CHAPITRE \h
public la cumplicalioi) ik vingt constiuilioiis dif- ' rérentes, de vingt États divers dans un seul et I même Étal?
La malveillance de rAngleterre , qui se maniTcs* tait par la présence d'un agent d'insurrection i Bilbao, n’alla pas cependant jusqu’à Taire entrer, dans des communications olBcielles, les prétentions exprimées par cet agent. Dans ces commu- ' iiications, le gouvernement anglais se bornait à quelques plaintes et à des demandes d’explication.
Il reprochait au ministcrc espagnol de faire sur son littoral des diS|Kisitiuns défensives , et il récla' inait la cessation de toutes dispositions de cette nature. Il insii^lail surtout pour qu'il lui fût donné connaissance du traité de subsides conclu avec la France. La cour de Madrid répondait , sur le pre< iiiier point , qu’elle ne faisait, sur scs eûtes, qu'entretenir un étal de choses qui devait toujours être le même en temps de guerre et en temps de paix ; > sur le second point, elle opposait un refus à riti* [ terrogation anglaise. Du moment que le cabinet [ de Londres avait admis le principe que l’Espagne, CD rachetant, par une somme d'argent, l’obligation de concours qui lui était imposée par son alliance avec le gouvernement français, pouvait conserver sa neutralité, qu’importait à ce cabinet la quotité de la somme stipulée avec la France, tant que la neutralité était fidèlement observée, tant que la marine et (e commerce anglais continuaient à en recueillir tous les avantages? La neutralité était réelle. En ciïet, la France ayant fait quelques demandes que son observation rigoureuse ne com- |K)rtait pas, le ministère espagnol déclara ne pouvoir y déférer qu'autant qu'elles lui seraient faites par écrit. C'eût été autoriser l'Angleterre à des représailles; la France se désista de scs demandes. Telle était la situation des rapports entre les cours de lAindres et de Madrid , lorsque , dans cette dernière capitale, on apprit, par la voie de la France, l’alrucc agression d’une escadre anglaise contre quatre frégates espagnoles, naviguant sans défiance sous la protection de la paix.
I<e 1$ septembre , le capitaine de vaisseau Moore, montant le vaisseau l'infatigable, avec trois frégates sous ses ordres, avait attaqué, à la hauteur du cap Sainte-Marie , quatre galions espagnols venant de Monlc-A'ideo et chargés de valeurs considérables en lingots d'or ou d'argent et autres objets précieux. Dans le combat, une des frégates espagnoles sauta en l'air : son équipage, ses passagers, tout fut englouti dans les flots; les trois autres frégates, après avoir eu beaucoup d'hom-
' Mon boQorahle ami, M. de Vainlful, aiijoiirtfhiii inrinbrc dr la chambre de* dépiiit^, éianl alors secré-
mes tués et blessés , Rirent forcées de se rendre, et conduites dans le port de la Grande-Bretagne. Estil encore quelque différence entre Alger et les ports britanniques, entre le gouvernement anglais et les États barbaresques? Il ne tient pas à M. Fitl que la nation anglaise tout entière ne devienne une nation de pirates. Avec lui, elle s'accoutume à ne plus voir que le produit du pillage, sans en considérer l'origine; et la multitude, éblouie du spectacle des richesses espagnoles, applaudit à l’aspect de cette proie honteusement ensanglantée.
A la nouvelle de cet attentat , le chargé d'affaires de France en Espagne, M. de Vandeul t, devait, d'après les ordres reçus de son gouvernement, se rendre sur-le-champ à l'Escurial, oà se trouvaient le roi et son ministère; mais, le prince de la Paix étant à Madrid , il jugea qu’avant tout c'était des dispositions de celui-ci qu'il importait de s'assurer. Il court chez le prince, lui représente toute la noirceur de la perfidie britannique , et réveille en lui le vieux sentiment de l'honneur espagnol. Le prince de la Paix ressentit en effet une vive indignation d'un acte aussi odieux, et promit d'employer toute son influence pour en faire demander raison à la cour de I^ndres. « Je monterai à chcn val , dit-il , et je conduirai une armée à l’cmpei> reur à son camp de Boulogne. » Tout le ministère espagnol ne devait pas être aussi sensible à l'outrage. Cevallos parlkulièremcnl ne demandait pas mieux que de dévorer l’affront en silence et de rester en paix avec rAngleterre. Pour prévenir ou du moins affaiblir l’opposition de ce ministre, le prince rédigea par écrit sa profeeêion de fbi sur cc( événement comme sur les mesures qu’il convenait de prendre. Muni de cette pièce, H. de Vandeul se rendit à l'Escurial. La résistance de Cevailos fut très prononcée ; mais enfin il fallait rompre avec rAngleterre ou avec ta France. Le prince de la Paix, se prononçant pour l’alliance française, entraîna le cabinet; on accéda aux diverses <iemandes de l'empereur Napoléon. L'existence de la guerre fut reconnue; on expédia des ordres pour la défense des eûtes , pour l'armement des flottes, la saisie des bâtiments anglais, le séquestre des propriétés anglaises. On répugnait à l'arrestation des individus anglais qui pouvaient se trouver dans les Étals de S. M. catholique; on ne s'y décida qu’en apprenant que le régiment de Castille, destiné pour Majorque, venait d’élre enlevé par une croisière anglaise. Le prince de la Paix sentit en ce moment les fâcheuses suites d'une administration vicieuse, dont il aurait dès longtemps
taire cTambaaaade i Madrid, remplaraii le général Beurnoaville, abaenl par congé.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
élé en son poDvoir de corriger les désordres. Il | s'afliigea sur le dénùmeiit où se (rouraîenl les divers ministères et parlicalièremenl celui dont le i concours allait être le plus essentiel, le département de la marine.
Cependant l'empereur Napoléon, qui déjà, plus d'une fois, avait exprimé le désir de voir s'opérer quelques améliorations dans le gouvernement espagnol , était porté, par son propre intérêt, à le désirer plus vivement encore. Son ambassadeur en Espagne, Beurnonville , était momentanément â Paris. L'empereur lui donna personnellement des instructions dont voici la substance L L'Espagne peutlrouver, dans le changement de son organisa- j tion intérieure, des moyens inépuisables d'indus- ' trie, de fécondité et de richesses, par conséquent, ! de puissance et de force. C'est ce qu'il faut faire ' comprendre au prince de la Paix. Le moment est | opportun. Il faut saisir l'à- propos des nécessités | inévitables d'une guerre, pour entreprendre des réformes qui rencontreraient beaucoup plus d'obstacles dans des temps ordinaires. Les abus sont portés è un haut degré. I^urs progrès continuels sont de nature à faire craindre, pour l'État et pour la famille royale, les malheurs inséparables d'une révolution, c'est-à-dire, du passage violent d'un gouvernement engourdi et dégénéré, à un gouvernement renouvelé et aetif. C'est à l'homme investi de toute la confiance du roi, qu’il appartient de prévenir ces malheurs, de rajeunir et de fortifier la monarchie. Sous le rapport financier, le clergé offre au gouvernement de prompts et d'abondants secours, par la vente des biens de l'ordre de Malle, et de certaines dotations religieuses dont le pape a déjà autorisé l'aliénation. On se bornerait d'abord à obtenir des dons gratuits du haut clergé, des chapitres et des grands ordres monastiques, sauf i porter plus tard quelque réduction dan» des revenus trop exorbitants, et dans le nombre trop considérable des monastères. Avec le temps, on arriverait à la suppression des cloîtres, seul moyen efikaee pour restaurer complètement la monarchie, parle retour de la population et du travail. Cesopérations, conduites avec prudence, peuvent se réaliser non-seulement sans opposition do la part de la nation espagnole, mais même avec son approbation. Pour rendre le succès facile, il faut que la cour donne elle-même un noble exemple par sa renonciation à des dépenses excessives, qui sont une des sourcesdu mal existant. Cette amélioration, effectuée la première, donnerait au gouvernement de la force pour toutes les autres.
‘ Ce iexie ressori de pUitieiirs <lépér)ie« de fambes- MdeurPeiirtJoaville, ej pariicuiièrenienl de celle du ÎO novembre.
Quant à l'organisation militaire du pays, le princi|>e en est simple: réduire l'armée de terre, fortifier la marine. Sans doute l'Espagne doit avoir un noyau d'armée convenable pour sa sûreté et pour la dignité du Irène; mais dans l'état présent de l'Europe, le vrai, le seul champ de bataille pour elle, c'est l'Océan. C'est là qu'il peut lui être réservé de trouver de l'avantage et de la gloire pour ellemême, en se rendant utile à ses alliés. Tels étaient les conseils donnés à la cour de Madrid par l'empereur Napoléon. Dictés par l'intérél de la France, ils n'en étaient pas moins conformes à celui de l'Espagne.
Le prince de la Paix avait quelques moments d’une sorte d'exallalion, dont il semblait qu'on pourrait tirer avantage pour le bien du royaume. Il montra l'intention d'entreprendre le noble ouvrage auquel l'encourageait l'empereur Napoléon. Pour y réussir, il fallait un grand pouvoir, et ce fut le premier objet dont il s'occupa. L9 roi* U eAar^Mi de tratüUler en eon nom atee iee tniniêtree. Le voilà roi en effet, mais bientûl son ardeur se refroidit. TJn changement dans le personnel du ministère serait indispensable ; il a peur des difficultés que peut y mettre le roi. L'idée d’essayer une diminution dans les dépenses de la cour l'effraye bien plus encore; il craint, en ce cas, de voir tout rinlérieur du palais et la reine elle-même se tourner contre lui. Bientût, dans les divers avis do Napoléon, il n'en voit plus qu'un important à suivre. Le côté moral de la réforme le lente médiocrement. partie financière continue seule à le toucher; mais, dans le système de l'empereur, il aurait fallu semer, avant de vouloir recueillir. Les réductions dans la richesse du clergé n'auraicntdû être que la suite des réductions dans les dépenses de la cour et du gouvernement. Aussi le prince de la Paix n’ose-l-il adopter aucune mesure concernant le clergé en Europe. Toutes ses ressources se borneront à faire autoriser, par une cédule ^ royale, la vente de dotations religieuses dans les possessions américaines et aux Philippines. A force de voir un beau royaume si mal gouverné, sera-t-il étonnant qu'un jour l'empereur Napoléon, en lui donnant un gouvernement destine à suivre de meilleures maximes, croie obtenir l'assenliinent de la nation espagnole?
Le même jour ou le ministère britannique avait violé tous les droits de la paix, par un acte de barbarie empreint d'une lichecupidité, un ordre semblable était parti pour toutes les mers d'Europe et d'Amérique. Déjà les ports de l'Espagne sont bloqués. L'amiral Nelson a brûlé, devant Barcelone,
’ En janvier
CIIAPiTflE \l.
iniis bâtimé>nU venant de l'Inde. Il en fait brûler un quatrième jusque dans le |>ort de Palamos. Les instructions qu'il a reçues sont, « de couler bas » tous les navires au-dessus de cciit tonneaux, » d’envoyer les autres à Malte, et d'incendier les <• ports et rades d'Espagne. * Un convoi espagnol, portant à Majorque un régiment d'infanterie, est arrêté et enlevé par une croisière anglaise. C’est en pleine paix que toutes ces violences s’exécutent. Il semble qu'un cri d'indignation devrait s'élever de tous les coins de l'Europe, surtout de ces capitales si ardentes à exhaler un fler ressentiment pour la violation de quelques lieues de territoire continental; mais pimr l'Angleterre, le mépris du droit des gens a passe en privilège. Ce n’est pas sans raison que le ministère français a, par sa lettre du IS septembre, accusé le gouvernement anglais de travailler depuis cinquante ans à la deslrucUon de tout droit public. Pour PAngicterre du moins, Pœuvre est consommée , cl tous ses attentats sont admis comme légitimes, parce qu'ils ont pour eux la sanction de l’usage. Et celle même Europe s’agite, se soulève, quand la France se |>crmct, un seul jour, ce que pratique chaque jour le gouvernement anglais I
Mats par quels arguments M. Pitt jusliflcra-l*il ses procédés envers l'Espagne? Ses raisonnemciils ne sont pas moins dTroitlêsque scs actes. Il allègue d'abord que, comme, d’après le traité de Saint-Mdefonsc, l'Espagne était l'alliée de la France, il avait eu dès lors le droit de lui déclarer la guerre. Nous adinctlons ce droit; mais il fallait en user, il fallait déclarer la guerre cl faire une guerre loyale. Il ne fallait pas rcconiiaMrc la neutralité de l'Espagne et rester dans des relations amicales avec elle, ('/est par excès de ntodéralion, ajoute le inanifeslc, que le gouvernement anglais avait admis celle neutralité; mais il a voulu connaître ta quotité du subside payé par l'Espagne à la France, et l'Espagne n'a p.is voulu lui donner cette explication. A ce grief insigiiiüanl, il joint, comme il l'avait fait avec la France, la supimition mensongère de prétendus armements faits au Ferrol et dans d'autres ports. C'élail, dit-il, l'Espagne qui se préparait à la guerre, et, pour agir, elle n'altcndail que ses galions; mais comme ces imputations et d'autres encore ne pouvaient jamais justifler une attaque imprévue cl par surprise, il prétendait n'avoir pas use de déception envers l'Espagne, mais lui avoir fait connaflre depuis longtemps que, s’il avait de nouveau à se plaindre d’elle, il lui ferait la guerre aaits aucune autre déclaration. Lorsqu’un gouvernemenloseavancer, comme moyen justiticatif, une semblable doctrine et fonder sur cette doctrine un vcrilable droit,
D*est-ce pas sc jouer avec impudeur du bon sens des peuples et de la raison publique? Quoi! le gouvernement anglais a pu dire i l'Espagne ; Nous sommes en paix aujourd'hui; sur la foi de cette paix, vos vaisseaux couvrent les mers, une hospitalité réciproque accueille les bâtiments espagnols en Angleterre, les bâtiments anglais en Espagne, les deux cabinets négocient par des ambassadeurs accrédités de part et d'autre ; mais le jour où je le voudrai, demain , aujourd’hui même, j'entends, sans vous en prévenir, pouvoir saisir, couler bas, incendier, et sur merci sur terre, tout bâtiment, toute propriété espagnole. C'est ainsi que M. l'ill rédige ses manifestes!
Celui de l'Espagne n'avait besoin que d'exposer les faits. Dès les premiers moments de la rupture du traité d'Amiens, la cour do Madrid avait fait connaître à l’Angleterre sa position à l’égard du gouvernement français, et robligalion où elle était de payer k ce gouvernement un subside pécuniaire en échange des troupes et des navires qu'elle eût dû lui fournir. L'Angleterre était libre d'admcltre on de rejeter cet étal de choses. Elle l’avait admis. La paix subsistait donc entre les deux puissances. Rien n'annonçait qu'elle dût être troublée. Un ambassadeurd'Espagne, M. d’Anduaga, résidait à Londres, où il avait dos comoiunications fréquentes avec le cabinet britannique; un chargé d’alTaircs d’Angleterre. M. Frère, résidait à Madrid, c4 même il n'en partira que le 1 i novembre. Des bâtiments anglais de commerce étaient en assez grand nombre dans les ports d’Espagne. Les vaisseaux de guerre anglais recevaient eux-méraes des secours. C'est au milieu de toutes ces circonstanres, dont une seule suffirait pour constater l'étal de paix te plus solennel, que les frégates espagnoles sont attaquées. prises et conduites en Angleterre; c'est des rades amies de l'Espagne que sortent même quelques-uns des bâtiments qui vont, à la vue de ces mêmes rades, enlever ou détruire tout ce qui est propriété espagnole.
Quuiqu'en Anglclcrre une partie de la population, dcinoralisi'c par M. Pitt, s'attachât aux pn>fits seuls de la rupture avec l'Espagne, un sen- Ümenl d'honneur souleva dans le parlement de généreuses accusations contre de si cruels altcnlals. Le ministère, pour sc disculper, renvoya la même imputation à une partie de scs accusateurs qui, étant membres de l'avant dernière administration, avaient aussi participé à des mesures contraires à ce droit des gens, dont ils étaient maintenant les défenseurs. La récrimination était juste au moins jusqu'à un certain degré. Lord Grenvîlle, à qui le reproche s’adressait particulièrement, prétendit avec raison qu'il y avait une grande dilTé-
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rence entre un embargo rois sur des bOtirocnls stationnés dans les ports, cl une attaque de vive force en pleine mer. « Arrêter un navire, vous poun ver le relâcher. Séquestrez , saisissez la cargai- » son, vous pourrez indemniser le propriétaire. X Détenez, emprisonnez l'équipage, les portes du » cachot peuvent s’ouvrir. Mais pour un navire in- )i cendié, coulé bas, quel remède? Qui retirera du » sein de la mer les cadavres de trois cents victimes » assassinées en pleine paix, et saura les rendre â » la vie?... Les Français nous appellent une nation X mercantile, ils prétendent que la soif de l'or est X notre unique passion. N'ont-ils pas droit d’attri- :t bucr cette violence à notre avidité pour les pias- X très espagnoles? Ah ! plutôt avoir payé dix fois X la valeur de ces piastres fatales et n'avoir pas en- U taché l’honneur anglais d'une telle souillure! >• Le ministère fut mal défendu. Ses partisans euxmémes étaient forcés de reconnaître qu'il avait joint l'imprévoyance au crime ; que du moins en aduptanl un système de conduite aussi contraire à tous les droits reçus, il aurait dù envoyer, contre le convoi espagnol , des forces assez considérables pour que la résistance eût été in>possihle, cl que le sang n'eùl pas coulé pendant la présence des ambassadeurs respectifs à Madrid et à Londres.
Après de semblables faits, est-il besoin de retracer les violences isolées que la marine anglaise sc permettait à l'égard de toutes les puissances cl même des premières puissances de l'Europe? A peine la paix d'Amiens était rompue, que partout avait éclaté le mépris de l’Angleterre pour les pavillons neutres. Une croisière établie devant les Dardanelles arrêtait tous les bâtiments chargés de blé, pour les envoyer à Malte, et dans ce nombre il SC trouva des bâtiments autrichiens et des bâtiments russes. Dans le golfe Adriatique , des excès de tout genre se commettaient contre la neutralité de l'Autriche, et la cour de Vienne, au lieu de faire respecter l'indépendance de son pavillon et la sûreté de scs eûtes, payait une indemnité pour des barques italiennes illégalement vendues à Venise par les Anglais. Dans le port de Naples, le commandant d’une corvette anglaise faisait exécuter une visite sur des bâtiments hollandais, en alléguant qu'on y avait donné asile à des prisonniers français déserteurs de son bord. Sur les eûtes des États-Unis d'Amérique, des vaisseaux de guerre anglais maltraitaient des bâtiments américains et exerçaient h presse sur leurs équipages. Un corsaire anglais allait enlever un bâtiment hollandais jusque dans un port du Danemark; et sous le pré-
' On doit se «oiivcnir qu'il fout toujours distinguer le fait de la violation du territoire badois, seule question
texte du blocus des ports de France et de Hollande, ainsi que de l'embouchure de l’Elbe et du Weser, les bâtiments neutres étaient arrêtés, et particulièrement les bâtiments danois, soit en pleine mer, soit sur les eûtes, comme ayant contrevenu à ce blocus nominal et sans réalité. Toutes ces violences commises sur l'Océan, qui est le domaine commun des nations, et même dans les ports de plusieurs Étals neutres, n'étaicnt clies donc pas des violations du droit des gens, des violations de territoire aussi coupables et plus coupables même que l’excursion ' momentanée d’un détachement français à quelques lieues de la frontière de France? Cependant l'arrestation des bâtiments neutres était, en Angleterre, suivie d'une condamnation prompte. Les premiers bâtiments condamnés furent des bâtiments danois prévenus d'avoir enfreint le blocus de l’Elbe. Il y avait, entre le tribunal de l’amirauté et les tribunaux à l'usage des partis dans les révolutions, un point déplorable de conformité. Le principe de la loi étant inique, les juges prononçaient des sentences iniques, en sûreté de conscience. Toutes les rigueurs de l’application étaient pour les peuples dont rAnglctcrre ne pouvait faire ni <les alliés ni des mercenaires. Elle n’avait pas même dans le conimencemen l épargné le commerce de l’Autriche cl de la Russie. Elle s’adoucit pour ces puissances au moment où elle reprit l'espoir de les ramener à une coalition contre le gouvernement français.
S'il y avait eu quelque sincérité dans les fastueuses démonstrations faites par les cabinets de Pétersbourg cl de Stockholm, de leur tendre intérêt pour le maintien des droits des nations, était-ce à la suite de tant d'actes inexcusables et surtout de l’attcnlat contre l’Espagne que ces cabinets si scrupuleux devaient fortiGcr leurs rapports avec l'Angleterre et s'unir plus intimement à cette puissance? C’est avec le sang espagnol que M. Pilt a signé le subside accorde au roi de Suède et les propositions de subsides faites à la Russie. Depuis son retour à la direction des affaires, M. Pitl n'a pas interrompu un seul jour scs excitations auprès des grandes puissances européennes pour les armer contre le gouvernement français. En général, il y trouve des dispositions qui répondent aux siennes. On est aisément d’accord dans le projet de marcher encore une fois contre la France. Il n'y a de dissentiment que sur l'époque. L’Angleterre effrayée, plus qu'elle ne le dit, de la menace d'une invasion, voudrait sonner la charge à l'instant même pour une coalition nouvelle. La Russie sem-
qiii regardil le» piiiss.vncc» clrnngèrc*, «le l’événement qui en fut l.v «iiilc.