‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 162 sur 298 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

ble ne pas répugner à un niouTcmenl prochain. . L'Aulriche temporise. Une année et nicinc plus lui ! serait nécessaire encore pour avoir réparé toutes ! ses pertes précédentes. La Porte Ottomane est déjà . dans les filets de l’Angleterre. Les intrigues réunies des cabinets de Londres et de Pétersbourg sont parvenues à empêcher le divan de reconnaître l’/:mpcrcur des Français. L'ambassadeur de France, le général Brune, a quitté Constantinople, et le cabinet ottoman, entraîné loin de ses vrais intérêts, a renouvelé son alliance avec la Russie. Le présent ' est calme encore, mais c’est le calme qui précède ' les tempêtes. Si, à l’exception de la prise de Surinam et de rcniévement des frégates espagnoles, l’année 1801 a été improductive pour l’Angleterre, l’année qui va suivre lui offre de plus belles espérances. Les deux premières puissances du conti- ' nent vont prodiguer le sang de leurs peuples pour lui assurer le droit de régner exclusivement sur les mers et de se jouer de tous les droits des nations comme de la foi des traités.

Mais CCS éléments de guerre, que M. Pitt trouve

disposés d’avance, ne sont-ils pas l’ouvrage des fautes de Napoléon ? Le principe n’en est-il pas dans sa conduite arbitraire et violente? Ici je reconnais sans peine toutes scs fautes. Oui, c’est une faute, dont les suites sont un crime, que la violation du territoire de Bade; c’est une faute que la pénétrante allusion renfermée dans sa première réponse à la Russie; c’est une faute que l’amertume de ses sarcasmes contre le roi de Suède; mais ce sont des fautes en ce sens qu’il eût été plus honorable pour Napoléon de s’en abstenir. D'ailleurs ces fautes, prétexte de débats, n’en étaient pas le véritable sujet. Lorsque l’empereur de Russie et le roi de Suède ont ordonné le deuil à leur cour et à leurs ambassades pour la mort du duc d’Enghien, ils ont, de fait, déclaré la guerre à Napoléon. La fierté offensante de scs répliques n’a fait qu’avancer l'heure de l’action et précipiter la guerre, mais ses succès tiendront en partie à ce que la guerre aura été précipitée. Il est donc plus que douteux que les fautes qui lui sont reprochées, nuisibles pour sa gloire, l’aient été pour sa politique et pour sa fortune.

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