‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 178 sur 298 · INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR

soin de conserver les trois collèges des pos$identi, des dota et des commerMianti, conception, dit iro* niqaemenl l’Iiistoricn dTUlic, qu'il afféctioimaU beaucoup parce qu'elle était son ouvrage. Sans eiaininer ici la question du meilleur système électoral, celui-ci est loin de paraître mériter un semblable dédain.

Napoléon ouvrit la session du corps législatif. Des commissions furent nommées pour préparer l'application du code civil des Français au royaume d'Italie, et pour rédiger le projet tant d'un code de procédure civile que d'un code de commerce. Un budget de cent millions fut volé pour les dépenses annuelles. Vingt-neuf millions étaient absorbés par le département de la guerre, en y comprenant la garde royale. La IfSta civile montait i six millions. Le reste était réparti entre les autres départements. Des sommes spéciales étaient afTcelées i la formation d'élabliasemcnls d'utilité publique ou à des travaux d'un grand intérêt, comme des routes et des canaux. Nulle part en Europe il n'existe un cfirps de royaume, dépendant du chef d'une grande monarchie, qui soit traité aussi génércasemcntque l'a été le royaume d'Italie par Napo* léon.C'élailaubien-élredupaysqucsc consacraient ses revenus, cl la portion de ces revenus royaux,vcrséedans le trésor impérial,étaiielle*mémc employée à la solde des corps français qui coopéraient à sa défense. La liste civile ne formait pas exception. Elle payait sur les lieux la maison du roi, l'entretien de ses palais et toutes les dépenses de la viceroyauté. Si Napoléon fut pour les Lombards un maître absolu, ce ne fut pas du moins un maître avare qui s'enrichit de leurs dépouilles. Combien, avant et depuis ce nouveau roi, cette contrée a payé plus cher une plus dure tyrannie ! Les semences que Napoléon a jetées sur lesol italien tendaient toutes à relever une belle population, longtemps déformée par un despotisme avilissant. Son despotisme, contraire en tout au despotisme autrichien, aspirait à propager l'instruction, à faire des hommes, à mHiliplier les braves. Voues par leurs maîtres précédents i un engourdissement qui garantissait en eux la docilité de l'esclavage, les peuples d'Italie avaient besoin d’étre rappelés, avec une sorte de violence, aux vertirt guerrières. Napoléon ne manquait pas de leur répéter souvent que i la N force des armes est le principal soutien des Étals. » Il est temps, leur disait-il dans ses proclamations, » que cette jeunesse qui languit danrl'oisiveté des » grandes villes, cesse de craindre les fatigues et % les dangers de la guerre. » Sa voix ne retentit pas en vain; la jeunesse des villes quitta ses molles habitudes et se fit bientôt remarquer sous les drapeaux italiens ennoblis par U fraternité des dra-

peaux français. Le royaume d'Ilalie, malgré la brièveté de son apparilino dans le monde politique, eut du moins une glorieuse existence, soumis, il est vrai, comme l'empire français, à une volonté toutepuissante, mais à une volonté qui ne dégradait pas l'espèce humaine, puisqu'elle n’avait pour but que d'éclairer les intelligences et de développer les courages.

Un autre bienfait de l'empereur envers le royaume fut de lui conserver pure et intacte sa nalionalité. Pour peu qu'il y eût laissé jour i l'ambition individuelle des Français, on cAl vu arriver en foule ces aventuriers qui, n'ayant pu se créer une existence honorable dans leur patrie, sont toujours prêts k tâcher de s'en faire nne aux dépens des pays étrangers. Dans le royaume d'Italie, honneurs, dignités, émoluments, tout fut réservé aux Italiens. Pas un administrateur, pas un magistral qui ne fût indigène. Deux ou trois exceptions seulement et pour des causes spéciales ne firent que consacrer mieux la régie qui fut rigoureusement observée.

transformation de la république en royaume n'avait pas manqué de fournir A la Russie et à l'Angleterre on nouveau texte de clameurs contre Napoléon.* Quoique , par les publications du mois de mars, les esprits fussent préparés à cet événement, les cris redoublèrent au moment de l'exécution. Nous avons dit comment la communication en avait été accueillie par l'Aulricbc. Tous les autres Étals du continent, la Russie exceptée, avaient exprimé une adhésion formelle par la présence de leurs ambassadeurs à Milan. Aux plaintes anglaises et russes, la France opposait des réponses qui n'étaient pas toutes sans solidité.

Le titre de république italienne avait été reconnu. Le litre de royaume d'Ilalie n'emportait aucune prétention nouvelle. Pourquoi prendre plus d'ombrage de l’un que de l'autre? I>a France et les autres États se plaignent-ils qu'au lieu de se contenter du titre d'empereur d'Allemagne, ces empereurs y joignent celui de chefs du Saint-Empire et de rois des Romains?

Quand la France avait été reconnue, elle était aussi république. Changer la république friinçaisc, la république italienne en monarchies, n'est-cc pas rassurer les anciens gouvernements contre le système des innovations?

Napoléon était président do la république italienne, sans qu'aucun terme fût assigné à sa présidence. Aujourd'hui, en prenant le titre de roi, il fixe lui-méme ce terme qui n'existait pas. Les deux couronnes seront séparées le jour où s'exécuteront les traités qui ont garanti l'indépendauce de la république des Sept-lles et l'indépendance de nie de Malte.

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