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INTÉRIEUR
étaient connus , l'un sous lo nom de cai$$e d'e$cûmptê du commerce, simple association de commerçants qui se prêtaient mutuellement leurs signatures; l'autre , sous le nom de comptoir copt’ mereial, escomptant les effets des commerçants en détail. Ces deux dernières banques avaient déjà subi quelques échecs. Le conflit de trois établissements, fabriquant une monnaie de papier, parut dangereux an premier consul. 11 y voyait une source de nombreuses banqueroutes, si quelque événement politique venait à contrarier le commerce dans ses expéditions , ses débouchés ou scs recouvrements. Selon lui, une monnaie artiflcielle, comme celle des banques, ne devait sortir que d'une seule fabrique. l.a surveillance d'une seule banque serait d'ailleurs plus facile pour le gouvernement. Ces idées, qu’il avait puisées dans des entretiens avec des hommes versés en ces matières, mais qu’il avait adoptées vivement , parce qu'elles répondaient à son goût pour la ceniralisation, devinrent la base d'un nouveau plan qui fut adopté pour la banque de Fraoce.
Un vice radical existait dans la première organisation de cette banque : c'élait le privilège accordé aux actionnaires de présenter des lellresde change revêtues seulement de deux signatures. Il s'agissait de faire disparaître cet abus. Ce ne fut pas sans quelque difficulté que les régents y consentirent, ils trouvaient très.convenabic qu'on leur donnât le droit exclusif de l'escompte en billets au porteur, faisant office de monnaie; conséquemment que l'on supprimât ta caisêo d'ticompte du commereo, et que l'un soumit à leur surveillance le comptoir commercial; mais ils oubliaient que la condition de trois signatures entre dans l'essence légale de toute lettre de change, et qu'aucune banque ne peut régulièrement en escompter d'autres. Le gouvernement pensa, non sans raison, qu'avant tout il devait donner des garanties aux porteurs do billets, c'est-à-dire au public, et que ces garanties seraient incomplètes, si les actionnaires restaient dispensés des conditions rigoureuses de l'escompte. Lajusiiee voulait en outre qu'en supprimant la caisse d'escompte du commerce, on ne dépouillât point d’avantages qui leur étaient légitimement acquis, les personnes intéressées dans cette caisse. On créa, en leur faveur, à la banque de France, quinze mille actions nouvelles, ce qui porta de trente millions à quarante-cinq, le capital de ses actionnaires. Quoique l'organisatioii que la banque reçut alors ne fût pas exempte d'imperfections, les changements qui venaient d’étre introduits avaient une utilité incontestable, et c'était an premier consul qu'appartenait le mérite de les avoir provoqués.
Les stipulations de plusieurs traités, dont nous avons parlé précédemment, expliquent comment le premier consul, avec un système d'impét assez modéré, pouvait satisfaire aux besoins de ses forces de terre et de mer. Le subside payé par l'Espagne et le Portugal, pour prix de leur neutralité, l'obligation imposée à la courde Naples de défrayer le corps français qui occupait quelques places de ce royaume, l'entretien d'un autre corps d'armée aux dépens de l'élcclorat d'Hanovre, U somme annuelle fournie au trésor par la république italienne, tous ces secours extérieurs formaient un allégement aux charges de la France. Grâce à ces produits de la politique et de la force, le premier consul était dispensé d'accrotlre les im|>ôls proportionnellement à l'augmentaliou de *4épenses qu'exigeaient le renouvellement de la guerre, de grands préparatifs maritimes et le maintien de l’armée de terre sur un pied toujours formidable.
Le revenu de l'année 1805 fut de cinq cent soixantc-onze millions à peu près, savoir : Contributions directes, 505,105,486 fr.
Régie de l'enregistrement, etc., 300,106,520 Douanes. 56,934,555
Postes, 11,305.300
Loterie, 15,536,671
Régie des salines, 3.500,000
Total général, 570,968,431 fr.
Celte somme était celle qui fut versée au trésor, déduction faite des frais de perception, et non compris les centimes additionnels affectés aux dépenses départementales. D'un autre côté, il convient d’observer aussi qu’alors l'ancienne France était déjà grossie, du moins sous le rapport financier, de vingt-deux départements nouveaux. Nous comprenons dans ce nombre les départements du Piémont et celui du Taro (duché de Parme), parre que les revenus de ces pays entraient dans les caisses françaises, avant que des actes solennels eussent prononcé leur réunion définitive.
C'élait un malheur pour l'humanitéque les deux puis^ces qui divisaient l'Europe trouvassent, dans la guerre même, l'aliment de la guerre; la France, le moyen de se passer d'emprunts, par la levée d'un impét extraordinaire sur plusieurs Étals soumis à son influence; l’Angleterre, le moyen de percevoir sur ses propres sujets des contributions plus fortes et de renouveler sans cesse ses emprunts. L’accroissement que vont éprouver, chaque année, les revenus du gouvernement anglais, constate que, pour ce gouvemement, à l'époque dont il s'agit, le monopole du commerce maritime a été en quelque sorte un état naturel,
) comme la piraterie est l'état naturel des régences
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