‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 136 sur 298 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

RÜPUBLiyUE ITALIEiNNE.

Coiicliisioii d'un concordai. — Conscription cl fjarde naiioiialc. — Orf'.'inisalinn adiniiiislralivc ci Judiciaire. — Inslrticlion publique. — Travaux publics. — Ecarts du patriotisme italien.

Los soins do la guerre et de la paix qui, bornes i à la France seule, semblaient tievoir absorber toute raltcntioii du premier consul, ne rcmpêcbaieiit point de trouver des heures et des jours pour la république italienne, dont il a accepte la présidence. Déjà d’importantes améliuratiuiis ont été opérées aussi dans cotte république. Pour l'Italie, plus encore que pour la France, la première pensée est due aux alTaires religieuses. Ce fut dans le but de ménager les esprits en ce sens, de plaire à la population et au clergé, que le président abolit le calendrier décadaire, en ayant soin de présen- | ter cette mesure comme un hommage rendu aux , usages, aux habitudes , surtout en ce qui concer- | nait le culte. Cette abolition n'eùt-elle pas clé con- I vcnabic en elle-même, elle était politique pour la ! localité. On ne manquera pas de remarquer que ’ cette initiative de la république italienne est le prélude évident de l’adoption de la même mesure en France. Seulement en France, celte adoption sera motivée par des raisons diirércnlcs, dont nous examinerons la valeur.

Le même esprit qui avait fait conclure pour la France le concordat de 1801 , amena pour la république italienne la conclusion irun concordat presque identique dans scs dispositions. L’acte | en fut signé à Paris, le 16 septembre 1803, par 1 M. Maresealehi, ministre des alTaires étrangères de ' cette république, cl le cardinal Caprara, légat du saint-siège.

Comme le premier consul avait, pour la France, fait accompagner le concordat par des articles organiques ayant pour objet de prévenir des extensions dangereuses de la part de la cour de Rome, le vice-président Mclzi, nourri des saines doctrines de l’évêque de Pisloic, Ricci, si sagement appliquées par Léopold en Toscane, publia, en même temps que le concordat italien, un décret tendant

de même à entourer l’autorité temporelle de légitimes barrières contre les empiétements du pouvoir ecclésiastique. Le pape en porta des plaintes au premier consul. Elles furent écoulées avec bienveillance, mais l’ouvrage de Melzi était trop sage pour n'étre pas maintenu.

Le premier consul n’eûl il fait que transporter en Italie une partie des institutions françaises, en les appropriant aux localités, il eût toujours été un bienfaiteur pour ce pays, et parmi ces bienfaits, le plus essentiel peut-être fut rétablissement delà conscription militaire. Il n’y a nulle part de nationalité, sans une armée nationale. Pour que les populations, réunies sous le nom de république italienne, formassent un vrai corps de nation, il fallait que ces populations, précédemment soumises à diiïércnts maîtres, déshabituées du maniement des armes, des fatigues de la marche cl des dangers du champ de bataille, comprissent qu’elles avaient maintenant une patrie commune cl que tout citoyen se devait à sa défense. Déjà , il est vrai, des corps italiens s’étaient distingués en combattant à cùlé des Français; mais, dans le nouvel état de la république, il fallait plus, il fallait une armée complète, en rapport avec le besoin de la silrclé publique et le nombre des habitants. Une division de celle armée traversa la France, en 1803, pour aller camper, avec les troupes françaises, sur Icscôlcs de l’Océan. L’apprentissage n’était pasdifficilc pour elle. Les modèles ne lui manquaient pas.

Indépendamment de l’armée de ligne, l’organisation de la garde nationale dans toute la république italienne eut le double but de garantir l’ordre intérieur et d’inspirer du goût à la nation pour les exercices militaires.

L’administration fut, comme en France, divisée en préfectures et en sous préfcclurcs.

Ces peuples, dominés si longtemps par des mal-

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