CHAPITRE XXVI
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» la force, il raorait pu fairedepnia plos d'on mois , w en envoyant à Aboukirvingl-cinq mille hommes, « qui auraient pris possession de tout le pays, n malgré les quatre mille Anglais en garnison à » Alexandrie ; qu'au lieu d'élre un moyen de pro* » léger l'Égyple« celte garnison lui fournissait on » prétexte pour ronrahir. // ne le /brait ptmrfant » poe, quelqne désir qu’ü pût avoir de la posséder » comme colonie, parce qu’il ne ercyail pas qu’elle n valût la peine de courir lee risques d’une guerre n dans laquelle U serait possible qu’il fût regardé M comme l^agresseur, et qui l’exposerait d’ailleurs N à perdre plus qu'il ne pourrait gagner, puisque n tôt ou tard l’Égxpte appartiendrait à la France, I» soit par la chute de l’empire turc, soit par quslp que arrangement avec ta Porte.
» II s'étendit alors beaucoup sor les forces na-
■ lorclles des deux contrées Deux puissances
» de cette force, en s'entendant bien, pourraient M gouverner le monde, mais elles pourraient aussi I» le bouleverser dans leur lutte. Il dit que, s'il n'a* n Tait pas constamment éprouvé les effets de l’ini* » miiié du gouvernement britannique depuis le » traité d'Amiens, il n'y aurait rien eu qu'il ne fit » pour lui prouver son désir de vivre en bonne I* intelligence. Il l'aurait admis à participer aux H indemnités aussi bien qu'i l'influence sur le con* » tinenl; il aurait fait avec lui des traités de com- » raerce, en un mol, tout ce qui aurait po le satis- II faire et lui témoigner des dispositions amicales. H Mais rien n'avait pu vaincre la haine invétérée M du gouvernement anglais, cl l'on en était arrivé n aujourd'hui i décider la grande question de la » paix ou de la guerre. Pour conserver la paix, il w fallait remplir le traité d'Amiens; sinon suppri* P mer totalement, du moins resserrer dans des P bornes étroites et borner ans papiers anglais le )• système de diffamation suivi dans les papiers pu* » blics; ciiUo retirer la protection accordée ouver* » tcmenl à ses plus cruels ennemis (c'est-à-dire, >• Georges et autres gens de celte espèce). Voulait* » on la guerre? il ne fallait que le dire cl se refu- » ser à remplir le traité d'Amiens. Il passa alors i« l'Europe en revue, pour me prouver que, dans » l'étal actuel, il n'y avait pas de puissance avec » laquelle nous pussions espérer de nous coaliser •» pour faire la guerre à la France.... Il dit que ce » n'était paslui rendrejuslicequcdesupposerqu’il » se crût au-dessus de l'opinion de son pays ou de
» l’Europe; il ne voudrait |>as courir le risque de P la réunir contre lui par quelque acte de violence » ou d'agression ; il n'élaît pas non plus asset puis*
■ sant en France pour déterminer la nation i enn trer en guerre, à moins qu'on ne lui en démontrât n la nécessité. Il ajouta qu'il n'avait point ebilié P les Algériens , de peur d'exciter la jalousie des » autres puissances; mais qu'il espérait que l'An- » glelerre, la Rassie et la France sentiraient un jour » qu’elles ont intérêt à détruire un pareil nid de » brigands, et à les forcer de vivre plutôt de la cul*
» ture de leurs propres terres que de pillage
» Telle est la teneur de cette conférence, autant P que je puis me souvenir de ce qui y fut dit. Il P faut pourtant observer qu'il n'affecta pas . ainsi • que M. de Talteyr.vnd l'avait fait, (raüribncr la » mission du culcmel Schastisni uniquement à des P motifs de comriiorce, mais à une mesure rendue n nécessaire. sou$ un point de vue militaire, par nu-
■ tre infracliunau traite d'Amiens. » Pour abroger CCS cilalions déjà (rès-ètendties. j'ai supprimé les observations de )'amhassadeur anglais, tuiiuiic étant ici d'un iolèrét très-secuiKlaire, mais il est un trait ce|>en<la»l qui no )l>üi être mni^. Ii.orsqoe cet ambassadeur parla •• de i'angmeuUlion de N territoire et d'influence gagnée par la France de* M puis le traité, « le premier consul, dit*il, l'iiilcr* rompit par ces mots : « Vous voûtes probablement P parler du Piémont et de la Suisse, ce sont des P bagatelles. D'ailleurs, vous auries dû le prévoir, n lorsque la négociation était pendante. Vous n'a* H ves pas le droit d'en parler à celle heure. » C'est de CCS dernières paroles et surtout du passage relatif à l'Égypte que, pour la justiflcalion de la guer* rc, le gouvernement anglais tirera scs principaux ai^uments. Cette conversation, rapportée même par un interlocuteur peu suspect de flatterie , et dans laquelle se montre une prévoyance si franchement avouée des risques attaches à toute entreprise directe contre l'Angleterre, ne prouvc-t*clle pas de la part du premier consul une colière bonne foi dans l'expression de son désir pour le maintien de la paix? Si le ministère britannique eût été encore dans les mêmes dispositions, n'eût-il passais! des avances si marquées , pour renouer les liens prêts 4 se rompre? C'est U guerre qu'il veut, ou que veut du moins le parti auquel il est contraint de céder; la guerre sera pour lui dans les paroles ' mêmes d'où la paix aurait pu sortir.
' J'ai admu, comme parfailemeQl exact, te récit de lord Wtibworlh; maie où eo eat la garaotie? San* aller cherchcrioin la preuve du peu de xcrupule du mioUiére britaoniqiif S changer le* faits et les parole*, selon ses intérêts du roomcoi, j’en trouve un exemple qui m'esi
personnel. dans l'une des pièces publiées, la péce août le U" âU {.innuat fiegûUr 1805, page 080). Une lettre datée de Berlin le 91 août 1809, et adressée à lord Hawkesbury p.ir te ministre d' .Angleterre en Prusse, porte les mots suivants ; • M. Bignon, dansdiverses conversatiom dans
RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS
La discassion enlre les deux gouvernements corn* mence i prendre un caractère spécial. Le ministère britannique, contraint à s’expliquer, laisse échapper sa pensée secrète , quoique enveloppée encore d'oiseuses et gratuites simulations. « Quant H k l’article du traité relatif à Malle, dit lord » Uawkesbury les stipulations qu’il renferme N n’ont point été jugées susceptibles d’exécution, n par des circonstances qu'il n'était pas au pouvoir K de S. M. d'empécber. > Je supprime le détail des difficultés d’exécution alléguées par le gouvernement britannique. En effet, quelle que soit la valeur de ces allégations, des difficultés de forme devaient-elles détruire le principe? Les obstacles chimériques ou réels qu'on pouvait rencontrer dans l’application du mode primilivementconvenu pour assurer l'indépendance de l'Jle de Malle, ne pouvaient-ils avoir d'autre dénoùment que la conflseation même de Malte au profit de l’Angleterre? La solution est commode , mais un peu trop léonine. On voit que, dans cette dépêche entortillée, lord Hawkesbury voudrait s’appuyer sur quelques mots du premier consul, pour lui supposer l’inten-
• lesqueHcs j’ai oeeasion&ellenieac la remarque qu'il ■ ne m’avait été jusqu'à préaenl rien dit rdaiivemeot à
• Malte , a coDSlammeut affecté la plus grande îodiffé- « reoce, et traité celte affaire comme de trop peu d’im-
• portance pour occuper raiteniiou du gouvernemeut
• français. • Rien de plus ridiculement faux que celte aaeertion; mais U convenait au gouvememeut anglaia de se présenter comme ayant mis plus de zèle que la France à s'occuper de la garantie dti traité d'Amiens;
tion de reprendre l’Égypte. Par malhenr, la lettre de lord Withworth. du 91 février, renfermait à ce sujet un pott-icrip(um très-inopportun. Au sortir de la conférence de cet ambassadeur avec le premier consul, M. de Talleyrand, par ordre du premier consul, lui avait fait connaître « qu’on médi- • tait un projet aussi propre à garantir l’empire I» turc qu’à détruire toute cause de doute ou d’in- B quiétude relativement à l’Égypte ou à toute autre » partie des Étals du sultan, n D'un autre côté, les assertions mises en avant par l'Angleterre pour la non-évacuation de Malte, se trouvaient successivement démenties. Elle s’était plainte qu’il manquait un grand maître i l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem : un grand maître avait été nommé; qne les puissances appelées à la garantie de l’aKicle 10 du traité d’Amiens n’y avaient pas donné leur consentement : ce consentement, déjà parvenu en France, venait aussi d’étre communiqué à l'Angleterre. Pour sortir d'une position qui ne lui offrait plus d'issue, il ne restait à l’Angleterre qu'à précipiter les évéoemeuts et à substituer les actes aux paroles.
et it me prêtait à moi , chargé d'affairca à Berlin , de rindifférence, comme il prêtait un tangage abeurde au général Hédouville à Péterabourg. Quand on ne dédaignait paa d’altérer lea diacotira d’un agent aecondaire, comme je l’élaia, le même art ne pouvait-il paa s’appliquer, à plua forte raiaon, à dea paroles qui tombaient de ■i haut et qui pouvaient être d'un ai grand poids dans la balance des deaiinéea ?
* Lettre du 18 février.