‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 183 sur 298 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

AFFAIRES MARITIMES

Oliji't (]•*« fvptïtliiinos mArilimrs la Fr.inc<^. — Eipi'tliiion rontre nie de Saioie-HéHae. — Traité relatif aux aniieiiienU m.iritime» de l'Espfii'ne et de U France. Lciire de Feinpcmir à Famiral GAnlheaunif. — Départ de IVaradre de Rwliefort rniainandée par raintrnl Missieiwv. — ncp.irt de IVacadre de Toulon commandée par l'amiral Villeneuve. — .lunctiua d'une earadre espa];iiole à Fesead: e de Toulon. » Poiinnite de MîssicMv par lord Coclirane, et de Villeorure par NeUon. — Opér.-ilion« de l'amiral Mi»»ieasy. — Retour de Miaaieaay k K<K-fae> fort. — Opêrationi de l'amiral Villeneuve. — ,Ar liv ité de l'amiral NcUoo. — ■ Comb.il entre VilleneiMC et l’amiral Cailler. — Dernières iottruclkma portées A l'iimiral A illenruve.— Comliiiie ine\plic.ible de Famiral Villeneuve.'— ^.'lpo)<k)o au eanip de Rouloi'ne. — Colère de Feuipereur k la nouvelle de Feiilrée de Villeneuve au Ferrol. — l*l.<in liypnlhétiqtie de la eafiip.i|;ne eonirc l'.Aiitrirlie. — Dispositions pour le cas de l'arrivée de Villeneuve dans la Mani lle. — Fxpévliiion d’Anyleterre manquée par Feutrée de Viileociivv à Cadix. — Possibilité de la dcacoulc en .Anulcicrrc.

Av.int d'enirer dans les discussions qui procédé’ | séjour à Mayence, délerminé (rois grandes expedi'rent la Julie de la France conlre une nouvelle coali* lions qui devaient avoir lieu au cumiiicncement (ion, nous devons reprendre de plus haut le cours ' de 1805.

des vastes préparatifs de guerre marilime dont l’An- La première de ces expéditions avait pour objet gieterre n'avait cru potivoir détourner les mena* de mettre la Marliiiique et la Guadeloupe à l’abrt rants ré.suitals qu'en rallumant la guerre sur le tie tout événement par l'occupation de la Dominicontinent. L’ardeur de .AI . Piil à furincr les nœuds que et de Sainie-I.ucie. Celle expédition était conde celle coalition, à précipilcr se.s mouvcinents, fiéeà l'escadre de Rochefort. composée de six vaisavail pour clic celle fuis l'excuse d'une hiiniinenle ; seaux et de quatre frégates, sous le.s ordres de i’anécessilé. Ce n'est plus seulement pour agiter la < mirai Jlissicssy. Le conunandant des troupes de France, pour déineinltrer son territoire que ce mi- débarquement, montant à trois mille homiocs, nisirc arme et soudoie l'Autriche cl la Russie, c'est élait le général de divi.simi Joseph Lagrange, pour défendre le ranal de la Manche, pour garantir | La seconde expédition était destinée à reprendre le sol anglais , pour sauver Londres. Chaque jour I les colonies hollandaises de Surinam, Esséquibo et qui s'écoule est une crise. l*cu iinporic, après tout, ' Rerbice, et à porter des secours an petit corps franau gouvernement britannique que rAulnchcs’eiH çaisi|u! eonliimait d’oreupcrSanto-Doiningo. L'esgage dans une entreprise téméraire, que les ar- cadrefle Toulon, forte de onze ou d<iuze vaisseaux, mecs de cette puissance, mal soutenues piir la Rtis- sous les ordres de l'amiral Villeneuve, devait être sic toujours lente i p.iraUrc sur le terrain, suc- I chargée de celle opération. Le général Laurislon combent sous les coups d'un vainqueur irrilé; coiimiandail les troupes de (erre, formant sept à pour l’Anglelcrrc le bal est atteint; l'ennemi, dont huit mille hommes.

à tout instant elle redoute Finvasion, se sera éloi- , La troisième expédition était une dépendance gné de scs c6lcs; Na|mléon aura levé le camp de de la seconde. Une fuis arrivée dans l’Océan, l'es* Boulogne. I.c danger était pressant. Jamais pm- cadre de Toulon devait détacher deux vaisseaux, jet si redoutable ne fut plus près de son exéca- . quatre frégates et deux bricks, avec quinze cents tion. [ hommes, pour enlever aux Anglais i'iie de Sainls'

Dés le 29 septembre 180t, ainsi que nous l'avons Hélène. dit à celte époque, Na{K)léon avait, pendant son { Le plan de ces deux dernières expéditions fut

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AFFAIHES MARITIMES,

modifie plus tnrd ; mais nous les rapportons, telles qu’elles furent conçues, à cause de la singularité de la troisicnic. Napoléon avait reçu, sur les moyens de surprendre Sainte-Hélène, un mémoire qu'il avait remis, à Boulogne, au ministre de la marine. Il avait depuis rappelé au ministre que l'auteur de ce mémoire était à Givet, et recommandé de l'employer dans cette entreprise. On n'a pas manqué de faire, depuis 1815, la remarque en cfTet assez curieuse que, la veille même de son Gouronncnicnt, l'empereur Napoléon avait encore donné à ce projet une allenlion particulière, comme si , au moment où il allait s’entourer de toutes les garanties qui consolident les institutions humaines, la fortune eût pris un plaisir cruel à lui faire attacher ses regards sur le rucher où devaient le conduire un Jour tant de vastes pensées, de gloire et de puissance.

Ixibut principal de ces diverses expéditions était d'attirer à leur suite, mais en les égarant dans leur roule, la plus grande partie des forces navales de l’Angleterre, de manière que, toutes les expéditions françaises revenant dans un temps donné et recevant les renforts préparés durant cet intervalle dans les ports dont dis|)osail Napoléon, se trouvassent maîtresses de la Manche et vinssent assurer le succès de la descente en Angleterre.

Par une autre lettre datée de Mayence en 1804, Napoléon avait réglé une quatrièiiic expédition qui, en se portant sur les eûtes d'Irlande, aurait aussi l'elTet de troubler le gouvernement britannique sur ses intentions réelles et par là de faciliter la sortie de la flottille de Boulogne.

Aussitôt que l'attaque inattendue de quatre frégates espagnoles par rAiigletcrrc, au sein delà paix, eut forcé la cour de Madrid à sortir d'un état de neutralité qui ne la protégeait plus, l'empereur Napoléon s’était hâté de mettre à profit les ressources qu’allait lui offrir l'alliance de celte cour. En même temps qu'il avait, le 2 janvier, proposé la paix au roi de la Grande-Bretagne, il avait augmenté ses iiioycns d'agression contre cette puissance par un traité * qui réglait le eontingenl à fournir par le gouvernement espagnol. Avec la détcrminalion de ce contingent, le traité renfermait au résumé des préparatifs déjà faits par la France, résumé qui offrait les traits suvants:

Au Texel, il existait des bâtiments de guerre et de' transport suffisants pour embarquer les trente mille hommes du camp d'Utrecht;

■ Tr.iilé signé le 4 j.vnvicr 1805 par le minisire de ts marine Decrès et l'amiral Gravina, aiiibassadcur d'Espagne à Paris.

’ Ce doraier mot est fort difficile à déchiffrer. 0»'il

A Oslcnde, Dunkerque, Calais, Boulogne et au Havre, des moyens de transport pour cent vingt mille hommes et vingt-cinq mille chevaux;

A Brest, une armée navale de vingt vaisseaux de ligtic, dcsfrégatescldcs b.âtimcnls de transport pour le catnp placé sur cette côte, montant à vingt-cinq mille hommes;

A Rochcrorl, une escadre de six vaisseaux et quatre frégates, avec six mille hommes de débarqucmctit;

Enfin à Toulon, une escadre de onze vaisseaux, huit frégates et d'autres hàtimcnls, avec huit mille hommes de troupes expéditionnaires.

Il y avait pcul-cire dans ces calculs une exagération de quelques milliers d'hoiiimes. Toutes les énoticialiotis relatives à la tnaritie étaient exactes.

Pour répondre aux elTorts de la France, l'Espagne de son côté s'engageait à tenir prêts , pour le 30 mars, huit vaisseaux et quatre frégates au Ferroi; quinze vaisseaux ou au moins douze à Cadix, et six vaisseaux à Carlhagènc.

Quoique le plan de l'empereur soit bien arrêté, quoique son but principal soit toujours le même , celui d'appeler au loin les escadres anglaises à la poursuite des siennes, tandis que celles-ci, par un mouvement rapide, reviendraient seconder l'expédition de Boulogne, la marche à prescrire aux escadres peut être susceptible de modification , cl sur ce point il cherche à s'éclairer des meilleurs conseils. Dans celte intention, et |K>ur connaître des opinions indépendanlcsdc celles de scs ministres, il s'adresse confidentiellement aux personnes dont il estime les lumières et l'expérience. EclIS décembre 1804, il a, par exemple, écrit à l'amiral Gantheaume une lettre dans laquelle il établit plusieurs combinaisons, engageant cet amiral à s'expliquer sur celles qui lui paraîtront le mieux entendues. Celle lettre, trèslongue et tout entière de la main de Napoléon, est 4*ailleur8 fort remarquable en ce qu'elle conslalcla sincérité de sa résolution pour une descente en Angleterre. Après avoir parlé des forces qu'il a dans les divers ports, il ajoute : u (^c sont ces différentes » escadres qu’il faut faire mouvoir pour arriver à la » brillante compari/ion^... Élapics, Boulogne, Vin mereux, Ambleteuse, sont nus quatre seuls ports,

» tous soumis au meme vent, tous près l'un de l’au- » trc. Avec des vents favorables, nous ne denian- » dons que la présence de l'escadre |>endanl vingt- :i quatre heures » Cette même lettre offre aussi un trait d'une prévoyance qui ne sera pas Irom-

$oil plus ou moins c.xnrl, peu importe ; on nu peut pas se tromper sur l’idée que l.i phrase exprime.

* Cette idée se rapporte .i une combiuaisoii qui n'osl pas celle que l'on adoptera, car dans les phrases précé-

CIIAriTRE XIAll.

péc. On s»\l qu'à la même époque une expédiliun | pour l'Egypte se préparait ou était censée se pré- ! parer dans les ports français. Celte expédition, sur ' laquelle se porte toute la surscillance des Anglais, 1 fournit à Napoléon un moyen de mettre leur clair- | voyance en défaut. « Dans tous les cas , ccrit-il à i • l'amiral Gaiilheaume,rexpédilion d'Egypte CüU- » vrlra le départ de l'escadre de Toulon. Tout sera | •> mené de manière que Nelson ira tout d'alnird à »> Alexandrie. « I.c fait confirmera celte preüic' lion. IMus on considère tout ce que Napulcon a i fait, tout ce qu'il a voulu faire pour la marine, plus on acquiert la conviction que, pour obtenir aussi sur nier les plus éclatants succès, il ne lui a • manqué qu'un homme, capable de |H>rter, dans ' l’exécution de ses projets, la vigueur et l’audace | de la pensée qui les avait produits. j

I,es préparatifs des expéditions, ordonnés en : 1804, avaient été achevés pour le temps prescrit. ; hc 1 1 janvier 1803, l’escadre de Ruchefort, mouil* , ice à nie d'Aix, sous les ordres du contre-amiral > Hdissiessy, saisissant à propos un vent favorable, j mit à la voile en dépit de la croisière anglaise et poursuivit sans obstacle sa destination pour les Aniilles.

Le 13 du meme mois de janvier, i'escadre de Toulon, commandée par l'arniral Villeneuve, sortit également du port malgré la présence de l'amirai Nelson qui croisait dans ces parages; mais ; la sortie ne fut pas heureuse. Assaillie par des ; vents qui la dispersèrent, l'escadre fut obligée de | rentrer dans le port au bout du quatrième jour, di- | minuée d'un vaisseau cl de trois frégates, l.e vais- | seau avait été poussé vers la Corse ; les trois frèga- i tes relâchèrent , une à Gènes et les deux autres à j Malaga. Cepemiaiil cette première sortie de Ville- ; neuve n'avait pas été sans un effet utile , par Ter- [ reur où fut jeté l'amiral Nctsonqui,supposantcette | expédition destinée pour l'Egypte «'était hâté de courir à sa |H)ursuitc sur la cAlc occidentale de ’ Sicile, dans le canal de Malte et sur les côtes d'A- j lexandrie. |

L'amiral Villeneuve quitta Toulon pour la se- i coude fois le ÔO mars. 11 était, le 9 avril , devant ' t^adix, où il fut joint par un vaisseau français, en réparation dans ce port, cl par six vaisseaux espagnols »ous les ordres de l'amiral Gravina. Ainsi les deux escadres françaises sont en pleine navigation dans rOcéan, à la grande surprise de l'Atigleierre, qui avait cru tenir dans ses mains la clef ; de toutes les rades françaises cl espagnoles. L'or- j

gucil britannique fut humilié de celle double sortie qui attestait l'impuissance de scs blocus, et l'inquiétude générale redoublée par cette circonstance ne fut pas l'une des moindres causes qui portèrent M. Pin à précipiter l'ouverture de la guerre continenlale.

Lord Cochranc fut envoyé à la poursuite de l'escadre de Hochefort. Nelson, après de rapides courses dans la Méditerranée, va, de son côté, s'élancer sur les traces de l'escadre de Toulon. Les recherches de l'un et de l'autre seront trompées. Nous allons suivre d’abord la marche plus prompte du contre-amiral Missiessy; nous rejoindrons ensuite l'amiral Villeneuve.

Le iO février, l'escadre de Roebefort était arrivée au fort de France de la Martinique, où elle dt-barqua, en vingt-quatre heures, les armes et munitions destinées pour cette colonie. Le 33, elle envahissait la Dominique. Le général Lagrange emporta le fort du Roseau et Ht incUrc les armes bas aux milices coloniales; mais le commandant anglais, avec sa garnison de cinq à six cents hommes, etfeclua sa retraite et gagna, sans pouvoir être atteint, le fort Jiuppcrt situé à une distance de douze lieues. L'amiral cl le général français, ne croyant pas pouvoir laisser à la IKiminique un corps sullisaiit pour en achever la conquête et en conserver la possession, se contenlèrenl de désarmer les habitants, de détruire les fortifications et d'enlever rartilleric. Dans les premiers jours de mars, ils ravagèrent successivement les lies de Nieves, de Saint-Christophe et de Montserrat; ils lésèrent des contributions de guerre, firent des prisonniers, saisirent les biliinenls anglais qui se trouvaient dans cos rades et les envoyèrent à la Guadeloupe. L'escadre était, le 14 mars, revenue à la Martinique. Elle y déposa les renforts destinés pour la garnison de celte lie, et fit voile pour Santo- Doiningo.

Le général Ferrand, qui commandait dans la partie espagnole de Saint-Domingue, réduit i la possession seule de la ville, y était, depuis le commencement du mois, assiégé par Dessalincs à la tète de dix-huit mille noirs. La position de la garnison française était très-critique, surtout par le manque de munitions et de vivres; mais la nouvelle de l'arrivée d'une c5c.idre française aux lies du Vent, que suivit de près l'apparition de dix voiles amies, redoubla son ardeur et sa confiancé, comme elle porta le désespoir dans l'âinc des assiégeants. La garnison fil une sortie brillante qui fut

remperetir dti : • A la fin de pluviôse (février) • je serai à Botilognr aver ccnl trente mille homme*. » deux mille péoirbe*. cinonnière*, bateaux -canon-

• niera, ayant en batterie doux cerna pièces de ringi-

• quatre. » etc.

' Ainii l'avait prédit Napoléon.

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très -fatale à rennemi, et, le lendemain 28 mars, les troupes de l’escadre s’élaiit jointes à elle, les noirs, après avoir feint de vouloir livrer un assaut general, se mirent brusquement cn^etrailc. Celle retraite, qu’ils marquèrent par la dévastation et , l’incendie, fut aussi très-sanglante pour eux. Poursuivis par la population espagnole, ils perdirent près de quatre mille hommes, ainsi que beaucoup d’artillerie, de chevaux cl de bagages.

Après avoir laisse à Santo-Domingo mille hommes de renfort, dix mille fusils et un approvisionnement considérable de poudre et de munitions de toute esi>èce, l’amiral Missiessy se hâta de revenir en France et reparut, le 20 mai, devant Rochefort. Sa croisière, l’une des plus expéditives qui ait jamais eu lieu, n’avait duré que quatre mois et neuf jours. La France en éprouva un sentiment d'admiration et de joie. Napoléon n’en fut point satisfait. Outre qu'on n’avait point, suivant son inlciition, conservé la Dominique , la promptitude même de l’amiral Missiessy, au lieu de le servir, contrariait scs ordres et son but. Ce but était de prolonger les j incertitudes des Anglais deux mois de plus, de manière que, dans leur inquiétude sur le sort meme de la Jamaïque, ils eussent envoyé aux Antilles des forces plus considérables, qui se fussent trouvées errantes loin des mers d'Europe, tandis que les escadres françaises de retour auraient protégé la grande expédition contre l’Angleterre.

Villeneuve ne mérita pas, comme Missiessy, le reproche de trop de célérité. Le 9 mai, se trouvant <à la hauteur où scs instructions lui prescrivaient d’ouvrir les ordres cachetés qui lui avaient clé transmis, il SC sépara, en conséquence de ces ordres, <lc l’amiral Gravina qui alla porter des secours à l*orlo-Ricco et à la Havane, d’où il devait rejoindre l’escadre française aux Iles du Vent. Villeneuve arriva, le 14 mai, A la Martinique et mouilla au fort de France. Cette Ile était souvent insultée, dans sa navigation et son commerce, par un poste d’observation de la Dominique, le rocher du Diamant. Four attaquer ce rocher avec succès, le capitaine général Ernouf profita de la présence de l’escadre , armée d’une assez forte artillerie pour ne pas craindre les batteries anglaises. L’attaque, confiée au capitaine Cosmao avec deux vaisseaux, fut exécutée avec beaucoup de vigueur. Au bout de trois jours, les Anglais qui défendaient ce poste obtinrent une honorable capilulalion et furent -transportés à la Barbadc.

,-|j^p]iral Gravina ayant rejoint Villeneuve, tous mai, quittèrent la Martinique et firent vifîrii^ur le Nord.

Sans perdre de vue tes escadres combinées, nous ne pouvons refuser un hobimage à l'incroyable

activité de lord Nelson, qui, des eûtes de l’Égypte, était accouru aux Antilles, poursuivant, sans pouvoir la rencontrer, l’escadre de Toulon, comme lord Cochranc avait poursuivi l’escadre de Rochefort. Arrivé à la Barbadc le 4 juin, Nelson se persuada que l’un des objets dos escadres combinées pouvait être la reprise de la Trinité, vivement désirée par le gouvernement espagnol, et il fit voile pour la Trinité, après avoir pris deux mille hommes à bord de son escadre pour reconquérir cette lie, si elle était retombée au poüvoir de scs anciens maîtres. Trotnpé dans cette conjecture, il le fut encore dans la supposition que les escadres combinées auraient pu vouloir enlever à l’Angleterre la riche colonied’Antigoa. L’amiral français n’ayant pas non plus paru devant celle dernière Ile, Nelson prit le parti de revenir en Europe. Le 10 juillet, il mouilla devant Gibraltar, ayant, dans l’espace de soixante -dix jours, traversé deux fois l’Océan cl visité plusieurs Iles anglaises; exemple admirable de dévouement comme d’activité, puisque avec j onze vaisseaux seulement il s’était misa la recherche d'une force beaucoup plus considérable. Après quelques courses nouvelles vers le cap Saint-Viiiccnl et la baie de Biscaye, il renvoya neuf de ses vaisseaux renforcer devant Brest l’escadre de blocus, et rentra lui -même, avec les deux autres, à Fortsmoulli.

Cependant l’amiral Villeneuve, retardé par l’inégalitéde marche de quelques-uns do scs vaisseaux et particulièreincnl de vaisseaux espagnols, se trouvait, le 23 juin, à la hauteur des Açores où il fut rencontré par le contre-amiral Magon qui, parti le l^'mai dcrUcd’Aix avec deux vaisseaux, lui portail les dernières instructions de l’empereur. Des avisos, qui avaient devancé la marchede Villeneuve, ayant eu le temps d'avertir de son retour les escadres anglaises chargées de bloquer Rochefort et le Ferrol, ces escadres réunies sur le cap Finistère, au nombre de vingt cl une voiles, savoir quinze vaisseaux, trois frégates et plusieurs autres bâtiments de guerre, cherchèrent à couper la roule de la Qolte combinée. Le combat s’engagea entre elles le 22 juillet , par un temps brumeux qui ne permettait pas aux commandants en chef de bien juger leur situation respective. Ou se eanonna pendant quatre heures, sans qu’aucun des deux partis pût se flatter d’avoir obtenu l’avantage. Far malheur, deux vaisseaux espagnols, complètement dégréés, ayant dérivé au milieu de l’escadre anglaise, demeurèrent en son pouvoir. Cette nouvelle transmise à Londres y causa de vifs transports de joie; mais lorsque ensuite on eut appris que l’escadre anglaise avait été extrêmement maltraitée; que, malgré la difTérence numérique des vaisseaux, qui était à l’avantage de

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