CHAPITRE PREMIER
OKIGINE9 HCEIfaS) LEGISLATION ET CULTE DES GAULOIS.
De Forigine des anciens peuples^— Apparition de la nation gauloise. — Incertitudes sur son origine.—- Opinions diverses sur les Celtes. — Origine djes deux noms Celte et Gaulois, — Climat de la Gaule.— Produits du sol. — Habitations des Gaulois. — Leur nourriture. — Leur sobriété. — Leurs occupations. — - Leur portrait physique et moral. — Esprit guerrier des Gauloises.— Caractère des Gaulois. ^Leur conduite a la guerre. <^— Leurs égards pour les voyageurs. — Leurs yétemens et leurs armes. — Premiers temps des Gaulois.— Leur gouyemement. — Deux classes dans FEtat : les nobles et les prêtres. — Les Arabactes ou Soldurii. — Origine de la noblesse gauloise» ^Gouvernement des nobles et des prêtres.- PouToir des Druïdes. — Division de la Gaule.— -Diète générale.— Prérogatives des Gauloises. — Législation des Gaulois. — Leurs divinités. — Don de prophétie attribué aux Dr uïdesses.— -Temples et idoles des Gaulois. — Cérémonies du gui. ^Cérémonies du mariage.^ Éducation des enfans. — Fonctions des Eubages. ^Éducation
» des jeunes nobles.
l!4N lisant Thistôire des peuples anciens de rO-Derorigine rient, de la Grèce et de lltalie, on voit que les pcopu».' plus illustres, semblables aux grqjids fleuves,
sortent d'une source faible ^ obscure, presque ignorée, et que l'orgueil et la crédulité ont vainement cherché à grandir par des prestiges et à illustrer par des fables.
Une famille errante donne naissance au peuple juif; l'Egypte se peuple peu à peu par des tribus pastorales que policent quelques prêtres, et qu'illustrent quelques heureux guerriers; leur origine se perd ainsi que Celle du Nil dans les sables de l'Éthiôpie. '
L'Asie , condamnée dans tous les temps à la servitude , et corrompue avant d'être civilisée , cherche inutilement dans les ténèbres le commencement de ses fastes. Sémiramis, Ninus, Nabuchodonosor accroissent tleur empire sans l'éclairer, et, depuis Cyrus, les monarques d'Orient appesantissent encore les chaînes de leurs peuples , en les étendant et en les rendant plus , brillantes.
La Grèce , long-temps habitée jpar des sau- • vages nourris de glands , reçoit des navigateurs d'Egypte ses dieux , ses lois et ses héros. L'orgueilleuse Carthage est bâtie par une femme et par quelques Tyriens fugitifs.
Un chef de pâtres et de brigands est le fondateur de cette bourgade de Rome, qui depuis Apparition fut la reiuc du monde.
3e la nation * • ■■• | iif««
gauloise. La nation gauloise seule semble n avoir point
eu d'enfance; ellç apparaît dans la nuit des temps ^ comme une ombre gigante;^c[ue ; la première impression qu^elle produit > c'est l'effroi; ses premiers pas sont des invasions ; ses pre* miers chefs , des conquérans : le premier regard qu'on jette sur eux frappe d'étonnement par l'étendue de leur territoire, par la force de leur population , et c'est la terreur de leurs armes qui fait prononcer pour la première fois leur nom à l'Italie conquise , à la Grèce ravagée , à rOrieçt tributaire.
A quelque époque, qu'on remonte , on voit toujours cette nation derrière , que le sort destinait à faire trembler le peuple-roi et à lui succéder, occuper Id Vaste étendue de pays située entre les Pyrénées, l'Océan, le Rhin, les Alpes et la Méditerranée.
Le Piémont s'en trouvait séparé; mais elle comprenait l'Helvétie et la Batavie, et sa position s'>é tendait du 4^* au 52* degré de latitiide, et du 1 5î au 27? de Longitude : bientôt ses armes y réunirent le nord de l'Italie , que les Gaulois disputèrent pendant deux siècles $ux Romains.
Les autres peuples, frappés de la grandeur incenihida gauloise, et ne pouvant connaître son origine, origine. lui en cherchèrent et lui en prêtèrent ufte fabuleuse^ Ammien Marcellin prétend que la
Gaule déserte avait été peuplée par des Grecs dispersés après le siège de Troie. D'autres donnaient à la Gaule pour fondateur, Hercule, suivi de quelques Doriens.
Les druides diraient qu'une partie de leurs ancêtres était indigène, et l'autre venue dfis contrées situées au-delà du Rhin. Plusieurs auteurs chrétiens les font descendre de Gomer et de Japhet. Enfin , selon la tradition fabuleuse la plus répandue dans la Gaule par les Romains et par la colonie phocéenne qui s'établit à Marseille, les Gaulois descendaient d'un roi nommé M anus, dont le fils Saturne se révolta et fut battu par Titan son frère ; Jupiter à son tour vainquit Titan et rendit le sceptre à Saturne; depuis, ce même Saturne s'étant vu forcé , par la révolte de ses sujets, à s'enfuir en Italie, Jupiter donna la Gaule à Fluton , que les Gaulois appelaient Dis ou Tis , et dont ils se disaient issu^. Aussi cette croyance les remplit d'une vénération superstitieuse pour les ténèbres; ils ne cojnptaient le temps que par les nuits, et prenaient pour temples les plus sombres forêts.
César assure qu'après Pluton , Mercure était le dieu que les Gaulois respectaient le plus; ils le nommaient Theutatès, et le regardaient comme leur premier législateur.
Ce qui est certain , c'est qu'avant Alexandre-
le-Grand les anciens n'avaient de notions exactes que sur l'Italie, la Grèce, Ja Sicile, l'Egypte, l'Asie mineure, l'Espagne et les côtes d'Afrique; ils divisaient vaguement le reste de la -terre en quatre parts ; ils plaçaient l'Indcj à l'Orient , l'Ethiopie au Midi , la Scythie au Nord , et la Celtique à l'Otcident.
Selon Strabon, les Celtes s'éler^daient, en trar opinions versant la Gaule, depuis le nord de la Batavie lesceii^k. jusqu'au détroit de Cadix : il jeur assignait à l'orient , pour limites , la Vistûle , qui les séparait dés Scythes.'
Aristote donnait le nom. de Celtes aux Germains et aux Gaulois : cette opinion fut longtemps générale , quoique plusieurs écrivains célèbres séparassent les Celtes des Ibères , des Ulyriens et des Bretons. César fut le premier qui distingua poèitivement les Germains des Celtes ou Gaulois ; il donnait à ceux-ci le Rhin pour limites. • ■\,
On voit dans Appien que la! Celtique , située à l'occident de ce fleuve, avait pri^ le nom de Gaule , comm^ les Celtes à l'orient s'étaient daané celiii de Germains.
Ces contradictin^ peuvent «'expliquer facilement par les invasions successives des hordes du Nord et dé l'Orient j, qui bouleversèrent si souvent la distribution des peuples dans les
vastes contrées placées entité le Rhin et la Vistule : les peupl«s y changèrent continuellement de territoire,. dé fortune çt de dénomination. Chaque tribu, chaque ligue ou confédération prit un nom différenli celui des Celtes s'y perdit; les Gaulois long-temps invaincus le conservèrent seuls : mais dans la suite , cédant à là
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ressemblance entre -la crête da coq et la chevelure que les Gat^loïs avaient l'habitude de rassembler sur le gonamet de leur tète.
De tout temps on a vanté l'heureuse tem- ci>ni pérature de notre patrie j cependant il parait qu'autrefois )a Gaule, eouverte d'étangS' et de forêts , était beaucoup plus froide que la France
dont la race parait perdue, qu'on appelait afcée, et qui tenait à la fois du cerf et dii chameau. Les prairies éfioailléea de Ûenra, nourrissaient un grand nombre d'abeilles : les Phéniciens, les Carthaginois et les Grec* venaient chercher, sur les côtes de la Gaule, de la cire, du bétail, des cuirs, des bois de construction et des pail^ lettes d'or charriée» par les rivières.
Habitations Loug-temps les nombreux habitans des Gau- Gaulois, les n'eurent pour logement que des cavernes et des creux d'arbres; leur premier luxe fut des huttes qu'ils rassemblèrent en bourgades.
Marseille se vantait d'avoir ci^vilisé la Gaule; cependant^ avant la fondation de cette yille, cette vaste contrée était couverte de villages : dès le temps de la guerre des Cimbres, on parle de villes gauloises dont l'histoire cite les noms ; il fallait même que celle d'Alise en Bourgogne fût très ancienne, puisque Diodore de Sicile raconte qu'Hercule la fonda, que la beauté d'une femme de ce lieu Fenflamma, qu'il l'épousa et en eut un fila célèbre nommé Galatus , qui donna son nom au peuple et au pays.
Les Gaulois-, déjà civilisés, déjà logés daijs des boUrgs et dans des cités, conservèrent longtemps l'usage de serrer leurs técoltes dans ces vastes souterrains qu'ils avaient jadis habités, et ce fut une de ces. cavernes qui servit d'asile à l'illustre Êponine, lorsque cette courageuse Gauloise déroba , pendant plusieurs années , la tête de son époux Sabinus aux vengeances de Vespasien.
Lenr La ' nourriturc des Gaulois était simple et grossière ; elle se composait de laitage , de iromage, de miel, des produits de leur pêche et de leur chasse; les peaux des animaux leur ser-
vaient de Ut et de siège; ils déchiraient .les viande^ avec leurs^m^ins : leur boisson la plu» commune était une sorte de bière faite avec de Forge fermentéé qu'ils nommaient cd/voi>e; les femmes employaient l^cume de cette liqueur pour blanchir leur teint.
Dans les festins une seule coupe servait à la i^»"-
* * ^ ^ sobriété.
ronde à to^s les convives. La sd^jriété était en honneur chez les Gaulois ; ils pQmssaient Tintempéranœ*; 6n regardait ccynme une honte l'embonpoint exceSsif qui en est la suite, et la loi soumettait le Gaulois à une amende / quand son corps ne pouvait tenir dans une ceinture dont la mesure était fixée.
Les travaux de l'agriculture et du ménage i*»" étaient le partage des femmes; les con;ibats, les »»«>"• plaisirs et le. repos celui des hopimes : la passion de ceux-ci pour la chassé, pour la guerre, jK>Hr les, exercices violens, contribuait avec leur tjBùijiéi^ance à leur donner cettp taille élevée^ cett^ force prodigieuse, qui les rendaient l'effroi des autres peuples.
Tous , les auteurs anciens les 4*eprésenteat ^^^^.^ comme des géans ; les Romains les qotmparaient /j*"^!,^" à dea éléphans , et plaça^etit les prisonniers de cette nation surUe front de leurs lignes pour servir de signaux aiiK évolutions.
La taille commune des Gaulois s'élevait de
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six. à 8ept pieds ; ils avaient la pe^ très bkirche, les yeux bleus , 4es, cheveux bldtUds^ le regard farouche ,; la yoix forte et rude : Athénée cite .leurs fenâaiea pour les plus bdliss de toutes les Barbares.- . .
Ils regardaienjt la bravoure comme la première des vertus; la guerre sem'Slait être leur élément^ et toUijours ils ae battirent- .entre eux lorsqu'ils n'a^ient point d'ennemis étrangers à côtaiBattre. La première place datij^ les assemblées^ dans les festins y était donnée au pl«$ vaillant , et le désir ardent d'obtenir cet honneur excitait sans cesse entre eux de bruyantes querelles qui ensang^ntaiént souvent leurs repas et leurs*f4tes. . >
La loi du glus fort était la loi gauli^ise; tout droit semblait d|)nné par la victoire et perdu par la défaite; Br^nus ne le fit que, trop entendre àux^omainà par ce mot funeste : ^&ir heur aux vaincus ! Aussi la honte dé ijp j)pavjjir vaincre lès rendait furieux,, ©t'souvf ni oa les vit, lorsqiïeJeurs épées étaient brisée,. se jeter désarmés sigr les Romains et les étptjijrer dan» leurs bras. , » ^ *
Un pexiple gauloiis vaincu parMarcius massacra ses femmes, ses enfa;ns ,j^ se jeta après eux sur des bûchers qui confondirçut leurs cendres.
Dans leur lutte contre César, x>n vit les habi-
Gauloises*
tans du Berri (les Berniyens) incendier vingt de leurs villes pour affamer les Rçmaind. La plupilrt du temps ils tuaient leurs blessés pour les dérober à l'esclavage. *' - -
Le courage des Gauloises n'était pas moins Bsprit célèbre que celui de leurs époux faciles les sui- ^ jIm vaient à la gueç)re , lei anîlnaient dan^ l'at^que ^ les arrêtaient dinsja fui te ^ et, lorsque tout espoir semblait perdu^eltea tuaient leurs enfans^ et s'en servaieiît côqime de massues pour repousser, les violences de l'ennemi.
Chioifiara , captive d'un officier qui voulait Foutrager, le poignarde, lui tranche la tète, travei:se le camp ennen^ , rejoint son époux , et jette à ses pieds 4e. trophée sanglant qui prouvait à la fois son audace et sa vertu.
Un prince nommé Sinorix avait assassine le tétrarque gâiulois Sinatus^ époux de Camma; il voulaifToEcer cette veuve inconsolable à l'épouser ; la Gauloise furieuse dissimule son dessein de vengeance ; pour en assurer' le succès , elle feint de consentir aux vœux du meurtrier, le conduit, à l'autel de Dianç, lui présente la coupe de l'hymen, boit ainsi que lui le poison qu'elle y avait versé, remercie la déesse d'avoir favorisé sa vengeance, e* meurt en? disant à Sinorix expirant : « Barbare ^ au lieu d'entrer » dans ce lit nuptial que tu voulais souiller.
» descends avec moi dans la tombe qu,e j'ai » creusée sous tes pas. »
Caractère Tant Quc les Gaulois conservèrent 'cette
des
Gaulois, âpreté de mœurs et de courage, ils répandirent partout la terreur : les Romains les comparaient à la foudre r
Au,seul bruit d'une guerre avec eux, le sénat nommait un dictateur; on duvrait le trésor
sacré ; toute dispense de sef vioe^ cessait même pour les prêtres et pour les vieillards ; et , dès que le chant guerrier des Gaulois retentissait dans les plaines de jiltalie, le Capitole semblait encore s'ébranler sur ses. vieux fondemens. Le peuple -roi ne se regarda comme maître du monde qu'après a!v6ir conquis la Gaule , et ce fut au seul César vainqueur des Gaulois qu'il crut pouvoir sans honte soumettre sa liberté.
Les Gaulois, par nin. orgueil puéril et barbare, méprisaient la culture, l'indifistrie, l'étude ; dans l'intervalle de la chasse et des combats, le repos était leur seule volupté. La conquête de l'Italie leur inspira pour le vin une. passion funeste , et telle qu'on les voyait vendre un esclave pour obtenir une cruche de cette Uqueur.
Habitués à un climat très tempéré, ils redoutaient les chaleurs du midi , et ne ' pouvjaient supporter la fatigue des longues marches^
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Annibal les comparait h la neige qui se fond aux rayons du soleil; il platait à leur tête des Espagnols , et derrière eux de9 Carthaginois pour les forcer à ne point s'arrêter dans leur l'owte.
L'habitude de l'indépendance et de l'oisiveté les rendait inconstans^ légers et curieux : ce fut toujours leur caractère distihctif. César raconte qu'ils harcelaient de questions tous les voyageurs, et, d'après leurs récits souvent mensongers, se décidaient témérairement à tenter les plus grandes entreprises.
Présomptueux avant le combat , ils aimaient i*»' dans leurs défis à insulter l'ennemi par leurs la guerre. bravades ; quelquefois , eh voyant s'avancer contre eux les légions romaines , ils s'asseyaient sur le champ de bataille, pour prouver le mépris avec lequel ils attendaient leur attaque; se levant ensuite , jetant de grands cris et choquant bruyamment leurs boucliers, ils s'encourageaient mutuellement par ce tumulte : leur bravoure devenait de la fureur , et leurs affreux hurlemens répandaient plus de .terreur que leurs armes.
CrueU après la victoire, ils sacrifiaient une partie de leurs captifs aux dieux infernaux. Si l'ennemi résistait à leur première furie , bientôt on les voyait se décourager; ardens pour
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attaquer 9 ils ne savaient pas se défendre; et leur retraite «était ♦précipitée comme leur attaque. /^ • Tous les auteurs, Polybe, Diodôre, Strabpn, Plutarque , Silius Italiens , César et Dion Cassius , s'accordent sur- ce poii^t ; ils disent tous que chez les Gaulois la terreur était sans limites, comme l'audace, et qu'ils passaient subitement de la téméri;fé au jlécouragément.
L'ennemi vaillant excitait leur générosité; mais ils se moiitr&idnt sans pitié pour les lâches et pourJes traîtres. Lorsque l'intrépide Fabius osa desctedre du Capitule et traverser leur ar^ mée pour accomplir sur les débris^ de Jlome un vœu sacré , ils respectèrent sa vertu et lui laissèrent tranquillement consommer son pieux sacrifice; mais^ lojrsqu'une femme grecque eut livré Éphèse à Br^nnus pour une somme d'or considérable, ce chef gaulois, maitre de la ville, et pensant qu'on devak profiter de la trahison et punir les traîtres, ordonna à ses troupes d'assommer la perfide Grecque en jetant sur sa tète toufr l'or qu'on lui avait promis.
Quoique lea Gaulois , ne se fiant qu'à leur courage et à leur force corporelle , dédaignassent d'imiter cet ordre savant , cette tactique guerrière qui donna aux Romains l'empire du monde , on les vit quelquefois employer la ruse
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poip* s'aMurer^Ia victoire^ jabaïidôniier leurs camps et y4aisser des boissons soporatires y afin d'égorger «alns péril .l'ennemi épuisé de débaucMes et endormi/ t ' '.'
Iiorsque le consul Posthnmius marqha con* tre eux ^ ils déracinèrent b^s grands arbres qui bordaient sar route, et les laissèrent debout; quand les Romains furent engagés dans la forêt, un seul arbre ppussé entraîna les autres , qui tombèrent sur la colonne , Técrasèrent et rendirent sa défaite aussi complète que facile.
Dans leurs invasions, leur passion pour le pillage n'épargnait ni les temples ni les tombeaux , et ne connaissait rien de sacré ; mais dans leui' pays on les voyait soumis aux prêtres, crédules, superstitieux , consultant le vol des oiseaux , remplis d'une ayeûgle confiance pour les prédictions des- druides, des fées, et soumettant quelquefois leurs enfans nouveau* nés à l'épreuve de Teau , afin de s'assurer de la légitimité de leur naissance.
Ce peuple, si redoutable à ses ennemis, était Leurs pour les voyageurs le plus doux et le plus hos- les pitalier de la terre. La mort d'un étranger ex- ^°^^^""' posait à un châtiment double de celui qui était imposé au meurtrier d'un Gaulois, et, s'il arrivait que le voyageur éprouvât quelque perte dans une habitation y son hôte et toute la bour-
armes.
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gade étaient assujettis ^ pQur rindemniser ^ à une forte amende. *•
Leurs LcuFS vêtemcnsy, simples comme leurs mœurs^ et leurs sc composaieut d une tunique de peau* nommée sagum ou saje , sur laquelle ils portaient .dans l'hiver. un manteau fourré, avec de larges pantalons qui renfermaient leurs jambes , leurs cuisses , et qui descendaient jusqu'à la cheville : ces amples vétemens ne pouvaient pas gêner la liberté de leurs mouvemens ; cependant , soit dans Iç dessein d'être plus légers , soit par bravade , ils s'en dépouillaient sur le champ de bataille et combattaient nus jusqu'à la ceinture. Un bonnet de poil était la seule coifiure des hommes ; les femmes en portaient une triangulaire ; leurs robes ne différaient de la sc^e que par leur longueur.
Le guerrier gaulois, songeant plus à tuer l'ennemi qu'à se défendre , n'avait ni casque ni cuirasse; il ne couvrait son corps que d'un bouclien d'osier revêtu de cuir^ dont il se servait comme d'un bateau pour traverser intrépidement les fleuves les plus rapides. Ses armes offensives étaient la lance, les flèches, la hache, et des sabres d'une faible trempe, dont la longueur, embarrassante dans la mêlée, luttait avec désavantage contre le glaive court des Romains.
Î)ES GAULOTS* tj
Le luxe des hoinii[\e8 dktiogi^és par leur rang, par iQnr ricRëssé où pat. leurs exploits , cousis^ tait «aln^Aelets, en colliers , en anneaux d'or, pour lë^iuels ils ml^ntrai^nt utje passion effrénée; aussi, pouv^ honorer leirs idoles, ils les courraient de ces •rneinens, et, lovsque le roi gauloi^ ClatttniUMlus entra dan» IVfepteille, tou" lant se rendi|e Mipery« propice , il fitt hom^ mage à cette 4éeste d'ijn riqhe collier d'or.
Un kixe, ph)S éti^Bgç et dIm t^onforme 9 leurs mœurs barbares ^'^ tait celui qui brillait dans leurs ^armées.: 41s' attihchaieat au bout de leurs lances et*^ay cou de leurs >îhevaux les tètes de lew^ ennemis ifoiâiilés -par eux dans les combats; ceis «t^ànçs ^Jenrichis d'or devenaient ensuite des vases pour feitrs festitts.
Différeifo de tous^lesaut^s peuples; les 6au- premîan
!• t y 1 t ' "* • . .*, «T temps des
lois, posséodpt depuis mn temps immémorial un cauiou. vaste territoire, remplirent, pendant plusieurs siècles , les autres contrées de la terre du bruit de leur noiti et de la terreur de leurs armes ; on les voit occuper une part considérable dans l'histoire de toutes» les nations , et c^endant , lorsqu'ils brillaiefet au dehors d'un^si grand éclaf , leur histoire intérieure restait obscure et ignorée : à peine quelques faibles rayons de lumière percept dana^ l'ahtiquité au travers de ces nuages sombres qui semblaient couvrir
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cette Gaule conquérante y dont l'Asie^ la Grèce et l'Italie voyaient ayeb effroi del^cendi^ tant dVrages. >- - , • * .j-
Lenrgon- Au tcuips de^lcurs-, Premières invaaiDns^. on Toity par les récitard^s auteurs latms^ q^e toutes leurs tribi^ s'étaient réuniis *dans> les Gaules sous uiv ckef. Cette uni^n £Âg2Cit -teiir /orce ; la liberté ^ l'égalité^ qui régnaiof^t entre eux^ étaient |>rouvées par leur bravoure , par leur fierté^ par ie» ^^sttiblées dan^ lesquelles ils décidaient lours expéditions et jugeaient quelquefois leur chef ;4iiais il paj^tît que peu à peu l'ambition de Ieur9 prêtres et de leur»* plus puissans guBrriert Ifes désunit, -changea la forme^de leur goûvari^emilit et le rendit à la fois ^théocratique et aristocratique , de sorte qu'Hs perdirent grftduellement la pl^ grande partie de leur force et de leur lib^té.
^Lorsqu'on connut mieux l'intérieur de la Gaule , c'est-à-dire au moment où les armes victorieuses des Romains y pénétrèrent , cette nation ne pouvait déjà plus leur opposer la vigueur qui nait de l'union et de l'égalité. La Gaule, cçssant d'être un objet d'effroi, était devenue pour Rome une proie tentante et feicile. Deux César nous apprend que les pontifes gaulois, rÉut : les si célèbres sous le nom de druides,, se recrutes prêtres, talcht toujôurs et. choisissaient leurs novices
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dans la classe des Gaulois les plus distingués par leur naissance et pai* leurs ric][iesses ;- ainsi les nobles et les prêtres formèrent dans FEfiit deux classes bu Vieux castes prééminentes, qui, suivant la mairqhe naturelle des corps privilégiés/ détruisirent graduellement l'indépendance des peuples.
Conforfû^ment à Tantique usage (Ju'on re- i^ trouve dans tous les pays habités par' les Cel- ouio/^um. tes , les chefs les plus vaîllans se voyaient entourés de jeunes guerriers, nommés Ambactes ou Soldurii , qUi s'attachaient itiViolabbment à leur sort ; leur dévouement pour e\x% était sans bornes; ils lés suivaiënf dans toutes leurs expéditions , les cou^rAierit-de lews corp^ dans les cômbatsT, -et regardaient comme unef honte de leur survivre.
Les chefs, à leur tour, remplissaient à Tégard de leurs Soldurii tous les devoirs de compagnons dWmes et de patrons; Hs les Soutenaient dans leurs querelles , les soldaient avec une part du butin proportionnée à leurs services, et les réct)mpens'aient soit par des terres conquises, soit paf des dons de chevaux, d'armes , de colliers et de bracelets.^ *
Ces chefs et leurs principaux Ambactes com- origine de battaient seuls à cheval : l'infanterie , autre- gHuioise. fois la force des- armées gauloises , ne fut plus
en honneur; l'élite de la nation forma un ordre équestre qvii prif'bientôt la« prééminence dâus les assemblées comme dans les camps: telle fut l'origipe de la noblesse gauloise dont l'autorité s'accrut par son union avec lé sacerdoce; dé sorte que» la Gaule, autrefois si» libre, si fière , si redoutable , lie présentait plus .aux regards dé ses ennemis que le spectacle d'une aristocratie brillarite , belliqueuse , mais faible , orgueilleuse , turbulente et. anarchique. Gottver- César assure que de son temps toute l'auto- "o^iei et* rite i^tait entre les mains -de^ nobles et des es prêtres, pj^^^^g ^ ^^ ^^^ l^ pcwple sc trouvait dans un
état peu différent 'de la servitude.
ponvoîr Tandis qn^ l^a nobles se saisissaient de l'autorité militaire > les druides s'étaient emparés du pouvoir législatif et judiciaixe. César nous apprend que ces pontifes décidaient des différends relatifs aux propriétés, 'qu'ils jugeaient toutes les causes , punissaient tous les crimes , réglaient tout ce qui était relatif au culte, et qu'un Gaulois, frappé par eux (i'anathème, ne pouvait plus paraître daïis les*camps, aux sacrifices, aux assemblées, ni aux repas publics. On prétend que ces prêtres s'appelaient autrefois semnothées et ensuite saronides ^ nom dérivé de celui de Saron, troisième roi dea Gaules. •
La vénération de ces pontifes pour les forêts, et particulièrement pour le- cjiftûe, qu'on' appelait en ^elte deMi, leur fit probablement donner ji^I^uis le nom de ' druides. Le lieu principal où ils se rassemblaient dans^ifie forêt «acrée, se nomme encore aujourd'hui Dreiix, ville des cbêiïfes. Cest là, ain?i qu'à Chartres, qu'il* réglaient' leurs iijtérêts communs et élisaient le grand druïde ou souverain pontife.
On trouve encore près d'Autun, capitale des Eduens, une montagne appelée Mônt-Dru, parce qu'autrefois les (Iruïdes y avaient établi un de leurs collèges.
La renommée de§ druides s^étendait jusqu'aux extrémités de l'Orient; on vantait leur sagesse, leur gravité, leur science, leur philosophie : universellement respectés^ ila formaient le premiçr ordre de la nation. On regardait leurs volontés compie des lois^ leurs paroles co^mme^ des oracles.
Il parait que , s^blables^ kux potitifes d'Egypte, ils professaient deux doctrines différentes ; l'une publique pour le vulgaire, l'autre mystérieuse, réservée aux adeptes et aux Jiommes les plu» dij^ingués de FÉtat j leurs dogmes n'étaient point écrits, on ne les connaissait que par tradition. •
K Les druides, dit César, enseignent lamar-
» che des astre^^ la nature des choses^ la puisi) çance des ilijEf^x; ils persuadent aux Gaulois » l'immortalité et la transmigration, des âmes ; » par cette croyance ils éloignent d'eux toiite » xîraintç de la mort. »
Divhion Lorsque les Romains conquirent la Gaule, ils la trouvèrent divisée en grandes confédérations rivales } telle& que les Befruyens, Arverniens, Éduens, Séquanieiis, Rhémiens, Nerviens, etc., et trois cents petits peuples, dont les uns étaient gouvernés par des rois, et d'autres par un sénat et par des chefs élus.
Celui des Éduens portait le titre de vergobrète*; il avait sur ses peuples le droit de vie et de mort; mais, ei^chainé lui-iqême, il ne pouvait sortir de sa résidence sans s'exposer à perdre le pouvoir et la vie.
César, pour se concilier l'esprit des Éduens,
déposa le vgrgobrète Côtus qui avait usurpé
le pouvoir par une élection illégaie, et il sou^
^ tint dû son autorité l'éfeofion régulière de
Convictolanus.
Dîète Le seul lien. qui unissait encore- les Gaulois,
générale* , *■■■--
et qui leur, laissait quelque forôe contre leurs ennemis extérieurs et quelques moyens pour remédier à leurs, dissensions intestines, ' c'était une diète générale ou assemblée confédérée; elle avait lieu en pleine campagne; on s'y ren-
DES GAULOIS. sS
dait armé; fou&les G|LiitQ]]S confédérés y en-* voyaient leurs députés; les' druides et les 'nobles^ oH cbevaliers ,. représentaient la nation gauloise. ■*
Là on décidait de la paix où de la guerre ; on nommait les. magistrats; on jugeait l^s administrateurs; mais probablemient ce jugement devait être bien illusoire poui^ des chefs aussi puissans que cel Ofgétorix^ dont parle César , et qui mfirchait entouré ^de dÎK mille Soldurii dévoués. - ' "
On pouvait presque iéncore compter un troi* Prérogasième ordre dans l'État; c'était celui des femmes Gauloises. distinguées par leur rang y et surtout de celles qui se dém)uaient au culta-tst à la divination ; plusieurs fois eHes décidèrent de la paix ou de la guerre; souv^oit^ comme* les Sabihes^ elles apaisèrent la fureur des peXlples prêts à se détruire ; le nfsspect .qu'on avait pour elles s'étendait tellement hors des bornes de leur pays, qu'Annibal stipula ; dans un traité comclu a^vec les Gaulois, que les différends qui pourraient survenir entre ceux-ci et les Carthafinois , seraient soumis àl'arbitrage des femmeS|;auloises«
On ne trouvait point de lois écrites chez ce LégisiaHon
, , des Gaulois.
peuple ; tout était réglé par les mœurs et par * les coutumes ; la mémoire des prêtres tenait lieu d'archives.Le vol et le meurtre étaient punis
^4 . MOEtJRS ET CULTE
de mort; on. n'avait point poôé dç bornes au pouvoir de8 pères fcur leur% enfans.
Lenr. Indépeudammetut ^lu culte necaet wseigné parlesdruïâes, leâ Gaulois adoraient des dieu^ qu'ils semblaient avoir empruntés à plusieurs nations étrangères. Leur Theutatès, inventeur, des arts,' portait un caduoée et des ailes comme le Mercure des Grecs , des cornes d'abondance aiwfei que le Tautes de Phénicie , le Teutat de Carthage et le «Tha^i d'Egypte j il avait aussi d'autres attributs semblables à ceux du Tbeut oi\ Tui^con tle GermaAie.
Ésus ou Jeho^va, t)u Mars, étaittle dieu de U guerre". Quelquefois adoré sous les noms de Gamulus ou de Bélénus,. irrép3.miait aiwi qu'Apollon la lumière ^ et il guérissait des ma-^ ladiés. . ^ • ■'
Sur les bords dé la Seine, on rendait hommage à uiie .déité que les.uns croyaient être Miïierve; et les aurtres Isis. Quelques ««uteurs foirt même venir le nom de Paria., de Parisis, ou temple d'Isis.
Nous a^ons déjà parlé de la vénération des
, Gaulois pour Dis^, dieu des eiïfers, dont ils
croyaient descendre i cette, sup.erstition sepro-
* longea long-temps après l'établissement du
christianisme ; on conserva pendant plusieurs
siècles l'usage gauloiâ de compter le temps par
les nuits y et Cbartemag^ie se crut obligé de proficrire^ par une dispositicgi expresse dans ses capituIaire^^Jei Testes de cette Idolâtrie.
L'Hercule gaulois ^ différent de celui des Grecs, était tin* vieillard ridé, portant 4ine peau de lion el*une chaineiittachëe à sa bouche.
Les Gaulois adoraient encore d^s divinités inférieures et localçs.,: Rpte étajt la déité de Rouen, JVIatnta ou Laucothof^ .celle de Lutèce; on honcgrait Nanius à Namur, Néhalémia en Toxandrie , Ardouène dans les Ardennes»
On peut aroire que ces divinités étaient des femmes déifié^; comme elles pjassaient pour savantes dans Tart d» oonnaitre l'jSLvenir et de lire dans les décrets du destin, on les appelait fatacées, fatidicœ ou rees» ■'
Les plus célèbres et les plus saintes se rassemblaient , dit-*on , dai;is une ile nommée Séna'(rile des. Saints), sur la côte d'Armoricjue. • v ,
On regardait aussi les druidesses comme ©onde
^^ , ^ . . ' propbétî»
douées 4a don de prophétie. L'histoire rap-atinbaé.nx porte qtfmie 'd'elles prédit à Alexandre^ Sévère la révolte de^^ps soldats et sa mort. Aurélien les consulta s^r Je* sqï^ de sa postérité. ♦Diaclétien, élevé au tr^hç p^ir^ht taort du rebelle Arrius Aper, qu'il avait' poignardé, racdntait que dans les Gaules une druïdesse lui avait annoncé
a6 Menons et culte
qu'il deviendi^it empereur dès qu'il aurait lue
le saucier, qui s'appelle en latin aper. '
Le respect superstitieux pour les fées dura long-temps «n France après la chute des idoles^ et l'enfance n'est pas. toujours partout la seule qui conserve à'.pré&ent le souvenir des fées et la croyance aux devineresse^
On ne sait^ioorquoi Tacite dit que le&Gau- ' lois n'avaient point de temples .ni d'idoles; des faits nombrfvix démentent cette assertion : Cépion trouva un riche trésor dans un temple gaulois^à Toulouse; on porta dans un auti^e la tête du consul Posthumiusj Aufone parle d'un temple de Séléaus-, desservi par les druides. A Lutèce , ou allait chercher dans un temple l'image.de ^érécynthie pour la promener dans les champs; enfin Grégoire de Tours raconte la dest-ruction c vergne, qui fu Valérien et de (
Ce qui peut i cette opinion, dieux ^trangeri Celtes, ne rend croyant voir sa adoraient les as ves et les monta
Les druides i
de la nature.; ils croyaient surtout que les dieux aimaient à résider dans le foftd des plus sombres forêts; leur obscurité inspirait une terreur qui * disposait à la crédulité, et les druides trouvaient ces ténèbres mystérieuses favorables à Içur ambition; c'était sous leurs voiles qu'ils prétendaient communiquer secrètement avec les dieux et'consulter leurs oracles.
Au milieu de ces forêts sacrées, le grand cérémonies druide , vêtu i'une -robe blanche , s'avançait ^"** solennellement , suivi de tous les pontifes , 4e sixième jour de la première lune ^ sacrifiait aux dieux un taureau blanc, montait sur le cbêne révéré , coupait avec une serpe d'or le gui précieux, cAjet d'un superstitieux respect, le recevait dans ua manteau blanc, et -terminait cette fête par un grand festin.
Le peuple attribuait à ce gui , réduit en poudre , la vertu merveilleuse de guérir la plupart des maladies et de donner la fécondité.
Chez les Gaulois, ainsi que chez toutes les nations qui ne connaissaient point eneore le luxe ni la misère, la fécondité était en honneur, et la stérilité paraissait un malheur et un^ honte, parce que le nombre des ènfans , loin d'y peser comme une charge^ .y devenait une vraie richesse.
Le célibat était mé[M:isé dans la Gaule : le da mariage.
^8 MOEUnS Et CULTE
mari apportait une dot à sa femme comme celle-ci à son époux ; les filles avaient le droit de choisir parmi leurs prétendans l'homme à qui elles voulaient unir leur sort. Un druide présentait au fiancé et à la fiancée une coupe dans laquelle ils buvaient tous deux : là se bornaient toutes les cérémonies du mariage. Quelques femmes consacrées aux dieux avaient seules le droit de rester sans honte célibataires. A la naissance des enfans, elles appelaient sur eux la protection et les dons des fées. Édocation ^Les îcunes Gaulois ne paraissaient jamais en
des enfans. , " ^ * , " ,
public avant quinze ans; juique-là les pères avaient sur leurs enfans le droit de vie et de mort; mais, arrivés à cettfe époque, et prouvant qu'ils pouvaient .-.poï'ter et manier les armes , on leur donnait la lance , le bouclier ; ils devenaient hommes indépendans , et prenaient leur place dans les assemblées publiques aiîisi que. dans les camps.
. Les exercices militaires leur tenaient lieu de toute étude.; cependant, pour enflammer leur courage , pour ^teiller en eux la passion de la gloire , pn leur apprenait ï'histoire des héros de leur patrie : cette liistoire n'était point écrite; c'était des récit* poétiques , des chants guerriers, composés par les bardes, qu'on . regardait comme inspirés, et qui formèrent
DES GAtJlLOIS* . 29
parmi tous les peuples dur Nord une classe presque sacrée. . ^
Les eubages ^ devins ou augures , étaient ponctioni aussi l'objet de la vénération des Gaulois. Ils eabages. consultaient le vol des oiseaux, la direction de la foudre ,/et<iencourageaient les artnée$, en leur annonçant la faveur des 4itfux.
Les druides se chargeaient de Téducatien Édacaiîon de& jeunes nobles dest^lés à entrer dans leur nobie». ordre ou daâs la ibagi«tfature ; ils les initiaient à leur culte sçcret, et leur, communiquaient assez de connaissances ^oûr les élever au-dessus du vulgaire, mais en teup laissant avec soip la superstition qui les maintens^t- sous leur dépendance.
Ce fut ainsi que les druides, unissant le pouvoir judiciaire au pouvoir sacerdotal, dominant les peuples par l'autorité et gouvernant les pf i^ices par la conscience , surent rester, pendant plusieurs siècles, les vrais maîtres de la Gaule.
La fondation d'une colonie grecque à Marseille, une communication plus fréquente avec les autres nations, Tintrôduetion des cultes étrangers, et surtout les victoires des Romains, minèrent peu à peu cette puissance théocratique qui lutta pourtant contre les vainqueurs avec opiniâtreté.
3q moeurs et culte *
L'empereur Claude proscrivit enfin le culte des druides; mais les Gaulois le professèrent long-temps^ en secret. Dans le quatrième siècle, les familles descendantes des druides étaient encore un objet de respect public. Deux cents ans après ^ Procope nous apprend que les Francs conservaient une partie des superstitions gauloises.
Grégoire jde Tours décrivait à Brunehaut , pour l'inviter à défendre 4ès éacrifices fréquens qu'on faisait encore* en France aux idoles.
Une disposition des capitulaires de Charlemagne déclare sacrilèges les curés qui n'emploieraient pas tous leurs soins pour abolir totalement le culte des pierres, des arbres et des fontaines.
JPrès de Metz , on rendait encore un secret hommage aif tombeau d'une prêtresse sur lequel on lisait cette inscription : La dnudesse Arétê ^ iwertie par un songe , a consacré ce lieu à Sylvain et aux nymphes.
Les romanciers français, succédant aux bardés , chantèrent pendant plusieurs riècles Morgane , Mellusine , les- fées et les enchanteurs ; nos paladins croyaient aux prodiges de la fontaine de * Merlin , et s'approchaient avec une crainte superstitieuse de ces tombeaux antiques^ de ces amas de pierres 'qui couvraient
DBS GAULOIS. 3l
les cendres des chefs gaulois et des esclaves immolés à leurs mânes selon l'usage des nations barbares : enfin au dix-septième siècle même ^ les enfans en Ouienne^ demandaient encore des étrennes, en répétant le refrain d'iui vieux chant gaulois ^ au gui Fan neuf.
Tel est le sort de l'humanité , les erreurs les plus grossières répandent avec rapidité leurs voiles sombres sur la terre ^ et il faut des siècles à la vérité pour dissiper ces ténèbres*