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pas moins aclivemeiit sa marine, ses cumilés et sa trésorerie. Pour ce gouvernement, la guerre offensive était de deux espèces, l’une jusqu’à un certain point franche, ouverte et loyale; l’autre secrète, honteuse, et contraire à tous les principes du droit | des gens.
Déjà, d’après ce dernier système de guerre, des émigrés français , rassemblés en plus grand nombre dans les lies de Jersey et de Ouernesey, avaient essayé de rallumer dans la Vendée les feux des discordes civiles. Cette fois leurs efforts étaient impuissants. Les dernières étincelles de ces feux avaient été éteintes par les soins d'une administration qui n’avait plus rien d’intolérant et de persécuteur; mais l’accès que l’Angleterre cesse de trouver dans les départements de l’Ouest , elle ira le chercher ailleurs, et l’année 1804, souillée par ce genre do guerre affreux que le ministère britannique ne rougira plus d'avouer, offrira tout ensemble d’indignes attentats et d’horribles représailles.
La guerre ouverte elle-même, telle que l’Angleterre la faisait à la France, n’était loyale que là où il y avait conflit de forces matérielles. Même depuis que la guerre était déclarée de nouveau , la France, sur plus d’un point , était dans le cas de reconnaître que les conditions du traité d’Amiens n’y avaient pas encore été exécutées, en ce qui concernait le gouvernement anglais. Vainement le commandant français au Sénégal avait demandé > au colonel Frazer la remise de l'ile de Corée. Cet officier en avait éludé la restitution. Aux Indes orientales, le 16 juin 1803, la frégate française la belle Poule étant arrivée en rade de Pondichéry, où elle portait le préfet colonial nommé pour cette colonie, la remise de la place fut de même refusée par le commandant anglais, qui prétexta la néccs- ' sité d’attendre do nouveaux ordres. Le 11 juillet ÿuivant, le contre-amiral Linois, qui se présenta ao même mouillage , s’aperçut à temps qu’il pouvait être compromisd’evant des forces supérieures; il s’éloigna la nuit, et alla déposer à l’ile de France
' Lettre du général Blanchot, du 15 pluviése an XI (5 janvier 1803).
le capitaine général Decaen. Dans cette nouvelle guerre comme dans les précédentes, l’ile de France et Plie de Bourbon sont les seules possessions d’Asie que conservent les Français. A l’époque dont il s’agit, ni le contre-amiral Linois , ni les amiraux et commandants militaires anglais, n’avaientaucun avis d’une rupture encore toute récente , en sorte que les ordres donnés pour empêcher l'exécution de la paix étaient nécessairement fort antérieurs à sa cessation.
Tout ce qu’il y avait de loyal dans la guerre, du côté du gouvernement britannique, c’était les attaques à force ouverte, les expéditions pour reprendre les colonies de la France on de la Hollande, le blocus des ports autant qu’il était effectif, et, nous ajouterons par esprit de justice, le blocus de l’einbouchure du Wescr et de l’Elbe , depuis que les Français, maîtres du Hanovre, avaient fermé ces fleuves au commerce anglais. L’Allemagne ayant souffert celte occupation, l’Angleterre était en droit I de lui en faire supporter les conséquences.
Dans les Antilles, les premières opérations furent la prise^du Sainte-Lucie et de Tabago. En d’autres temps, ou eût mis peu d’importanec à des succès si facij^. Dans un moment où il fallait soutenir le courage national , le canon de la tour de Ia>ndres annonça ces petits événements comme de grandes victoires. Les colonies hollandaises de Démérary, Berbice et Esséquibo, retombèrent au pouvoir des Anglais dans le mois de septembre. Nous avons vu ailleurs tous les actes d’avidité, de pillage, de véritable piraterie auxquels se portèrent les croisières anglaises contre les Français qui avaient été obligés d’évacuer le Cap , le l*ort-au-Prince , et les autres places de Saint-Domingue.
Une autre conquête eût été assurée aux Anglais dans les Indes occidentales, si le premier consul ne s’était bâté d’y pourvoir. Sans la promptitude de sa détermination, la Loubiane ne serait un moment redevenue française que pour donner aux Anglais droit de s’en emparer. Mais, disent plusieurs écrivains, Bonaparte ne recouvra la Loubiane que pour la vendre ! Il est vrai. Nous allons rapporter comment il la vendit.
l'ÜLlTiQUE EXTÉIUEIUK.