‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 130 sur 298 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

» contenues dans son ultimatum, solTisantes* pour i> prévenir la guerre, le soient assez pour ramener » une paix solide et durable... L'ultimatum n'ayant » pas été accepté lorsqu'il s'agissait de prévenir M une rupture, Sa Majesté britannique, dit lord » Uawkcsbury ne peut plus le considérer comme I» une base de négociation. * H est naturel que le gouvernement français se récrie contre une prétention toute nouvelle. Comment est-il possible que l'Angleterre ne trouve pas son propre ultimatum assez large, lorsqu'cn le prenant pour point de départ, c'est provoquer l'arbitrage russe sur les affaires de Suisse, de Hollande, sur les intérêts du roi de Sardaigne et sur la plus grande partie des affaires d'Italie? > Quels sont donc les autres objets ^ «I que l'on veut remettre en question? s'agirait- il » par hasard de la Belgique et de 1a rive gauche (I du Rhin ? »

A la question principale qui formait le texte de ces notes et de ces lettres successives, la réconcilialion (Je l'Angleterre et de la France, il se joignait des accessoires qui jetaient de l'aigreur dans la négociation, et qui par conséq,uenl devaient en contrarier le succès. Les réclamations de la Russie contre roccupation du Hanovre et du royaume de Naples n'avaient pas cessé de se faire entendre. Ces demandes, éludées par la France, vivement renouvelées par M. de Markof, avaient fini par devenir une sorte de querelle directe entre les deux cabinets. Tous les petits Étals du nord de rAllcmagnc invoquaient la cour de Russie, et cette cour aurait été Dallée que sa seule intervention assurât leur neutralité. Ces plaintes fatiguaient le premier consul, dont la complaisance ne pouvait pas aller jusqu'à se dessaisir de si importantes positions, l^oin de céder sur ce point, il avait fait occuper par scs troupes le port de Cuxhaven, dans le bailliage de Ritzcbüllel. Aussitôt, nouvelles instancesdu cabinet de Pélersbourg : on demande au premier consul un engagement formel pour le maintien de l'indépendance des villes anséaliques et du commerce du Weser et de l'Elbe. Celte démarche de la Russie est fortement appuyée à Paris par la cour de Berlin. Le gouvernement français répond que le commerce de l'Elbe et du Weser sont libres; que ces fleuves sont ouverts à tous les vaisseaux neutres; que la neutralité des villes anséatiques n'a souffert aucune atteinte ; que les troupes françaises ne sont point sorties du territoire de Sa Majesté britannique. Si elles ont occupé Cuxhaven , c'est que ce

' Lettre de M, de Markof, du 7 juillet.

» Noie du 1 J juillet.

* Lettre du Quuverneinrni fi-aiiça» à «on eovové en H'iisif. du 93juillrt.

pays a toujours été regardé comme anglais, par le commandement que cette nation y a constamment exercé ; cl c’est pour cette raison que Sa Majesté prussienne, lors de l'occupation du Hanovre par ses troupes, fit aussi occuper cette place comme formant une véritable dépendance de l'électorat. Quant à l’occupation du royaume de Naples, te premier consul n'Iiésite pas à faire sur ce point une déclaration de ses principes. France ne serait plus un Étal roarilime, si les Anglais, qui ont envahi le commerce exclusif des Indes et de l'Amérique, pouvaient encore, en gardant Malle, chasser la navigation française des échelles du Levant et de toute la Méditerranée. « Le premier consul fera » évacuer les po.siiions occupées par ses troupes » dans le royaume de Naples, aussitôt que Halte » sera évacuée par les Anglais. >

Ces relations, toujours amicales en apparence, avaient pris par degrés plus de roîdeur de pari cl d'autre. Dans ses doléances sur les malheurs de la guerre, M. do Woronzof avait été jusqu'à dire qu'une de scs chances les plus fâcheuses était que, si elle venait à se prolonger, « la Russie serait peul- M être forcée d'y prendre part. » Du côté de la France, la gradation défavorable était une sorte de réaction provoquée par l'ambassadeur russe. Notre dernière ré|>onsc est « ferme \ disait le ministère I» français, parce qu'on veut faire sentir à M. de » Markof qu'on est mécontent... M. de Markof dew vrait être un peu Français à Paris, comme le » comte Simon de Woronzof est Anglais à Lon- >• dres...B C'eût été une chimère de l'espérer, cl on le savait trop bien. Aussi le prcmicrconsul gardaitil trop peu de ménagements avec cet ambassadeur. Le ü juin, dans un cercle dos Tuileries, il laissa échapper quelques paroles dont M. de Markof aurait eu justement à se plaindre, li. par une demiheure d'une conversation gracieuse, il n'avait cherché à les lui faire oublier; mais l'incompatibilité était invincible, et elle ne pouvait manquer de finir par un éclat. L'occasion s'en présenta trop tôt : on eiU dit que le premier consul le prévoyait luiméme, et qu’il cherchait à la prévenir; car, le à9 juillet, il écrivit à l'cmpcrcur Alexandre pour demander que la mission de M. de Markof fût révoquée. Le général Hcdouvillc devait remettre celte lettre à l'empereur sans en parler au chancelier.

Au fait, les reproches adressés à M. de Markof n'éUient pas injustes. Cet ambassadeur se livrait dans la société à des indiscrétions qui seraient inexplicables de la part d'un agent vieilli dans les affaires, si la passion ne faisait taire la prudence chez les hommes mêmes pour qui elle est le pre-

t Lettre au ;;énéra1 lirdotiville. du ISpiilIrt.

"DTTjrf,

l’OI.lTKJUE EXTÉRIEURE.

micr devoir. Du reste, peu satisrail des égards de l'empereur Alexandre pour le premier consul , il n'épargnail pas non plus son propre gouvernement.

U L’empereur a sa volonté, disait-il, mais la nation Il russe a aussi la sienne. » Un de ses secrétaires,

M . Bay kor, imitait et surpassait encore ses temerites de langage. Antéricurcincnt, lord Withworth était convenu avec Joseph Bonaparte que M. de Markof avait joué un rùlc odieux entre la France et l’An- ■ gleterre, et le premier consul n’avait pas laissé ignorer à ce dernier ce qu’on pensait et ce qu’on disait de lui. La conduite de SI. de Slarkof offrait, sans contredit, assez de circonstances offensantes pour que le gouvernement français pût, comme il le fit, déclarer à Pétershourg que, si on avait supporté cet envoyé pendant la paix. Il la présence d’un n homme aussi mal intentionné avait, depuis la » guerre, plus que du désagrément pour le pre- » mier consul. » Le bon droit, jusque-là, est du côté du gouvernement français; mais le premier consul ne sera pas non plus irréprochable; il ne saura pas se contenir jusqu'à la réponse de l’empereur Alexandre. Un incident inattendu devint le texte d'une nouvelle et plus sérieuse interpellation adressée par lui à BI. de Markof.

Depuis quelque temps le premier consul témoignait du mécontentement de ce que la Russie semblait prendre plaisir à employer des émigrés français à des intrigues contre lui, comme M. de Vernegues à Rome, et M. d’Antraigues à Dresde. Un de ces complots, qui préludaient à de plus grandes j entreprises, ayant été découvert à Paris, on y trouva ; impliqué un nommé Christin, ancien secrétaire de - M. de Galonné, maintenant attaché à la légation ' russe, en France. On le fit arrêter. M. de Markof : était alors aux eaux de Barëges, où il était allé, en opposition au désir do gouvernement français, qui, vu l’activité des rapports avec la Russie, croyant la présence de cet ambassadeur plus necessaire à | Paris, ne lui avait donné des passe-ports pour ce I voyage que sur sa demande plusieurs fuis réitérée. ! De Barèges, BI. de Markof écrivit pour réclamer | Christin, comme attache au service de Russie, et | ayant par conséquent droit à sa protection. Dans cet intervalle, la lettre du premier consul à l’empereur, pour demander le rappel de M. de Markof, était parvenue à Pétershourg. Le chancelier montrait beaucoup d’humeur de celte démarche du gouvernement français. Il crut qu’il ne convenait pas à la dignité de son mailre d’y satisfaire avec trop d'empressement. La réponse fut différée jusqu’au

' Après cet mol* ; • pareils procnlcs, » M. de M.irkof, clans le coinpie rendu h son gniivcrnemcnl , ajnulait ceux-ci : O de la part de la Russie. «

mois de novembre. Au retour de M. de Markof à Paris, le premier consul, dans une audience publique, lui demanda pourquoi son cabinet protégeait à Dresde BI. d’Antraigues, qui eomposaitdes libelles contre la France et son gouvernement. Il parla ensuite de Christin, queM.deBIarkof prétendait être Suisse et non Français. Cette conversation tres-animee se termina par les mots suivants du premier consul : •• Nous ne sommes pas tellement i> à la quenouille que de souffrir patiemment de » pareils procédés *, el je continuerai de faire arn réler tous ceux qui agissent contre les intérêts » de la France, n A la suite de celle scène, M. de •Markof écrivit “ au ministère français qu’il s’abstiendrait de se rendre à la cour jusqu’à ce qu’il eût reçu une réponse de son gouvernement. On lui déclara qu'on attendait ce qu’il plairait à Sa Majesté impériale d’ordonner de son ministre en France. M. de Blarkof fut rappelé; mais l'empereur Alexandre dit au général liédou ville qu’il était peiné de la vivacité avec laquelle le premier consul avait traité son ambassadeur dans une audience publique. Cependant il appréciait les torts de son envoyé, et ne le jugeait pas aussi favorablement que le faisait le chancelier comte de Woronzof.

Jusqu'au jour de son départ, M. de Markof signala sa présence à Paris par des actes inconvenants, qui ne pouvaient que nuire aux rapports des deux puissances. Il retourna en Russie par Vienne, non sans quelque dessein de communiquer en passant au ministère autrichien l’esprit dont il était animé. Un jour ce même esprit s'y manifestera, mais le moment n’en était pas venu. Instrument trop hàlif d’une haine qui couve ailleurs, M. de Markof fut brisé pour prix d’une turbulence hors de saison. Depuis ce moment, il est resté en dehors de la diplomatie russe, qui avait, jusque-là , vu en lui un de ses coryphées. Il était dans la destinée du général Bonaparte, consul ou empereur, d’influer puissamment sur la fortune des personnages politiques des pays étrangers, soit en secondant des ambitions favorables à la France, soit en contrariant des ambitions ennemies. Tout en blâmant un ministre maladroit, le prince qui le rappelle, sur la demande qu’on lui en fait, croit toujours son amour-propre blessé par une mesure de ce genre, lors même qu’il en reconnaît la justice. On ne remplaça point ,M. de Blarkof par un agent d’un tilre élevé : le secrétaire de l’ambassade russe, en France, fil. d’Oubril, y resta comme chargé d'affaires.

Tandis que les Markof, les Simon Woronzof, les

’ Le 20 septembre.

GilAPlTAE XXXII.

■Ratomowski, poussent l’empereur Alexandre vers le système anglais, son ministre à Berlin, U. d’Alopéas, tout prussien, fatigue ce monarque d'exci* tâtions sur l'occupation du Hanovre par les Français ; ce qui, dans l’clat présent des choses, conduit au meme résultat. Ainsi, toutes les légations russes conspirent, quoique d'après des sentiments divers, à irriter leur souverain contre le gouvernenicnt français.

Alors dut Qnir une médiation, d’ailleurs sans résultat, qui, de la part de la Russie, ne pouvait plus avoir d’impartialité, le chancelier, comte de Woronzof, étant lui-méme dominé par l’influence de scs correspondants habituels de Paris et de Londres. En revanche, le premier consul cessa de montrer les memes complaisances. Le cabinet de Pétersbüurg ayant demandé à charger scs agents des alTaircs de la république des Scpt-Ilcs, on répondit par un refus à cette demando. u Ce sc- » rait disait le minislère français, reconnaître >1 implicitement que cet État est sous la domina- » tion russe « En France, du moins, le gou-

vernement ne peut pas permettre que les alTaircs de la république Ionienne soient gérées par d’autres que par des Français, lorsqu’elles ne le sont point par des bommes même du pays. Quelques mois plus t6t, la réponse eût probablement été différente. Si, à la fin de 1803, le coinmcnccmcnt de froideur qui se fait remarquer entre Paris et Pétersbourg n’est pas encore de l'inimitié, il est évident qu’on est déjà bien loin de rintimité qui avait précédemment existé entre les deux cabinets.

Depuis son arrivée au pouvoir, et surtout depuis la paix d'Amiens, le premier consul, comme l'eni- .pereur Napoléon, pour être en état de se livrer tout entier aux mesures qu’exigeait la guerre maritime, n’a jamais eu, n’a jamais pu avoir qu’une idée : c’était de trouver une combinaison qui lui laissât la pleine disposition de toutes ses forces contre l’Angleterre, en lui garantissant le maintien de la paix sur le continent.

Peut-être lui reprochera t-on de n’avoir cru pouvoir rendre le continent paisible, qu’en s’en faisant le dominateur; niais y serait-il parvenu par plus de ménagement et de réserve? Jusqu’à 1806, sa première pensée a été pour l’alliance prussienne. C'est à Berlin qu’il a envoyé le colonel Duroc, le lendemain du 18 brumaire; c’est là qu’il reproduira dix fois une proposition qu’on voudrait et qu’on n’ose pas accueillir. De I80i jusqu’au milieu de 1803, le premier consul a rêvé une triple alliance de la Prusse, de la France et de la Russie ,

' Lettre «U général Ucdouviile, du 4 décembre.

et il a donné des instructions dans cet esprit à son envoyé à Pétersbourg, le général Hédouville ; mais bientôt cette chimère a été abandonnée; il a reconnu que l’influence anglaise serait longtemps encore plus forte que lui à Pétersbourg et à Vienne; que, dans ces deux cabinets il ne devait voir que des ennemis plus ou moins résignés à une paix temporaire, mais toujours menaçants et prêts à SC déclarer à la première occasion. Pour lui, le système du continent est donc tout tracé ; c’est de le diviser en deux zones, occupées l’une par la Russie et l’Autriclic, l’autre par la Prusse et la France.

Si cette division est le seul moyen de tranquillité pour le continent, elle est aussi pour la Prusse le seul moyen de salut. Flotter entre le gouvernement français et les deux autres grandes puissances, c’est courir le risque de nuire à toutes sans en satisfaire aucune, le risque de se trouver forcément pressé entre elles, et de périr victime de leurs débats. Supposez au contraire une association franche de la Prusse au gouvernement français, l’Autriche sera forcée de rester immobile; ainsi, point de guerre en 1805 ni en 1806. Si l'Autriche ne se laisse pas arrêter par cette union des cabinets de Paris et de Berlin, la paix ne sera pas longtemps troublée. Réduit à lui seul, à la France seule. Napoléon l’a bien rétablie par des campagnes de trois mois. Appuyé des deux cent mille hommes de la Prusse, il l’eüt rétablie par des campagnes de trois semaines. Cette belle armée prussienne, qui sera détruite dans une seule bataille contre les Français, aurait, unie aux Français, conservé sa force et sa gloire ; et si des désirs d’agrandissement agitent le cabinet prussien, l’alliance française lui aurait offert une riche proie, pour prix de son concours en cas de guerre. La simplicité de cette idée a fortement préoccupé le premier consul. Il a mis tout en œuvre pour la faire adopter par la cour de Berlin. Dans le partage des indemnités de l’empire germanique, il a procuré à cette cour un lot considérable qui a excité la jalousie des autres Étals, et surtout de l'Autriche. Du premier consul au roi, les relations sont parfaites. I.e premier consul honore, dans le roi, le petit-neveu de Frédéric; le I roi honore, dans le premier consul, Frédéric vi- I vant. Jusqu’au milieu de 1803, l’intimité des ca- I billets a suivi la progression la plus heureuse.

La cour do Prusse a été, en quelque sorte, fraii- I çaise. ,

A Berlin, comme à Vienne et à Pétersbourg, les salons de la capitale ont un grand empire sur 4a marche du cabinet. Dans les trois premières an- : nées du consulat, la légation de France auprès de • S. M. prussienne a été en crédit dans les salons et

POUTIQÜE EXTÉRIEDRE.

à la cour * comme dans les bureaux ministériels; mais à la fin de 1805, les légations anglaise, russe et autriehienne avaient fait des progrès dans la société, et obtenu plus (^ascendant à la cour. Quoique H. de Laforél, nouveau ministre de France, réussit à retenir le cabinet dans les mêmes voies, la cour échappait à la France. Bientôt la reine et son brillant cortège ne conservèrent plus rien de français que leur goût pour nos modes. Il y avait deux opinions, deux esprits à Berlin ; l’esprit de la cour, et l'esprit du cabinet. Le cabinet lui-méme, pour ménager la cour, fut obligé, sans changer de système, de changer son langage. Accusé de trop db déférence pour le gouvernement français, il fallut qu'il prit un ton plus élevé, et se montrât ifbintilleux, de peur de paraître défendre mall’honnenr prussien. Des affaires, auxquelles peu de mois auparavant on n’eùt pas fait attention , devinrent le sujet de discussions vives et animées. En voici un exemple.

Les étals du Hanovre, pour épargner aux habitants une partie des charges qu'exigeait l’entretien de l'armée française, avaient imaginé de proposer au général, commandant en chef de cette armée, de faire des emprunts qui seraient hypothéqués sur les domaines du roi d’Angleterre dans l'électorat, représentant un capital de plus de deux cents millions. Pour l'armée française, peu importait la source d'où viendraient scs moyens de subsistance; mais elle devait préférer le mode le moins onéreux pour le pays. La proposition des étals fut donc accueillie, et on s’adressa, pour les emprunts, à la ville de Hambourg ainsi qu'à l'électeur de Hesse- Cassel, banquier ordinaire de tous les emprunteurs d'AllemagncI Aussitôt des réclamations s’élèvent; la ville de Hambourg et l'électeur de Hesse, ayant l'air de voir un ordre dans une demande, courent porter leurs plaintes en Prusse et en Russie. Le cabinet de Berlin dresse de longs mémoires, et le marquis de Iiucchcsini, son envoyé en France, fait grand bruit des prétendues extorsions de l'armée française. Rien n’était plus indifTcrenl à Paris que les emprunts hanovriens. On tenait fort peu à ce que l'électorat se procurât quelques millions de plus ou de moins par des emprunts au lieu de les produire par des impôts. On laissa au pays le soin de suffire à tout par lui-même, et l'orage ri-

‘ ^ r sa mission à Berlin après le 18 brumaire, le général Beurnonville, par ses manières franches et ca-

. valièr A, s'était lié avec les chefs de l'armée prussienne.

^La jeunesie qui composait sa légation, mêlée aux fêtes, aux bats, Aux quadrilles et aux autres amusements alors en vogue â la cour, avait, en échange d'hommages flatteurs pour la reine et pour les Jeunes femmes, obtenu,

dicule formé par cette circonstance fut tout à coup apaisé. Cependant, ce grief prétendu, qui, du côté de la France, n’avait eu d’autre objet que d'alléger les charges du Hanovre, figurera plus tard dans les manifestes de la Russie. *

A l’occasion des emprunts et des autres embarras que faisait naître, pour le cercle de Basse-Saxe, la présence de l'artnée française, le roi de Prusse envoya auprès du premier consul une personne de son intime confiance. Cet envoyé confidentiel, M. Lombard, conseiller privé et secrétaire du cabinet du roi , fut reçu > par le premier consul à Bruxelles, où se trouva en même temps une députation de la ville de Hambourg. L'objet de celle mission était important : c'était la demande de l'évacuation du Hanovre par l’armée française, et de son occupation par la Prusse, qui l'aurait gardé en dépôt jusqu'à la paix. Cette demande paraissait peu admissible, car elle n'avait d'utilité réelle que pour l'Angleterre. En revanche , le premier consul , s'expliquant sans détour, fit à la Prusse une proposition qu’elle eût dû accepter alors ou n'accepter jamais : celle d’une alliance avec la France, cimentée par l'acquisition définitive du Hanovre. Dans ce cas, les troupes françaises se seraient retirées, et la Prusse se serait chargée d’empêcher, pendant la durée de la guerre , les potentats du Nord de donner, sur le continent , des secours à l’ennemi de la France. Cette détermination était la seule qni pût assurer le repos de l'Europe ; et la France, qui savait combien le cabinet prussien désirait l'acquisition de cet électorat, était autorisée à croire que sa proposition ne serait pas rejetée ; mais si le ministère prussien avait pu être décidé à entrer dans les vues de la France, la cour en avait adopté d’autres, et le roi avait cédé aux influences qui le pressaient de toutes parts. La liaison de ce prince avec l'empereur Alexandre le lènaU dans un état douteux qui s'opposait à toute résolution énergique de sa part. Attiré vers la France par une politique bien entendue, rappelé vers l'empereur Alexandre par des sentiments personnels d'aOcction , il semblait avoir juré de ne se battre jamais ni contre la France ni contre la Russie, * position la plus fausse de toutes, et qui doit le conduire à se battre , tour à tour et malgré lui , contre l’une et l'autre puissances.

dans la famille royale elle-même, une bienveillanee qui n’était pas inutile pour le lervicc du gouvernement français. Cette légation fut, en 1805, remplacée par des hommes fort habiles assurément, mais qui n’avaient pas l'avantage d’une longue connaissance du terrain ni d'une faveur acquise.

’ Derniers jours de juillet.

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