n'avait pas cessé, depuis un siècle, de les combattre. Son courage survécut à celui de Rome; sa destinée était de ne fléchir que devant la gloire t elle succomba sous les armes de Clovis', comme elle avait cédé à celles de César ; mais sa résistance jeta encore quelque éclat
* Après J.-C. 486 ans.