‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 138 sur 298 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

INTÊniElR.

Rivalité «rnltenial* au droit dea gêna. — Indication des cvénemenia de 1804. — Participation de l'Angleterre aux complota contre le premier consul. — Conspiration de (îeorges, Pichogrii et Moreau. — Amalgame projeté d'éléments divers dans la conspiration. — Arrivée de Pirhegni à Paria. — Arrestation du général .Moreau. — Hésitations du premier con.sul avant d'ordonner l'arrestation de Moreau. — Déiiégalious de .Moreau. — Félicitations adressées au premier consul. — Réponse du premier consul. — Arrestation de Picliegru et de Georges. — Suspension du jury pour les crimes de trahison. — Arrestation du duc d'Eughien. — Circonstances qui ont appelé sur le due d'Engliien l'attention du gouvernement. — Rapports crroné.s, causes de l'arrestation du duc d'Enghien. — Inductions tirées de ces rapports par le premier consul. — Coïncidence des arincinents de l'Autriche avec les complots de l’Angleterre. — Examen de quelques assertions relatives .A l'arrestation du due d'Knghien.

— Réflexions probables du premier consul. — Ordres pour l'arrestation du duc d’Engliien et de Dumourie/.. — Violation, dans le jugement du duc d'Knghien, des formes prescrites par les lois. — Impression produite par la mort du duc d'Engliien. — Démission de M. de ChAteaubriand. — Réflexions sur la mort du duc d'Enghien. — Explications données par les divers mémoires de Sainte-Hélène. — Violation du territoire. — Appréciation des reproches faits aux pçinccs français. — Adoption du Code civil. — Conspiration de Drake. — Lettre de M. de Talleyrand aux amba.ss.adeiirs étrangers, et leurs réponses. — Fuite de M. Drake. — Fuite de M. Spcncer-Sinitli.

— Nouveau rapport du grand juge. — .M. Taylor, ministre d'.Angletcrre A Casscl. — Lettre de lord llawkesbiiry aux ambassadeurs étrangers. — Lettre de .M. de Talleyrand aux agents français au dehors.

Si chaque , innée devait avoir une désignation particulière, l'année 1804 pourrait, è juste titre, s'appeler l'année des conspirations et des altcntats au droit des gens. Dans cette fatale carrière d’infractions au droit des gens, l'initiative appartiendra au gouvernement anglais. Aux exécrables provocations de ce gouvernement, le premier consul fera une exécrable réponse. Les coups égarés de sa colère iront tomber sur une tête à laquelle ne devait pas s'étendre une si odieuse solidarité. D'un cùté , des tentatives d’assassinat contre le chef du gouvernement français, dirigées, soldées par le cabinet de Londres; des trames tendant au meurtre, ourdies par les agents diplomatiques de ce cabinet, et, pour couronner ces actions infâmes par d’infâmes maximes, ce même cabinet avouant avec audace les procédés coupables de ses agents, et érigeant en système le droit de profaner le caractère sacré des ambassadeurs par leur transformation en instruments d’embauchage et d’intrigues;

de l’autre côté, une violation de territoire, l’enlèvement d'un prince français qui devait se croire en sûreté sur tout autre sol que sur celui de la république, un jugement illégal et barbare jusque dans son exécution. Tels sont les douloureux tableaux que vont offrir les premiers mois de cette année.

liOngtemps Bonap.irte, devenu chef du gouvernement français, s'affermira par reffurt même des tempêtes que soulève contre lui le gouvernement anglais. I.a machine infernale l'avait fait consul à vie. Du consul à vie la conspiration de Georges, de l'ichegru et de Moreau, les complots ourdis par les agents anglais Drake et Spencer -Smith, font un empereur. Mais l’effet des événements qui vont se passer en France ne pourra pas rester renfermé dans la ligne de sa frontière. L'enlèvement du duc d'Enghien sur le territoire d'un État de l’empire germanique, et l'établissement en France de la dignité im|>ériale héréditaire, sont deux circonstan-

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