CHAPITRE XUV
POI.ITI01JF. EXTliRIF.t KF,.
Iiidiration des prineipniix cvéïicmciils de J804. — Démsrehe pour Ia paix auprès du roi d’Anglelerre. — Lellrc de Napolcun nu roi d’Anj5lclcrre. — Réponse du miiiislère anglais. — Résultat utile de la lettre au roi d'Angleterre. — .Mémoire iiu|>ortnnt du ministère britannique. — Fixation antieipée du sort de l'Italie par le cabinet de Londres. — Traité d’alliance entre la Russie et la Suède. — Lettre de rempcrcur Alexandre au roi de Prusse. — Mission du général russe AViniingenKle k Berlin. — Renvoi de l'ordre de Prusse au roi par Gustave IV. — Négociations éclatantes «le lu Russie A Londres, A Berlin et A Vienne. — Etablissement d’une nouvelle constitution en Hollande. — MutiFs du cliaugcment de In république italienne en royaume d’italie. — Communication préalable de ce changement A rAiitriebe. — Demande d’explication faite A rAiitriche. — Olfre de la couronne d’Italie A Napoléon. — Réponse de Napoléon. — Communications données nu sénat relativement au royaume d’Italie. — l.ettrc de Napoléon A l’empereur François relativement au royaume d’Italie. — Plaintes portées A Vienne par Napoléon. — Réponse de l'Autricbe aux plaintes de la France. — Triomphe du parti de la guerre A Vienne.
Si, dans la vie de rcm{>crcur Napoléon, l'année 1803 c.st l'une des plus remarquables par la multiplicité et la grandeur des événements qu'elle voit éclore, elle se distingue aussi entre toutes les autres par un caractère d'unité qui lui donne une rorme régulière et complète. Dans ce cercle de temps, une grande action commence, s'engage, se développe, subit sa crise et arrive à son dénoùmenl. Comme l'année nouvelle a reçu le continent en paix de l'année qui la précède, elle rend le continent en paix à l'année qui la suit, mais elle le rend modiGé par une guerre prodigieuse, elle le rend avec une force nouvelle, avec de nombreux changetnenis dans les limites d'un grand nombre d'États et dans les rapports respectifs de diverses puissances. I.'cspril s'effraye à l'aspect de la masse confuse de faits qui s'offrent à lui. Ces faits se pressent, se poussent, s'entassent ; ils remplissent tous les jours, toutes les heures.
Napoléon fait une tentative de négociation auprès de l'Angleterre. réponse de l'Angleterre annonce l'existence de liaisons déjà formées entre elle et plusieurs puissances continentales. Les négociations du cabinet de Londres avec ces puissances se poursuivent ; on est d'accord sur les in-
tentions; on se concerte sur les moyens; on marchande sur la quotité des subsides; les traités se concluent ; les plans de campagne se débattent, et, pendant les préparatifs de guerre, l'appât d'une fausse négociation est offert à la France par la Russie, puis retiré sous un vain prétexte, puis présenté ensuite par l'Autriche, toujours dans le but d'attendre le terme des armements.
Cependant, du cété de Napoléon, même activité à se préparer des armes, à augmenter ses forces, soit pour prévenir l'.Anglelerre par une attaque dans scs foyers, soit pour résister au débordement des puissances continentales ; continuation énergique de ses mesures maritimes; nouveau traité avec l'Espagne pour le contingent de forces navales qu'elle doit fournir; liens nouveaux et plus étroits I entre la France et les États qui dépendent d'elle;
I introduction d'une constitution simpliQée en llol- ' lande; voyage de Napoléon à Milan; son couronnement comme roi d'Italie; incorporation de la république ligurienne à l'empire français; assignaj tion de Lucques et de Piombino à des princes de I sa famille; organisation administrative des États : de Parme et de Plaisance; vains efforts pour déci- I derà l'alliance française le cabinet prussien, plus
POLITIQUE EXTÉRIEURE
que suspect dans sa neutralité ; et enOn , pour résultat des dispositions faites, à l’ombre de la paix, par les diverses puissances du continent, levée du camp de Boulogne par Napoléon , invasion de la Bavière par l'Autriche, et ouverture d’une campagne inouïe, qui en deux mois conduit Napoléon à Vienne, le montre à l’Europe triomphant de deux empereurs dans une seule bataille , amène à son bivac l’cnipcrcur d’Autriche, renvoie en Russie l’empereur Alexandre, force le roi de Prusse, pour prix d’une courte défection, à devenir l’allié de la France contre qui ses armées sont en marche, et, avant la 6n du troisième mois, dicte la paix à l’empereur François II. La paix dépouille ce prince d’une partie de ses possessions, en grossit des Etats voisins , dissout le corps germanique , et met la maison d’Autriche dans la nécessité de renoncer peu de temps après au titre d’enipereur d’Allemagne. Ainsi se terminent pour les alliés de l’Angleterre les projets gigantesques de M. Pitt; mais l’Angleterre a été sauvée de l’invasion , et elle est consolée des souffrances du continent par la bataille de Trafalgar.
Pour connaître Napoléon tout entier, il faudrait le voir le même Jour, dans les memes heures, discutant toutes les questions relatives à la guerre, depuis les plans de campagne, l’artillerie, le génie, la composition de l’armée et ses mouvements, Jusqu’à la chaussure et à la giberne du soldat ; réglant toutes les parties de la marine, depuis les combinaisons générales, l’expédition et le retour des escadres, Jusqu’à rarmement de la dernière de ses chaloupes canonnières; parcourant toutes les parties de l’administration, depuis la direction du ministère de l’intérieur Jusqu’à la réparation de l’église du village; toutes les parties de la politique, depuis ses négociations avec les États les plus puissants Jusqu’aux soins à prendre pour s’assurer des Étals les plus faibles; eiiGii traitant ces diverses matières et une foule d'autres avec la même connaissance de l’ensemble cl des détails, avec la même fidélité de mémoire, la même netteté d’idée, que si chacun des départements ministériels eût été pour lui l’objet d’une étude exclusive. Comme ces tableaux synoptiques , si agréables au coup d’œil, ne peuvent cependant entrer dans l’esprit qu’en étant présentés par portions successives. Je vais lâcher de diviser les questions de manière qu’elles puissent être saisies et comprises séparément, sans nuire à leur simultanéité.
L’exposé de la situation de la France, communiqué, le 31 décembre, au corps législatif, se terminait par quelques mots qui ne pennellaient pas trop d’espérer une paix prochaine, la France déclarant U qu’elle u’accepterait Jamais d’autres con-
n ditions que celles du traité d’Amiens , « et supposant que l’Angleterre serait réduite à subir cette nécessité par la conviction u de l’impuissance de » scs efforts pour agiter le continent. » Or, cette conviction, rAnglelcrre ne devait pas l’acquérir; et le repos du continent, auquel le gouvernement françaisaffeclail de croire, n’était rien inoinsqii’assuré. Dans ces circonstances, la politique vint inspirer à Napoléon une de ces démarches inusitées, qui quelquefois réussissent; qui , sans réussir, ont de l’éclat, de la grandeur, et presque toujours, même en manquant le but annoncé, amènent accidentellement des explications et des découvertes utiles. Premier consul , il avait proposé la paix au roi d’Angleterre; et ce prince, après l’avoir refusée, avait été contraint de la subir. Il la lui propose de même comme empereur. Il sait fort bien, aujourd'hui comme en 1800, que le monarque anglais ne lui répondra pas directement; mais il est placé assez haut pour ne pas craindre les apparences du dédain. Une lettre de lui, bientôt publiée, quelle que soit la manière dont elle aura été accueillie, aura toujours son résultat indépendamment de la nature de la réponse, et peut-être le contraste même de la réponse avec la lettre ne fera que mieux remplir l’objet qu’il s’était proposé.
Après avoir dit qu’appelé au trône par le vœu de la France, son premier scnlin)cnl est un vœu de paix. Napoléon ajoute : u La France et l'Angleterre » usent leur prospérité ; elles peuvent lutter des » siècles; mais leurs gouvernements remplissent- .1 ils bien le plus sacré de leurs devoirs?... Je n'at- » tache point de déshonneur à faire le premierpas: » J’ai assez. Je pense, prouvé au monde que je ne » redoute aucune des chances de la guerre. Elle » ne m’offre d’ailleurs rien que Je doive redouter. » La paix est le vœu de mon cœur; mais la guerre » n’a Jamais été contraire à ma gloire. Je conjure Il Votre Majesté de ne pas se refuser au bonheur de Il donner elle-même la paix... Votre Majesté a plus » gagné depuis dix ans en territoire cl en riches- » scs que l’Europe n’a d’étendue. Sa nation est au Il plus haut point de prospérité. Que veut -elle cs- I) pércr de la guerre? Coaliser quelques puissan- K ces du continent? Le coutincut restera Iran- » quille : une coalition ne ferait qu’accroître la Il prépondérance et la grandeur continentale de la » France. Renouveler des troubles intérieurs? Les » temps ne sont plus les mêmes. Détruire nos fi- » nanccs? Des finances fondées sur unebonneagri- » culture ne se détruisent Jamais. Enlever à la » France scs colonies? Les colonies sont pour la I» France un objet secondaire; et Votre Alajcslé Il n’en possède- l-cllc pas déjà plus qu’elle n’en peut Il garder? Si Votre Majesté veut elle-même y sou-
CUAPITRE XLIV.
Il ger, clic verra que la guerre est sans but, sans Il aucun résultat présumable pour cllé. Eli! quelle Il triste perspective de faire battre les peuples pour n qu’ils se battent ! Le monde est assez grand pour » que nos deux nations puissent y vivre, et la rai- II son a assez de puissance pour qu’on trouve les Il moyens de tout concilier, si de part et d’autre on K en a la volonté. »
Le ton de cette lettre, il faut l’avouer, n’est pas celui qui était précédemment d’usage entre les têtes couronnées. Il est celui qui convientà la royauté réelle, à la royauté qui ne se joue point dans des formules insignifiantes, mais qui va franchement à son but. Ce mode de langage que des puristes d’étiquette ont critiqué avec le dédain de l'ironie, les rois les plus sages l’ont imité; et, si l’on comparait les correspondances royales ‘ depuis vingt ans avec les mêmes correspondances dans les temps antérieurs, on y trouverait un changement remarquable, tout à ravantage de la raison et du bon sens, opéré par l’inllucncc des communications des princes avec Napoléon.
La réponse du ministère britannique, en 18011, n’eut point le caractère injurieux de sa réponse en 1800; mais elle ne fut pas plus satisfaisante quant à l’objet essentiel de la proposition française. Le ministère britannique témoignant que la paix, pour remplir les voeux de S. M. le roi de la Grande-Bretagne, devait être fondée sur des arrangements qui pussent pourvoir à la silrcté cl à la tranquillité à venir de l'Europe , déclarait « qu’il était impossi- » ble à Sa Majesté de répondre plus particulièrc- » ment à l’ouverture qui lui avait été faite, jusqu’à Il ce qu’elle eût eu le temps de communiquer avec n les puissances du continent, avec lesquelles elle se >■ trouvait engagée par des raisons et des rapports » confidentiels, et particulièrement avec l’cmpc- » reur de llussic, qui avait donné les preuves les plus M fortes de la sagesse et de l'élévation des senti- » ments dont il était animé et du vif intérêt qu'il » prenait à la sûreté et à l'indépendance de l’Piu- » ropc. i> Cette réponse n'était rien moins que pacifique. Le gouvernement français parut ne la regarder que comme vague et sans détermination, mais il sut en apprécier la signification cITectivc. Du reste, le but de Napoléon était atteint au moins dans l’une de scs parties. Il avait montréà la France cl à l’Europe qu’il ne demandait pas mieux que d’entrer en négociation. Sa lettre et la réponse du
’ L'usage «les rois d'Angleterre de ne correspondre que par la voie de leur ininisicre est la seule méthode raisonnable pour tout gouvernement représentatif. Napoléon écrivait aux monarques étrangers, parce qu'il était lui-même son premier ministre; mais il n'est pas
gouvernement anglais furent soumises au sénat, au tribunat et au corps législatif, et le résultat de sa publication fut, de la part de ces corps comme de toute la France , un redoublement d'ardeur à seconder le chef de l’État pour combattre et scs ennemis actuels et les alliés nouveaux que les Anglais pourraient amener dans l’arène avec eux. Sous un autre rapport , la démarche de Napoléon n’avait pas été non plus inutile.
L’empereur sait maintenant, par l'aveu du gouvernement anglais, ce qu'il ne savait que par conjecture, l’existence de liaisons et de rapports conndcnticls entre cette puissance et des puissances continentales, nommément la Russie. Dès ce moment il est en état de juger ce qu'il doit attendre des cabinets réunis de Pélersbourg et de Londres. Déjà nous avons vu quelles demandes ou plutôt quelles sommations la Russie a osé lui faire. Il peut prévoir que les sommations de la Russie agissant seule sont le minimum des prétentions que formeront la Russie et rAngletcrrc ensemble. A l'égard de ces deux puissances, la France n’a rien à espérer. En ce qui concerne l’Autriche, le doute peut subsister encore; mais il ne subsiste qu’en un sens. Ou le cabinet autrichien se croit en état dès à présent de faire la guerre avec avantage, ou il croit avoir besoin, pour s’y préparer, d’un an ou deux de plus. C'est ainsi seulement que la question peut SC poser à Vienne. Napoléon part de ce principe. Si la résolution de la guerre est prise, il n’a plus rien à ménager. Si elle est ajournée par un calcul d’impuissance, il lui importe, dans ce cas, de mettre à profit tous les moyens existants pour accroître scs forces, et il le peut faire sans craindre que (les circonstances accessoires fassent revenir sur une détermination qui a son principe dans des considérations d’intérêt direct et de nécessité. De ce raisonnement et des notions plus ou moins précises qu'il va recevoir sur les desseins de la Russie et de l'Angleterre sortiront les entreprises que nous allons bientôt le voir exécuter en Italie.
Toutes les batteries diplomatiques jouent en même temps et partout contre la France. Un envoyé confidentiel de l'empereur Alexandre est à I.ondres, .M. de Nowosilsof. L'ambassadeur anglais, Arthur Paget, agit à Vienne; mais l'action la plus forte du cabinet anglais sur l'Autriche passe par Pétersbourg. Le comte de Stadion , ambassadeur d’Autriche en Russie , le comte Rasumowski , am-
dr l'intérêt des peuple» qu'il en »oit ainsi là oû il existe un régime rnnstitutionncl. Toute responsabilité ministérielle serait détruite par la correspondance directe des souverains.
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l’OUTinUK EXTÉRIEI'HF.
bassadear do Russie en Aulricbc , haïssent l’un et l'autre la France et respirent également la guerre. De touscétés unrenl de guerre souffle survienne; et le vice-chancelier comte Louis de CobentzLqui parlui-méme eût désiré peul-éire retarder ta lutte pour être en état de Ir soutenir mieux « se défend mal contre une impulsion venant du cabinet russe, pour lequel ii a toujours eu une prédilection particulièrc. Tout se borne encore à des projets, mais sur les bases de ces projets, les cabinets de Saint- James, de Pétersbourg et de Vienne sont déjé d'accord. Il ne reste en quelque sorte à s'entendre que sur le mode d’exécution. La preuve en existe dans un mémoire ^ remis, te 19 janvier, par le ministère britannique à l'ambassadeur de Russie à Londres. Dans le degré de maturité auquel les choses avaient déji été conduites , ainsi que le prouve ce mémoire, on voit qu'elles avaient été nécessairement le sujet de beaucoup d'explications antérieures. Trois points principaux ont été adoptes, en voici la substance:
1<» Réduire ta France à eee anciennet limilee , teUee qu'etlee exiitaieni avant la révolution}
Former, par la distribution des pays enlevés i la France, une forte barrière contre elle;
3* Convenir d'un système général de droit public pour l'Furope.
Les deux derniers points présupposent , ce qui est le plus difficile, la réalisation du premier. Aussi le ministère britannique dit -il avec une pleine franchise : « Le premier de ces objets est ccrlai- M nement celui que les vœux de Sa Majesté, ceux » de l'empereur (de Russie), voudraient voir éU- N bli sans aucune modifîcalinn ni exception, et • rièn de moine ne pourrait complètement satis- » faire les vues que les deux souverains ont pour B la délivrance et la sécurité de l'Europe. » Voilà un premier fait qui , par rapport à l'Angleterre et à la Russie, ne souiTre pas de contestation. L'accord de l’Autriche avec ces deux puissances est-il également certain ? Le même mémoire va éclaircir ce doute. « Sa Majesté, dit le minislcrc britaimi- B que, voit arec plaisir, par les communications B secrètes et conlidcntielles que Votre Excellence B vient de transmettre, que les rues de la cour de B Vienne sont parfaitement d'accorrl avec ce prin- » cipc, cl que l’extension, à laquelle cette cour ■ vise, peut non -seulement être admise avec sû- B reté, mais que, pour l'intérét général, on peut en- » core y ajouter, n Ainsi des explications secrètes et conÛdcnUclles, transmises à Londres par la voie
* Publié «n mai 1815 par ordre du priDce-régrni de ta Grande-Bretagne, rapporté par Schvll, Recueil de pièces officielles, tome Vil, page 59.
de la Russie, ont déjà donné la certitude de rassentiment de l'Aulriche; les idées d'extension de cette dernière puissance ont déjà été émises, et tes deux autres cours sont disposées à la satisfaire, à lui accorder même plus qu'elle ne demande.
Comme, dans le cours de cette année , la transformation de la république italienne en royaume d'Italie, et la réunion de la république ligurienne à l'empire français, seront les griefs sur lesquels rAotriche et la Russie motiveront leur levée de boucliers contre Napoléon, nous devons faire remarquer encore que , par le mémoire britannique, le sort futur de ces deux pays a aussi été fixé d'avance. Il était déjà décidé que « les provinces cornn posant ce qu'on appelle république italienne, B seraient données à d’autres souverains,» et que, M sur ce principe , la totalité du territoire compo- B sanl la république ligurienne , pourrait être réu- » nie au Piémont. » Napoléon va bientôt aussi porter son attention sur ces deux républiques. Quand déjà il a été résolu de disposer, à son préjudice , de l'une cl de l’autre , cst-il donc si répréhensible de s’afîcrmir dans celle qu'il possède, et de s’assurer de celle qu'il ne possède pas encore?
I.e 14 do même mois de janvier, un traité d’alliance avait été signé entre la Russie et la Suède, dans le but , disait le traité , de maintenir l'équilibre entre les puissances de l'Europe, et de garantir rindé|>endance de l’Allemagne. En conséquence de ce traité , un corps d'armée russe dcvaildébarquer dans la Poméranie pour y agir sous le commatidemcnldu roi de Suède. Cette alliance deviut une source d'embarras pour la Prusse : tout récemment la Russie avait donné une sorte d'adhésion à l'arrangement convenu entre la cour de Berlin et le gouvernement français , pour la conservation de la tranquillité dans le nord de l'Allemagric; mais aussitôt après la conclusion de ce traité avec la Suède , l'empereur Alexandre changea , sans scrupule, de principes et de conduite.
Ce changement sc manifesta par une lettre que Pun des aides de camp de ce prince, le général AVinxingerude , fut chargé d’ap|H)rtcr à Berlin, ou il arriva le janvier. Dans cette lettre d’un style tout nouveau à l'égard de Frédcric-Guillaume , le monarque russe déclarait ne pouvoir souffrir b que B qui que ^ ce fût prétendit s’arroger la supréman tic sur les alliances d’un souverain indépendant, » plein d'intentions généreuses pour la liberté des B peuples de l'Allemagne, auxquels une neutralité B trop vantée avait peu proGlé en paroles, et nul-
* Celte lettre a été rapportée par le marquis deLuccbesioi.