CHAPITRE XUV
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Il SC plaignait * üc la conduite plus qu’indiscrète d'un igenl autrichien près la république italienne; da départ de l’ambassadeur Philippe de Cobenlzl , qui s'éloignait de Paris pour faire un voyage en Hollande; de l’augmentation des troupes autrichiennes sur la froiiliérc de l'Italie, tandis qu’en France au contraire on avait suspendu la marche de celles qui avaient cette destination;de l’activité fort suspecte des communications du cabinet de | Vienne avec celui de Pôlersbourg. dont les liaisons ' avec l’Angleterre n'claient pas douteuses; cnÜn il * désirait savoir si l'empereur d'Allemagne voulait , ou non le maintien de la bonne intelligence entre > les deux Étals. La vivacité de ces demandes était autorisée par l’aspccl belliqueux de la cour de Vienne où tout annonçait une rupture prochaine. I.a guerre contre la France étant déjà décidée : dans les salons il était à peu près certain que le gouvernement, résolu à la faire, n'en retardait la déclaration que pour en mieux préparer les moyens.
Les réponses du comte de CobentzI sur ces diverses questions furent vagues et insignilianles. Il atténuait les torts de l'agent autrichien i Milan , imputait à pure curiosité le voyage de l’ambassadeur Philippe de Cobenlzl en Hollande, et renvoyait à la France le reproche qu'elle faisait à l'Autriche de porter des forces considérables en Italie. Relative- I lueiilaux intentions de rempcrcursun maître pour I le maintien de la paix, il s'en référait aux senti- | menu exprimés dans la dernière lettre de S. M. impériale à l’empereur Napoléon, et, quant à la fréquence exlraordinjiirc de communications avec la Russie, le gouvernement français, loin d'en prendre ombrage , devrait y voir un heureux acheminement à la conciliation des puissances impliquées dans la guerre maritime. Ce langage dérisoire ne l>ouvail manquer d'étre compris, d'autant plus qu’il avait un commentaire fort intelligible dans les
’ Lettre da miniitère français, datée de Turin le 18 avril.
* Surtout dans relui de madame de Rombci k, wrur du vice-cbaDcdier comte de Cobenlzl, uloo qui était le rcudez-TOUs du parti anglais et russe.
changements que venait de subir le ministère autrichien.
On serait dans une grave erreur, si l’on supposait que celle soif de la guerre, manifestée dans les hautes régions de la capitale de l'Âulriche, fût le moins du monde partagée par la masse des habitants. Le parti de la raison et de la paix avait pour lui la nation presque tout entière et l'archiduc Charles. Ce qui formait le parti de la passion et du la guerre, c’clait la corruption étrangère et f*oligarchie. Tout en désirant la grandeur de sa maison , et par suite de ce même désir, l’archiduc Charles, qui peut-être eût conseillé la guerre dans des temps plus opportuns, ne voulait point une guerre actuelle, parce qu'il n’y voyait ni des motifs impérieux ni des probabilités suIRsanles de succès. Le parti contraire étant devenu le plus fort dans le cabinet impérial, l'archiduc avait quitté ^ la présidence du conseil de guerre. On lui avait donné pour successeur le général Raillel de la Tour. Le prince de Schwarzemborg avait clé nommé vice -président de ce conseil. De ce moment, les préparatifs de guerre ont pris une activité nouvelle. Un nouveau mode de conscription * a été décrété par l'empereur. On presse partout les I levées d'hommes et de chevaux. On dispose des emplois militaires, on règle les commandements. L’oligarchie, aussi peu heureuse dans ses prédilections que dans scs haines, en inéine temps qu'elle écarte l’archiduc Charles, prend pour son héros le géticral Mack, sur le compte duquel la honteuse expédition de 1799 n'a pu encore la désabuser. Mack est nommé quarlicr-maltrc général de l'armée. Tous ces faits sont connus de Napoléon. De Milan, où il va recevoir ta couronne royale, il voit tout ce qui se passe à Vienne; il y voit le résultat évident d'un accord déjà formé avec Pélersbourg et Londres. Lui rcsie-l-il encore des ménagements à garder? On jugera si celle réflexion, si naturelle dans la situation où il se trouve, n’a pas dù influer sur les mesures qu’il va prendre à l’égard de quelques Etals d'Italie.
* Le St mars.
* Le 7 avril.