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l'OUTIQlF. KVTÉRIF.I RF.
avoir Ir (cmps fie porter, flans riiilcrvallc, un coup 1 (id'cisif à rAii(;tc(rrre par une invasion dont il nourrit sérieusement la pensée, quoique, vu (a dilïleultè de l’entreprise, on afTecte de ne pas croire à la réalité de ce projet. Mats, pour tous les cas, soit qu'on lui laisse le temps de faire cette hardie tentative, soit qu’une levée de boucliers plus prompte sur le continent doive l’en détourner, il lui importe de marquer et d'alTermir le point d'où il aurait à partir pour des combats nouveaux; il lui importe de prendre des positions avancées telles qu’au moment où il serait prêt â être attaqué, il pùt rejeter promptement la guerre au cœur des Étals ennemis. De là sa ferme rànlMion d'occuper, au nord de l'Allemagne, le lANi||?r0^et, en Italie, tons les points propres à s'assdRr du pays, à en exclure les Anglais, et surtout à créer, pour l'Angleterre, des diversions qui obligent cette puissance à diviser scs forces navales. Plus modéré, plus circonspect, et attentif à s'abstenir de tout ce qu'il pourrait faire, même impunément, le premier consul serait-il récompensé de celte modération? Non.
Il verrait également, et peut-être dans un temps plus prochain, s'armer contre lui les mêmes puissances dont le soulèvement est infaillible; il aurait à les combattre de même et à les combattre sur un terrain moins favorable pour lui, dans des positions moins fortes, plus près de la frontière française, peut-être sur te territoire français. L'envabissement arbitraire qu'on lui reproche n'est i ses yeux qu'un calcul de raison , et ce n’est pas sans un fond de vérité qu'il a dit plusieurs fois :
M On nous force de conquérir , pour conserver. » En se déterminant à une nouvelle guerre, plutôt que de souffrir, de la part du gouvernementanglais, rinesécolion du traité d'Amiens, le premier consul n'ignorait pas combien cette rupture serait sensible en Erance, quelle plaie elle allait faire au commerce qui, sur la foi d'une paix plus longue,
1 avait engagé d'immenses capitaux dans des expéditions coloniales. « Il ne se croyait * point, avait-il H dit lui même, au dessus de l'opinion de son pays » et de l'Kunipe. » Aussi mit-il tous ses soins à sc rendre maître de cetteopinion. Le message adressé au corps législatif, les communications faites au tribunat, et le rapport remarquable de M. Daru sur ces communications, la réponse du premier consul au vœu exprimé par les grands corps de l'Élal, tous ces actes et une foule de publications moins solennelles, mais conçues dans un même sens, réussirent en effet à populariser la guerre, en établissant la conviction que, l'intérêt britannique la voulant à tout prix, elle n'avait pas pu être évitée. Comme depuis longtemps l'esprit public en Angleterre n'étaitquc la haine de la France, la crainte de l'agrandissement et de la prospérité de la France, un esprit public se formait en France sur le même principe, la haine de l'Angleterre. La nature des attentats que s'était permis le gouvernement anglais contre la république et surtout eonlre le consulatçHe choix odieux des moyens, l'atroce illégalMdos armes dont il avait fait usage, avaient laissé dan»toalei les AmeiCun fond de ressentiment que la courte dtirée de la paix n'avait pas eu le temps d'éieuidrOi A l'irritation politique contre le gouvernement s'était jointe, dans les rapports de nation à nation, une confiance orgueilleuse née des premiers progrès de notre industrie, et même une sorte de dédain pour la situation arriérée où se trouvait la nation anglaise à l'égard des arts d'agrément et des objets de luxe ou dégoût. On était donc, quoique à tort peut-être, moins effrayé des suites possibles d*4ine nouvelle guerre, et la nation ne demandait pas mieux que de s'unir avec franchise aux opinions et aux efforts du gouvernement.
' Dans sa converaatioo avec lord Witbworih.
r.lUPITRK XXIX.