CHAPITRE XXXIII
• INTÉRIEUR
FiiiaQce$de U France. — Nouveaux atatula de la banque de France. — Budget de 1805. — Financca de l’Anglelerre. •— Effets de la guerre pour l’Augleterre comnie pour la France. — Rigueurs financières du premier consul. — Commerce et industrie. — Législation. — Administration. — Établissement de succursales pour l'hAtel des Invalides. — Camp de Vétérans. — Prytanée français. — Auditeurs au conseil d'État. — École de Compiègne. — Nouvelle organisation de l'Institut. — Égards pour le clergé. — Exposé de la situation de la république. — Travaux publics. — Distribution des récompenses. — Rétablissement de la fête de Jeanne-d’Arc h Orléans. — Tact heureux dans les choix du premier consul. — Création des sénatoreries. — Fixation du mode d’ouverture pour le corps législatif. — Indices d'un changement prochain dans la forme du goiivernemcut. — Exil de madame de Staël. — Excitation des puissances étrangères à l'établissement de l'hérédité en France. — Recherches des causes qui ont donné lieu à la lettre du roi, du 33 février 1803. — Assertion de M. de Bourrienne. — Importance de l'exactitude des dates. — Texte de la lettre du roi. — Explications du prisonnier de Sainte-Hélène sur la lettre du roi. — Communication de la cour de Berlin relative aux Bourbons. — Habileté de S. H. Louis XVIII A saisir l'à-propos. — Dissolution de la France extérieure.
L’ittfluctice désaslrcDsc que le désordre des fitiatices ovail exercée sur l'ancienne niotiarcbie, était pour le premier consul une leçon conslainmcnl présente qui le rendait allcnlif à tout ce qui intéressait la richesse publique. La ponctualité, l'exacliludc, étaient d’ailleurs dans son caractère et dans ses habitudes. Aussi, rien de ce qui concernait la fortutie de l'État ou les fortunes privées n'échappait à son active surveillance. A l'approche de la rupture avec l'Angleterre, prévoyant une baisse inévitable des fonds publics, il s'était persuadé qu’il pourrait, sinon prévenir cet accident, du moins l'atténuer en faisant racheter des rentes par la caisse d'amortissement. Il affecta une somme de douze millions, pour être employée à ce rachat, à raison de quatre millions par jour pendant trois jours consécutifs. Malgré cet effort, la baisse fut ' de plus de dix pour cent; mais, les choses ayant été i abandonnées à leur cours naturel, la rente reprit | bientôt uu mouvement progressif, qui fut fortifié j encore par la publication des comptes de la caisse d'amortissement. Celte caisse avait, en l’an XI (1803), racheté plus de rentes que dans les trois années antérieures. Trois millions six cent mille livres de cinq pour cent étaient déjà inscrits, sous . son nom, au grand livre. Ainsi elle s'était, par ses opérations bien conduites, approprié le quatorzième
de la dette constituée; résultat important, apprécié par les spéculateurs de la bourse, et qui, avant la fln de l'année, ramena les eiïels publics aataux où ils étaient avant la déclaration de guerre.
Ce fut aussi dans l'intérét de la bourse et du commerce que le premier consul jugea néeessaire, en cette grave conjoncture, de revoir et de perfectionner les statuts de la banque de France. Au moment où il avait reconnu que le maintien de la paix devenait presque impossible, il avait conçu de vives inquiétudes sur la situation de la banque, présumant qu'elle avait fourni une grande partie j des fonds employés dans les expéditions maritimes. Pour s’éclairer à cet égard , sans avouer la cause de ses craintes, il avait demandé à un administrateur 1, digne de toute sa confiance, si les traites, que la banque avait reçues en échange de ses fonds, seraient payées dans le cas où tous les vaisseaux expédiés feraient naufrage; si leur protêt n’exposerait pas la banque à quelque catastrophe; si d'ailleurs les établissements parallèles, qui tenaient concurremment un bureau d’escompte ouvert à Paris, venant à éprouver une secousse, la banque de France ne serait pas ébranlée par le contre-coup. Les établissements de même nature alors existants
' M. Mollicn.